Du 22. May 1667 (Robinet
La Maison de Bouillon
N'élève pas , en vérité ,
Plus que fait sa Capacité ,
Sur ceux qui sont en concurrence
80 Pour le même Acte de Licence , Id est les autres Bacheliers , Tant ses Talens sont singuliers.
En concluant donc ce Chapitre , L'un des plus beaux de mon Epître,
85 Ajoutons encore cela ,
Qu'enfin ce jeune PmNCE-là , Qui peut à tous faire la nique En Positive & Scolastique , Fit conêtre qu'asseurément
90 II seroit bien-tôt l'Ornement De ladite Maison illustre , Qui tire son ancien lustre De la Valeur & du Sçavoir Que tous ses Descendans font voir.
93 Dimanche , le jeune de Guyse , Duc d'une tres-charmante guise, Fils & Neveu de deux Héros Dont toujours vivra le beau los , Receut des Mains de I'Hyménée,
ICO Par une auguste Destinée , Mademoiselle d'ALENCON , De son Cœur le noble Amecon , Où de nos RoYs le beau Sang brille Et de feu Monsieur Gaston Fille ,
«05 Comme le Duc , d'âge vraiment Propre à l'aimable Ebatement. ,
Une honorable Compagnie Signala la Cérémonie , Car , outre les deux Majestez
iio Et les Parens des deux cotez , Toute la Cour , gaye & pimpante , Au nœud Gordiea étoit présente ,
[Gabriel YA ce fut l'EvESQUE d'AUTUN .
Roquette] Prélat qui n'a rien de commun , H5 Lequel dît, dans ce beau Mystère , Le CoNjuNGO-vos nécessaire , Que , sans doute , les jeunes Gens Font profiter , sans perdre Temps.
Alors la nouvelle Duchesse , 120 Ayant le cœur plein d'alaigresse , Dîna , dans son rang , aux cotez De nos chères Divinitez Et puis, de deux Pendans d'OREiLLEs, Riches , certe , & beaux à merveilles, «25 Le plus charmant des Potentats Ayant régalé ses Appas , Le noble Couple , en cette Ville ,
Vint gîter en son Domicile , Au pompeux Palais d'ORLÉANS.
•30 Or Monsieur , les suivant léans .
Avec une pleine franchise , A I'Epous donna la Chemise , Et la Robe , je pense , aussi :
Mais le beau Duc prit le souci
^35 Que tout Epous qui sçait l'entendre En telle occurence doit prendre , Et pour empêcher que meshui Sa Race ne finisse en Lui.
La nuit du quinze au seizième ,
'40 Je ne sçai par quel stratagème , Cloton surprit Monsieur Guenaud , Mais , las ! dont il fut fort penaut. Se retirant de chez la Reyne , Il fut saisi par l'inhumaine ,
145 Et , quoi qu'il fist pour éluder Et de ses Pâtes évader , Quoi que deux de ses chers Collègues Apportassent illec leurs Grégues Et joignissent , pour son secours ,
150 Leurs beaux Secrets &leurs Discours, La Masque , s'appellant là Roche, Dessus Guenaud son Trait décoche , Bravant même ainsi , par ma foy , Trois grands Médecins , chez le Roy.
155 Néantmoins , qu'avec moins de Elle vante cette Victoire : [gloire Le Mort ayant quatre-vingts ans , Ce fut , comme je croi , le Temps Qui ht , aux pieds de ce Fantôme ,
160 Choir , de la sorte , ce rare Home, Cent fois plus grand Praticien Qu'Hypocrate ni Galien.
Preiuii Médecii la Revi
Mais n'en parlons pas davantage , Il est dispensé du Voyage
165 Que i^ait la Reyne , en bel arroy , Sur la Frontière , avec le Roy, Car , enfin , ce digne Monarque , Où tant de Hauteur on remarque , S'en va s'avancer , à grands pas ,
170 Dans le fin cœur des Pays-Bas , Précédé de la Renommée Et même suivi d'une Armée De soixante mil Combatans , Qui sont tous de terribles Gens.
175 Mais , quoi ? le Grand Porte-Cou-
[ronne Ne veut faire mal à Personne
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Et ne marche , il est bien certain , A si grand bruit & si beau Train , Comme Foy de Prince il l'atteste
180 Lui-même, par maint Manifeste, Que pour forcer quelque Illion Dont la louche Rébellion Fermeroit la Porte à la Reyne , Méconessant sa Souveraine ,
«85 Et qui déniroit en un mot ,
Dans le Brabant , dans le Hainaut Et dedans les autres Provinces , Tant les grosses comme les minces , Ce qui , selon toute équité ,
190 Appartient à sa Majesté ,
Comme clairement on le preuve Dans l'Impression toute neuve Des Traitez donnez rie à rie , Même en trois Langues au Public.
En François, Espagnol et Latin.
[Traité des Droits de la Reyne Tres-Chrestienne sur divers Estais de la monarchie d'Espagne. Paris, imprimerie Royale, 1667. In-4.]
[Tïatado de los Dereclios de la Reyna Ghristianîssima sobre- varios Estados de la monarquiade EspaBia. Paris, Emprenia Beat, IQGTi In-12.]
[Reginœ GhristianissimaB Jura in Ducatum Brabantiae et alios ditionis Hispanicis Principatus. 166T. S. «.,in-4etin 12.]
195 Mais quels Peuples, d'âme tygres- Ne recevroyent pas la Princesse [se, Et, de bon cœur, ne rendroyentpas Hommage à tant de grands Appas Qui , joins à la Haute Naissance ,
200 Font voir , avec trop d'évidance , Qu'on ne peut en plus belles Mains Mettre l'Empire des Humains?
Aussi Louis , & bon & sage , Avant qu'aller à son Voyage ,
205 Lui remit , avec grand éclat , Les Soins du dedans de I'Estat, Luy laissant la pleine Puissance De la Souveraine Régence , Et Sa Majesté mêmement
2ÏO Le fit sçavoir au Parlement ,
Ainsi qu'à la Chambre des Comptes (Ce que je dis ne sont point contes), Et je dois ajouter ici :
A la Cour des Aydes aussi.
2'5 Sur cela , cette Reyne illustre Receut , en son royal Ballustre , Les Respects de leurs Députez , Qui furent d'aise transportez A l'aspect de telle Régente ,
220 Egalement sage & charmante.
Au reste , il n'est rien de pareil A nostre Guerrier Appareil ;
On diroit qu'il est fait pour peindre,
Mais il n'en est pas moins à craindre. 225 Tous ces riches Acoutremens ,
Tous ces lestes Ajustemens ;
Ces superbes Orphévreries ,
Ces Plumes & ces Broderies ,
Qu'on void jusques aux Gens de Pié, 230 Sont pour protester amitié ,
D'une façon plus solennelle
Et plus éclatante & plus belle ,
Avecque Messieurs les Flamens ,
S'ils ont pour nous des Sentimens 233 De chers & bons Compatriotes ,
Ennemis de toutes Riotes.
Mais s'ils ne parlent pas François
Et s'ils paraissent discourtois ,
Cette même Magnificence 240 Servira , comme je le pense
(Et je le pense tout de bon] ,
A les réduire à la Raison
D'une façon plus solennelle ,
Et plus éclatante & plus belle , 245 Car nos Gens , bien certainement ,
Sont des Gens Braves doublement
Et qui joindront , sans raillerie ,
La Bravoure à la Braverie.
Mais, attendant qu'aux premiers
[jours 250 Nous puissions pousser ce Discours,
Parlons un peu d'autres Nouvelles :
J'en tiens déjà deux assez belles.
En premier chef I'Abbé Paumy ,
Lequel a mérite & demy , 255 Et dans sa Maison , qu'on exalte ,
Compte des Grands Maîtres de
[Malthe ,
A qui l'on donne , là , le Daiz ,
Est Prélat Mitre de Rodez ,
Et , par notre illustre Archevêque J^g^gea^" 260 Qui du même Lieu fut Evêque , mont de
On le veid , n'aguere , mytrer , Pereflxe]
C'est à dire autrement sacrer ,
Ayant , pour Assistans de marque ,
Ces deux qu'à côté je remarque.
Les Evesques d'Angoiilème [François de Péricard] et d'Acqs [Hugues de Bar] .
265 L'autre Nouvelle , la voici :
Par un louable <Sc saint souci ,
Huit Députez de notre Dame ,
Où l'on chante en si belle Game ,
Composent une Mission , 270 Digne de Bénédiction ,