‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 236 sur 317 · Du 12. Juin 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 12. Juin 1667 (Robinet

Qui l'accueillit aussi Dieu sçait, 220 Et je souhaite de bon hait

Qu'il l'ait accueilli tout de même , Quitant le Triple Diadème , Car la Parque l'a dégradé Et , sans doute , il est décédé.

325 La Nouvelle est aussi trop vraye , Et mainte Ame n'en est pas gaye , Que la Reyne des Polonois A Cloton a payé les Droits. Son Corps , qui fut plus blanc qu'Al-

230 Et dont I'Amour fut idolâtre , [bâtre S'est vu trois jours , très-bien paré , Sur un Lit pompeux et doré , Avec les éclatantes Marques Qui font conêtre les Monarques ; '

235 Puis ce Royal Fantôme enfin , Par un sombre & piteux Destin , Fut enfermé dans une Bière , Pour devenir Cendre & Poussière, Et voilà l'éfroyable état

240 Où doit tomber tout Potentat.

Cazimir, perdant tant de Charmes, Ne put lors retenir ses Larmes , Et , comme il eut grande amitié Pour une si belle Moitié ,

245 Son Ame est en mauvaise Assiéte.

D'une autre part aussi la Diète Le fatigue en un dernier point , Car on ne la termina point Du mois d'Avril dernier le Trente :

250 O quelle Diète fatigante !

Monseigneur le Premier Visir Sent au Cœur profond déplaisir De la fâcheuse Destinée Qu'a souffert , devant la Canèe , 'Sa- ^^ Caravane que l'on sçait , 1 iDdrie Laquelle étoit tout son souhait. Aussi , les Héros de Venise , Qui l'ont en tel desordre mise , A dire le vray , sont des Gens 260 Qui ne sont guéres obligeans , D'aller rompre ainsi ses Mesures Par de semblables Avantures , En faisant dans les Flots goulus

Couler force beau Carolus ,

265 Qui devoyent être si propices

Aux grands besoins de ses Milices ,

Et le privant d'un Sangiac d-E^^^te

Qui sçait , ce dit-on, le Trie-Trac

De la Guerre , mieux que lui-même,

270 Cela fait un dépit extrême , Et l'on auroit de bons Témoins Que Maints se sont pendus pour

[moins.

Encor un mot de nôtre Ville, Et puis nôtre Muze fait gile.

275 C'est pour ajouter que , pendant Que Louis , à la Gloire ardant , S'ouvre , par-de-là la Frontière , Une belliqueuse Carrière , Messieurs les Bourgeois de Paris ,

280 De sa Majesté si chéris ,

Jouissent de ses plaisirs mêmes , Avec des liesses extrêmes.

Oui , foy de sincère Mortel ; Et , si vous allez à 1' Hôtel ,

285 Vous y verrez plusieurs Entrées , Toutes dignes d'être admirées , De son dernier Balet Royal , Si galant & si jovial , Avec diverses Mélodies

290 Et mêmes les deux Comédies Qu'y joignit le tendre Quinaut , Où la Troupe fait ce qu'il faut Et ravit , par maintes Merveilles , Les Yeux ensemble & les Oreilles.

295 Depuis hier , pareillement , On a pour Divertissement Le Sicilien , que Molière , Avec sa charmante manière , Mesla dans ce Balet du Roy

300 Et qu'on admira , sur ma foy.

Il y joint aussi des Entrées Qui furent tres-considérées Dans ledit ravissant Balet ; Et Lui , tout rajeuni du Lait

305 De quelqu'autre Infante d'iNACHE , Qui se couvre de peau de Vache, S'y remontre enfin à nos Yeux Plus que jamais facétieux.

L'KÔTe!

de

Bourgogne

[Le Ballet des

[Les

Poètes,

Les

Orateurs

latins et

les Philo-

xophes

grecs ?]

L'onzième de Juin , j'envoyé sous la Presse Ces Historiques Vers pour la sublime Altesse .

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