Du 12. Juin 1667 (Robinet
Qui l'accueillit aussi Dieu sçait, 220 Et je souhaite de bon hait
Qu'il l'ait accueilli tout de même , Quitant le Triple Diadème , Car la Parque l'a dégradé Et , sans doute , il est décédé.
325 La Nouvelle est aussi trop vraye , Et mainte Ame n'en est pas gaye , Que la Reyne des Polonois A Cloton a payé les Droits. Son Corps , qui fut plus blanc qu'Al-
230 Et dont I'Amour fut idolâtre , [bâtre S'est vu trois jours , très-bien paré , Sur un Lit pompeux et doré , Avec les éclatantes Marques Qui font conêtre les Monarques ; '
235 Puis ce Royal Fantôme enfin , Par un sombre & piteux Destin , Fut enfermé dans une Bière , Pour devenir Cendre & Poussière, Et voilà l'éfroyable état
240 Où doit tomber tout Potentat.
Cazimir, perdant tant de Charmes, Ne put lors retenir ses Larmes , Et , comme il eut grande amitié Pour une si belle Moitié ,
245 Son Ame est en mauvaise Assiéte.
D'une autre part aussi la Diète Le fatigue en un dernier point , Car on ne la termina point Du mois d'Avril dernier le Trente :
250 O quelle Diète fatigante !
Monseigneur le Premier Visir Sent au Cœur profond déplaisir De la fâcheuse Destinée Qu'a souffert , devant la Canèe , 'Sa- ^^ Caravane que l'on sçait , 1 iDdrie Laquelle étoit tout son souhait. Aussi , les Héros de Venise , Qui l'ont en tel desordre mise , A dire le vray , sont des Gens 260 Qui ne sont guéres obligeans , D'aller rompre ainsi ses Mesures Par de semblables Avantures , En faisant dans les Flots goulus
Couler force beau Carolus ,
265 Qui devoyent être si propices
Aux grands besoins de ses Milices ,
Et le privant d'un Sangiac d-E^^^te
Qui sçait , ce dit-on, le Trie-Trac
De la Guerre , mieux que lui-même,
270 Cela fait un dépit extrême , Et l'on auroit de bons Témoins Que Maints se sont pendus pour
[moins.
Encor un mot de nôtre Ville, Et puis nôtre Muze fait gile.
275 C'est pour ajouter que , pendant Que Louis , à la Gloire ardant , S'ouvre , par-de-là la Frontière , Une belliqueuse Carrière , Messieurs les Bourgeois de Paris ,
280 De sa Majesté si chéris ,
Jouissent de ses plaisirs mêmes , Avec des liesses extrêmes.
Oui , foy de sincère Mortel ; Et , si vous allez à 1' Hôtel ,
285 Vous y verrez plusieurs Entrées , Toutes dignes d'être admirées , De son dernier Balet Royal , Si galant & si jovial , Avec diverses Mélodies
290 Et mêmes les deux Comédies Qu'y joignit le tendre Quinaut , Où la Troupe fait ce qu'il faut Et ravit , par maintes Merveilles , Les Yeux ensemble & les Oreilles.
295 Depuis hier , pareillement , On a pour Divertissement Le Sicilien , que Molière , Avec sa charmante manière , Mesla dans ce Balet du Roy
300 Et qu'on admira , sur ma foy.
Il y joint aussi des Entrées Qui furent tres-considérées Dans ledit ravissant Balet ; Et Lui , tout rajeuni du Lait
305 De quelqu'autre Infante d'iNACHE , Qui se couvre de peau de Vache, S'y remontre enfin à nos Yeux Plus que jamais facétieux.
L'KÔTe!
de
Bourgogne
[Le Ballet des
[Les
Poètes,
Les
Orateurs
latins et
les Philo-
xophes
grecs ?]
L'onzième de Juin , j'envoyé sous la Presse Ces Historiques Vers pour la sublime Altesse .