‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689 (volume 3)Chapitre 185 sur 257 · Du 24. Avril 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 24. Avril 1667 (Robinet

Ce Duc , tout rempli de bravoure , Lequel si bien l'Ennemi bourre ; Et jugez s'il doit faire peur

1 50 Et jpar tout semer la Terreur.

Deux autres , la Perle & PHercu- Qui pour nul hazard ne recule, [le , Passèrent à la Rade aussi , L'Onzième de ce Mois-ci ,

1 s 5 Et , le lendemain , le Vandôme , Aussi haut que le plus haut Dôme , Devoit les suivre en bon es:at , Pour le service de I'Estat.

Ce sont les Effets d'importance

160 Des Soins & de la Vigilance De ce nompareil de Beauport , Digne d'un tres-florissant Sort Et qu'admiroient , de trente Lieues, L^s Néréides toutes bleues.

« Cependant , pour rendre témoins Les Insulaires de ses Soins , Ses Frégates Avanturiéres Vont , aux Occasions Guerrières , Assez souvent jusques chez-Eux ,

170 Et , bref, par des Succez chanceux , Chacune sa Prise en rameine , Qui la console de sa peine.

L'autre jour, le Sieur de Bléor , Avec la Diligente encor,

175 Qui , sous lui , sillonnant Neptune , Busqué & sans cesse fait Fortune , Enleva , d'un Coup de Filet , Coup qui ne me semble pas laid , Trois Batîmens fort raisonnables ,

180 Qui s'estoient, en vrais petits Courageusement défendus, (Diables, Mais, pourtant, à la fin rendus.

Or, un d'eux fut coulé sous l'Onde, Faute d'avoir assez de monde

185 Pour l'amener jusques au Port , D'où le susdit Sieur de Bléor Est retourné chercher Capture , Laquelle pour lui je tiens sûre , Sçachant de quel air il s'y prend :

19c Et j'ay là-dessus pour Garand Celui qui m'a narré ces Choses , Dans la mieux écrite des Proses.

Mais passons , de Brest , autre part Et dépéchons , car il est tard.

■95 Madame I'Abbesse de Chsllb , Laquelle peut tirer l'Echelle Apres Elle en plusieurs Talens , Tous du Ciel les plus excellent , Ayant esté, sans menterie,

*oo Bien malade & puis bien guérie »

Toutes les Mères & les Sœurs »

Dont Elle possède les Cœurs , En ont fait voir une Alaigresse Aussi grande que la Tristesse

2°5 Qu'elles sentirent dans son mal , Qui sembloit à ses jours fatal.

Elle aussi , pour montrer la Joye Dont lors son cœur estoit la Proye , Apres un pieux Te-Deum ,

210 Apres mainte Procession ,

Pour rendre avec quelque Décence Grâces de sa Convalescence , Festina magnifiquement Et tout à fait splendidement

a,5 Les Nobles & Gens plus notables , A quatre plantureuses Tables , Où l'on servit tout ce que l'Eau Produit de Poisson le plus beau.

Plusieurs Muids de bonne Ven-

[dange

330 Furent vuidez à sa Louange , Ou , pour mieux dire , à sa Santé .

Par le Peuple de la Cité , Ayant premièrement bû celle ( Ainsi que I'Abbesse de Chelle

"5 L'avoit ordonné dans ce Jour ) Des Majestez de nôtre Cour.

La Feste enfin fut solennelle , Et chacun y montra son zèle Pour la Traitante , en bonne foy ,

a*° Excepté , comme je le crov, Les Personnes qui , dans la Lyce , Avoient couru son Bénéfice

Nôtre incomparable Louis , Dont tous les Yeux sont éblouis ,

aJ5 Par l'éclat qu'on void sur sa face , Où la Divinité se trace , Vinst, Mercredy, fort gravement En son auguste Parlement, Pour tenir son Lit de Justice .

a4*> Aux uns d'influance propice , Et contraire à d'autres aussi , Mais ( ce qu'on doit noter Ici ) Toujours par un Sort équitable, Réglé de ce Prince adorable.

aa8. — Du 34. Avril 1667 (Robinbtj.

Monsieur

toDoo

de

345 Lors que , d'un & d'autre côté | De sa charmante Majesté, Ducs & Pairs, en bonne ordonnance, Eurent aussi pris leur Séance , Le sage & preux Grand Chambellan Etant à ses pieds , en son Rang , Le Grand Sbguier, toujours lui- Avec une rigueur extrême , [même , Qu'on ne peut trop exagérer.

Se fit mille fois admirer,

*55 Parlant sur le Sujet du Code Qui , reformant 1 ancienne Mode De mettre en estât un Procès , Fera plaider à moindres Frais

* Et donner ( Chicanes cessées)

260 Des Sentences moins épicées.

Ledit fameux Chef de Themis , De plus , toucha d'autres Edits Concernant diverses Affaires , Et , du moins , autant nécessaires ,

265 Sur quoy le Chef du Parlement , Lamoxgnon , parla dignement , Ainsi que fit , à l'ordinaire f Ce bel Esprit, plein de lumière , L'Avocat Général Talon , '

>7o Sans doute un François Ciceron.

flertott

•COOIDM-

Jpdde onsleur le Maréchal

Duo dnPlessys.

Monsieur, le digne Frère Unique, Qui de belle Gloire se pique , Fut aussi de sa Majesté Manifester la Volonté , En l'exacte Chambre des Comptes , Où l'on rend rie à rie ses Comptes.

Monsieur son premier Présidant, Dont le mérite est transcendant , Harangua lors d'une manière Qui ravit l'Assamblée entière ;

Mats n'en soyez pas ébahi , C'est l'illustre Nicolaï.

Or , avant lui , le Sieur d'AuGRE , Tres-humain, quoy qu'il rime à 385 Et TAvocat Général Dreux [Tygre, Firent aussi fort bien tous deux.

Monsieur le Duc, avecque grâce, Aux Aydes alla prendre place , Encor sur le pareil Sujet,

»9* Et Pussor , en StUe bien net Et mêmement rempli d'Emphase , Ravit 1' Auditoire en extase.

Apres lui , parlant à son tour, Le premier Chef de cette Cour

*95 Fut alors l'Aimant des Oreilles, Par l'effet de ses nobles Veilles , Et , pour achever en un mot , L'Avocat Général Ravot (Car à chaque Saint sa Chandelle î

**> Fit sa Harangue , aussi fort belle.

[Jacques AflMlot]

Au reste, en toutes ces trois

[Cours , Ensuite de ces beaux Discours , Par une juste Déférance A la Souveraine Puissance , 305 On enregistra les Edits

rBdlt pour la Réfcrmation de* Procédons de Justice , rBdil pour la réunion à la Couronne des Domaines amenés . l'Bdtt

E>or là suppression des grande et petits sistres des Banx et Forets , et on entre portant pouvoir eux Communautés de rentrer dans leurs Ussges, avec défenses de saisir les Bestiaux pendant qnetre ans.

Dont ces quatre en marge j'ajr mis.

J 'au rois encor bien des Nouvelles , Toutes curieuses & belles , Dont Tune regardoit le Camp Où le Roy s'ébat , en plein Champ, A revoir ses nobles Milices , Qui de ses Yeux sont les Délices ; Mais , mon Papier se trouvant cour , Je m'en vais les saler jusques au premier jour.

Adieu , belle & grande Princesse , Je vais vîte envoyer ces Vers dessous la Presse.

819 »*8. — Du 24. Avril 1667 (Robinet). 820

Ils sont du vingt-sept Aprilis , Où le Printemps enfin se couronne de Lys.

A Parti , CJu{ F. Muguet , ne de U Harpe , aux Trois Rois. Avec Privilège dm Rej.

(Biblioth. nat., Lca, 21. Rés. — Biblioth. Mazarine, 296. A*. — Biblioth. de l'Arsenal , B. L. 11802. — Biblioth. de M. le baron James de Rothsduld.)

LETTRE EN VERS%A MADAME

[Par Cnailis ROBINET.]

Du 1. May 1667

Encor qu'un maudit Rheumatisme , Aussi dangereux pour le Corps Que , pour l'Eglise , l'est un Schisme , Fist le Dragon sur moy, par ses malins effbrs , 5 Je ne laissav pas , ô Princesse ,

Le dernier jour, d écrire à vôtre belle Altesse , Tant j'ay de la servir de plaisir & d'ardeur , Et , même , ou par justice ou par galanterie , Maintes Gens d'Esprit & d'Honneur >° M'ont juré qu'ils trouvoyent ma Lettre assez fleurie.

Mais ce Rheumatisme bizâre , Qui furette de tous costez , D'une manière si barbare Redouble ses hostilitez , ■5 Que je n'oserois me promettre

De pouvoir aujourd'hui vous fournir une Lettre , Ni , bien moins , de l'écrire un peu passablement , Quoi que , pour pompeuse matière , J'aye le Royal Campement ; *> Mais je vais au hazard enfiler ma Carrière.

Le vingt d' Avril , Phcbbus, montrant ses Rais propices , Tout exprès en faveur des Royales Miuces , On les veid défiler toutes de leurs Quartiers Et , de l'air noble & fier qui sied bien aux Guerriers , *5 S'avancer en bon ordre où le Monarque illustre

Devoit les visiter & les voir en leur lustre.

Chevaux & Fantassins , Officiers & Soldats , Pour plaire à ce plus grand de tous les Potentats , Avoyent , comme à l'envi , relevé l'Equipage

82i 229* — Du i. May 1667 (Robinet). 8m

¥> Et sur tout dans leurs yeux tracé leur grand courage .

Comme s'ils eussent dû suivre leurs Etendards Du Camp de I'Exeroce en un vrai Camp de Mars.

Du beau nombre de ces Milices Etoyent Gardes François & Suisses , H Les premiers remplis de Cadets

Des plus lestes & des mieux faits ;

Item , du Corps les dignes Gardes , D'Ames preuses & non couardes , Et de qui tous les Officiers 4© Sont grands Moissonneurs de Lauriers ;

Item , les brillans Mousquetaires , Reconus vaillans Militaires , Et qu'on ne peut prendre sans Vert

SOUS d'ARTAGNAN ot SOUS COLBERT ;

45 Item , Messieurs les vrais Gens-d'armes ,

Si propres aux grands Explois d'Armes

Et les Chevaux-Légers encor,

Aimans le belliqueux Essor,

Sçavoir tant ceux de nôtre Sire 5* ( Puis-qu'en détail , il faut tout dire )

Que de la Reyne , du Dauphin

Et de Monsieur , son Oncle , enfin ; Item , pour achever la Liste ,

Suivant mon Mémoire , à la piste , 55 Le nombreux Régiment du Roy , infcnuria

Tenu dans un si bel arroy

Par son Mestrb de Camp illustre , M'tf^Sî7,,to

Si galant dedans le Balustre ,

Et le Régiment Ltonnois , iiAaterto

«© Dont le Chef , si je m'y connois , ** %%£* *

Ne voudrait céder à Personne

L'Honneur qui s'acquiert chez Bellone.

Toutes ces Troupes-là , sans erreur, se montans A quinze mille & plus bons Hommes Combatans ,

*5 Dont même j'oserais estimer les Centaines

Autant que les Miliers des Légions Romaines . Ne furent pas plutôt au Lieu du Campement, Qu'un Tapis Prïntanier couvrait superbement , Qu'on les veid , à l'instant , sans quiter les Epées ,

70 Les Pics dedans la main , ardamment occupées.

Leur noble empressement fut tel qu'en demi-jour La Plaine fut changée ainsi qu'en un grand Bourg , Rempli de tous costez de Maisons & de Rues Et, aans le même temps, de vivres bien pourvues.

75 En cette Martiale & nouvelle Cité

Etoit la Tante aussi de nôtre Majesté , Tout ainsi que pour Elle ornée ,

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De Pavillons environnée , Avec quantité de Guidons , 80 Ayant mêmes ses Galeries ,

Ses Plates Formes , ses Balcons , Ses Sales & ses Ecuries , Et les autres Commodités Nécessaires aux Majestez.

85 Les autres principales Tantes

Etoyent tout-a-fait éclatantes Et , tant ces Tantes-là que celles des Soldats , Occupovent bien trois quarts de lieue & quelques pas Sur le Rivage clair du beau Fleuve de Seine , 90 Qui n'égayoit pas peu la belliqueuse Scène ,

Laquelle étendoit ses Cloisons De la Borde jusqu'à Maisons.

Sur le soir, l'aimable Monarque Avecque maints Seigneurs de Marque 95 Vint se promener en ce Champ

Et fit le tour du vaste Camp , Et c'est comment cette Journée De point en point fut terminée.

Le lendemain , sa Majesté, , 100 Qui dort bien moins qu'elle ne veille ,

Et dont la Martialité Fait qu'aussi bien des Gens ont la Puce à l'oreille ,

Revint en ce Lieu , le matin , Où lors tous les Soldats , l'Epée nue à la main , 105 La receurent , remplis de joye ,

Au bruit de leurs Concerts & des belliqueux Tons

Des Tymbales, Tambours , Hauts-Bois , Fifres, Clairons,

Qui font abandonner à Mars une Ame en Proye.

< Ensuite Elle disna dessous une des Tantes , 1 10 Et l'une des plus apparentes ,

Du Cornette , dit-on , de ses Chevaux-Légers ,

Et puis , ce Repas fait , qui fut des plus légers ,

Elle donna ses soins à. diverses Affaires ,

Sans doute de I'Estat autant de grands Mystères, 1 15 Desquels , par conséquent , je me tairay fort bien ,

Et même aautant mieux que je n'en ay sceu rien

Sur le Soir, lors que le Zérams , Que Flore tient sous son Empire , Eut poussé jusqu'au Camp ses soupirs amoureux , lao Ce grand Roy fit ranger ses Troupes en Bataille,

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Où , quand c'est tout de bon , la Parque en plein Drap taille Et remplit ses avides Vœux.

Ces Troupes , étans sur deux Lignes , Plurent au Souverain & lui parurent dignes 125 . Des Soins que chaque jour nous voyons qu'il en prend ,

Et leurs regards de feu sembloyent aussi lui dite ,

De rang en rang , Qu'EUes iroyent par tout étendre son Empire.

Au reste , le brillant & céleste Flambeau 00 Ne pouvoit éclairer un Spectacle plus beau ;

Rien n'étoit plus superbe & plus leste & plus riche

Que d'or & que d'argent brilloit sur les habits !

Et dessus les Castors oue de Plumes de prix I

Aucun là ne sembloit ot ni pauvre & ni cniche , '35 Et la Pompe , éclatant jusques sur les Chevaux ,

Ne montrent à nos Yeux par tout que des égaux.

Deux merveilleuses Héroïnes ,

Lors en Vestes & Capelines ,

Et les Pieds dans lep Etriers , 14» Sur deux aimables Destriers ,

A sçavoir la Reyne & Madame ,

Si belles , & de Corps & d'Ame,

Que c'est pour la Muze un grand Champ

Vinrent ensemble voir le Camp , •45 Certe , à la Teste d'une Troupe

Qui de 1' Amour a Vent en poupe.

Toutes ces exquises Beautez

Qui triomphent des Libertez ,

Mêmement sur les plus hauts Trônes , 15° Etoyent vraiment en Amazones ,

Et pourtant fort en différoyent,

Car je pense qu'Elles avoyent ,

Par une meilleure fortune ,

Deux aimables Tétons chacune , ■55 Et , quoi que dessus leur fierté

Elles réhaussent leur beauté ,

Elles ne sont ni Lycantropes ,

Ni , comme je croy, Mysantropes ,

Et , pour l'honneur de leurs Appas , 160 Aussi ne le faudroit-il pas.

Ces chères Sources de Délices D'un bout à l'autre ayant visité les Milices , Qui receurent de leurs beaux Yeux , Le faut-il demander ? mille coups furieux , **5 On les veid retirer , en très-belle Ordonnance ,

8*7 a*9« — Du i. May 1667 (Robinet). 828

Dessus une Eminence , Et ces Troupes , tout à l'instant 9 Comme par hommage éclatant Qu'elles vouloyent rendre à leurs Charmes , « 70 Firent trois Salves de leurs Armes ,

Qui , pour ce soir-là , tinrent lieu D'un assez raisonnable Adieu , Car ces Milices triomphantes S'allèrent retirer aussi-tôt sous leurs Tantes.

■75 Quant au beau Sexe , en bonne fby,

Il vint dessous, celle du Rot , Où , dans une riante Sale , Les attendoit un grand Régale , Et puis la Troupe alla soudain

180 Chercher son Gîte à Saint Germain.

Cela dura quatre Journées , Les Dames étans , chaque jour, De nouvelle façon ornées Et plus charmantes que 1' Amour , 1*5 Mais qui , pour attraper ces Belles

Et pour être aussi charmant qu'elles (Jugez si le Drôle étoit fin) , Vint là montrer son nez , sous celui du Dauphin.

Dimanche , tout Paris sortit hors de lui-même 190 Pour aller voir ce Camp qui faisoit tant de bruit ,

Et veid avec plaisir extrême Ce Royal & charmant Déduit.

Mais maint Prêcheur n'en fut pas aise 9 Car, ne vous en déplaise , 195 Etant dans la Chaire monté ,

Je vous le di , sans que je raille , Quoi que le dernier coup eust fort long-temps tinté , Il trouva seulement des Auditeurs de Paille.

Nôtre rare Auguste , Mardy , *oo Non , je voulois dire Lundy ,

Renvoya ces galantes Troupes , Jusques à nouvel ordre , en leurs premiers Quartiers , Et 1 on dit que, bien-tôt , en Pays de Lauriers , Elles iront tailler leurs Soupes.

*>$ Déjà , le bruit en vole & se répand par tout ;

Plus d'une Nation en demeure à l'écoute. Mais attendons jusques au bout :

Nous devinerons tout quand nous sçaurons la Route ,

8ag 229. — Du 1. May 1667 (Robinet). 83o

Et • chez qui que ce soit • il ne fout pas qu'on doute 910 Qu il ne soit réduit à Quia

Et que nous n'en chantions Ici Victoria*

Mais , pour achever nôtre Epitre , Passons à quelqu'autre Chapitre , Et mettons dans nôtre Narré a>5 Que F Abbé de Bar fut sacré

( Lequel , je croi , n'a pas nom Jacque ) Evesqub d'Acs , à la grand' Pasque »

Avecque un si noble Appareil »

Qu'on n'en void guère depareil ; a^o Et , comme c'est à juste Titre

Qu'il est coëffé de cette Mytre Et que son grand mérite a fondé son Bon-heur, Qu'il en fut applaudi de force Gens d'Honneur.

Je ne pus cet Article mettre "5 En ma pénultième Lettre ,

Non plus qu'un autre que voici , Des plus dignes de mon Souci :

C'est qu'en nôtre Françoise & docte Académie , Dont est Chef l'illustre Séguier , **> Or> avoit, avec preud'homie ,

Receu Monsieur Colbert , l'autre Jeudy dernier.

Le Duc de Saint Agnan , qui joint, de bonne grâce , Aux beaux Lauriers de Mars les Lauriers du Parnasse Et sert aux Courtisans de Modèle aujourd'huy, »J5 De la part de ce Corps , l'alla prendre chez luy

Et le mena dans 1' Assamblée , Qui d'alaigresse fut comblée De se voir un si grand Appuy.

Il y montra qu'en nôtre Langue 340 II sçavoit faire une harangue

Et du beau stile & du bel air , Et , prenant nôtre charmant Sire Pour le sujet de son bien-dire , Dessus un si beau Texte on le veid triompher.

«4* Enfin on reconnut que ce sage Ministre

(Que Dieu gara de tout cas sinistre I ) * Etoit en tout un grand Mortel

Et que , pour le payer des utiles merveilles Que tout Î'Estat doit à ses Veilles , **> Les Muses lui devoyent chez-Elles un Autel.

La Chose me parêt bien juste :

Il est leur Mécénas auprès de nôtre Auguste ;

83 1 229* — Du i. May 1667 (Robinbt). 83i

Oui , par lui , ce grand Roy leur répand ses faveurs , Et ces Rsynes de la Science , *55 Ces nobles À divines Sœurs ,

Veulent , pour cet effet , être toutes de Francs.

Deux des plus beaux Arts libéraux Qui dépandent de leur Empire , Qu'après la Nature on admire **> Comme ses illustres Rivaux ,

A sçavoir la Peinture Avec 1' Architecture , L'appellent bien souvent aussi En leur Royale Académie , **5 Et de son obligeant Souci

Lui demandent une partie , Si qu'on peut dire , de bon sel , Qu'il est seul aujourd'hui I'Esprit universel.

Mais passons à quelques Nouvelles.

*7<> Celles de Rome sont peu belles , *

Et le Cardinal Roberti

Fut , dit-on • n'aguére , averti ,

Par Lettres du Quatorzième ,

Qu'Alexandre , au Moment extrême , *75 Sentoit enfin pancher ses Jours

Par un tout visible decours,

Ce qui l'a contraint , sans attendre

Le Bonnet qu'on lui venoit rendre, A partir pour aller en ladite Cité **° Sçavoir s il faudra faire une autre Sainteté.

J'ay sceu , de bon Lieu , que I'Ibérs Dessus les Moyens délibère De s'opposer aux Portugais , Et qu'd s'en va , sur nouveaux frais , **5 Envoyer des Gens de Rapière

Les Rembarrer sur la Frontière.

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