Du i5. Juillet 1666 (Subugny
Ces grosses barbes là me donnent de l'effroy ; Je sens à leur portrait mon ame toute émue :
Où les avoit-il peschez tous
Si fort égaux en taille , en mine ?
Il n'en est pas un d'eux qui ne soit plein de cous
Et dont le regard n'extermine.
Quand on les voit comme cela , Toussans ferme & marchants d'un air fier à l'extrême . Il n'est qui que ce soit qui ne dise en soy-mesme Qu'on ne fait pas souvent la barbe à ces gens-là. Rien n'estoit en effet plus terrible & plus leste Que leurs chevaux pareils , leurs bûmes & le reste.
Du soin du Marquis de Louvoy
L'on ne pouvoit pas mieux attendre , C'est son fait de choisir de bons Soldats au Roy ,'
Et ceux qu'il donne , on les peut prendre.
Je croirais trop vous ennuyer
Si j'en disois autant du reste :
Tout estoit beau , tout estoit leste ,
Et tout ne se pouvoit payer.
Parlons .maintenant de la guerre.
On me donne avis d' Angleterre
Que Monk est mort certainement ,
D'autant que depuis sa déroute
Il ne paroist aucunement ; Mais ce * d'autant que » là fait enfin que j'en doute. Ces Peuples sont bastis d'une estrange façon
Et , dés qu'ils ont en fantaisie
Quelque ridicule soupçon ,
Il leur dure autant que la vie.
Parce au'on leur deffend de visiter le Port,
Ils veulent que tout y soit mort ,
Et je pense , Dieu me pardonne , Que , s'il leur revenoit une pauvre personne De ceux que leur soupçon croit estre anéantis ,
Dans leur bisarrerie extrême ,
Pour n'en estre pas démentis ,
Us la tueroient de leurs mains mesme.
On sçait enfin , Seigneur , que nos braves Soldats , Dans l'IsLE saint Christophe , ont mis I'Anglois à bas. Comme depuis la guerre ils faisoient sentinelle ,
Si-tôst qu'ils sceurent la Nouvelle
Des ordres qu'avoient les Anglois
D'y massacrer tous les François ,
Ces derniers s'eschauffans la bile ,
Au Conseil il fut arresté
Que l'on mettrait par toute I'Isle
141 ABC Avoit-fil. — 152 A moins.
158^ Et ne se pouvoit pu payer.