‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 231 sur 317 · Du 5. Juin 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 5. Juin 1667 (Robinet

Il raccompagna chaque jour Jusqu'en la Cité cI'Elsembourg ,

I '5 Lui témoignant ainsi l'Estime (Qui , sans doute , est bien légitime) Que fait d'Elle nôtre grand Roy Et dont, en un si digne arroy , Ce Phœnix de tous les Monarques

120 Lui donna lui même des marques Lorsqu'elle vint en nôtre Cour Mettre ses Vertus dans leur Jour.

Mais, hélas ! en parlant de Reyne, On m'apprend que la Souveraine

125 Du Sarmathe a fini son sort , Et que l'universelle Mort , Qui , sans cesse , par tout le Monde, Pour butiner, fait une Ronde , A , sans pitié , percé le Cœur

130 De cet Objet rare & vainqueur , De cette admirable Marie , Qui fut si belle & si fleurie , Et qui d'amoureuses langueurs Fit jadis mourir tant de Cœurs !

135 Quoy? de l'illustre Couronnée Toute la Grandeur est bornée Par l'enceinte d'un Monument ?

O quel funeste Changement!

De confusion j'en soupire.

140 Hé bien ? n'est-ce pas là mon dire ?

Mais qu'apprens-je , d'autre côté ,

Confirmant ma Moralité ?

Cette Parque , qui chacun frape ,

Enfin par terre a niis le Pape 145 Et de ce Triple-Couronné

Le Pontificat terminé.*

C'en est fait, & maintenant Rome

Attend viste un autre Saint Home ;

Mais je luy diray , sur tel cas , 150 Qu'en moule on ne le jette pas.

Mais , des Nouvelles Etrangères , Passons enfin à nos Affaires Et discourons un peu du Roy :

Il le mérite bien , ma foy.

^33 Cet illustre Amant de la Gloire , Ce Favori de la Victoire , Suivant leurs ravissans Appas , Nuit & jour s'avance à grands pas Dans les Routes que ces deux Fiéres

160 Ouvrent à ses Ardeurs Guerrières , Et conduites par l'Equité.

Sa magnanime Majesté , Sans se rapporter à Personne , Incessamment les ordres donne ,

165 Pose les Gardes , fait les Camps Et régie les Détachemens , Si bien que , Seule à Soy semblable , On ne void qu'Elle infatigable.

Les dernières Nouvelles sont

«70 Qu'ayant fait prendre, à Ville-Pont, Du Pain pour cinq ou six journées A ses Troupes bien ordonnées , Et distribuer aux Cavaliers Des Outils jusqu'à dix milliers ,

175 Elle estoit de ce Lieu partie Pour une importante Partie , En son Chemin côtoyant Monts , Dans un Pays tout plein de Monts ; D'où je conçoi de grandes Choses ,

180 Mais ce sont encor Lettres closes.

Cependant force jeunes Gens , Et mémement des premiers Rangs , Bongré-malgré nôtre Monarque , Désirans donner quelque marque

1 85 Qu'ils sont pourvus d'un noble Cœur Et qu'enfin ils aiment l'Honneur , Vont chercher comme Volontaires Des Occasions militaires , Et Monsieur le Duc en est un

190 Qui n'est point du tout du commun; Item , est en Ligne de compte De Saint Paul , cet aimable Comte , Et d'ARMAGNAC pareillement , Autre Comte encor si charmant ,

195 D'Auvergne , lequel tout de même Est un Comte qu'aussi l'on aime ; Item , nôtre Duc de Bouillon , Prince friand du beau Renom , S'il en est un dans la Nature ,

200 Sans à nul autre faire injure , Et , bref, le Comte de Nogent , Qui sera toujours diligent A manifester son Courage Contre qui voudra , je le gage.

205 Ce que je dis là ne plaît pas Au Gouverneur des Pays-Bas , Et . comme il prévoid des Disgrâces Pour ses plus importantes Places , Il en fait démolir plusieurs ,

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