Do 5. Novembre 1667 (Rommct
Sur l'Eloquence de la Chaire , Pour persuader & pour plaire , Tant ses beaux discours sont 950 Bien ordonnez & bien remplis.
La Cour est allée à Vbksaillbs , Pour assister aux Funérailles [vert , De maint & maint Cerf pris sans Pour la Feste de Saint Huanrr ; Et puis Elle prendra , sans doute , De nôtre beau Paris la route.
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Mftdemot- NDéde Molière
J'ay vu le sujet Pastoral Qui se joue au Palais Royal , Et tout m'y parét , je tous jure , Et bit & dut en Mignature.
Rien ne s'y trouve d'embrouillé , Tout est joliment démeslé, Et les Pasteurs , qui sont de Grèce , Expriment si bien leur tendresse , Qu'ils la font passer dans les Cœurs Des moins sensibles Auditeurs.
Un Lkidas , un Céliante , Avec leur manière touchante , Vous font envie à tous momens De devenir, comm'eux , Amans , Et la beauté de leur Délie , Qui sous son Empire les lie , Vous fait partager leurs soupirs Et faire avec eux des dézirs.
D'ailleurs , une certaine Orfise v Qui prétend droit sur la franchise De 1 un de ces mêmes Pasteurs , Montre des Appas séducteurs
Qui tirent en secret , vers elle
aSo Aussi , son hommage & son sélc ; Et , pour vous dire mgénuement Dessus ce point mon sentiment , On embrasserait ces Bergères Très volontiers sur les Fougères.
aSy Or, comme nous ne voyons pas Beaucoup d'Amans sans embarras , Un Philene , ami du désordre , Vient donner du fil à retordre , De belle importance , à ceux-ci ,
290 Et son rôle plaît fort aussi.
D'ailleurs encor, un Périandre , Qui pour Délie a le cœur tendre Et vient de Thrace exprès chcz-eux Pour lever un Tribut fâcheux ,
295 Les met encor bien en déroute ; Mais avec plaisir on l'écoute , Faisant le Portrait de son Roy, Qu'il représente , en bonne foy, Avéque tant d'augustes marques ,
300 Que le plus parfait des Monarques Se trouve dedans ce Portrait , Et Louis s'y void trait pour trait.
Nos charmans Acteurs d'Italie , Grands Fléaux de la Mélancolie, 305 Ont une belle Pièce aussi ,
Et je la déduirais Ici [pleine :
Sans que ma Lettre est plus que Ce sera pour l'autre semaine.
Du cinq Novembre, & non pas plus, 3 10 Par moy, qui suis bon Carolus.
La Hit
A P*rù, cksi C. Chênmtit, rue de le HucktU:
(Biblioth. nat., U*, 2a. Ré».
Bibliotb. Mazarine , 396. À*.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[PAt Charles ROBINET.]
Du 12. Novembre 1667.
Quoi qu'il soit mal-aisé de rimer en Biouac ,
Princesse , dont je vais chanter jusqu'en Affriqub
Les rares Attributs , en passable Musique ,
Je le hazarde encor, en dépit du Mic-mac.
Oui , quoi que mon Dessein soit choqué du Tabac ,
Jeloueray vôtre Esprit de sage '.. Politique,
De sçavoir des Etats démêler la ru Brique
Et de juger de tout , non Ab hoc &* Ab hac
Je diray que vos Yeux sont des maux sans Remède ,
Et qu'ils verroient périr à vos piez Ganim£pe
Sans parêtre touchez de ses tendres Rfous.
Malgré , vous di-je encor, ce plaisant mot d' Eclanche ,
Je conclus ma Préface , & demain , Saint Dimanche ,
Vous recevrez mes Vers , ou beaux , ou de Bibus,
15 Hé bien finalement , Madame (Dont Dieu je loue en haute Game) , Voici nôtre éclatante Cour En son Elément de retour, Avec vôtre auguste Altesse :
30 O quel Heur pour nôtre Lutecb 1 Car, ainsi qu'elle est de la Cour Le plus digne & plus beau Séjour, Aussi , sans elle , à le bien dire , Et les Aspects de nôtre Sire ,
*5 Cette Capitale des Lys , Qu'on appelle autrement Paris , N'est pas de la moitié si belle Et, bref, ce n'est presques plus elle.
Il lui faut la foule & le bruit
30 Qui par-tout la Majesté suit • Et c'est , sans nul doute , Madame , De ce vaste Corps la grand' Ame , Qui fait dire par-tout Pays , Et même en celui des Spahis ,
55 Où régente un peu sa Hautesse , Qu'on n'a rien vu sans voir Lutéce.
Mais parlons des Plaisirs charmans Et des grands Divertissemens [les , Qui , dans le beau Lieu de Vbrsail-
40 Où l'on ne paye point les Tailles , Ont récréé , durant huit jours , Ladite Cour , perle des Cours , Pour célébrer à plein l'Octave De Saint-Hubert, Chasseur si brave;
45 Car, encor aue vous y fussiez 1 Et qu'ainsi donc vous le sçachiez , Il faut , sous le bon plaisir vôtre , En faire part au Lecteur nôtre.
La Chasse d'abord en fut un , 50 Plaisir Royal & non commun ; Et maint Cerf , ou quelque autre
[Beste, Qu'en dépit d'elle on fit de reste , Y succomba dessous les Dents
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257* — Du ia. Novembre 1667 (Romnbt).
Des Chiens , à son Trépas ardans ,
55 Ou dessous les coups du Monarque Et de maint autre Vice-Parqub , Id est qui fait la Fonction De la meurtrière Cloton.
Nôtre Reyne, pleine de Charmes,
60 Fit choir des Sangliers sous ses Ar- Qui dans un Embûche d'Appas [mes, Trouvèrent ainsi leur Trépas.
Pour vous , ô brillante Héroïne, Si vous n'étiez pas l'Assassine
65 (Hélas 1 hélas I lequel vaut mieux ?) Vous rendiez témoins vos beaux Du Meurtre de la pauvre Beste, [Yeux Qui n'en ôtoit pas plus en feste , Car mourir par de belles Mains
70 Et devant des Yeux tout divins , C'est toujours mourir, quoi qu'on Et quand, en termes d'Elégie, [die ; Ces Cerfs Humains de nos Romans, Blessez par des Objets charmans ,
75 Disent à leurs belles Tygresses , Par d'assez plaisantes Tendresses , Qu'il leur est doux & glorieux De mourir des coups de leurs Yeux, C'est toute feinte & bagatelle
80 Qui sort de la creuse Cervelle D'un visionnaire d'Autheur, .Lequel est un trés-franc Menteur.
Mais retournons à nôtre Chasse , Dont il faut qu'en ce Lieu j'enchâsse
85 D'autres particularitez , Et disons que plusieurs Beautez Y parurent en Amazones , Dont quelques unes, sur les Trônes, Vont , avec les Attraits vainqueurs ,
90 A la Chasse des plus grands Cœurs.
Le beau Premier Monsieur de
[France , Qui sçait chasser à toute outrance , Mais des Espagnols notamment , Fit-là son Devoir galamment ;
9$ De Condé , que Dieu gard des Gou- Etoit aussi dessus les routes [tes , Où le Cerf couroit plus qu'au pas , .
Afin d'éviter le Trépas ; Mais pensant à quelau 'autre Chasse, Où, comme un autre Dieu de Thrace, Il doit bien-tôt , si l'on n'a Paix , Montrer en cor de ses beaux Faits.
Enfin , de ladite Partie , D'autres Grands Seigneurs assortie , io* Etoit nôtre Duc de Beaufort,
Qui , par un changement de Sort .
Couroit-là , certe , trés-bel-enre , Car enfin il a repris Terre , Après avoir été trois ans
no L un des plus fameux Habitans Du moite Empire de Neptune , Qu'on croid gouverné par la Lune.
Comme il y fit , en digne-arroy, Voir son courage , pour le Rov,
iir Contre les Pirates barbares , [rares , Par maints Explois, tous des plus Et dont les plus vieux Matelots N'ont point d'exemple sur les Flots, Il s'en est vu , par cet Auguste ,
uoReceu d'une façon bien juste.
Et c'est-à-dire accortement Et tout-à-fait obligeamment ,
Mais , fermans cette Parenthéze , Qui ne gâte point nôtre Théze ,
125 Reprenons nôtre Saint Hubert , . Pour dire que maint beau Concert , Par de délicieuses Notes , Charma la Cour, dedans les Grdtes, Dont les singuliers Ornemens
130 Semblent autant d'Enchantemens , Et qu'en un mot , la Comédie , Qu'accompagnoit la Mélodie , Le Bal & les pompeux Festins , L'amitié de nos Intestins ,
135 Furent le ravissant Régale De toute l'Octave Royale Du Saint Parangon des Chasseurs , De Gibier très-grands Destructeurs.
Il faut encore que je die ,
140 Sur le point de la Comédie ,
Que les deux Troupes, tour-à-tour, *;** Divertirent des mieux la Cour, roji*
Exibans-là de leur Boutique -££?
Le Sérieux & le Comique ; **■*
145 Mais que , sur toutes Nouveautez, Qui plurent à Leurs Majestez , A vos deux Royales Altesses , Princes, Princesses , Ducs , Duches- Et, bref, à toute nôtre Cour, [ses
150 Ce fut ce qui , le dernier jour, Fit de vos Ebats la clôture , Ainsi du moins qu'on me l'assure , Sçavoïr I'Embarras de Godart, r^a^t Sujet fort drôle & goguenard , domé»* de vi*]
155 Et qui fut comme Vent en Poupe , En cette rencontre , à la Troupe Qu'on nomme la Troupe du Roy, Qui , tout-à-fait en bel-arroy ,
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