Du 3i. Décembre 1667 (Robinet
Engendrant, presque tous les ans.
Quatre-vingts dix petits Sultans.
Le Moscovite , à sombre Trogne, 60 Désire , avecque la Pologne , Changer leur Trêve en une Paix Qui les unisse pour jamais ; [conte, Mais, comme il veut, à ce qu'on Y trouver un peu trop son compte , 6^ On ne croid pas que ce Traité Soit encor si tôt arrêté.
La Pologne , un peu plus quiète , Va se remettre à la Diète , Le grand Remède auquel toujours ,
70 Dedans ses maux , elle a recours ; Maisl'on craint bien quelesTartares, Gens pillars & des plus barbares , Ne reviennent , à contre-temps , L'y traverser à ce Printemps ,
75 Car, avec eux , chose assurée , Ce n'est jamais que Paix fourrée.
leîriiîce Cependant , le Kam ancien , de ces Voulant rentrer dans l'Etat sien , Taitares. j^^^^^ -j ^^^ chassè par la Porte ,
80 A cause , comme on le rapporte , Qu'il la sevroit des beaux Tributs Qui par tel Prince lui sont dûs , Y fait, depuis peu, grands vacarmes Par ses Cabales & ses Armes.
83 Or, Monseigneur le Kam nouveau En tremble en sa timide peau , Appréhendant bien que cet autre , A son tour, ne l'envoyé au Peautre , Par un Jeu de Boute-dehors , ^
90 Et , certe , il y fait ses efforts.
Le Danemarc un peu haut chante, Touchant la Debte ou Paraguante ^Dont il demande payement Aux Holandois très-instamment ,
95 Depuis que , sur Mer & sur Terre ,. Ils ont Paix avec l'Angleterre ; En quoi le bon Roy Frédéric , Leur reprochant tout ric-à-ric , Dit leur avoir, avec maints Princes ,
100 Rendu des Services non minces, Ergo , que leurs sages Etats Ne dèvroient point en être Ingrats.
Le Suédois , Goth, ou Vandale Sent de l'Etoile Martiale 103 Toujours le Guerrier Ascendant, Et le Cas est bien évidant Qu'il n'a pas sur pied des Cohortes Et si nombreuses & si fortes Pour tirer sa Poudre aux Moineaux.
no Mais parlons des Impériaux. On les presse, de par l'Espagne, De mettre Soudards en campagne Pour le Secours des Pays-Bas , Mais, certe, ils ne s'en pressent pas ,
1 13 Et même Ignace , leur beau Sire , Laissant aux Princes de l'Empire A régler cette Affaire là , Bien loin de penser à cela , Ne songe qu'à faire au plus vite
120 Couronner cette Marguerite, A son Amour de si grand Prix , Qui le rend Papa d'un beau Fils.
Mais il faut que , pour tel Mystère , L'Impératrice Douairière ,
123 Laquelle en souffre anxiété , Renonce à cette Dignité, Les Etats disans , soit par ruse , Ou bien par légitime excuse , Que c'est un cas nouveau chez-eux ,
130 Et qui pourroit choquer les yeux , D'en voir deux de la sorte ornées , Id est à la fois couronnées.
Les Hongrois aux laids Musul-
[mans Montrent incessamment les Dents ; 135 II n'est Paix , en un mot, qui tienne Et qui leur fiel contr'eux retienne , Et cette Paix ainsi cent fois De sa rupture est à deux doigts.
Les Electeurs , grands Personna- 140 Et de l'Empire les vrais Sages , [ges Délibèrent sur le Secours Qu'on lui demande tous les jours Pour la défense de la Flandre ; Mais le Party qu'ils veulent prendre 143 (Et , ce me semble , le plus seur) Est le parti de la douceur,
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