‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689 (volume 3)Chapitre 63 sur 257 · Du 22. Aoust 1666 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 22. Aoust 1666 (Robinet

Néantmoins, plein de vaine gloire, Il appella cela Victoire , Et les Confédérez pervers ,

60 Assez décriez dans mes Vers , Eurent le front & l'impudance D'envoyer (quelle outrecuidance!) Des Dépotez devers leur Rov Pour lui faire encore la Loy ,

65 En lui proposant mainte chose Digne de Censure & de Glose.

Mais aussi ces beaux Députez Furent, avec un pied de nez.

Et (car il faut que je le dise)

70 Plus penauts que Peteurs d/Eglise , Renvoyez avecque mépris ; Cazimir , de colère épris , Comme il avoit raison de l'être , Leur ayant fait défense , en Maître ,

75 De se remontrer à ses Yeux ,

Flamboyans de courroux contr'eux, Qu'avec un certain Formulaire De Paix, qui seul pouvoit lui plaire, Et qu'on leur mit à lors en main

80 De fa part de ce Souverain.

Cependant , pour tirer vengeance De cette trop rebelle Engeance , Tout de plus belle , il la poursuit, Et Lubomirsei, m'a t'on dit,

85 Qui craint l'abord de son Armée , A son Devoir bien animée , S'est bloti , quoi que Rodomont , En Pagnote, derrière un Mont, Ne désirant pas en découdre ;

90 Mais il y peut tomber un Foudre.

Sur le Point des derniers Explois Des Holandois & des Anglois, Ce qu'on sçait avec certitude Est qu'après un Choc assez rude ,

95 Où Ton perdit des Vaisseaux neuf, Tant de bois vieux que bâtant neuf, A sçavoir sept, en cas qu'on n'erre , Pour le compte de I'Angleterrb , Et deux pour celui des Estats ,

100 De Holande les Potentats,

> Les Anglois , de façon civile , Ayans lors exhalé leur bile Dedans ces belliqueux Efforts , Les conduisirent vers leurs Ports

105 Par réciproque courtoisie ; Car vous n'avez oublié mie Qu'ayant ce Choc itératif,

Où pas un ne fit le Rétif,

Les Holandois , avec leur Suite ,

1 10 Dés long-temps leur rendoyent visi- Jusques dans le Fleuve Londrois, [te Et c est selon les bonnes Loix Sçavoir le Monde & bien l'entendre.

Que, lors qu'on a receu, de rendre.

1 15 Mais n'oublions pas pour la fin Que le Chevalier Coàslin , Qui n'étoit pas dans le Mémoire Eut pourtant grand'part à la gloire Des chers Boute-feux du Brûlot

1 20 Que poussoit le Vent & le Flot Contre I'Amiral de Holande , Comme en ma dernière Légende Je le marqué fidellement Et, sans cloute, équitablement,

135 Car l'on doit bien un Trait de Plume A ces Héros en grand Volume Qui , s'exposans à tels bazars , Biffent la gloire des Cézars.

Ce qui couroit du Marquis Ville

130 N'est nulement un bruit de Ville , Non , ce n'est point un faux caquet , Car il a levé le Piquet De devant la Neuve Candie.

Mais, quoi que le Grand Turc en die,

t}j Ce preux & ce sage Seigneur Ne l'a levé qu'avec honneur ; Et, comme on dit, une Retraite, Avec prudence à propos faite , N'est pas un moins noble Laurier

140 Dessus le frorït d'un grand Guerrier Que le Gain de quelque Bataille , Que le Débris d'une Muraille Et la Prise d'une Cité , Non , non , en bonne vérité.

145 II manquoit , primo , de Fourage , Qui donne aux Chevaux du courage; Secundo , sous ses Etendards Il voyoit trop peu de Soudards Pour ce Siège de conséquence ;

150 Tertio (voici l'importance) , Les égrillards de Musulmans , Malgré les Chrétiens peu dormans , Avoyent jette dedans la Ville , D'une manière fort habile ,

155 Quatre mille de ces Humains Qu'on appelle chez eux Janins (Je voulois dire Jamûssaires) ,

120 k est suppléa.

16a. — Du aa. Aoust 1666 (Robinet).

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Qui ne sont pas de chetifs Hères.

Après cela jugez , Lecteur, 160 Si le Marquis manque de cœur.

Non plus que de bonne cervelle , Pour avoir levé l'Escabelle , Fondé , comme il est , en Raison ; Pour moy, je réponds bien que non.

165 L'Impératrice , peu contante , Est encore Fébricitante , Et la Fièvre qui la retient Fortement aussi serre & tient Le Dec d'ALBUQUERQUE en Personne.

170 Bref, cette Fièvre , trop félonne , Comme on vient de me le conter, Fait par plaisir fébriciter La pluspart de son Domestique.

Voyez quel Destin lunatique

,75 Fait agir cette Fièvre ainsi , Pour foire mourir de souci L'Empereur & FImpératrice , Sans faire à I'Amour sacrifice.

Ah I cette Fièvre & le Destin

«80 Ont un caprice bien malin !

Quant à la Reyne Portugaise , Elle est vraiment beaucoup plus aise.

Malgré de certains Vents mutins v Qui vouloyent faire les Lutins ,

185 Comme Partisans de I'Espagne , Dessus la flotante Campagne , Le petit Dieu qui fait aimer, •Etant tout Puissant sur la Mer , D'où sa Mère , en Amours féconde ,

190 Pour tout féconder vinst au Monde, Des flots émeus calma les bonds , Fit par tout voir les Alcions , Et, comme dessus une Glace , La conduisit de bonne grâce

195 Et par un agréable sort ,

Saine & sauve , à Lisbone , au Port.

Dieu sçait comme elle y fut receue De qui l'avpit trop attendue :

L'Amour, l'Hymen & les Plaisirs ,

aooDe FEpous comblans les Désirs, Sçavent ce qu'en secret ce Sire Et lui pût faire & lui pût dire :

Vous le devinez , je croy, bien.

Sans donc vous en dire ici rien ,

J05 Je vais par un autre Chapide

aoj Et vont.

Poursuivre la présente Epitre.

Ab I je tombe sur un Billet Qui ne contient rien de follet , Mais , certe r une triste matière

210 A faire humecter la Paupière Et tirer des soupirs du coeur, Par une équitable douleur.

Le Feu , pire encor que la Gresle , L'autre Jour, s'étant pris à Nesle , m

a 15 Dans une .Grange, sans nul bruit , ****** A deux heures après minuit , Eparpilla si bien ses fiâmes Que, glaçant d'efroy maintes Ames, Il fit des Cendres & Tisons

aso De quarante & tant de Maisons , D'où chacun , durant la Nuit bise , Sortit tout fin nud , en Chemise , Bien-heureux , pour tout résidu , De sauver son Individu.

225 Or de Grands & Petits la Bource Est l'unique fit seule Ressource De tant de pauvres Mal-heureux.

Ayez , s'il vous plaît , pitié d'eux :

De tres-bon cœur, en ma Légende,

230 Je les prône fit les recommande.

Les Députez du Languedoc

(Où l'on sçait bien le Jeu du Hoc)

Eurent n'aguéres audiance

Du Grand Monarque de la France.

235 D'Alby le brave Episcopus , [Gtapard

Disert comme un Balsac , fit plus , d,^

Fit pour Eux, en Françoise Langue, a»*-**]

Une sage fit belle Harangue ,

A laquelle , ce m'a-fon dit , 24oTres-accortement répondit

Ce tres-charmant fit rare Sire ,

Que par tout le Monde on admire.

Le même Jour, ces Députez

Furent aussi bien écoutez 345 De rôtre ravissante Reyne ,

Beaucoup plus divine au'humaine ,

Et de son merveilleux Dauphin ,

Déjà Politique fort fin.

Pareillement , du beau Philippes , 250 Plus brillant que mille Tulippes ,

Et de son illustre Moitié ,

Si digne de son amitié ,

Us ont eu paisible audiance

Et fort grand afêàeil, d'asseurance :

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