‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 264 sur 317 · Du II. Septembre 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du II. Septembre 1667 (Robinet

Symboles bien imaginez ,

On le peut dire en conscience ,

100 De la Force , de la Prudence Et du Bon-heur du Potentat, Qui fait fleurir son grand Etat Par ces trois admirables choses , Dedans tous ses Projets encloses.

105 Donc , par ces Feux ingénieux, Leur Auteur avoit fait bien mieux Qu'on ne sçauroit jamais les dire Les Eloges de nôtre Sire.

Mais GissEY doit sur nouveaux

no Retracer ces brillans Portrais, [frais Car ce Conquérant plein de Gloire, Ce digne Fils de la Victoire , Entassant Lauriers sur Lauriers , Vient , avec ses fameux Guerriers ,

115 D'achever de peindre I'Espagne , Même au milieu de sa Campagne.

Vous avez sceu comment Marcin, Loin d'exécuter son Dessein Pour la délivrance de Lile ,

120 Devant ce Héros a fait gile , Malgré ses Projets fanfarons , Abandonnant maints Escadrons , Dont nos Vaillans avéque joye Ont fait leur belliqueuse Proye ;

123 Vous avez sceu comment aussi, De son salut prenant soucy, Le hazardeux Prince de Lignes , Qui devoit attaquer nos Lignes , A ce Marcin bien imité ,

130 Laissant, avec dextérité , [Gages Grand nombre des Siens pour les Et répondre de leurs Courages.

Mais aux Cautions mal en prit, Comme bien-tôt on nous l'aprit ,

133 Car trois cents , dedans la Bataille , Moururent d'estoc & de taille , Et plus encor de nos Guerriers Demeurèrent les Prisonniers , Dont sont Antoine de Cordoue ,

140 Que de grande bravoure on loue , Le Seigneur de Villa-Nova , Qui son courage aussi prouva , Pareillement le Sieur Rhingrave , Qui tranchoit ainsi qu'eux du Brave,

143 Item , un Colonel Limbec, Qui n'avoit jamais bû Sorbec, Item des Majors , des Alfiers

Et beaucoup d'autres Oficiers.

D'ailleurs , outre ces Avantages ,

130 On enleva maints Equipages ; Des Tymbales , je pense , dix , Dans le Butin furent compris , Et dix-huit Etendars encore , Si bien je me le remémore ,

155 Firent trés-assûrement part De cet Exploit assez gaillard.

Ainsi donc , à bonnes Enseignes , Sans que nul contredit tu craignes , Tu peux bien dire , ma Clion ,

160 Et mêmes sur un plaisant ton , Que ledit Marcin & de Lignes , Qui sont pourtant Guerriers insi- Ont été défaits pleinement [gnes , Et tout-à-fait gaillardement.

163 Mais quelle étoit leur Entreprise Et par quelle étrange méprise Avoient-ils pu se proposer De s'en venir ainsi gloser Sur les Exploits de nôtre Sire ,

170 Et de les pouvoir contredire , Lors que la Victoire en tous lieux Le couronnoit selon ses Vœux?

Créqui , si digne de louanges , Avéque ses fiéres Phalanges ,

175 Tout le beau premier les rossa Et jusque bien loin les poussa ; Le preux Comte de Lilebone , Doué d'Ame vaillante & bonne , Et qui commande les Lorrains ,

180 Afin d'acroître les chagrins

De ces Gens qu'on venoit de batre , Alla sur eux encore rabatre , En les coupant dans leur chemin , Et les frota de vive main , [morte ,

185 Et non point vrayment de main Ce qui n'acrût pas leur Cohorte.

Enfin , le Marquis de Belfons , Soit sur un haut ou dans un fonds , Tombant aussi sur leurs Reliques , 190 Les chargea de coups autentiques; Et voila comment ce Triot De Braves fit pic & capot , Par des Exploits certes d'eux dignes, Marcin & le Prince de Lignes.

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