‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689 (volume 3)Chapitre 172 sur 257 · VII. SEMAINE · texte numérisé non relu

VII. SEMAINE

Du Jeuply 24. Mars 1667.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Pardonnez moy, petit Espoux , Si je suis toute sérieuse ; J'aime mieux sembler ennuyeuse Que d'attirer sur moy la haine ou le courroux. 5 Lors que mes petits jeux se prennent pour offense ,

Helas ! Mon charmant Prince , helas 1 Honny soit-il oui mal y pense l Si le ton s'écrivoit , cela ne seroit pas ; J'ay tasché par mes Vers jusqu'icy de vous plaire 10 Et d'en divertir quelquefois ,

Le plus puissant de tous les Rois , Avec un enjouement , ce semble , nécessaire ; J'ay pour le faire rire apporté tous mes soins , Quand j'ay cm pour cela quelqu'Histoire assez bonne ; 15 Mais , que j'eusse dessein de déplaire à personne ,

C'est à qùoy j'ay pensé le moins.

Le Pape est toujours plein de vie :

L'autre jour, on se trompa fort De publier qu'il estoit mort ; ao Tant s'en fout qu'il en ait envie ,

Que tous les jours encor, par quelque effort nouveau , Qu'en faveur des Chrestiens luy fait faire I'Eguse , En dépit des droits du tombeau , Ce Saint Père s'immortalise.

»5 Ses Galères , depuis un mois ,

Sont en Mer pour la République , [de vaoiM]

Et d'ailleurs , dit on , il s'applique A ruiner, s'il peut , celle des Genevois : Il veut donner secours aux Armes de Savoye. 30 Vous sçavez , que je croy, Seigneur ,

Qu'au Duc de ce Pals celuy de Saxe envoyé Quatre mille hommes plein de coeur :

75 1 aaa. — Du 24.* Mars 1667 (Sotligny). 7*2

Ils ont déjà joint son Armée ,

Qui , plus ficre de ce renfort , 15 De Genève s'approche fort.

Dieu veuille , pour la Renommée

De ce Pâmes jeune & parfait ,

Et que chérit la Destinée ,

Que l'entreprise ait son effet 40 Et, qu'il triomphe cette année 1

Il ne luy faut pas peu de soins S'il prétend y mettre le siège :

S'il est assez puissant pour luy dresser un piège , A se défendre bien elle ne l'est pas moins. 45 On dit que , pour munir leur Ville ,

Déjà les Genevois ont receu des Cantons

Soixante gros & grands canons , Et des meilleurs soldats , au nombre de deux mille. Ils font sur le Léman bastir, de leur costé , 5° Des chaloupes en quantité ,

Qui ne luy rendront point la chose si facile ; Mais , pour un Prince comme luy, Qui ne manque point de courage , Plus cette place aura d'appuy, 55 Plus à s'en rendre maistre il aura d'avantage.

Ses troupes , m'a-t'on dit , auront pour General Un Capitaine tres-habile , Qui se nomme le Marquis Ville ; Cela ne l'aidera point mal.

60 n Ta fait revenir depuis peu de Candie ,

Où , si tout, l'an passé , n'a pas bien réussi , Je ne croy pas qu'un jour on die Qu'à Genève il en soit ainsi.

Venise perd , en sa retraite , 65 Une Couronne de Laurier,

Que , cet Esté , ce grand Guerrier Pour elle sans doute auroit faite.

Résolu de chasser, dit-on , le Grand Vizir . Ou de perdre en la peine avec gloire la vie , 70 II s'estoit jette dans Candie ,

Pour la deffendre mieux jusqu'au dernier soupir.

Sans Genève & sa brouillerie , Venise enfin par lui vaincrait ses ennemis : Mais quoy ? le Marquis Ville estoit à sa Patrie 75 Avant que d'estre à ses amis.

Pour cela je ne veux point dire Que Venise ait dequov trembler ; Le General de Vert Muller ,

753 aïs. — Du 24. Mars 1667 (Subuoky). 754

Secondant ses guerriers f pour elle peut suffire. *> Ce Chef , fies plus ingénieux ,

Deffend Candie en telle sorte

Et par de tels travaux , si grands & si fameux ,

Qu il r'abaisse déjà de l'orgueil de la Porte

Et que , de son espoir interrompant le cours , *3 II contraint sa fierté de chercher du secours.

Le Grand Vizir , dit-on , demande à sa Hautesse Encor vingt mille combatans ,

Pour luy pouvoir soumettre avec plus de vitesse Cette Capitale au Printemps ; 90 Mais, moy , j'ay toujours dans la teste

Que ce Vizir oui veut , par gageure de fou ,

Qu'à faute de la prendre on luy couppe le cou ,

Sera plutost sans cou qu'au bout de sa conqueste.

C'est là sans façon & sans art 95 Vous débiter une Nouvelle ;

Mais aussi , complaisance à part , Tout de bon , la trouvez-vous belle ?

Pour le goust fin & délicat De la Cour du Roy nostre Père , »«> Sans le petit sel nécessaire

On ne sçauroit faire un bon plat.

Malgré mon humeur sombre & noire , Je ne puis m'empescher de vous dire une histoire Où règne plus de gayété.

105 De ce matin , l'on ma conté

Une avanture assez plaisante.

Une femme de qualité Et Lyonnoise , fort charmante , Traittoit depuis deux ans avecque dureté > 10 Un de ceux que Ton peut appeller galans hommes

C'est un meurtre au siècle où nous sommes , )t sur tout à Lyon , d'avoir tant de fierté , Et jamais telle tyrannie , Dit-on , n'v demeure impunie ).

1 >5 Le misérable , à tous momens ,

En estoit prest à rendre l'ame , Quand la trop rigoureuse femme , Qui prit pitié de ses tourmens , Eut enfin la bonté , par de douces paroles , 120 D'emprunter de luy cent pistolles.

D'autres que de bien fins Amans , Peut estre , trouveront cette pitié risible ; Cependant , cher Dauphin , c'est là , sans complimens , Dire : € Monsieur , je suis sensible , » "5 Et celles qui, dans nôtre Cour,

N'osent dire le gros mot : « j'aime , » Faisant pareil emprunt un jour Se feroient entendre de mesme. Nôtre Amant , toutefois , en fut un peu surpris ;

1 \) tyrannanie.

755 222. — Du 24. Mars 1667 (Subugvt/. 756

u© En effet , à Lyon aussi bien qu'à Paris ,

Tel y peut dépenser mille plaintes frivolles Et deux ans entiers de soupirs , Qui n'a point comptant cent pistolles Pour donner à robjet de ses tendres désirs. i|> Comme pourtant l'amour ne manque point d'adresse 9

L'amant en sceut user dans cette occasion. Il avoit , dit l'histoire , une étroite union Avec l'Espoux de sa Maistresse :

Il en emprunta cet argent ■40 Qu'il promit bien-tost de lui rendre.

Durant plus de huit jours que l'Espoux fut absent , Il en eut de la femme un remerciment tendre ; Puis , dés qu'il apperceut ce Mary de retour, Le prévenant en galant homme, ■45 II luy dit que , depuis un jour,

Il avoit à sa femme enfin rendu la somme. Le tour asseurement n'estoit pas mal adroit , Et sur tout le Mary n'eut esté guère en droit De prétendre en faire querelle, 150 Car, par des moyens inouïs ,

Pour obliger sa femme à n'estre point cruelle . Il avoit donné cent Louis.

J'appelle ces tours-là de pures gentillesses , Lors qu'ainsi les maris se laissent affiner, ■55 Et , pourveu qu'ils n'ayent point affaire à des Diablesses

Qui les fassent assassiner, Quoy que les femmes puissent faire , Mon Prince , vogue la galère !

On decola dernièrement , 160 A Rouen , Madame de l'Isle ,

Pour avoir fait tuer le sien cruellement. Combien , depuis trois ans , a-t'on dit dans la Ville Qu'elle avoit trop d'amis dans tout ce Parlement , Pour avoir la teste tranchée ?

i*5 La voila pourtant depeschée ,

Et son cnme a son cnastiment.

Pour garantir cette meurtrière , Il eut fallu que I'Intendant, Le juste la Gaussonnibre , 17° N'eut point esté là résident ;

Il eut fallu , Mon petit Prince , Que , auand le forfait fut commis , Le Parlement n'eut point promis D'en faire exemple à la Province.

175 La Justice chez lui règne sévèrement ,

Autant qu'en Parlement qui soit dans cet Empire . Et, quoy qu'il soit un franc Normand , Il n'estoit point pour s'en dédire.

A propos de dédire , on dit

7$7 3*3- — Du 24. Mars 1667 (Surnom^. 758

180 Que , dans Londres , on s'est dédit :

N'est-ce point une estrange affaire ?

Je ne sçay, ma toy, plus tout ce qu'Us pensent faire.

Vous avez sceu comment & quand Monsieur le Duc de Bouquinquan , ,85 Le Milord Faibfax , son beau Père ,

Le Comte de Bristol & deux de leurs amis , Tous cinq, dans la Tour furent mis ? Parbleu ! voyant tout ce mystère, La Paix est pour I'Anglois diantretnent nécessaire ; '9° Je ne sçay qui le fait suivre d'autres avis.

On me vient d'apprendre une Histoire

De leur Gentil-homme Irlandois ,

Que j'aurois de la peine à croire , Si l'on ne me l'avoit redite mille fois. '95 H alla de son chef proposer en Hollande

De faire descente en Irlande ,

Fit demande d'un homme adroit

Qui pût l'y suivre en diligence ,

Afin d'y prendre intelligence 200 Avec le factieux qui s'y soulèverait,

Et mesme proposa de le mener à Londrb •

Où d'autres factieux secrets

A se déclarer seroient prêts ,

Quand la cloche se voudrait fondre.

*°* L'Homme des Estats l'y suivit ,

Descendit en Irlande , y vit

Toutes les choses disposées

Comme on les avoit proposées ; Mais I'Irlandois , dans Londrb , en avertit le Roy , ai° L'instruisit de tout ce Mystère ,

Qu'il avoit entrepris de soy.

Pour voir ce qu'en tel cas la Hollande eût pu faire - ,

Et , quand cet Agent mal-heureux

Envanissoit desja dans l'ame a,J Tout ce qu'il voyoit à ses yeux

Et s'applaudissoit de sa trame , Il se vit tout à coup mener je ne sçais où ,

Comme coupable & comme traître ,

Dont il. ne sortira peut-estre

Que pour se voir couper le cou.

J'aurois autre chose à vous dire ; Mais , Adieu ; l'ennuy me reprend. *

S'il estoit toujours aussi grand, Je n'oserais plus jamais rire.

de SUBLIGNY

A Parti Ckê^ Pierre Le Mounier, rue (Us Matkurius , au Feu divin. Avec Privilège.

(La Muse Dauphine , etc. , 1667 — voy. le !»• 209, col. 640—, pp. 85-9$.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pa* Crailis ROBINET.]

Du 27. Mars 1667.

Belle Déesse aux Ailes d'Or.

Fameuse & légère Couriére , Qui de l'Astre du Jour mesures la Carrière

Par un continuel Essor,

Chère & puissante Renommée , Qui de mon Héroïne es tellement charmée Que c'est à la prôner que tu fais plus de bruit , Parle aussi , tant soit peu , de sa Muse fidelle. Et fais que l'Univers par ta Voix soit instruit

Qu'elle est assez bien auprès d'Elle.

Ayant dit ces deux ou trois mots , Lesquels ne te coûteront guéres , Ses Vers pourront courir par les deux Emisphéres Avec le Destin des plus beaux.

Ah ! je voi qu'avec alaigresse Tu veux bien l'obliger en faveur de l'Altesse Dont le célèbre Nom fait tout son Ornement. Va donc viste établir sa Gloire universelle , Et , dedans cet Espoir si doux & si charmant , Elle va mettre au Jour sa Missive nouvelle.

Lubomirsqui , ce franc Bourru , Après sa mort ( Pauroit-on crû ? ) , Pensoit encor à la Pologne Tailler de nouvelle Besogne , »5 Ayant , à divers Boutefeux Laissé son Esprit factieux , Par des Ecris & des Mémoires Contenant ses Intrigues noires , Afin qu'ils pussent aujourd'huy

*o Brouiller les Cartes après Lui.

Mais , grâce au Ciel, ces Emissaires Ont en paix laissé les Affaires , Et les Diètes présentement Se tiennent encacement ,

15 Si bien que chacun en espère De I'Estat guérison entière.

Chez le Vandale & chez le Goth ,

On s'est ébaudi comme il faut ,

Durant la Saison Carnavale , 40 Et leur Reyne , assez Joviale ,

S'en meslant agréablement ,

La finit solennellement

Par une rare Mascarade ,

Toute de Masques d'un haut Grade, 45 Et vestus magnifiquement ,

Comme aussi des plus galamment.

L'Enchanteur du Château d'Ajt-

Bfiti , je croi, sans Pyramide, [midb ,

Etoit le Titre spécieux 50 De cet Ebat ingénieux ,

Où même une fine Harmonie

Délecta grandement l'Ouye ,

Et la Collation , le Goût ,

Où l'on servit , pour dire tout ,

2a3. — Du 27. Mars 1667 (Robinet).

55 Force délicates Pâtures , Y compris maintes Confitures.

Chez I'Empereur, à Vibnnb, aussi, Où l'on s'éçaye , Dieu merci • D'une manière si complette

60 Que sa Cous en est satisfaite , Dessus la fin de Février, Ainsi qu'on l'a sceu d'un Courier, Quatre-vingts, tant Seigneurs que

[Dames, Tous brillans d'Eclairs & de Fiâmes,

65 Que produisoyent les Diamans Semez dessus leurs Vestemens , Formèrent une Mascarade , Laquelle n'avoit rien de fade, Quoi que le Dessein n'en fût pas

70 De soy-même fort plein d'appas , Car cette belle Momerie Désignoit une Hôtellerie.

Mais I'Emfçreur & sa Moitié , Si digne de son amitié ,

75 En étoyent les Hôtes illustres , Et non vraiment de chétifs Rustres ; Et les Principaux de leur Cour , Chacun sous différant Atour, Etoyent les Valets d'importance

So De ces Hôtes de Conséquence , Si qu'on pouvoit » je vous promets , Dire : Tels Maîtres , tels Valets.

Je conduds donc , sans raillerie , Que la susdite Hôtellerie

$5 Etoit des bonnes d'alentour, Et des plus fameuses du Bourg , Qui , sans qu'en suspend je vous Etoit la Cité de Vienne ; [tienne , Aussi , le Concours y fut grand

90 Et de Voyageurs du haut Rang.

Or, après une Sarabande Et quelque Danse à l'Allemande , Chacun , à l'Allemande aussi , Y soupa , non cossi cossi ,

95 Puis y paya l'Hôte en Gambades , Jusques à ce <jue des Aubades Vinrent avertir, le Matin , Que la Nuit étoit au Déclin.

Le lendemain , la Comédie , 100 Le Balet & la Mélodie Furent les Divertissemens De tous ces Hôteliers charmans ,

Avec Chère délicieuse A toute la Bande joyeuse.

105 Mais les Hôtes ont beau traiter, Et, quoi qu'il en puisse coûter, Pour le laire ils sont assez riches , Car, depuis peu, des deux Autriches, Ainsi que de maints autres Lieux ,

no Les Ectats, fort pecunieux ,

Les ont , en pur Don , que je pense , Régales de belle Finance , Et la Basse Autriche , dit-on , A donné , seule , un Milion.

1 15 Mais , à propos de Mascarade , Nous mériterions algarade f Si nous ne faisions mention , Dedans nôtre Narration , De celle que le Duc de Chaune

i*> A faite où le Pape a son Trône , Pour terminer le Carnaval Par un Spectacle sans égal.

C'étoyent Mesdames les Svbiles , Lesquelles , à prédire habiles ,

i*5 Anonçoyent, d'un ton menaçant, Le final Débris du Croissant Et même , apostrophans la France , Qui lors avoit la ressemblance D'une belliqueuse Pallas ,

130 Le promettoyent à son seul Bras.

Ces Belles , comme I'HéroÎve , Etoyent dessus une Machine En guise de Char Triomphal , D'où , faisans un public Régal t

•35 En libérales Créatures , Elles jettoyent des Confitures Et Pois sucrez de toutes parts , Que recueilloyent des Egrillards Plus volontiers que leurs Oracles ,

140 Qui promettoyent tant de Miracles.

Quarante puissans Estafiers , Aussi noirs que des Charbonniers , Car ils représentoyent des Maures , Avecque maints Pages encores ,

U5 Que des Ecuyers conduisoyent , Environnoyent ou précedoyent Ladite Machine roulante , Et fort superbe & fort brillante.

La Renommée alloit devant ,

150 Aussi légère que le Vent,

Pour Estafiers ayant des Basques.

D'autre» Chars , pleins de galans

[Masques,

2a3. — Du 27. Mars 1667 \Robinbt).

Cortégeoyent agréablement , Et le Tout marchoit gayement

155 Au charmant Concert des Trompettes , Des Hauts-Bois, Fifres & Musettes; De quoi tous ravis , les Romains < Battirent mille fois des mains , Applaudissans au Duc de Chaunb ,

160 Sans lequel , selon qu'on le prône , En bonne foy , leur Carnaval Auroit été tout-à-fait mai.

Je clos ce Chapitre de Rome Sans vous rien dire du Saint Homme,

165 Car je vous jure , en bonne foy, Que Cuon , ni même le Roy, N'en a receu miles Nouvelles.

Ainsi , curieuses Cervelles v Comme je ne puis deviner,

170 Quand vous devriez en rechigner Et mille fois prendre la Chèvre , Il faut qu'ici je vous en sevré.

On n'entend par tout désormais Parler que de Guerre & de Paix ,

175 Et , tant de bond que de volée , Chacun en dit sa râtelée.

Comme l'habile Homme, le Fat, Qui dans les Mystères d'EsTAT N'eut jamais la moindre lumière ,

180 Là dessus se donne Carrière.

Tel, pour n'être sur ce Camus , Furette tout Nostradamus , Et cherche dans ses Centuries , Touchant cela , des Prophéties ;

1S5 Celui-ci , selon ses souhais , Conclud hautement pour la Paix ; Cet autre nul mot ne deserre Qui n'asseure qu'on aura Guerre ; L'un la veut Ici , l'autre là ,

190 Et c'est un plaisir que cela.

Pour moy , qui de tout ne me pique De raisonner en Politique Et qui ne veux avancer rien Qu'en pur & simple Historien ,

195 Je dis que , par Mer & par Terre , Chacun se prépare à la Guerre , Et que nous voici prés du Temps Qui réveille les Combatans ; Mais enfin que I'Hommb propose

aoo Et Dieu seul , par après , dispose.

De Fuentes le cher Marquis , Et , certe , d'un mérite exquis , Ayant Ici , la chose est claire , Bien soutenu son Caractère

105 Et fort satisfait nôtre Cour , En a pris Congé , l'autre Jour, Pour faire Place à Santillanb , De la Nation Castillane , Autre Marquis de Qualité

210 Et de grande capacité ,

Qu'Ici nous avons vu n'aguére Et qui ses Fonctions vient faire.

La Cour , pour se des-ennuyer, Changeant fort souvent de Quartier, 215 L'a pris quatre jours à Versailles , Y faisant grand fracas d'Ecaillés , Et puis Eue a récris soudain La route de son saint Germain.

Samedy, nôtre auguste Reyne , 220 Aimant Saint Joseph , prit la peine ,

Par un tres-louable Souci ,

De venir l'honorer Ici ,

En un Couvent de Carmélites ne tan»

Fécondes en pieux Mérites. Booioy

as5 Mais , las ! tout ainsi qu'un Eclair,

Disparut son Aspect si cher,

Et, dés l'instant , nôtre Alaigresse

Refit place à nôtre Tristesse.

Ces autres Astres dé la Cour , 330 Et si dignes de nôtre amour, Philippks & son Henriette , Les grands Objets de ma Muzette , Ont , tout de même , Ici paru Et , dans un clein d'oeil , disparu.

235 O Paris trop infortunée , Quelle est ta triste Destinée I

Dans le beau Temple des Feuil-

[lans.

Comme des Hermines , tous blancs , Le dernier Lundy, fut bénie 140 L'Abbesse de Jarsi de Brie , 'dastat

Abbesse de bonne Maison Mand*

Et qu'on estime avec raison.

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