‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 159 sur 317 · Du 17. Décembre 1666 (Subligny). 56o · texte numérisé non relu

Du 17. Décembre 1666 (Subligny). 56o

Le mois de Novembre passé , Un coup de foudre horrible & si viste lancé Qu'il n'eut pas le loisir de causer des allarmes

Alla , m'a-t'on dit , à ses yeux, Tomber justement sur ses Armes,

Au frontispice de ces lieux.

Le Saint Père n'est pas un Homme

A s'en estre estonné beaucoup ,

Quoy que l'on dise que ce coup

L'ait fait revenir viste à Rome. Mais , entre nous , Dauphin , le tonnerre est gaillart

Dans cet endroit de I'Italie , Puisque c'est depuis peu sa troisième folie. Du temps que les Romains déployoient l'étendart Et se prçparoient tous à nous faire la guerre ,

Un semblable coup de tonnerre ,

Aux yeux de ces gens mutinez ,

Tomba sur le Chasteau Saint-Ange Et brisa tout d'un temps le glaive de l'Archange ,

Comme pour dire : « rengainez. »

Au mois de Juin dernier, il fit une autre affaire , Frappant , à Rome encor, les Armes de Louis ,

Avec des éclats inouis ; Et maintenant . Seigneur , c'est le tour du Saint-Pere.

Le Pasquin , tres-hardy parleur, A ce Saint-Pere en prophétise Guerre , perte , honte & mal-heur,

Faute d'exécuter tout le Traité de Pise ;

Mais en exécutant , s'il le faut, ce Traité , Te conseille à Sa Sainteté D'expliquer tout de cette sorte :

Que l'effet du tonnerre en ce lieu s'est jette

A cause que la nue a crevé sur sa porte.

^^ Je ne quitte pas Rome encor.

Monsieur le Duc de Longueville Est arrivé dans cette Ville , Où son Zèle vaut un trésor ; Il a vestu la longue robe , ,^ Et, quittant le dessein d'aller dans les combas

Mériter des grandeurs qu'il ne recherche pas ,

Ce Prince par là se dérobe Aux Eloges mondains qu'eut receu sa vertu

S'il eut tant soit peu combatu ; Enfin jamais , dit-on , dévotion si forte

147-148 /l Au mois de Juin dernier, il nous fit une En frapant à leur tour les armes de Louis, [affaire

151-152 Par suite d'une erreur typographique , BC joignent lev. 151 à la stance qui précède et portent

131-155 A Le Pasquin , sans cesse railleur. Et qui ne craint ame qui vive , Dit que c'est signe de mal-heur Quand une telle chose arrive ;

ir .5;: .„ ^;.;hé,?:r' '- '^ ' . «au . bi.. lom ,-,. .,.-. r..pri, !„,>.;.,*

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N'enflamma pour le Ciel un Prince de sa sorte. O que Saint-Pol est glorieux D'avoir un Aîné si pieux !

Naples a veu finir la vie 175 Du Cardinal Filomarin ,

Et cet Archevesché fait , dit-on , grande envie A bien des Cardinaux qui tous ont le goust fin. Bon-Compagnon par tout le brigue , Aquivive en est en soucy, 180 Et Caraffe y prétend aussi.

Mais ce dernier a trop d'intrigue Et, depuis le Règne de Paul, De ce nom Pape quatrième , Son nom fait peur à I'Espagnol , t8s Qui se vit en ce temps dans un desordre extrême.

, Bon-Compagnon , avec sa bénigne douceur, N'est pas encor selon son cœur ; Aquavive non plus , n'est , dit-on , point son homme ; Mais Monsieur Carracciola 190 A tout ce qu'il faut pour cela :

Or, qu'on luy donne ou non , c'est trop parler de Rome.

L'Ambassadeur Ballarini ,

Homme de mérite infiny,

Est mort enfin dans la Morée 195 D'une fièvre chaude & pourprée.

Venise eut un solide appuy

Tout le temps qu'elle agit par luy.

Il laisse un digne fils , que le regret maîtrise ;

Mais , pour connoistre de quel air 200 11 s'en pourra voir consoler,

Il suffit de nommer Venise.

Eh bien ! enfin , Monsieur Courtin , Avec un peu de patience, A mis d'accord le Palatin 205 Avec I'Electeur de Mayence.

Cet accort est prest à signer.

N'avois-je pas bien dit qu'il falloit estre Diable , Pour ne pas terminer l'affaire à l'amiable Dés qu'on l'entendroit raisonner ?

210 Un Fort, que l'on a fait en Flandre ,

Et qu'on appelle Charle-Roy, Ne se peut , dit-on , jamais prendre ; Mais je meure si je le croy !

188 A Pas son hcmnc. j 208 A Pour ne pas terminer le tout à l'amiable.

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