‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689 (volume 3)Chapitre 219 sur 257 · Du 11. Septembre 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 11. Septembre 1667 (Robinet

Qu'à jetter vos beaux Yeux si remplis de lumières

Sur cet Historique Cahier ; Mais je ne pretens pas vous troubler nulement Dedans un Entretien à l'Etat nécessaire Et qu'on doit regarder comme un sacré Mystère , Dont il luy peut venir un Demy-Dieu charmant. Non , non , loin d'y prétendre aporter nul obstacle , Je conjure l'Amour d'y produire un Miracle , C'est-à-dire un Héros aussi vaillant que beau. Je consens à ce Prix , Héroïne parfaite ,

J'en jure par le grand Flambeau , Que vous ne lisiez point ma petite Gazette Qu'enfin nous n'ayons vu ce Chef-d'œuvre nouveau.

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££ L'Aydb de nos Cérémonies , Ayant remis aux Compagnies ,

25 Comme il sçait faire , en bel-arroy , La Lettre de Cachet du Roy, Pour rendre Grâce , en cette Ville , De la Réduction de Lile , Le pénultième Vendredy,

30 A quatre heures aprés-midy, Cela se fit en leur présence , Et du grand Chancelier de France, En très-bon Ré-mi-fa-sol-la , Le Canon joignant à cela

35 Les Bou-dou-dous qui, sur la Terre, Semblent copier le Tonnerre.

Après , quand la brunette Nuit Eut à Quia le Jour réduit , On alluma les Feux de joye t

40 De qui force Bois fut la proye , Dans tous les Cantons de Paris , Où régnoient les Jeux & les Ris , Et des milions de Fuzées , Ayans au Ciel pris leurs visées ,

45 Remplirent le vague des Airs De doux & gracieux Eclairs , Et de Serpenteaux & d'Etoiles , Qui de la Nuit perçoient les toiles Et troubloient , par un fort beau

50 L'afreux Silence qui la suit, [bruit. Mais quoy ! tous ces Feux ordinaires Etoient , ce* Soir-là , Feux vulgaires Et , pour en voir de tout nouveaux , Tout spirituels & tout beaux ,

55 Et remplis de galanteries , Chacun courut aux Thuilerœs , * VmÊëVk ..Où nôtre Roy victorieux toarSu Sera mieux logé que les Dieux.

Cs?im de Là Gissey, le Concierge habile

èo De ce merveilleux Domicile , Par une façon d'éclairer Qu'on ne peut assez admirer, N'étant point du tout coûtumiére , Peignoit , avec de la Lumière

65 Dont les yeux étoient éblouis , Les rares Explois de Louis.

Cet auguste & brillant Monarque.

Que sur la Terre l'on remarque Comme le Soleil dans les Cieux ,

7° S'y voyoit en Victorieux, Ayant d'Apollon la figure , Qui mettoit en déconfiture , A la gloire de son grand Nom , La Loucharde Rébellion

75 Et les Monstres de sa Cabale , Scavoir la Fraude déloyale , L Injustice qui la soutient , Et l'Ignorance qui maintient De tout bon Droit cette Ennemie ;

80 Ce qu'expliquer il ne faut mie , Puis-que l'on void trop clairement , Sans nul besoin de Truchement , Que ce sont justement les quatre Qu'en cette Guerre il faut combatre,

85 Et qui font gendarmer Louis Aujourd'huy dans les Bas-Pays.

Sous l'Apollon , à Tresse blonde , Paresspit le Globe du Monde , Où nos triomphans Lis brilloient

9° Et , de cette façon, marquoient Une universelle Puissance Du Grand Monarqve de la France.

Au surplus , de tous les cotez , Par l'éfet des mêmes Clartez ,

95 Se voyoient des Masses tracées , De Serpens , toutes enlacées , Avec des Sceptres couronnez ,

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24& TT.Bttn. Septembre 1667 (Robinet).

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Symboles bien imaginez , On le peut dire en conscience,

1 00 De la Force , de la Prudence Et du Bon-heux du Potentat, Qui fait fleurir son grand Etat Par ces trois admirables choses , Dedans tous ses Projets encloses.

105 Donc, par ces Feux ingénieux, Leur Auteur avoit. fiait bien mieux Qu'on ne sçauroit jamais les dire Les Eloges de nôtre Sire.

. Mais Gisssy doit sur nouveaux

1 10 Ketracer ces brillans Portrais, [frais Car ce Conquérant plein de Gloire, Ce digne Fijls de la Victoire , Entassant Lauriers sur Lauriers , Vient , avec ses fameux Guerriers ,

1 15 D'achever de peindre I'Espagne , Même au milieu de sa Campagne.

Vous avez sceu comment Marcin, Loin d'exécuter son Dessein Pour la délivrance de Lile ,

1 30 Devant ce Héros a fait gile , Malgré ses Projets fanfarons , Abandonnant maints Escadrons .

Dont nos Vaillans avéque joye Ont fait leur belliqueuse Proye ;

125 Vous avez sceu comment aussi , De son salut prenant soucy, Le hazardeux Prince de Lignes , Qui devofc attaquer nos Lignes , A ce Marcin bien imité ,

130 Laissant, avec dextérité, [Gages Grand nombre des Siens pour les Et répondre de leurs Courages.

Mais aux Cautions mal en prit , Comme bien-tôt on nous l'aprit ,

135 Car trois cents , dedans la Bataille , Moururent d'estoc & de taille , Et plus encor de nos Guerriers Demeurèrent les Prisonniers , Dont sont Antoine de Cordoue ,

140 Que de grande bravoure on loue , Lç Seigneur de Villa-Nova , Qui son courage aussi prouva , Pareillement le Sieur Khingrave , Qui tranchoit ainsi qu'eux du Brave.

145 Item , un Colonel Limbec, Qui n'avoit jamais bù Sorbec, Itçm des Majors , des Alfiers

Et beaucoup d'autres Oficiers.

D'ailleurs , outre ces Avantages •

150 On enleva maints Equipages ; Des Tvmbales , je pense , dix , Dans Le Butin furent compris , Et dix-huit Etendais encore , Si bien je me le remémore ,

155 Firent trés-assûrement part De cet Exploit assez gaillard.

Ainsi donc , à bonnes Enseignes , Sans que nul contredit tu craignes , Tu peux bien dire , ma Clion ,

160 Et mêmes sur un plaisant ton, Que ledit Marcin & de Lignes , Qui sont pourtant Guerriers insi- Ont été défaits pleinement [gnes , Et tout-à-fait gaillardement.

165 Mais quelle étoit leur Entreprise Et par quelle étrange méprise Avoient-il* pu se proposer De s'ep venir ainsi gloser Sur les Exploits de nôtre Sire ,

170 Et de les pouvoir contredire , Lors que la Victoire en tous lieux Le couronnoit selon ses Vœux?

Créqçi , si digne de louanges , Avéque ses fiéres Phalanges ,

175 Tout le beau prçixûer les rossa Et jusque bien loin les poussa ; Le preux Comte de Lilebone , Doué d'Ame vaillante & bonne , Et qui commande les Lorrains ,

180 Afin décroître les chagrins

De ces Gens qu'on^ venoit de battre , Alla sur eux encore rabatre , En les coupant dans leur chemin , Et les frota de vive main , [morte ,

185 Et non point vrayment de main Ce qui n'acrût pas leur Cohorte.

Enfin , le Marquis de Belfons , Soit sur un haut ou dans un fonds , tombant aussi sur leurs Reliques , 190 Les chargea de coups autentiques ; Et voila comment ce Triot De Braves fit pic & capot , Par des Exploits certes d'eux dignes, Marcin & le Prince de Lignes.

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