‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 298 sur 317 · Du lo. Décembre 1667 1 Robinet · texte numérisé non relu

Du lo. Décembre 1667 1 Robinet

Ni tout-à-fait , ni peu , ni prou , Avec ses Amis de Moscou.

Mais , pour ne laisser rien à dire , 60 Faut ajouter le mot pour rire , Que Monsieur Argent, qui fait tout, A conduit cette Afaire à bout.

Que vous dirai-je de Candie ?

Bonne-foy, je ne le sçai mie ,

65 Tant l'on parle , dans ce moment , De son Destin diversement Et sans aucune certitude.

Or nôtre Clion , un peu Prude , Aimeroit mieux n'écrire rien

70 Que de ne pas écrire bien ,

C'est-à-dire en Muze Historique , Fort éclairée & véridique.

Selon des uns le beau caquet , Les Turcs ont levé le Piquet ,

75 Et cette Métropolitaine

Est libre , pour chose certaine ; Suivant des autres le discours , Leur Visir la presse toujours , Et , doive y périr son Armée ,

80 De Peste & de Faim consumée , Ou détruite des Candiots , Sans nul progrez & sans nul los , Il poursuivra son entreprise Jusques à la dernière Crise. ^

85 On disoit que le Portugal (Mais cet On-là discouroit mal) S'accommodoit avec I'Espagne ; Car, par Monsieur Saint Charle-

magne , C'est un conte à dormir debout

90 Et , certe , il n'en est rien du tout. Ce bruit vient de la Politique De Madrid, qui beaucoup s'en pique.

La Ville de Londre , à la fin , Se relève de son Destin 95 Et sera bien-tôt rétablie , A l'épreuve de l'Incendie.

Le Duc d'York , dernièrement , Y fut surpris subitement Par la Sœur de Dame Rougeole , 100 Qu'on nomme Petite Vérole ; Mais , à ce qu'on dit , son venin Se trouve pour lui fort bénin.

Le Parlement, moins débonnaire Au Seigneur Hidde , son beau-Pére

105 (C'est le Comte de Clarendon), Lui fait son Procez tout-de-bon ; Mais lui , seur de son innocence , Avéque ferme contenance , A son Examen répond sec

110 Et fait voir qu'il a trés-bon Bec.

Je ne pus, dans mes deux Dernié- Etant surmonté des matières , [res , Poursuivre l'Histoire du Fort Qu'ataquoit le Sieur de Beaufort

115 (A former des Sièges habiles),

Au grand Faux-bourg de cette Ville.

Or, justement , le vingt-&-trois , C'est à sçavoir de l'autre mois , Il fit , sans batre la Diane ,

120 Monter en Garde de Tavane , Et commanda, dans le moment.

De Saux pour faire un Logement.

Puis , on ouit avec furie Tintamarrer l'Artillerie ,

125 Que secondoit , faisant beau jeu , De la Tranchée a«ssi le feu.

Lors , ceux qu'envelopoit le Siège , Craignans de tomber dans le Piège, Sortirent vigoureusement ,

130 Pour brûler ledit Logement ;

Mais-là, des Gens d'Armes alaigres, Les uns gras & les autres maigres , Les receurent d'assez bel-air ; De plus , un Chevalier expert

135 Dans le beUiqueux Exercice , Qu'on appelle de Saint Maurice , Etant sorti fort brusquement De derrière un Epaulement , Les soûtinst , avec sa Cohorte ,

140 De si brave & galante sorte Qu'il recogna bien-tôt chez-eux Les Assiégez, quoi que très-preux.

Pour faire, enfin, toutes les mines, En suite on fit jouer les Mines ,

145 La Demi-Lune on attaqua.

D'où l'Ennemi l'on débusqua , Et ledit Beaufort & Tavane , Bien loin de faire illec la Cane , Montèrent intrépidement

150 Et dressèrent leur Logement.

De l'autre-part , par Contremine , On l'eut bien-tôt mis en ruine , El le Sieur Gouverneur Chapat

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