‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 187 sur 317 · SECONDE SEMAINE · texte numérisé non relu

SECONDE SEMAINE

Du Jeudy 17. Février 1667.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Comment , Prince , vous portez-vous

Depuis la Semaine passée ,

Que je vous pris pour mon Espous ?

Selon ma petite pensée ^ Vôtre embon-point n'en souffre pas ;

Vous avez les mesmes appas

Que devant nostre Mariage ?

Dieu veuille que , depuis le sien ,

Chévreuse , qui s'en trouve bien , >c Ne maigrisse point davantage.

Ce Duc nous donne icy le Bal D'une manière fort aimable.

Son dernier , outre bonne table , Avoit vingt lustres de crystal.

13 Sans contredit aussi c'est un Duc sans égal ;

Mais bon Dieu , qu'en revanche il est insupportable !

Parce qu'il voit que l'on sçait bien Qu'il n'a point son pareil au Monde ,

659 ^^^' — ^^ ^7" février 1667 iSubligny).

Parce que son Espouse , avec son doux maintien , 20 Scait fort bien qu'elle-même est aussi sans seconde ,

On ne sçauroit avoir un cœur ou bien des yeux

Qu'aussi tost ce ne soit pour eux.

Mais vrayement , Prince , il faut que ces gens au plus vite Fassent des Enfans des plus beaux , 23 Car , s'ils sont toujours sans égaux ,

La liberté des cœurs est cuite.

« Est cuite » est un fort plaisant mot ; Vous riez , je croy bien, de me le voir écrire. Mais dans le Carnaval tout vaut :

30 C'est un temps où l'on met tout cuire.

Qu'avecque nous , Seigneur , ne courez-vous le Bal Pour bien passer ce Carnaval ?

Nous voyons icy des merveilles ; Le Coureur de nuit ny Buscon 35 N'ont point d'aventures pareilles ,

Et ce qui s'est passé sur tout chez un Tendron

Vaut les plaisirs de mille veilles Que n'assaisonnent pas un incident si bon. Je ne connus jamais ce tendron que de nom , 40 Mais dans l'Isle chacun l'appelle

L'aimable & charmante Bourgon ; C'est assez pour la croire telle.

Parmy les Masques à grand train Qui coururent le Bal chez elle , 45 Une tres-prompte Damoiselle

Qui devoit épouser sans faute au lendemain ^Notez que cela rend l'histoire encor plus belle) Ne pût attendre si long-temps :

A quartier , viste , & sans chandelle , 50 Elle rendit, dit-on , un des Masques contens ,

Et, sur quelques sermens qu'on luy seroit fidèle , Fit présent d'une Montre «& de quelques rubans.

Jusques aux rubans , Bagatelle !

Mais cette Montre estoit par malheur un présent 55 Du futur époux de la Beile ,

Et la chance à luy-méme arrivoit justement. Le pauvre Cavaher en avoit bien dans l'aisle ;

Ils s'épousèrent toutefois.

Elle n'en est pas moins haute & puissante Dame , 60 A cela prés que quelque fois

Il en enrage dans son ame.

Admirons cependant comme on change à Paris • On voyoit rarement enrager des marys D'avoir dépucelé leur femme.

65 Mon style passe le galant ,

Ma bouche vous semblera grasse ;

56 1 212. — Du 17. Février 1667 (Sublignyj.

Mais , mon charmant Epoux, il faut que ce temps passe .

Tout est de Caresme prenant.

On voit donc bien d'autres affaires 70 A Paris , dans cette saison ,

Qu'on n'en voit dans vôtre maison , Quoy qu'on n'y prenne point de passe-temps vulgaires.

Quoy que Monsieur de Perigny Ait rendu du Balet la beauté sans seconde , 75 Vous ne voyez point là de belle Sevigny

A bons grands coups de poings faire battre le monde. Comme elle alloit en masque un de ces derniers jours .

Des gens que vous voyez toujours

A son sujet prirent querelle ; 80 La cause fut qu'en parlant d'elle ,

L'un d'eux accordoit bien qu'elle avoit l'air charmant ,

Qu'elle estoit belle asseurement ,

Mais , ajoûtoit-il , pas tant belle.

Pareille impieté ne méritoit pas moins 85 Sans doute que des coups de poins ;

Mais coups de poins à gens d'épée , Pour venger un objet digne de mille Autels ,

Et de qui la France est charmée !

Ah ! cruel Edict des Duels !

90 Gete Semaine estant passée ,

Adieu le Balet de mes Sœurs.

On dit qu'on a dans la pensée De vous donner d'autres douceurs.

Depuis quelques jours on travaille

95 A préparer le Carousel ,

Qui se doit faire dans Versaille.

Jamais la Cour n'aura rien veu de tel , Si j'en crois ce que l'on en pense ; Le Roy , qui sçait l'Art de braver

100 Tous les Rovs en Magnificence ,

Y va traitter toute la France , Si la F"'rance s'y veut trouver.

Parmy tant de plaisirs & de tant de manières , Je pense qu'on ne songe gueres 103 A ce que font tous nos Voisins.

On vient cependant de me dire Que la Guerre est prés des Confins, Et que les Genevois n'auront pas de quoy rire ; Que le Duc de Savoye a fait passer les Monts 110 A quatre ou cinq mille piétons ,

Et huit cens Chevaux qui , sans trêve , Mettront par tout le feu dans l'Estat de Genève.

Je ne me trompay pas trop fort Quand je dis , l'An passé , qu'à la fin THeresie 115 En auroit cet Esté jusques dedans son Fort ;

663 312. — Du 17. Février 1667 (Subligny,. ^64

Voila déjà l'effet de cette Prophétie.

Les Génois auront bonne part Aux premiers hazards de la Guerre Que va faire le Savoyart , '^<^ Car il prétend que , de la Terre

Dont ils sont Maistres aujourd'huy, ViNTi-MiLLE & DiNAN de plaiu droit sont à luy. Comme leur Republique à faire cette perte Ne pourra consentir si-tôt , ' 23 A bon entendeur demy-mot ;

C'est-à-dire , Seigneur , que voila guerre ouverte.

S'il est vray que le dernier mois Leur convoy de Cadix soit arrivé dans Gènes Avec deux milions de Piastres à la fois , '3° C'est de quoy, s'il en faut , payer des Capitaines.

Cet Estât , quand j'y pense , est bien riche à présent

Et devient grandement puissant.

Son Sénat autrefois cedoit tout aux grands Princes Et , sans leur envier les honneurs Souverains , '35 Se contentoit de vivre avecque les Humains

Dedans ses petites Provinces ; Mais , Seigneur , ce n'est plus cela : Les tiltres que l'on donne aux testes Couronnées Ne sont plus trop pour ces gens-là, ^4° Depuis certain nombre d'Années.

Je veux qu'ils leur soient deus, j'en ay peu mal au cœur ; Mais il me souvient bien d'une vieille Sentence Qui dit que , quand on est au faiste de grandeur , On doit craindre la décadence.

'43 Croyez-vous que I'Anglois soit en Paix au Printemps }

Il me semble qu'on met long-temps A commencer la Conférence Dont on nous donnoit l'Espérance.

On dit que le Liégeois a révélation »5o Que c'est chez luy que se doit faire

Cette Negotiation.

Je le veux croire pour luy plaire ; Mais on ne me verra luy conseiller jamais De dire qu'il y fasse faire '35 Tant de Loges pour les Valets '^'

Et les chevaux des hostes qu'il espère ; ;'

Qu'il ne publie aussi qu'on y fait des Palais. Les plus habiles gens de France & d'AixEMAGNE , . Les plus spirituels de la Grande Bretagne , '^'O De la Suéde & des Estats -^

Iront là pour leurs Potentats ; ?f

Ce ne sont point des railleries , ^

665 212. — Du 17. Février 1667 Subligny). 666

Et , quand il fait sçavoir que ses plus grands travaux Sont à bastir des Escuries , 163 II semble qu'il n'y doive aller que des Chevaux.

Fort insensiblement nous disons des Nouvelles Et nous avons quitté les plaisirs de la Cour ; Mais n'importe , achevons, puisqu'elles sont si belles : On n'en a point , Seigneur , de telles chaque jour. 170 Le Roy de Pologne respire :

On dit qu'un de ses bons sujets [SedoimnskiT

A presque ruiné les perfides projets Des traîtres révoltez contre ce pauvre Empire. Le Butin & les prisonniers 175 Que le Cosaque & le Tartare

Avoient faits dans ces mois derniers , Par leur irruption barbare , Sont revenus dans le Païs Et chez les Polonnois fidelles , 180 Par la deffaite des Rebelles

Qui peu de jours devant les avoient envahis. Casimir toutefois craint toujours de plus belle ; Les Turcs , joints à ces scélérats , Menacent ses tristes Estats 185 D'une ruine universelle.

Il demande secours à tous les Roys Voisins Et vingt Ambassadeurs occupent les chemins. Déjà mesme un Courier est arrivé dans Rome, Le vingt & un du mois passé , 190 Pour en demander au Saint-Homme ;

On peut juger par là combien il est pressé.

Le Turc entreprend trop : il en veut à Candie , Qu'il voudroit bien oster aux bons Vénitiens , Et pour cette entreprise , à mon gré tres-hardie , 1^5 II arreste en ses Ports tous les Vaisseaux Chrestiens

Et les force à charger les choses nécessaires

Pour avancer là ses affaires.

Il va , d'autre côté , rompre avec 1' Empereur Sur un prétexte assez bisarre , 2<>*^ Et , d'un autre , il se joint au rebelle Tartare

Qui contre Casimir marche avecque fureur. Je conçois peu sa Pohtique , Que presque tout le monde craint ; Mais , de quelqu'esprit fin pour ce coup qu'il se pique , 20? Qui trop embrasse mal étraint.

Premièrement , Seigneur , quoy que le Monde die Qu'il prendra cette Année asseurément Candie ; Que , cette Capitale estant prise demain , Il faudra dans un An dire : Adieu la Sicile , 2>f Adieu Ports d'Italie, Adieu Païs Romains ;

Chacun n'estime pas la chose si facile :

667 212. — Du 17. Février 1667 Subligny). 668

Venise ne craint point cela.

Depuis un temps le Marquis Vhxe , Pour soutenir ce siege-là , 21s Avec force Officiers s'est jette dans la Ville.

Ah mais , me dira-t'on , le Turc est bien puissant *

Et la Republique , au contraire , Va tous les jours s'affoiblissant ; Encore un de ses Chefs, & d'un rang peu Vulgaire , 220 Cadet du Duc de Parme enfin , [Horace Famèse]

Dans les Isles de Sdille a finy son destin : Cela n'avance point de beaucoup son affaire. Venise est sage , cher Dauphin :

Nous n'avons qu'à la laisser faire.

225 On vous rappelle à vos plaisirs ,

C'est assez parlé de Nouvelles.

Adieu, Comble de mes désirs ; Jeudy prochain encor nous en dirons de belles.

de subligny.

A Paris, Che:( Pierre Le Monnicr, rue des Mathiirins , au Feu Divin 1667. Avec Privilège.

(La Muse Dauphine , etc., 1667 — voy. le n" 209 , col. 640 , — pp. 13-24.

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Charles ROBINET.]

Du 20. Février 1667.

Muse qu'on flate de divine , Essayez à la devenir Et faites que , dans l'Avenir, Vous teniez de vôtre Héroïne.

5 Que vous feriez de bruit si vous lui ressembliez ,

Et si , comme Elle , vous aviez Tous ces Charmes d'une belle Ame Qui font voir que le Ciel épuisa ses Efforts A dessein de rendre Madame

10 Aussi belle par là que du costé du Corps !

Par cette noble Ressemblance Vous attireriez son amour ,

2i3. — Du 20. Février 1667 Robinet).

Et l'on ne verroit point en Cour

De plus parfaite Intelligence.

Par bonté , je le sçais , Elle vous fait accueil , Et vous en fait assez pour vous enfler d'orgueil ;

Mais ce seroit bien autre chose.

Là donc , cultivez-vous toujours de plus en plus Et de l'Original qu'ici je vous propose Contretirez en vous les divins Attribus.

Les Tartares, ces francs Espiègles Qui vivent sans aucunes Régies , Ont à leur tour eu sur les Doigts Par les Troupes des Polonois ,

25 A qui , comme l'on sçait , n'aguéres Ils avoyent taillé des Croupières ; Et , de Bateurs étans Batus , Bien loin de faire les Testus Et de vouloir tirer Revanche ,

30 Leur OsT tout honteux se retranche, Et n'ose plus montrer le nez A ces Sarmathes r'alliez.

Mais , las ! pour cela , la Pologne N'est pas à la fin de Besogne ,

35 Car ces Tartares de mal-heur, Qui par l'ordre du Grand Seigneur Se sont joints aux Tourne-Casaques, Que l'on appelle les Cosaques , Doivent , avec d'autres Secours ,

40 Tout désoler, aux premiers jours , oinieks A l'entour de certaine Place Devant qui I'Otomane Race, Qu'on voudroit voir au Berniquet , Désire planter le Piquet.

45 Déjà , ce dit- on , sa Hautesse , Avecque beaucoup d'alaigresse , A fait porter diligemment Le Bâton de Commandement , Comme aussi I'Enseigne &le Sabre,

50 Dessus un Cheval qui se cabre , Au Bassa qui doit aller là Conduire ce beau Siége-là , [fiére.

Ce Grand Seigneur , d'humeur fort Bouillant d'une ardante Colère

55 Contre le Sarmathe affligé , Dont il se tient tres-outragé , Pour n'avoir pas de belle sorte Envoyé Quelqu'un à sa Porte En qualité d'ÊMBASSADEUR ,

^Ce qui beaucoup lui tient au cœur.

16 Elle vous en fait assez..

C'est pourquoi le Polonois Sire , Afin de détourner son Ire , En envoyera promptement un Qui ne sera pas du commun ,

65 Et, d'autre- part , à tous les Princes, Des plus grands jusques aux plus Il dépêchera des Couriers [minces , Dessus d'alaigres Destriers , Pour en avoir quelque Assistance

70 En cette pressante Occurance.

Mais chacun d'eux sera ravi De se signaler à l'envi Dedans cette commune Cause ; Ainsi du moins je croi la chose.

75 Déjà les vaillans Suédois ,

Cherchans matière à leurs Explois , Se promettent dans cette Guerre De bien jouer du Cimeterre Et , toute raillerie à part ,

80 D'abatre du moins, pour leur part , Vingt mille des Mahones Cornes Qui, ne pouvans souffrir de Bornes, Voudroyent, par des progrez divers, Se planter par tout l'Univers.

S5 Mais nous en avons assez d'autres , Beaux Musulmans ; gardez les vôtres.

Je trouve plein d'un grand loisir Leur Monsieur le Premier Visir , De faire , en guise de Fusées ,

90 Voler des Bombes embrasées En si nombreuse quantité Dans la Capitale Cité Du beau Royaume de Candie , Et l'Entreprise est bien hardie

95 Qu'il fait de la réduire enfin Dessous le maudit Joug Turcain.

Quoi qu'en Guerre il soit tres-ha- Je pense que le Marquis Ville [bile,

ôyi

2i3. — Du 20. Février 1667 (Robinet).

Et tous les Chefs Vénitiens , 100 Aussi vaillans que bons Chrétiens, N'auront pas moins d'intelligence Et de guerrière Expériance , Et que , comme il ataquera , Tout de même on se défendra.

«05 Incertain aussi de l'issue.

Craignant de faire une Bévue , Il tâche , comme fin Regnard , De faire Paix avec Saint Marc ; D'autant plus que le Sultan même ' »oSe trouve en un besoin extrême D'avoir ses Troupes en un Bloc , S'il veut donner un si grand Choc

A la P0LONOISE COURONNF ,

De la façon qu'on l'en soupçonne.

'15 Le jeune Prince Ragosqui , Qui rime avec Lubomirsqui , Qu'inspire un si mauvais Génie , Voudroit de la Transsylvanie Abassi Chasser le Compère Michel ,

120 Qui lui cause un triste Martel , Et , comme chante le Proverbe , Pour lui couper sous le Pied l'Herbe Employant le Sec & le Vert , De tous les moyens il se sert.

» 25 Mais quelques Seigneurs de Hongrie, Voyans la chose fort aigrie , Moyennent l'Accommodement , Afin d'arrêter l'Armement Qu'on prétexte de leur Querelle ,

'50 Mais qui met beaucoup en Cervelle Les Hongrois & les Alemans , Craignans fort que les Otomans, Qu'on tient sujets à fourberie , Ne leur fassent supercherie.

135 L'Espagnol & le Portugais N'ont encor fait Trêve ni Paix , Et chacun d'eux , d'une Ame fiére , Est toujours en Garde meurtrière.

Les Anglois & les Hollandois , »4o Que l'Hyver contraint d'être cois , Témoignent n'avoir pas envie D'être en repos toute leur vie , Mais de vouloir, à ce Printemps, Estre derechef Combatans.

145 C'est des Régions étrangères

Ce qu'avec ses Ailes légères Répand la Dame du Renom ; Après quoi je vais tout de bon Dire d'Ici d'autres Nouvelles , '50 Dont voici l'une des plus belles

Monsieur le Cardinal de Retz , Ayant essuyé tous les Trais De la plus averse Fortune , Avec une Ame non Commune ,

'55 Mais telle que l'ont les Héros Nais pour les illustres Travaux , Est venu , tout brillant de Gloire , Consommer sa noble Victoire Aux Pieds du plus grand Potentat

'^o Qui jamais ait régi I'Estat. [que Un Trait d'œil de ce cher Monar- De sa Faveur portant la marque , A foudroyé le Sort fatal Ennemi de ce Cardinal ,

'^3 Et l'on revoid enfin en France , Avec joye, une autre Eminence , Car, en un mot , jusqu'à ce Jour, La Pourpre a fort orné la Cour , Et puis les Vertus Cardinales

'70 Accompagnent bien les Royales.

Mais , à propos de nôtre Cour , Les Ambassadeurs , l'autre jour, Y complimentèrent la Reyne , Cette excellente Souveraine ,

'75 Dessus l'aimable Evénement De son heureux Accouchement , Lequel nous donne une Princesse Qu'on admire déjà sans cesse , Et qui , se faisant bien nourrir

1 80 Avec Elle aussi fait fleurir

Une Troupe de jeunes Charmes Qui causeront bien des Allarmes.

Ensuite ces Complimenteurs , Qui parurent bons Orateurs ,

185 Furent , par l'ordre du Grand Sire , Tous conviez , pour leur Bien-dire , A se divertir au Balet f^

Et traitez en Festin complet.

On a , depuis le Treizième , '9oDancé trois fois ce Balet même Qui, changeant encor beaucoup plus De Visages que Prothéus ,

2i3. — Du 20. Février 1667 (Robinet).

Avoit lors deux autres Entrées

Qu'on a beaucoup considérées ,

Turcs Sçavoir des Mores & Mahoms ,

iieilien

de lolière]

Deux tres-perverses Nations.

Le Bal aussi par fois se donne , Où des mieux l'on coliationne ; Puis la Comédie , en son Jour, 200 Divertit de même , à son tour, eux des Par quatre Troupes différantes ^deux Et qui sont toutes excellentes.

l^f?ti La Chasse enfin & les Festins , Italiens Lcs chers Amis des Intestms , Luui] £^ jgg beaux Concerts de Baptiste , Qui n'est point un Anabaptiste , Font les Ebats du Carnaval Chez le Monarque sans égal.

Mais ce sera bien autre chose , 2 «o De la manière qu'on en cause , Demain & les deux Jours d'après , Et l'on fait de rares Apprés , A cet Effet , dedans Versailles, Où Ton ne paye point de Tailles.

2 "5 Des Gens qui ne sont point Menteurs M'ont parlé de cinq cent Piqueurs , Employez à larder des Viandes , Toutes exquises & friandes , , Dont nôtre magnifique Roy 220 Veut qu'on régale en bel arroy Tous & chacuns Messieurs les Mas-

[ques , Qui , sans commettre aucunes fras- Voudront aller voir sagement [ques, Ce nouveau Divertissement 225 Duquel je vous promets de mettre Le Détail en mon autre Lettre.

La Princesse de Monacho Etant relevée à gogo , Et même plus fraîche & plus belle ,

*3o Pour s'en féliciter chez elle , Avant-hier, y donna le Bal Avec un Festin sans égal. Entr'autres Têtes principales , Les belles Altesses Royales ' 235 Y charmoyent les Yeux & les Cœurs Par mille & mille Attrais vainqueurs, Et toutes les Dames parées , Afin d'être illec admirées , Avoyent , parmy leurs Ornemens ,

*4oTant de Perles & Diamans

Qu'on auroit juré que la Sale Etoit une Inde Orientale.

C'est ce qu'on m'en a dit en gros :

Aussi je tranche en peu de mots ; 245 Mais , si j'en apprends davantage , Vous l'aurez dans quelqu'autre Page.

Le sage & preux Marquis d'Alui , Qui de SouRDis l'est aujourd'hui , A, pour couronner sa Constance , 250 La plus belle qui soit en France , Epousé l'illustre Fouilloux.

O le noble Exemple pour vous , Indignes Amans de nôtre Age , Qui n'avez rien qu'un Feu volage !

255 Achevons par l'Evénement Arrivé tout nouvellement.

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