‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689 (volume 3)Chapitre 192 sur 257 · Du 29. May 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 29. May 1667 (Robinet

Comme on m'en dit assez sans cesse , Je compte tout cela pour rien Sans l'approbation de ma grande Princesse.

•Akby U] Le Roy de Perse , par le Vm , A ses Jours a vu mettre fin ,

» 5 Et de ce cas voici l'Histoire , Comme la contient un Mémoire :

Ayant trop pris de ce bon Jus Du Compère Indien Baccus , Comme il est plus chaud que l'Eau

[d'Orge .

20 II lui causa dedans la Gorge Une telle inflamation Qu'il s'en ensuivit , ce dit-on , Une subite Squinancib Qui , l'étranglant , finit sa vie.

35 Voila donc comment par le Vin U veid terminer son Destin A trois fois dix & trois Années , Onze Mois & trente Journées , Qui sont , comptant poétiquement ,

5° Trente-quatre Ans tout justement.

Jjjjnj Le Fils dudit Sophy de Perse , Lequel n'a plus de Dents en perce , Depuis du moins plus de quinze ans Prit place au Trône en même temps

35 Et , selon du Pats la Mode , Qui me parêt bonne & commode , Nonobstant la Pompe du Dueil Pour le Père dans le Cercueil , On en fit une d'alaigresse

40 Et l'on bannit toute Tristesse Pour le Fils au Trône monté , De qui la jeune Majesté , Plus que la Défunte , se pique D'être pimpante & magnifique

45 Dans les Spectacles , les Tournoys Et les autres Plaisirs de Roys.

On ajoute qu'aimant la Guerre , U la doit porter sur* la Terre De son Voisin , le Grand Mogor ,

50 Non pour avoir ses Lingots d'or , Car ae Richesses il n'a cure , Mais pour se vanger d'une injure Qu'il a faite à 1' Ambassadeur De son Pér$ , & qu'il prend à cœur

55 C'est que , dedans une Audiance U lui fit , avec indécence , Arracher le Turban du Chef,

Puis , le mal traitant derechef, Lui fit , par un second outrage ,

60 Ecacher dessus le Visage Je ne sçai combien de Melons (D'insulter étranges façons I) Et , (taur comble de moquerie Et de piquante raillerie ,

65 L'ayant fait monter en Cadet Sur un misérable Bidet , Le renvoya devers son Maître En ce risible & piteux être.

Mais , d'autre part , on dit aussi

70 Qu'il eut raison d'agir ainsi Et que le feu Sophi de Perse , Dés long-temps sa Partie averse , Avoit, avec quelque hauteur , Mal traité son Ambassadeur

75 Et je croi que , dans quelqu'Epître , Je vous en ay fait un Chapitre.

Quoi qu'il en soit , laissons les là, Car , pour mettre entr'eux les holà , Je voi trop de chemin à foire

80 Et peu nous chaut de leur affaire.

Le Grand Seigneur n'en manque

[pas, Car plusieurs trop fringans Bassas , Font des leurs en plusieurs Provinces Et tranchent-là des petits Princes.

85 Son grand Visir n'en a pas moins, Voyant que , malgré tous ses soins , La maie Peste & la Famine Toutes ses Troupes extermine , Qu'en vain il attend tous les jours ,

9° De divers Endroits , des Secours Pour exécuter sur Candie u yusom

Son Entreprise si hardie , Et qu'il a des ordres pressans, Pourtant, de n'y point perdre temps

95 Et de faire cette Conquête , Ou d'apporter en Cour sa Tête.

Les Républicains de Saint-Marc tv^SSEm Qui de Gloire auroyent maint bon

[marc

a33. — Du 29. May 1667 (Robinet).

Si l'on pouvoit peser la Gloire, 100 Afin d'obtenir la Victoire

Dessus les Turcs , de toutes parts , Amassent de nouveaux Soudards , Et , sur la Mer & sur la Terre , Font de fort beaux Apprêts de

[Guerre.

105 D'autre part , leur sage Sénat , Polissant des mieux leur Etat , A fait une étréte Défense A toutes Filles de Licence De se trouver aux Lieux sacrez f

110 A la Pieté consacrez,

Sous peine à toute Refractaire D'une Amande Pécuniaire , Ou , si le mal'heureux Métier Ne peut fournir pour la payer ,

115 D'une autre peine Corporelle Qui n'est ni plaisante ni belle.

Ce que j'ay dit ne s'entend point

S Je vous trompez pas sur ce Point) our Celles qui , bien Pénitentes

120 Et de leurs Fautes repentantes , N'iroyent dedans ces Saints Lieux-là Que pour dire Mea-Culpa , Mais pour les seules Madelaines Qui n'iroyent que pour leurs Fredai-

ia$ Et pour attirer les Chalans [nés Par 'leurs Aurais affriolans.

Las, helas ! si, pour ces dernières, Dont nous avons des Pépinières , On faisoit Ici tels Edits ,

ijofCerte en soupirant je le dis)

Qu'on verroit dans les saints Mysté- Aux Paroisses & Monastères , [res , Le Troupeau Féminin petit 1 La Chose est sans nul contredit.

135 Le deux de ce mois, le Saint Etoit encor vivant, à Rome, [Homme Et tenoit , ainsi que jadis , Les grandes Clefs du Paradis.

Je gage bien , & point je n'erre , 140 Que vous voulez du Tremble-Terre Avoir le petit Suplément , Que je promis dernièrement.

Sçachez donc qu'en cette Aventure Dont j'abbrége ici la Peinture ,

145 N'y voyant pas (las I tant s'en fout I) Pour en rire le moindre Mot , Raouse , cette belle Ville , Que maint beau Port , mainte belle

[Ile. Maint beau Temple, maint beau

[Palais .

>5° Maint beau Jardin rempli de Jets , Maint bel Arc, mainte belle Halle , Maint beau Lieu pour garder du hâ- Et , bref; mainte rare Beauté , [le Rendoit charmante en vérité ,

155 Se veid (ô Disgrâce inouïe!) Dans un clin a œil évanouie Avecque tous ses Habitans , A la réserve de huit cens , Tristes Reliques de huit mille ,

160 Qui , sur les ruines de la Ville , Poussoyent de longs Gémissemens Ou de lugubres hurlements.

Quand cette Ville désolée Se Ait de la sorte écroulée ,

165 De ses Matérieaux confus , Où rien ne se distinguoit plus , Des Vents & des Fiâmes sortirent , Des Monts avec bruit se fendirent , Un Château , du Débris resté ,

17° Ainsi qu'il est bien attesté Par le Récit de cet Esclandre , Auquel tout Cœur dur devient ten- Deux fois s'ouvrit & referma [dre .

Et , par bonheur , point n'abîma.

175 On ouyt deux grands coups de

[Foudre , L'Air parut tout épais de poudre , La Mer , avec certains abois , Fit le Plongeon par quatre fois Et là , depuis , ne s'est point vue.

180 Mais détournons viste la vue De ce Spectacle trop affreux , Ajoutant , en un mot ou deux , Que Trau , Cattero , Sebenique , Trois Villes de la République , ** »

1 85 Furent, dans ledit Tremblement , Trembleuses réciproquement , Et qu'aussi mainte & mainte Place De la Mahométane Race , Dont, sans mentir, tres-peu me chaut,

190 Y dança , certe , comme il but , Sur tout Dulcigne & Castel nove.

Sus , passons à quelqu'autre Nove.

a33. — Du 29. May 1667 (Robinet).

La Diète des Polonois Est finie , ainsi que je crois ,

«95 Mais quel le Succez ? je l'ignore , Car on y disputoit encore Dessus le plus épineux Point , Lequel au Roy ne plaisoit point , Touchant I'Elbction , je pense.

*» Lecteur , ayez donc patience Jusqu'à l'Ordinaire prochain , Où tout se sçaura plus à plein.

Pour la Paix avec 1' Angleterre , Cette Affaire ira très-belle erre *>5 Et , dans Breda , l'on va bien-tôt Pousser le Traité comme il faut.

Mais , quant à nous , avec I'Espa-

[gne Je voi qu'on parle de Campagne Et que chacun , de son côté, a 10 Remet la Rapière au costé.

Qui rompt donc ? Ce n'est pas la

[France , Et la Chose est en évidance :

Elle demande seulement , Justement , équitablement , 2i> Les Droits de son aimable Reyne , De son auguste Souveraine , Et Ton les lui refuse : Ergo , N'en déplaise à Don Rodrigo , C'est r Espagne , je l'en assure , 220 Qui seule fait cette Rupture, marquis ^e Gouverneur des Pays-Bas de castei- Ces raisons-là ne goûte pas Rodrigo] Et ^ cra}gnant fort qu'on lui démembre De son Régime quelque Membre , "5 Se trémousse par Monts , par Vaux, Et dans ses Postes principaux Essaye de mettre tel Ordre Que le François n'y puisse mordre.

Il n'obmet rien ennn, mais quoy ?

330 Que fera-t-il contre un grand Roy Couvert de splendeur & de gloire, Qu'a toujours suivi la Victoire Aux Lieux où sa Majesté va Et qu'il aurait conquis déjà •>** Si 1' Amour , par de divins Charmes , N'eût de sesmains fait choir les Armes, En lui faisant voir les beaux Yeux De Thérèse , Fille des Dieux.

Ce majestueux & beau Sire , 340 Digne d'un Monde pour Empire , Ayant , avec sa grande Cour , Fait dans Amiens quelque Séjour , Est venu giter vers Péronne , Et par tout ses Ordres il donne *45 Avecque tant d'activité Qu'on admire sa Majesté.

Nôtre Dauphin , plus beau qu'un Et digne de haute louange , [Ange Avecque sa brillante Sœur ,

250 Qui régnera sur maint grand Cœur, A Compiégne , honorable Ville , A fait chois de son Domicile , Où le Lieutenant Général Lui fit un Compliment royal ,

355 Auquel sa digne Gouvernante , Maréchale illustre & charmante , Avecque grâce , avec esprit , Et du fort bel air répondit.

Cet Héritier de la Couronne , *6o Que déjà la Gloire environne , Ayant passé par Champlatreux , Un Présidant des plus heureux L'y régala de belle sorte »

Ainsi qu'une Lettre le porte , 265 Comme il avoit aussi traité Et l'une & l'autre Majesté , Avecque leur Suite , à trois Tables , Où les Mets les plus manducables Furent servis profusément 27° Et même aussi trés-galamment.

Le beau ^Premier Monsieur de

[France, Prince d'une rare excellence , Impatiant de prendre part Aux Travaux de notre Cezar , 275 Partit , Jeudy , dés que I'Aurore Par ses pleurs vinst enrichir Flore , Pour aller , en guerrier estât , Joindre l'auguste Potentat.

Deux jours auparavant, ses Pages, 280 Bien morigénez & bien sages ,

270 Tret-galamment.

Monsieur

le

Président

Mole

863 353. — Du 19. May 1667 (Robinet). 864

Tous à l'avantage ajustez Et v qui plus est , très-bien montez , Ses cent Hommes à Hallebardes , Ou cent Suisses , & ses cent Gardes 385 (Ceux-cy sur de bons Destriers , De haute mine & fort guerriers) , Avoyent pris cette route même , Montrans une Liesse extrême ; Et , parmi cet assez beau Train ,

Conduis par leur Valets d'Etrillés , Qui tous paressoyent de bons Drilles, Item , quantité de Mulets , Que leur Carillon rendoit gais , 295 Nonobstant la pesante Charge Qui couvroit leur Echigne large , Et , pour tout dire en peu de mots , Grand attirail de Chariots , Pleins de Tantes & d'Utenciles

290 Etoyent force Chevaux de Main , | joo Pour gîter au Camp fort utiles.

Puis- je mieux que par là cet Ecrit terminer ? Non , belle Altesse , non , & je vais l'y borner.

Fait la Veille de Pentecôte , Sans me fouler aucune côte.

A Parn . Cher F. Mmgmtt , rat* d$ la Harpe , aux Trois Rais» Avec Prrviidgt éa Ray.

(Biblioth. nat., Le*, 22. Ré*. — Biblioth. Maiarine, 296. A3. — Biblioth. de l'Arsenal, B. L. 11802. — Biblioth. de M. le baron James de Rothschild.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pas Chailis ROBINET.]

Du 5. Juin 1667.

Naissez , Vers bien-heureux , Vers que le sort destine Pour aller divertir une jeune Héroïne En qui , certe , le Ciel & la Nature ont mis Tout ce que , d'une Main prodigue , Qui ne sçauroit souffrir de borne ni de digue , Us versent seulement à leurs meilleurs Amis.

C'est dans son beau Saint Clou que l'on void la Princesse , Où , pour charmer aussi cette brillante Altesse , On void que la Nature & l'Art ont , à l'envi , 10 Produit ce qu'ils ont d'agréable ,

En faisans un Séjour , comme Elle , incomparable , Où chacun des cinq Sens tour à tour est ravi.

C'est donc en ce beau Lieu qu'en vôtre humble ramage A ses rares Appas vous irez rendre hommage 15 Et que 9 pour un moment , vous la divertirez.

234* — Du 5. Juin 1667 (Robinet).

Mais » pour avoir l'heur de lui plaire » Ayez tout l'Ornement qui vous est nécessaire Et dites du bel air tout ce que vous direz.

Je ne sçai pas comme en Pologne *> Quelqu'un peut avoir grasse Trogne, La Diète n y finissant point ; Car on m'a dit , touchant ce Point , Qu'on l'avoit encor prolongée

gant utile elle étoit jugée) u vingt-deux jusques au vingt-sept, Et que , ce terme-là complet .

Elle fut , la chose est constante , Remise encor jusques au Trente.

Mais je croi qu'on en dispensa *£*" Monsieur le Starostb Lomsa Trésorier Et la jeunette Castelane

Couronne La Caetelene de WDoa, Nléoe du

[Krm- Chancelier de Uthoanle

Qui , plus brillante que Diane I^r ses beaux yeux & ses atours , L'Epousa , l'un des susdits jours.

35 Oui, j'apperçoi dans un mémoire, Ecrit vraiment d'encre fort noire , Que I'Ongle de cette Fanfan , Qui n'est pas en son quinzième An, Fit , ainsi qu'en Cérémonie ,

40 Grand Festin à la Compagnie , Qui fut assaisonné d'un Bal »

Où l'on ne s'agita pas mal , Et que I'Epous & I'Epousée , Qui s'en veid un peu défrisée ,

45 Continuèrent certe entr'eux , Afin de mieux remplir leurs Vœux.

Mais , non , foin , je disois l'affaire Ainsi qu'elle devoit se faire , Et , devinant dessus ce Cas ,

50 Qui de la sorte n'alla pas , Maitre Gonin en Devinaille , Je ne devinois rien oui vaille.

Car , à la Mode du Pais , Où nous serions bien ébaïs ,

55 Ardeurs-à-part, le plus beau Couple Que trois jours après ne s'acouple , Et ledit Staroste Lomsa , Suivant donc cette Mode là , N'eut , malgré son ame embrasée ,

60 Qu'après ce temps son Epousée , Si bien qu'à parler nettement , On peut dire qu'asseurément La reste ne fut pas entière Et qu'avec toute la grand'Chére ,

65 Les deux languissans Amoureux

Gardèrent un long Jûne entr'eux.

Mais après ces trois jours de Diète, La Solennité fut complète , Et I'Epous , ayant bien traité

70 La Polonoise Majesté , Avec maint Seigneur , mainte Dame (S'entend de la plus haute game) v Sans faire du reste à moitié Avec sa charmante Moitié ,

75 11 fit la Minox avec elle , Tout brûlant d'un amoureux Zélé , Et , bref, rompans la Diète entr'eux, Us remplirent alors leurs Vœux.

La Reyne Alexandre Christine ,

80 Excellente & sage Héroïne , A qui mes Vermisseaux ont plû Et dont j'ay souvent été Jeu , Avec d'assez bon témoignages Qu'Elle aimoit mes petits Ouvrages;

85 Ce Miracle , di-je , du Nord , Devers Stokolme prend l'essort , Où jadis l'illustre Amazone Quita Couronne , Sceptre & Trône Et la Suprême Autorité ,

90 De même qu'elle auroit quité Les Bijoux & les Babioles Dont les Enfans font leurs Idoles.

Mais , en vérité , qu'est-ce-aussi Que la Pompe d'un grand Souci ,

95 Qu'un superbe Ornement de peines, D'inquiétudes & de gesnes , Et qu'un fragile Eclat enfin , Sous qui le plus haut Souverain Est sujet aux tristes disgrâces

100 Des Créatures les plus basses ?

Mais, bride en main, car, en effet, Je m'égare de mon Sujet , Et , pour achever , je doi dire Qu'un Ministre de nôtre Sire ,

105 Dont c'est faire l'Eloge au long Nommant le Chevalier Trelong , Partit exprés de Copenhague , Ville qui , dit-on , est tres-vague , Pour à sa belle Majesté

1 10 Venir faire Civilité ,

Et que , depuis I'Ile de Fune , Par une gloire non commune ,

a34* — Du 5. Juin 1667 (Robinet).

Il l'accompagna chaque jour Jusqu'en la Cité cTElsembour* ,

115 Lui témoignant ainsi l'Estime (Qui , sans doute , est bien légitime) Que fait d'Elle nôtre grand Roy Et dont, en un si digne arroy , Ce Phœnix de tous les Monarques

120 Lui donna lui même des marques Lorsqu'elle vint en nôtre Cour Mettre ses Vertus dans leur Jour.

Mais, hélas I en parlant de Rbynê, On m'apprend que la Souveraine

125 Du Sarmatbe a nni son sort • Et que l'universelle Mort , Qui , sans cesse , par tout le Monde, Pour butiner, fait une Ronde , A , sans pitié , percé le Cœur

130 De cet Ot>jet rare & vainqueur , De cette admirable Marie , Qui fut si belle & si fleurie , Et qui d'amoureuses langueurs Fit jadis mourir tant de Cœurs I

« JL5 Quoy ? de l'illustre Couronnée Toute la Grandeur est bornée Par l'enceinte d'un Monument ?

O quel funeste Changement !

De confusion j'en soupire.

140 Hé bien ? n'est-ce pas là mon dire ?

Mais qu'apprens-je , d'autre côté ,

Confirmant ma Moralité ?

Cette Parque , qui chacun frape ,

Enfin par terre a mis le Pape 14$ Et de ce Triple-Couronné

Le Pontificat terminé.

C'en est fait, & maintenant Rome

Attend viste un autre Saint Home ;

Mais je luy diray , sur tel cas , 15° Qu'en moule on ne le jette pas.

Mais , des Nouvelles Etrangères , Passons enfin à nos Affaires Et discourons un peu du Roy :

Il le mérite bien , ma foy.

155 Cet illustre Amant de la Gloire , Ce Favori de la Victoire , Suivant leurs ravissans Appas , Nuit & jour s'avance à grands pas Dans les Routes que ces deux rïéres

160 Ouvrent à ses Ardeurs Guerrières , Et conduites par l'Equité.

Sa magnanime Majesté , Sans se rapporter à Personne , Incessamment les ordres donne ,

165 Pose les Gardes , fait les Camps Et régie les Détachemens , Si bien que , Seule à Sojr semblable , On ne void qu'Elle infatigable.

Les dernières Nouvelles sont

170 Qu'ayant fait prendre, à Ville-Pont, Du Pain pour cinq ou six journées A ses Troupes bien ordonnées , Et distribuer aux Cavaliers Des Outils jusqu'à dix milliers ,

175 Elle estoit de ce Lieu partie Pour une importante Partie , En son Chemin côtoyant Monts , Dans un Pays tout plein de Monts ; D'où je conçoi de grandes Choses ,

180 Mais ce sont encor Lettres closes.

. Cependant force jeunes Gens , Et mémement des premiers Rangs , Bongré-malgré nôtre Monarque , Désirans donner quelque marque

185 Qu'ils sont pourvus d'un noble Cœur Et qu'enfin ils aiment l'Honneur, Vont chercher comme Volontaires Des Occasions militaires , Et Monsieur le Duc en est un

«9° Qui n'est point du tout du commun; Item , est en Ligne de compte De Saint Paul , cet aimable Comte , Et d 'Armagnac pareillement , Autre Comte encor si charmant ,

195 D'Auvergne , lequel tout de même Est un Comte qu'aussi l'on aime ; Item , nôtre Duc de Bouillon , Prince friand du beau Renom , S'il en est un dans la Nature ,

300 Sans à nul autre foire injure , Et , bref , le Comte de Nogbnt , Qui sera toujours diligent A manifester son Courage Contre qui voudra , je le gage.

305 Ce que je dis là ne plaît pas Au Gouverneur des Pays-Bas , Et , comme il prévoid des Disgrâces Pour ses plus importantes Places , Il en fait démolir plusieurs ,

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