ata. — Du 17. Février 1667 (Subligmy
Et . quand il fait sçavoir que ses plus grands travaux Sont à bastir des Escuries , *** Il semble qu'il n'y doive aller que des Chevaux.
Port insensiblement nous disons des Nouvelles Et nous avons quitté les plaisirs de la Cour ; Mais n'importe , achevons» puisqu'elles sont si belles : On n'en a point , Seigneur , de telles chaque jour. 170 Le Roy de Pologne respire :
On dit qu'un de ses bons sujets [sedomtuki]
A presque ruiné les perfides projets Des traîtres révoltez contre ce pauvre Empire. Le Butin & les prisonniers 1 75 Que le Cosaque & le Tartarb
Avoient faits dans ces mois derniers , Par leur irruption barbare , Sont revenus dans le Pais Et chez les Polonnois fidelles , i*> Par la def faite des Rebelles
Qui peu de jours devant les avoient envahis. Casimir toutefois craint toujours de plus belle ; Les Turcs , joints à ces scélérats , Menacent ses tristes Estats '*5 D'une ruine universelle.
Il demande secours à tous les Roys Voisins Et vingt Ambassadeurs occupent les chemins. Déjà mesme un Courier est arrivé dans Rome, Le vingt & un du mois passé , l9° Pour en demander au Saint-Homme ;
On peut juger par là combien il est pressé.
Le Turc entreprend trop : il en veut à Candie , Qu'il voudroit bien oster aux bons Vénitiens , Et pour cette entreprise , à mon gré très-hardie , «95 II arreste en ses Ports tous les Vaisseaux Chrbstiens
Et les force à charger les choses nécessaires
Pour avancer là ses affaires.
Il va , d'autre côté , rompre avec I'Empereur Sur un prétexte assez bisarre , 200 Et , d'un autre , il se joint au rebelle Tartarb
Qui contre Casimir marche avecque fureur. Je conçois peu sa Politique , Que presoue tout le monde craint ; Mais , de (juelqu esprit fin pour ce coup qu'il se pique , 10* Qui trop embrasse mal étraint.
Premièrement , Seigneur , quoy que le Monde die Qu'il prendra cette Année asseurément Candie ; Que , cette Capitale estant prise demain , II faudra dans un An dire : Adieu la Sicile v "° Adieu Ports d'Italie , Adieu PaÎs Romains ;
Chacun n'estime pas la chose si facile :
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Venise ne craint point cela.
Depuis un temps le Marquis Ville , Pour soutenir ce siege-là , »»5 Avec force Officiers s'est jette dans la Ville.
Ah mais , me dira-t'on , le Turc est bien puissant Et la Republique , au contraire , Va tous les jours s'àffoiblissant ; Encore un de ses Chefs, & d'un rang peu Vulgaire , **> Cadet du Duc de Parme enfin , [Honc* FvnèM]
Dans les Isles de Sdille a finy son destin : Cela n'avance point de beaucoup son affaire. Venise est sage , cher Dauphin :
Nous n'avons qu'à la laisser faire.
"5 On vous rappelle à vos plaisirs .
C'est assez parlé de Nouvelles.
Adieu , Comble de mes désirs ; Jeudy prochain encor nous en dirons de belles.
de SUBLIGNY.
A Paru, Cht{ Purrc lu Monnier, rue des Mathurim , au Feu Divin 1667. Avec Privilège.
(La Muse Dauphine , etc., 1667 — voy. le n° 209 , col. 640 , — pp. 13-24.
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charles ROBINET.]
Du 20. Février 1667.
Muse qu'on date de divine »
Essayez à la devenir Et faites que , dans l'Avenir, Vous teniez de vôtre Héroïne.
5 Que vous feriez de bruit si vous lui ressembliez .
Et si , comme Elle , vous aviez Tous ces Charmes d'une belle Ame Qui font voir que le Ciel épuisa ses Efforts A dessein de rendre Madame
»© Aussi belle par là que du costé du Corps 1
Par cette noble Ressemblance Vous attireriez son amour ,
21 3. — Du 20. Février 1667 Robinet).
Et Ton ne verroit point en Cour
De plus parfaite Intelligence. Par bonté , je le sçais , Elle vous fait accueil ♦ Et vous en fait assez pour vous enfler d'orgueil ;
Mais ce seroit bien autre chose.
Là donc , cultivez-vous toujours de plus en plus Et de l'Original qu'ici je vous propose Contretirez en vous les divins Attribua.
Les Tartares, ces francs Espiègles Qui vivent sans aucunes Régies , Ont à leur tour eu sur les Doigts Par les Troupes des Polonois ,
25 A qui , comme l'on sçait • n'aguéres Us avoyent taillé des Croupières ; Et , de Bateurs étans Batus , Bien loin de faire les Testus Et de vouloir tirer Revanche ,
y° Leur Ost tout honteux se retranche, Et n'ose plus montrer le nez A ces Sarmathes ralliez.
Mais , las 1 pour cela , la Pologne N'est pas à la fin de Besogne ,
35 Car ces Tartares de mal-heur, Qui par Tordre du Grand Seigneur Se sont joints aux Tourne-Casaques, Que Ton appelle les Cosaques , Doivent , avec d'autres Secours ,
40 Tout désoler, aux premiers jours, itamiQjekfl a l'entour de certaine Place Devant qui I'Otomane Race, Qu'on voudroit voir au Berniquet , Désire planter le Piquet.
45 Déjà , ce dit- on , sa Hautesse , Avecque beaucoup d'alaigresse , A fait porter diligemment Le Bâton de Commandement , Comme aussi I'Ensbigne &le Sabre,
50 Dessus un Cheval qui se cabre , Au Bassa qui doit aller là Conduire ce beau Siége-là , [fiére, Ce Grand Seigneur , d'humeur fort Bouillant d'une ardante Colère
55 Contre le Sarmathe affligé , Dont il se tient tres-outragé , Pour n'avoir pas de belle sorte Envoyé Quelqu'un à sa Porte En qualité d'ÉMBAssADsuR ,
60 Ce qui beaucoup lui tient au cœur.
16 Elle vous en fait attei.
C'est pourquoi le Polonois Sire , Afin de détourner son Ire , En envoyera promptemenl un Qui ne sera pas du commun ,
65 Et, d'autre* part , à tous les Princes, Des plus grands jusques aux plus Il dépêchera des Courisrs [minces , Dessus d'alaigres Destriers , Pour en avoir quelque Assistance
70 En cette pressante Occurance.
Mais cnacun d'eux sera ravi De se signaler à l'envi Dedans cette commune Cause ; Ainsi du moins je croi la chose.
75 Déjà les vaillans Suédois , , Cherchans matière à leurs Expiois , Se promettent dans cette Guerre De bien jouer du Cimeterre Et , toute raillerie à part ,
80 D'abatre du moins, pour leur part , Vingt mille des Mahonbs Cornes Qui, ne pouvans souffrir de Bornes, Voudroyent, par des progrez divers, Se planter par tout l'Univers.
85 Mais nous en avons assez d'autres , Beaux Musulmans ; gardez les vôtres.
Je trouve plein d'un grand loisir Leur Monsieur le Premier Visir , De faire , en guise de Fusées ,
90 Voler des Bombes embrasées En si nombreuse quantité Dans la Capitale Cité Du beau Royaume de Candie , Et l'Entreprise est bien hardie
95 Qu'il fait de la réduire enfin Dessous le maudit Joug Turcain.
Quoi qu'en Guerre il soit tres-ha- Je pense que le Marquis Ville [bile,
2l3. — Du 20.
Et tous les Chefs Vénitiens , 100 Aussi vaillans que bons Chrétiens, N'auront pas moins d'intelligence Et de guerrière Expériance , Et que , comme il ataquera , Tout de même on se défendra»
105 Incertain aussi de Fissue, Craignant de faire une Bévue , Il tâche , comme fin Regnard , De foire Paix avec Saint Marc ; D'autant plus que le Sultan même » 10 Se trouve en un besoin extrême D'avoir ses Troupes en un Bloc , S'il veut donner un si grand Choc
A la POLONOISE COURONNF ,
De la façon qu'on l'en soupçonne.
115 Le jeune Prince Raoosqui , Qui rime avec Lubowrsqui , Qu'inspire un si mauvais Génie , Voudroit de la Transsylvanie Chasser le Compère Michel ,
iao Qui lui cause un triste Martel , Et , comme chante le Proverbe , Pour lui couper sous le Pied l'Herbe Employant le Sec & le Vert , De tous les moyens il se sert.
1 *5 Mais quelques Seigneurs de Hongrie, Voyans la chose fort aigrie , Moyennent l'Accommodement , Afin d'arrêter l'Armement Qu'on prétexte de leur Querelle ,
> J° Mais qui met beaucoup en Cervelle Les Hongrois & les Alemans , Craignans fort que les Otomans , Qu'on tient sujets à fourberie , Ne leur fassent supercherie.
■35 L'Espagnol fit le Portugais N'ont encor fiait Trêve ni Paix , Et chacun d'eux , d'une Ame fiére , Est toujours en Garde meurtrière.
Les Anglois & les Hollandois , 140 Que l'Hyver contraint d'être cois , Témoignent n'avoir pas envie D'être en repos toute leur vie , Mais de vouloir, à ce Printemps, Estre derechef Combatans. 145 C'est des Régions étrangères
1667 (Romnbt). 672
Ce qu'avec ses Ailes légères Répand la Dame du Renom ; Après quoi je vais tout de bon Dire d'Ici d autres Nouvelles , >$° Dont voici l'une des plus belles
Monsieur le Cardinal de Retz , Ayant essuyé tous les Trais* De la plus averse Fortune , Avec une Ame non Commune ,
55 Mais telle que l'ont les Héros Nais pour les illustres Travaux , Est venu , tout brillant de Gloire , Consommer sa noble Victoire Aux Pieds du plus grand Potentat
160 Qui jamais ait régi! Estât. [que Un Trait d'oeil de ce cher Monar- De sa Faveur portant la marque , A foudroyé le Sort fatal Ennemi de ce Cardinal ,
l65 Et l'on revoid enfin en France , Avec joye, une autre Eminencb , Car, en un mot , jusqu'à ce Jour, La Pourpre a fort orné la Cour , Et- puis les Vertus Cardinales
'7° Accompagnent bien les Royales.
Mais , à propos de nôtre Cour , Les Ambassadeurs , l'autre jour, Y complimentèrent la Reyne , Cette excellente Souveraine ,
'75 Dessus l'aimable Evénement De son heureux Accouchèrent , Lequel nous donne une Princesse Qu on admire déjà sans cesse , Et qui , se faisant bien nourrir
1 80 Avec Elle aussi fait fleurir Une Troupe de jeunes Charmes Qui causeront bien des AHarmes.
Ensuite ces Complimenteurs , Qui parurent bons Orateurs ,
>*5 Furent , par l'ordre du Grand Sire , Tous conviez , pour leur Bien-dire , A se divertir au Balet P* ***
Et traitez en Festin complet. v«<*l
On a , depuis le Treizième , ■9° Dancé trois fois ce Balet même Qui, changeant encor beaucoup plus De Visages que Prothéus ,
2i3. — Du 20. Février 1667 (Robinet).
Avoit lors deux autres Entrées Qu'on a beaucoup considérées , *<-«» Sçavoir des Mous & Mahoks t sJjù!^ Ceux tres-perverses Nations.
MoUèro]
Le Bal aussi par fois se donne , Où des mieux l'on collationne ; Puis la Comédie v en son Jour,
200 Divertit de même , à son tour»
Par quatre Troupes différantes Et qui sont toutes excellentes.
£*g£ La Chasse enfin & les Festins , dTEtaSLos Les chers Amis des Intestins , [Loin] £t jes beaux Concerts de Baptiste , Qui n'est point un Anabaptiste , Font les Ebats du Carnaval Chez le Monarque sans égal.
Mais ce sera bien autre chose ,
210 De ia manière qu'on en cause , Demain & les deux Jours d'après , Et l'on fait de rares Apprés , A cet Effet , dedans Versailles, Où Ton ne paye point de Tailles.
21 5 Des Gens oui ne sont point Menteurs M'ont parlé de cinq cent Piqueurs , Employez à larder des Viandes , Toutes exquises fit friandes , Dont nôtre magnifique Roy
a«o Veut qu'on régale en bel arroy Tous et chacuns Messieurs les Masques, Qui , sans commettre aucunes fras- Voudront aller voir sagement [ques, Ce nouveau Divertissement
"5 Duquel je vous promets de mettre Le Détail en mon autre Lettre.
La Princesse de Monacho
Etant relevée à gogo ,
Et même plus fraîche & plus belle , »J© Pour s'en féliciter chez elle ,
Avant-hier, y donna le Bal
Avec un Festin sans égal.
Entr'autres Têtes principales ,
Les belles Altesses Royales 235 Y charmoyent les Yeux & les Cœurs
Par mille & mille Attrais vainqueurs.
Et toutes les Dames parées ,
Afin d'être illec admirées ,
Avoyent , parmy leurs Ornemens , 240 Tant de Perles & Diamans
Qu'on aurait juré que la Sale Etoit une Inde Orientale.
C'est ce qu'on m'en a dit en gros :
Aussi je tranche en peu de mots ; *45 Mais , si j'en apprends davantage , Vous l'aurez dans quelqu 'autre Page.
Le sage & preux Marquis d'Alui , Qui de Sourdis l'est aujourd'hui , A , pour couronner sa Constance , 15° La plus belle qui soit en France , Epousé l'illustre Fouilloux.
O le noble Exemple pour vous , Indignes Amans de nôtre Age , Qui n'avez rien qu'un Feu volage 1
*55 Achevons par l'Evénement Arrivé tout nouvellement.