Du 12. Novembre 1667 (Robinet
Des Chiens , à son Trépas ardans ,
55 Ou dessous les coups du Monarque Et de maint autre Vice-Parque , Id est qui fait la Fonction De la meurtrière Cloton.
Nôtre Reyne, pleine de Charmes,
60 Fit choir des Sangliers sous ses Ar- Qui dans un Embûche d'Appas [mes, Trouvèrent ainsi leur Trépas.
Pour vous, ô brillante Héroïne, Si vous n'étiez pas l'Assassine
6-:, (Hélas ! hélas ! lequel vaut mieux ?) Vous rendiez témoins vos beaux Du Meurtre de la pauvre Beste, [Yeux Qui n'en êtoit pas plus en feste , Car mourir par de belles Mains
70 Et devant des Yeux tout divins , C'est toujours mourir, quoi qu'on Et quand, en termes d'Elégie, [die ; Ces Cerfs Humains de nos Romans, Blessez par des Objets charmans ,
75 Disent à leurs belles Tygresses , Par d'assez plaisantes Tendresses , Qu'il leur est doux & glorieux De mourir des coups de leurs Yeux, C'est toute feinte & bagatelle
80 Qui sort de la creuse Cervelle D'un visionnaire d'Autheur, Lequel est un trés-franc Menteur.
Mais retournons à nôtre Chasse , Dont il faut qu'en ce Lieu j'enchâsse
85 D'autres particularitez ,
Et disons que plusieurs Beautez Y parurent en Amazones , Dont quelques unes, sur les Trônes, Vont , avec les Attraits vainqueurs ,
90 A la Chasse des plus grands Coeurs. Le beau Premier Monsieur de
[France , Qui sçait chasser à toute outrance , Mais des Espagnols notamment , Fit-là son Devoir galamment ;
95 De CoNDÉ , que Dieu gard des Gou- Etoit aussi dessus les routes [tes , Où le Cerf couroit plus qu'au pas , Afin d'éviter le Trépas ; Mais pensant à quelqu'autre Chasse, !oo Où, comme un autre Dieu de Thrace, Il doit bien-tôt , si l'on n'a Paix , Montrer encor de ses beaux Faits.
Enfin , de ladite Partie , D'autres Grands Seigneurs assortie , 10s Etoit nôtre Duc de Beaufort,
Qui , par un changement de Sort .
Couroit-là , certe , trés-bel-erre , Car enfin il a repris Terre , Après avoir été trois ans
1 10 L'un des plus fameux Habitans Du moite Empire de Neptune , Qu'on croid gouverné par la Lune.
Comme il y fit , en digne-arroy.
Voir son courage , pour le Roy, Contre les Pirates barbares , [rares , Par maints Explois, tous des plus Et dont les plus vieux Matelots N'ont point d'exemple sur les Flots, Il s'en est vu , par cet Auguste ,
i2oReceu d'une façon bien juste, Et c'est-à-dire accortement Et tout-à-fait obligeamment ,
Mais , fermans cette Parenthéze , Qui ne gâte point nôtre Théze ,
125 Reprenons nôtre Saint Hubert , Pour dire que maint beau Concert , Par de délicieuses Notes , Charma la Cour, dedans les Grotes, Dont les singuliers Ornemens
130 Semblent autant d'Enchantemens , Et qu'en un mot , la Comédie , Qu'accompagnoit la Mélodie , Le Bal & les pompeux Festins , L'amitié de nos Intestins ,
1 55 Furent le ravissant Régale De toute l'Octave Royale Du Saint Parangon des Chasseurs , De Gibier très-grands Destructeurs.
Il faut encore que je die ,
140 Sur le point de la Comédie,
Que les deux Troupes , tour-à-tour, i» Seu^ Divertirent des mieux la Cour, Royal
Exibans-là de leur Boutique xroii
Le Sérieux & le Comique ; «^^^f
145 Mais que , sur toutes Nouveautez, Qui plurent à Leurs Majestez , A vos deux Royales Altesses , Princes, Princesses , Ducs , Duches- Et , bref, à toute nôtre Cour, [ses
150 Ce fut ce qui, le dernier jour.
Fit de vos Ebats la clôture , Ainsi du moins qu'on me l'assure , Sçavoir I'Embarras de Godart, ^^o^Jaccouc^ Sujet fort drôle & goguenard , oonneau de v
135 Et qui fut comme Vent en Poupe , En cette rencontre , à la Troupe |
Qu'on nomme la Troupe du Roy, Qui , tout-à-fait en bel-arroy,
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