‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689 (volume 3)Chapitre 196 sur 257 · Du îa. Juin 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du îa. Juin 1667 (Robinet

Qui l'accueillit aussi Dieu sçait , Et je souhaite de bon hait Qu'il l'ait accueilli tout de même , Quitant le Triple Diadème , Car la Parque l'a dégradé Et , sans doute , il est décédé.

"5 La Nouvelle est aussi trop vraye , Et mainte Ame n'en est pas gaye , Que la Reyne des Polonois A Cloton a payé les Droits.

Son Corps , qui fut plus blanc qu'Alto Et dont r Amour fut idolâtre , [bâtre S'est vu trois jours , très-bien paré , Sur un Lit pompeux et doré , Avec les éclatantes Marques Qui font conétre les Monarques ; 335 Puis ce Royal Fantôme enfin t Par un sombre & piteux Destin , Fut enfermé dans une Bière , Pour devenir Cendre & Poussière, Et voilà l'éfroyable état 340 Où doit tomber tout Potentat.

Cazimir, perdant tant de Charmes, Ne put lors retenir ses Larmes , Et , comme il eut grande amitié Pour une si belle Moitié , M5 Son Ame est en mauvaise Assiéte.

D'une autre part aussi la Diète Le fatigue en un dernier point , Car on ne la termina point Du mois d'Avril dernier le Trente :

250 O quelle Diète fatigante !

Monseigneur le Premier Visir Sent au Cœur profond déplaisir De la fâcheuse Destinée « Qu'a souffert , devant la Canée , HSR La Caravane que l'on sçait , texaodito Laquelle étoit tout son souhait. Aussi , les Héros de Venise , Qui l'ont en tel desordre mise , A dire le vray , sont des Gens 260 Qui ne sont guéres obligeans , D'aller rompre ainsi ses Mesures Par de semblables Avantures , En faisant dans les Flots goulus

Couler force beau Carolus , 365 Qui devoyent être si propices Aux grands besoins de ses Milices , Et le privant d'un Sangiac Qui sçait , ce dit-on, le Trie -Trac De la Guerre , mieux que lui-même.

270 Cela fait un dépit extrême , Et l'on auroit de bons Témoins Que Maints se sont pendus pour

[moins.

Encor un mot de nôtre Ville, Et puis nôtre Muze fait gile.

375 C'est pour ajouter que , pendant Que Louis , à la Gloire ardant , S'ouvre , par-de-là la Frontière , Une belliqueuse Carrière , Messieurs les Bourgeois de Paris ,

tfco De sa Majesté si chéris ,

Jouissent de ses plaisirs mêmes , Avec des liesses extrêmes.

Oui , foy de sincère Mortel ; Et , si vous allez à F Hôtel ,

385 Vous y verrez plusieurs Entrées , Toutes dignes d'être admirées , De son dernier Balet Royal , Si galant & si jovial , Avec diverses Mélodies

*9° Et mêmes les deux Comédies Qu'y joignit le tendre Quinaut , Où la Troupe fait ce qu'il faut Et ravit , par maintes Merveilles , Les Yeux ensemble & les Oreilles.

295 Depuis hier , pareillement , On a pour Divertissement Le Sicilien , que Mquére , Avec sa charmante manière , Mesla dans ce Balet du Roy

300 Et qu'on admira , sur ma foy.

Il y joint aussi des Entrées Qui furent tres-considérées Dans ledit ravissant Balet ; Et Lui , tout rajeuni du Lait

305 De quelqu'autre Infante d'iNACHE , Qui se couvre de peau de Vache, S'y remontre enfin à nos Yeux Plus que jamais facétieux.

d'Egypte

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de

Bourgogne

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L'onzième de Juin , j'envoyé sous la Presse Ces Historiques Vers pour la sublime Altesse .

a35. — Du ta. Juin 1667 (Robinet).

(Biblioth. nat., U*, 22. Réf. — Biblioth. Maarine, 296. À*. — Biblioth. de l'Anei»! , B. L. 11802. — Biblioth. de M. le baron James de Rothachild.)

[Par Cnarlii ROBINET.]

Du 19. Juin 1667.

Ça , vistc , de l'Esprit ainsi que de la Main , Préparons le Tribut qu'il faut porter demain A cette Déité si belle & si fleurie.

Hé I que dessus son Teint • sur son Teint Printannier . La Rose avec le Lys noblement se marie , Et qu'ils parent tous deux son air , & doux & fier !

La brillante Cvpris , les Grâces & l'Amour Sèment bien moins d'Appas dans leur riant Séjour Que n'en semé à Saint Clou cette jeune Immortelle. Sus , ma Muzette , sus , par des Efforts nouveaux Essayons d'enfanter quelques Vers dignes d'Elle : Nous savons pour cela des Sujets assez beaux.

Est-il de plus belle Matière Pour nous donner ample Carrière ,

15 Par Exemple , que ce que fait Nôtre Monarque si parfait, Et par un plus charmant Chapitre Puis-je initier mon Epître ?

Non , non , il en sera 1' Alpha ,

20 Et je vais débuter par là , Ainsi que dans ma précédante , Qui fut trouvée assez coulante.

Louis donc , ce merveilleux Roy , Laissant au Camp de Charle-Roy ,

25 Pour commander en son absence , L'illustre Phhjppes de France , En partit le huit du Courant , - Afin d'aller , toujours courant , A son doux Rendez-vous d'AvEiNE ,

jo Pour y voir nôtre auguste Reyne.

Oui , di-je , toujours courant , car, Comme à présent ce vrai Cézar Est tout entier à la Victoire ,

Où l'emporte la belle Gloire • J5 II s'y déroboit , en ce jour , Pour satisfaire à son Amour Et puis pour retourner vers Elle Lui montrer son belliqueux zélé.

Mais Elle ne l'attendit pas 40 Et , volant presaue sur ses pas , Elle fut , en ce Lieu d'AvsmE , Aux cotez de la belle Reyne , Lui ceindre le Front du Laurier Que , par les Mains d'un grand

[Guerrier , 45 Et qui sçait bien les Villes prendre , Elle avolt cueilli dans la Flandre .

Réduisant Bergue promtement , Et par Prélude seulement.

Le Gouverneur d'icelle Ville soTranchoit du Fier & de l'habille , Mais nôtre Maréchal d'AuMONT

a36. — Dç 19. Juin 1667 (Robinet).

Fit bien-tôt à ce Rodomont Changer d'humeur & de langage , Si bien donc que , pliant Bagage

55 Et comme un Mouton filant doux , Il dist que Bergub étoit à nous , Qu'il étoit tout prest de le rendre , Ne pouvant certe le défendre Contre des François si vaillans

&> Et si vigoureux Assaillans.

En effet , chacun y fit rage , A l'envi montrant son courage :

Oui, jusqu'aux moindres Champions Sembloyent là de petits Lions ,

65 Et Ton eût dit cjue , chez Mandoce , Us alloyent vraiment à la Noce, Comme ils couroyent , de l'air qu'il Et teste baissée , à l'Assaut. (faut Mais , sur tous , le sieur du Passage ,

70 Homme de cœur autant <jue sage , A l'Attaque qu'il conduisit , Fit merveille , ce m'a-t'on dit , Comme il est aisé de le croire D'un Brave chérissant la Gloire.

75 Monsieur le Duc de Roannez , Que pour tel aussi je conez , N'en fit pas moins dedans la sienne:

C'est vôtre croyance & la mienne , Car ce Duc à si grands Explois

80 Est la Feuillade d'autres fois , Et lequel épousa n'aguére Cette belle & sage Héritière ,• Mad'moiselle de Roannez , Possédant maints & maints Jaunets.

85 S'il exploite d'aussi belle erre En Mariage qu'à la Guerre , Il fout sur son Front allier Le Mirthe avecque le Laurier ; Mais cela c'est une autre Affaire ,

9° Dont, Lecteur, vous n'avez que faire. Retournons donc à nos Moutons , Ou , disons mieux , à nos Lions , Afin de r'achever la Liste De ceux qui , marchans sur la Piste

95 De Chefs si braves & si preux , Y firent en Gens valeureux. [Marge Mais , comme elle est fort ample , en Je m'en vais la décrire au large :

Le Chevalier de Lorreine, to Chevalier du Pleseys, les sieurs de S. lieu et de Lorge, le Comte de Mallly, le Marquis de Mousay et les atours de S. Léger et de Marslliac.

Aussi-tôt que nôtre Louis

83 Madbmoisblia.

100 Eut tous leurs vaillans Faits ouys , Il tint, dit-on , Conseil de Guerre , Et puis , en divers Lieux sur Terre, On commanda plusieurs Partis De bons Soldats , tous assortis ,

105 Qui sçauront , à coups de Rapières , Comme on dit , tailler des Croupié-

(res A tous ceux qu'ils rencontreront, Qui le Pas leur disputeront.

Mais il ne s'en rencontre guéres ,

1 «° Car les Espagnols Aversaires Se tiennent de tous les Cotez A couvert dedans les Citez , Ordonnans aux Gens' des Villages

S fais qui ne sont pas si mal sages) e venir de nôtre Courroux , Pour leur Nez , essuyer les Coups , Vu même que nôtre Grand Sire Leur Bon-heur seulement désire.

Or , après maints ordres donnez , 120 Les deux illustres Couronnez Partirent & se séparèrent Et , pour tout dire en bref, tirèrent Chacun d'un & d'autre côté , La Principale Majesté "5 Retournant devers son Armée Qui de sa Présence est charmée , Et la Rbyne , des Cœurs l'Aimant , Vers Compiégne pareillement , Ayant eu toujours avec Elle *3° L Héroïne Mademoiselle.

Mais , justes Cieux , à son retour Audit Compiégne , son Séjour , Que trouva la belle Princesse , Et lors quelle fut sa tristesse ?

«35 Elle y trouva le Teint de Lys De nôtre Dauphin , son cher Fils , Caché sous un malin nuage Qui couvroit tout son beau Visage , Et qu'avoyent formé ces deux Sœurs !â,Ro?-1

* J ., • 1 1 «j geôle et U

M° Dont par toutl on craint les laideurs, petite Notamment chez le charmant Sexe , "^ Qui, par là moins beau, moins nous

[vexe.

Vous en sentez , il est certain , Des craintes pour ce grand Dauphin, '45 Et je croi que toute la France , Le sçachant , en seroit en trance .

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