Du 19 Novembre 1667 (Robinet
Qui des François n'est pas haï , Du Chably, Gondrieux , Espagne , Ou vin du Rhin, ou de Champagne,
105 De Ciutad , ou Frontignan , Avec Marons Si Parmezan , Jambons , Cervelas & Cocs-d'Indes ; Ce jour-là , di-je , à faire Brindes , La Reyne , qui tous les bons Jours
jioA sa piété donne cours.
Fut visiter les Carmélites , Que l'on appelle les Petites , Seulement pour cette raison Qu'assez petite est leur Cloison.
113 De-là , cette Reyne, si belle
Qu'on la prendroit pour I'Immortel- Qui reçût du Berger Paris [le
Une Pomme de si grand Prix , Fut chez la Reyne d'Angleterre ,
120 Avec son Dauphin , sans que j'erre , Aussi non moins beau que le Fils De cette Madame Cypris.
Dimanche , le Roy nôtre Sire , Dont l'on ne peut trop de bien dire,
1 23 Pour tant d'augustes Qualitez
Que n'ont point d'autres Majestez , Alla voir, en la Maison sienne , De nos Madames la Doyenne , La Douairière d'Orléans;
130 Puis , ayant dit Dieu soit léans , Il rabatit chez 1' Accouchée , Au Palais de Condé couchée En Duchesse de Qualité , Et de qui la jeune Beauté
133 Remplissoit de charmes sa Chambre, Qui ne sentoit que musc & qu'ambre.
Louis y fit des complimens , Des plus galans & plus charmans , A cette brillante Charité ,
140 Puis il rendit aussi visite , Afin de ne manquer à rien , Au beau petit Prince d'Enguyen , Et , comme sa petite langue Ne peut faire encor de Harangue
145 Pour répondre à ce qu'on lui dit , Pour lui , son Papa répondit Et, bref, fut sa Caution même Qu'il serviroit le Diadème.
D'illec , sa grande Majesté ,
150 Si digne de sa Royauté ,
Vinst chez la Reyne Britanique , Et , dans son Palais magnifique , Où jadis un grand Financier Et de l'Epargne Trésorier
155 Se voyoit logé comme un Prince, Ou Gouverneur d'une Province , La régala du beau Concert Duquel , durant la Saint-Hubert , La Cour fut charmée à Versaille ,
î6o Y faisant , comme il faut , gogaille. Des Bergers sur leurs Chalumeaux, Dans ce Concert, chantent les maux Que leur font soufrir des Bergères Qui , tranchans un peu trop des fié-
'65 Se moquent cruellement d'Eux[res, Et font litière de leurs vœux ; Et du Roy toute la Musique Leur sert d'un Echo multiplique , Où le Sieur Baptiste Lulli ,
170 Qui ne fait rien que d'accompli , A produit cent douces merveilles , A ravir les fines oreilles.
Grande Patrone de mes Vers , Qui fourmillez d'Appas divers ,
173 Vous teniez-là de bonne grâce Et trés-dignement vôtre Place , Prés cette auguste Majesté De qui vous tenez la clarté Et tant de divins Avantages [ges.
« 80 Qui vous font rendre nos Homma- Monsieur , vôtre brillant Epoux , Tantôt si fier, tantôt si doux , S'y voyoid prés vôtre Personne Qui comme un bel Astre rayonne ;
•85 Et vous aviez à vos cotez ,
Ou peu loin de vous , ces Beautez Mes Qui marchent sur toutes vos traces, duB., Ainsi que quatre aimables Grâces; ^'^^'' Car, à présent, l'Astre Lorrain Fièi
T-k 1 ^ 1 1 1 r^ etMa(ie
190 Rend complet leur charmant Qua- duie Grâce à vôtre rare Hypocrate, [drain.
Dont en ce cas la gloire éclate , Car c'est à lui , bien entendu , Que cet aimable Individu ,
Ï95 Du LuDRE , la noble Pucelle , Doit sa santé toute nouvelle , Ces Roses , ces Œillets , ces Lys Sur son Teint fraîchement fleuris , Ce feu qui de ces deux Prunelles
200 Darde de vives étincelles , Et ce ravissant En-bon-point Qui la rend belle de tout point ;
Le Yv.' prc:i méii
de Alt Ro;