Du 22. Octobre 1667 (Robinet
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Et, sous leurs tons, les Sens languis- Par le sentiment du plaisir [sent ,
50 Qui vient doucement les saisir.
Lia Scène est pompeuse & brillante , Plus que n'est la âphére roulante D'où chaque jour naît la Clarté , Et nôtre auguste Majesté ,
55 Guerrière comme un DieudeThrace, Des Pas de Souverain y trace , Parmi ceux de ses Courtisans , .
De Complimens grands Artisans.
Le grand Bal s'y donne à l'issue , 60 Où maints Objets charment la vue , Tant par leurs Attraits gracieux « Leurs rouges Bouches, leurs beaux Et le reste de leurs visages , [yeux Que par leurs riches Equipages.
65 Nos deux exquises Majestés , Toutes couvertes de clartez , En font les Démarches premières Avec leurs Grâces coûtumiéres , Et tous leurs Pas , en noble-arroy, 70 Sont des Pas de Reine & de Roy.
Le Fils de ce Couple adorable • Nôtre Daofhin incomparable , Avec quelque Grâce , à son tour,
Y parêt plus beau que l'Amour.
75 Monsieur , qu'on void si fier en
[Flandre , Reprenant illec son air tendre ,
Y danse , non coussi coussi T Tout ainsi qu'un Mars radouci , Et , pour tout dire , en fin finale ,
80 En ce Bal , on sert un Régale , Et de Bonbons & de Liqueurs ,• Pour ravitailler les Danseurs , Et (quoy que tous trés-jeunes Couples) Leur rendre les Jambes plus souples.
85 Grande Héroïne à qui j'écris , Vous sçavez tout ce que je dis , Car, en qualité de Bergère , Et la plus belle & la première , Vous avez , dedans le Balet ,
90 Vôtre Entrée & vôtre Rôlet , Où vous semblez une Déesse Bien plutôt qu'une humaine Altbs- Mais , sous vôtre Permission , [se; Je fais cette Narration
78 Tout.
79 enfin.
95 Pour tous ceux qui lisent ma Lettre, Où je vais encor ainsi mettre • Sous vôtre bon Plaisir aussi , Quelques Chapitres que voici , Contenant , certes , maintes choses
100 Qui ne vous sont pas Lettres closes.
Louis v le dernier Samedy, Vinst Ici , dessus le Midy, Voir son Palais des Tuilleries , Jadis Lieu des Galenteries
105 De la Bourgeoise & du Bourgeois ; Et ce plus grand de tous les Rois Pût voir que l'Art & la Nature (A tous Etrangers je l'assure) Ne sçauroient t joignans leurs éforts
1 10 Par leurs plus ravissans Accords , Lui faire un plus beau Domicile Pour le gîter en cette Ville ; Car même les douze Maisons»
Où loge le Roy des Saisons
1 15 Ne sont au prix , chose certaine , Que des Maisons à la douzaine.
Qu'il y vienne, donc, pour l'Hyver, Sans faute, après la Saint Hubert ; Dans ce Palais, où rien n'est mince,
îao II sera logé comme un Prince , Et tout le Peuple de Paris D'aise en poussera mille cris , Car avec ardeur il désire De revoir ici ce cher Sire ,
ia$ Que l'on considère, en tout Lieu, Tout ainsi qu'un franc Vice-Dieu.
De là, passant par le vieux Louvre, Un tant soit peu distant de Douvre , Il alla voir les Gobelins ,
1 30 Dans le Faux-bourg des Marcelins .
Où Colbert, le grand Major-dome , Des Finances digne Econome , Avoit tout fait mettre en état De charmer nôtre Potentat.
135 De ce beau Lieu-là donc l'Entrée D'un grand Arc étoit illustrée , Avec les Tableaux de le Brun , Dont le Pinceau n'est pas commun.
Et maints Reliefs aussi fort rares ,
140 Le tout exempt des moindres tares.
Item , la spacieuse Cour De ce divertissant Séjour, Etoit superbement tendue , Et , là , pour enchanter la vue ,
U5 Dans le fonds étoit un Bufet
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