Du 4. Septembre 1666 (Mirons
Et , n'en déplaize à l'Angleterre , Ce coup n'est pas de bonne guerre
235 La Reyne Christine, à Hambour, Traita le Duc de Meklebour Avec grande manificence , Dizons à la mode de France , Et la muzique & le concert
240 Suivirent de prés le dessert.
L'Impératrice , sans reproche , Est à Final , ou s'en aproche.
Altesse . pour qui je traduis Les Nouvelles que je déduis , *45 Avec mon ordinaire joye Mon Epître je vous envoyé.
Fait le quatrième du mois ou le raizin nous pend aux doigts.
A Paris, Ckt% Ch. CktuauU, Jmp. & Lib., Aux Arma du Roy , ru* dé la HucketU, Avec Priv.
dé S. M.
(Biblioth. de l'Arsenal, B. L. 1 1800. — Bibliotht de M. le baron James de Rothschild. — Ce dernier exemplaire perte la date du 7 septembre, mai» l'adresse du libraire n'a pas été changée.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Pas Ckailis ROBINET.]
Du 5. Septembre 1666.
Princesse si blanche & si belle , Noble Image d'une Immortelle,
A qui j'ay consacré mes Vers Epistoliers , , Voici les nouveaux dont ma Veine • Vous régale cette semaine ,
Par un juste Tribut de ses soins réguliers.
Que vôtre Faveur éclatante Envers eux soit aussi constante ,
Et répande toujours ses rayons dessus eux ; Sans cela, le Dieu du Parnasse Voudroit en vain me faire grâce :
On me verroit muet avec ses plus beaux Feux.
Un petit. mot de cette Bouche Qui peut animer une Souche ,
Ou bien , que sçai-je , l'un de ses moindres souris , Et quelaues regards favorables De ces Yeux qu'on croid adorables .
Sont bien , n'en doutez pas , d'un autre effet au prix.
i68. — Du 5. Septembre 1666 {Robinet).
Je débute , au premier Chapitre
20 De cette Gazetiére Epître , Avec un ton exdamatif , Par un très-juste Admiratif , Pensant aux nouvelles Merveilles Que l'Esprit humain, par ses Veilles,
25 Produit chaque jour à nos Yeux , Au grand plaisir des Curieux ; D'autant que j'y dois parler d'une ■ Tout-à-fait rare & non commune , ' Et qui peut bien , en saine foy,
30 Après avoir ravi le Roy Et les plus huppez Philosophes , Ravir Gens de toutes étofes ; Mais la voicy, sans plus long-temps Tenir le Lecteur en suspens :
35 C'est un Feu que l'on fait de Terre v Aussi pur que I'Elémentaire , Un feu de qui l'active ardeur Est sans fumée & sans, odeur, Et qui , sans bruit même , consume
40 Le Corps sphérique oùTon l'allume.
Ce beau Feu , qui n'a nul défaut , Etant parvenu jusqu'au haut v Montre une flâme qui délecte , Sçavoir une flâme violette ,
45 Ayant, vrai comme je l'écris, Toutes les couleurs de l'Iris ; Et puis ce nouveau Météore Prend aussi celles de l'Aurore , Et prés d'une autre heure ainsi luit
50 Et l'dbil doucement réjouit.
En suite , sans que rien ne bouge , Tout devient en un charbon rouge , Qui conserve , avec sa chaleur.
Deux heures la même couleur ;
55 Puis , déclinant , la chose est seure , Encore trois heures il dure , Sans un brin sa Forme altérer,1 Si qu'on peut à lors retirer Le Corps fait ainsi qu'une Boule ,
60 Sans que rien du tout s'en éboule , Et laissant le Foyer si net Qu'il n'a pas besoin du Balet , Autre admirable circonstance De ce Feu rempli d'excellence.
65 Mais ce n'est pas néantmoins tout , Et , pour le dire jusqu'au bout , Ecoutez-moy, Gens de Lésine :
Il est fort propre à la Cuisine , Aux Braziers, dedans les Fourneau!,
70 Et mêmement sur les Vaisseaux ,
' Et, nonobstant cela, j'ajoute
Que moins des deux tiers presqu'il
[coûte Que Feu de Bois & de Charbon. 75 Après cela , qu'en dira-t'on ?
Que le Pauvre en sera bien-aise , A nos bons Marchands n'en déplaise; Mais, s'il ne leur plaît, peu lui chaut. Pourvu que son Foyer soit chaud , 80 Et qu'au temps de glace & de neige, Il ait enfin le privilège D'avoir le petit Feu ffaillard , Ainsi que Monsieur Te Richard.
Les Servantes pourraient se pendre»
85 Sçachans que de ce Feu la cendre
Aux Lexives ne convient point , . Mais consolons-les sur ce point , Pour empescher un tel dommage , Les asseurant que leur usage 90 Est certainement des meilleurs Pour les Plantes & pour les Fleurs , Et que, comme en parle un Oracle , Elle fait pour cela miracle.
Or Louis , ayant vu l'effet 95 De ce Feu , ce vrai Feu violet , - Dont même la vue est charmée , Ce Feu , bref, qui va sans fumée Et de la sorte contredit Ce que le vieux Proverbe dit ,
100 De plein Pouvoir ledit Grand Sire A donné Parchemin & Cire , Ou le Privilège, en un mot • A noble Sieur Bernard Perrot, Franc Gentil-homme d'iTALis ,
105 Qui souffle bien en Verrerie, Pour seul le faire débiter Et seul trente ans en profiter Par tout le Royaume de France Et Lieux de son Obéissance.
1 10 H lui donne aussi , par bonté , Lettre de Naturauté • Qui le confirme en sa Noblesse Par une frase toute expresse , Ayant voulu vivre François
115 Sous ce plus grand de tous les Rots, Pource qu'il doit , comme il publie , Ce Chef-d'œuvre de la Chimie A l'Ejsprit vif & nompareil Et brillant comme le Soleil
120 D'une de nos Dames illustres»
Qui mérite Place aux Ballustres , Dame vraiment de beau Renom Et dont Saint Airhile est le Nom.
i68. — Du 5. Septembre 1666 (Robinet).
Enfin, le Doc de Chaume, à Rome, S'est fait écouter du Saint Homme ,
1*5 Et c'est à dire, en bon François, Qu'il a pour la première fois Eu de Lui publique Audiancb , Au nom du Potentat de France.
Or, le Pontife , tout ravi
ijo De son Discours très -bien suivi,- Et plein de prudence & de zélé , Sortant d'une bonne Cervelle , Lui répondit en vérité En tres-digne Paternité ,
135 Et témoignant, pour vous tout dire, Beaucoup d'amour pour nôtre Sire, Dont il n'ignore pas aussi Les grands mérites , Dieu-merci.
Mais de ce paisible Alexandre 140 Que nous fait-on toujours entendre?
Une cruelle Infirmité Sans cesse accable sa Santé , Dont mainte Eminence vermeille A déjà la Puce à l'Oreille.
145 Monseigneur Chioi, son Neveu, En cette occurance , a fait vœu De n'abandonner point l'enceinte De la susdite Cité Sainte , Et , renonçant au grand éclat
150 Du Caractère de Légat,
De laisser ('Espagnole Infante , Qui de la Fièvre est triomphante , Achever sans lui le chemin Qu'elle doit faire avec beau Train
155 Jusques en la Ville de Vienne , Où , las ! attendant qu'elle vienne , L'Empereur , il faut l'avouer, Ne sçait plus à quel Jeu jouer.
(m. Rey] L'Ambassadeur de la Pologne , 160 Où plus enfin l'on ne se cogne.
Prit , Samedy, congé du Rot Par un Discours de bon aloy, Ainsi que de la belle Retne , Qui son Poste de Souveraine 165 Sçait remplir d'un air si divin ; Puis , il fut voir nôtre Dauphin , Qui , je croi , sans trop de louange , Est encore plus beau qu'un Ange.
Mais , s'il admira sa beauté ,
170 II ne fut pas , en vérité ,
Moins surpris de la gentillesse , De l'accortise , de l'adresse , Du jugement & de l'esprit Qu'en ce qu'il fait & ce qu'il dit ,
175 Tout ainsi qu'un grand Homme, il
[montre En chaque célèbre Rencontre.
Mais c'est l'effet des heureux soins , Qui n'ont que d'illustres Témoins , D'une tres-dignc Maréchale , Çbaie d
180 A Minerve en sagesse égale, La mou»
Et oui, dans ce Prince charmant, ^SSîSîf Se dresse un brillant Monument, Qui fera bien mieux voir sa gloire Que ne pourroit faire I'Histoire.
185 Cet Ambassadeur fut aussi , Par l'effet d'un juste souci , Visiter Monsieur & Madame .
Qu'unit une si noble Trame ï Où le brave de Saint Laurent,
190 Qui du Martyr n'est point Parent, Le receut , exerçant sa Charge Qu'ici prés je cotte à la marge.
d'Introducteur des
•api de leurs
Il faut vous faire un petit Plat De ce qu'un digne Magistrat Royale*
195 Me dist le Jour même , à Vincbine , En l'Appartement de la Reyne , Et oui par conséquent est seur.
La Veuve d'un feu Fourbissbur , Qui , vivant , travailloit aux Armes
300 De nôtre Dauphin plein de charmes, Ayant certain je ne sçai quoy A mettre les cœurs en émoy, Un Quidam , beaucoup féru d'Elle , Pressé de son amoureux zélé,
305 Fut la prier de son Honneur , Et , comme effronté suborneur, Vouloit, faute de déferanoe, Faire à cet Honneur violance; Mais la Veuve , sans s'étonner :
no* Vous voulez donc en dégainer, » Beau Primprencau , » ce lui dit- Prenant une claire Alumelle [Elle , Que le Fils de sa Majesté Avoit portée à son côté ,
a 15 « Hé bien, voila comment je pare ! * Et , dans l'instant , sans dire gare , D'un coup défenseur de 1' Honneur,
188 un.
i68. — Du 5. Septembre 1666 (Robinet).
Perce mortellement le cœur
Où ses Yeux avoyent ja fait brèche
a*© Avec une invisible Flèche.
Vrai Dieu , quel Remède d'Amour !
A ce spectacle chacun court , Et la Veuve qui si bien tue Dans la Prison l'on constitue ;
93$ Mais le Magistrat fort légal , Dont j'ay sceu l'encombre fatal , Ayant du Mort sceu la folie , A la Prisonnière élargie , Et ce qu'on augure , en ce cas ,
330 Par l'instrument de ce Trépas , Est que nôtre Jeune Pompée * Comme Themis v n'aura l'Epée Que pour vanger & pour punir :
Ce que prouvera l'Avenir.
335 Comme au dernier Choc des deux
[Flotes , Quoy qu'on s'y fut poussé des botes Tant soit peu plus fortes que Jeu, On avoit tait bien moins de Feu , Au rapport de la Renommée,
340 Que ae bruit & que de fumée , Le Chevalier Holmes , dit-on , Pour lui faire changer de ton , S'étant avancé vers le Vue, Par une assez brusque saillie ,
245 Vouloit faire un Feu des plus grands De cent tant de Vaisseaux Marchands; Mais , malgré sa boutade fiére , Etrangement incendiaire , La pluspart de l'Embrasement,
350 Sauvèrent leur Bois prestement Et les Brandons les plus avides
te Doo 4* S.
Rencontrèrent maints Vaisseaux vui- Ou chargez de Caillous au plus, [des.
Contre lesquels ils firent nus.
255 Mais du Havre la Caravelle , dq^mm Qui par tout fait tant parler d'EÙe , S'occupe bien contre 1 Anglois , Cependant , à d'autres Explois.
Elle a , je l'écris sans méprises ,
360 Déjà fait jusques à cinq Prisa , Tant , au désir de son H£ros , Le Bon-heur la suit sur les Flots.
Les Maîtres des Manufactures Et des magnifiques Verdures
265 Qui se font, par l'ordre du Rot, A Beauvais , en moult noble arroy, Firent faire de beaux Services Et de tres-pompeux Sacrifices Le Jour Saint Louis , leur Patron ,
370 Et Ton peut dire , tout de bon , Que jamais Feste Solennelle Ne fut plus brillante & plus belle , Tant superbe étoit 1' Appareil , • Lequel n'avoit rien de pareil ,
275 Pour les Riches Tapisseries , Les Clartez , les Argenteries , Et la Musique à divers Chœurs Qui charma tous les Auditeurs.
Plût aux Dieux, ma grande Patroa8o Que ma Lettre fût assez bonne [ne, Pour vous charmer pareillement; J'en aurois joye asseurement.
Le quatre du Mois des Vandanges , Je la fis en fleurant souvent des Fleurs d'Oranges.
, CJuç F. Muguet , rut de la Harpe , au* treis Rms. Avec Privilège du Ray.
(Biblioth. nat., Le2, 22. Ré* — Biblioth. Mixirine, 396. Ax — Biblioth. de l'Aratnal , B. L. 1 1802 )
LA MUSE DE LA COUR
f Pai PERDOU di SUBLIGNY. j
XVIe SEMAINE.
Du Jeudy neufiesme Septembre 1666.
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN
Comment appellez-vous cette jeune Personne
Qui vous a peint ces jours passez
Et de qui la main est si bonne
Qu'on ne peut l'admirer assez ?
Son adresse est , dit-on , extrême D'avoir pu vous tirer quand vous faisiez cent tours
Et lors que, gambillant toujours , Vous vouliez vous mêler de la peindre elle mesme. Faites que j'aye au moins un de ces beaux Portraits
Afin , Prince , qu'en vostre absence
J'y puisse contempler les traits
Que j'ayme avec tant de constance.
L'Amour veut cette complaisance
Et, pour peu qu'on s'aime ardamment ,
C'est une petite dépence %
Que fait volontiers un Amant.
ao
Je viens aujourd'huy pour vous dire
Que tout le Monde vous admire
Et que , selon l'avis de tous , Quelque estât que le Roy fasse de sa Milice , On n'y trouverait rien de surprenant sans vous,
Lors qu'il luy fait faire exercice.
Quand je dis rien de surprenant ;
Voicy comme il faut qu'on le prenne ,
C'est que pour nos Gens maintenant Les titres les plus grands n'ont plus rien qui surprenne. Dire : les Gens du Roy sont fiers , nobles , vaillans , Et parmy leur fierté sont mesme fort galans ,
N'est pas une chose nouvelle , Et , depuis que le Roy n'a formé sa Maison
Que de gens sans comparaison ,
B C portent simplement XV. Semaine.
1 A Je ne sçay pas le Nom de la jeune Personne. 3 A Mais Pamci , elle a la main ai bonne.
5 A est sans doute extrême.
16 A Que doit supporter un Amant.
26i 169. — Du 9. Septembre 1666 (Subugny). 2162
Cela s'en va sans dire , alors qu'on parle d'elle ;
Mais de voir un Dauphin charmant ,
A cinq ans v imiter son Père , 95 Ne respirer incessamment
Que l'exercice militaire»
Ne s'aimer qu'à cheval , en teste des soldas , C'est cela qui surprend & qu'on ne conçoit pas.
Tout de bon , mon aimable Prince , 40 II n'est presque point de Province
D'où l'on ne vienne tout exprés
Pour admirer avec la France
Vostre jeune audace & vos traits v
Qui sont de si haute Espérance.
45 Dix mille Etrangers , l'autre fois v
Formèrent dans Vincknne un bruit confus de vois
Qui disoit : € qu'il est admirable I
» O le beau Prince que voila 1 » Que son petit air fier a cheval est aymable 50 » Et qu'il se PLA1ST comme cela I »
En effet, il sembloit que vous eussiez envie
De faire voir à ces Messieurs
Que ce qu'on en disoit ailleurs
N'estoit pas une flatterie.
55" Mais vous devez estre en repos ;
On ne dira jamais rien à vostre avantage
Que , sur de semblables propos ,
L'on n'en croye encor davantage.
Mais est-il vray ce qu'on m'a dit 60 Que , malgré Maman de la Motte ,
Vous voulez aller sur la Flotte
Pour vous acquérir du crédit? t
Ce seroit bien une autre Histoire.
Quoy v vous importunez le Roy 65 De vous donner un tel employ,
Comme si vous manquiez de gloire ?
C'est estre brave avant le temps ,
Et , l'une de ces matinées , L'on vous croira , sans doute , une ame de vingt ans 7a Avec un corps de cinq années.
Sur tout ne partez pas sans le congé du Roy ,
Car on vient fraîchement de me dire à l'oreille
Qu'il a fait arrester De Sault & Villeroy
Pour avoir, dit-on , fait une fajite pareille.
75 Us avoient demandé congé
D'aller secourir la Hollande ;
Mais le Roy, n'ayant pas jugé
Qu'il deût souscrire à leur demande ,
A cause qu'ils estoient employez autre part ,
»o Ne leur témoigna point d'agréer leur départ.
264 169. — Du 9. Septembre 1666 (Subugnt). 264
Or, pour des gens de cette sorte , Vous sçaurez que ce sont de grandes cruautez Que de les retenir lors au'ils sont tout bottez
Et que la valeur tes emporte ; 85 Cela fit que , sans l'avertir,
Ils ne laissèrent pas , les Galans , de partir.
Le Rot , sur le champ mesme , ordonne
Qu'on fasse partir des Couriers Pour les faire au passage arrester prisonniers ; 90 Ce que Ton a fait à Peronnb.
Ils n'en mourront pas, que je croy :
A tout péché miséricorde ; Et je ne doute pas qu'adoucissant le Rot ,
Leur grâce à la fin ne s'accorde.
9> Entre nous , toutesfois , ce sont des gens perdus :
Ils auront beau faire en leur vie
Les braves & les entendus , Tousjours de ce reproche elle sera suivie : L'on ne parlera point de Flotte ny de Mer 100 Qu'on ne dise : «c De Sault faisoit le Diable à quatre ;
» Un jour, ainsi qu'un Tel, il fallut l'enfermer, » Parce qu'à toute force ils y vouloient combattre. »
Entre tant de jeunes Guerriers Qui partirent l'autre semaine , 105 On m'a dit qu'un Neveu de Monsieur de Ttjrbnne ,
Chasteau-Thierry , comme eux va pescher des Lauriers. A juger de la guerre ainsi qu'on en raisonne ,
En Testât que sont les Anglois , Us en ont bien semé dans la Mer aux François, 110 Et, s'ils en ont le temps , la pesche sera bonne.
Ce jeune de Chasteau-Thierry, Qu'en vray Prince qu'il est la victoire a nourry f En gagnera , sur ma parolle , Et , comme en cette occasion 1 15 II va joindre son frère instruit en mesme Escolle ,
Le grand Chevallier de Bouillon , i Les Anglois avec apparence, Maudiront cet Esté les Chevaliers de France.
Le Rendez-vous de tous est autour de Calais , 120 Au Pas du quel on dit qu'enfin se doivent rendre ,
Au gré de leurs communs souhais , Les Flottes qu'ils y vont attendre.
Le Duc de Beauport est party Pour y venir de la Rochelle ,
86 A Ht ne Uûterent pu Piince , que de partir. I 97 A Les galant
91 A BC mouront. | 1 1 1-1 18 Ces 8 vtn manfttnt dam BC.
265 169. — Du 9. Septembre 1666 (Subugkt). t66
"5 Et Rurra est aussi sorty,
Avec une Flotte fort belle De quatre-vingts-trois grands Vaisseaux , Pour le joindre & courir à des Combats nouveaux.
Seize Vaisseaux Danois s'y doivent aussi rendre , "30 Sous un Vice-Amiral de ce mesme Climat ;
En sorte qu'on peut faire estât
Que , sans aucunement comprendre
Ny Galiottes ny Brûlots ,
L Armement contre I'Angleterre us Doit foire tonner sur les Flots
Cent trente-neuf vaisseaux de guerre.
Mais il faudra chercher les Anglois dans leurs Ports , Où , comme j'ay preveu moy-mesine , Contens de leurs derniers efforts , 140 Ils se sont retirez déz le vingt & huitième.
C'est un coup facile aux François :
Nostre Duc de Beaufort, dans sa chaleur extrême , Est homme à s'accrocher à I'Amiral Anglois , Au Port de la Tamise mesme.
> 45 Sçavez-vous comment fait ce Monsieur de Beaufort
Quand il séjourne en quelque Port ?
Vous vous imaginez peut-estre Que , s'il est un beau logement »
Il s'en rend aussi-tost le Maistre »5« Pour s'y loger commodément?
11 n'est rien de moins véritable , Et c'est un Prince infatigable.
Durant le temps qu'il fut au Port des RocheijOis , Il entra dans la Ville , il y disna par fois , *
155 Mais , quelque Maison bien parée
Qui luy fust offerte d'abord , Depuis le jour de son Entrée Il ne manqua jamais à coucher dans son Bord.
Ruiter , qui tient son Origine , 160 Comme je crov, d'un Dieu Marin ,
Tant il entend bien la Marine, Va perdre , en le voyant , bien viste son Chagrin ; Au moins se pourra-t'il répondre Que , fit-il dessein d'attaquer ■65 L' Anglois dans la Ville de Londre ,
Beaufort le secourant , son coup ne peut manquer- ' On dit que Nôtre grand Monarque
139 A Tiennent encor •> rendre. \ \y$ A Fera tonner demie.
367 169. — Du 9. Septembre 1666 (Subugny) 268
A fait donner à ce Ruiter De sa Royalle estime une obligeante marque , 170 Qu'Estrade & Bellefons luy furent présenter:
C'est le don d'une riche chaisne.
Où pend I'Ordre de Saint Michel.
Admirez ce que c'est d'estre grand Capitaine ; Il faut estre un Ruiter pour en avoir un tel.
17; Tromp est , dit-on , libre à la Haye ,
Et, quoy que l'on nous ait conté Pour nous mettre en l'esprit qu'il estoit arresté , La Nouvelle n'estoit vraysemblable ny vraye. Si Tromp s'en est fasché , Prjnce , c'est à son dam . 180 Car, devant que passer en France ,
Elle s'est débitée, avec grande impudence, Par la Gazette d'Amsterdam.
Je l'ay pu d'autant plustost croire Que cette mesme Ville , en ce Tromp sans égal 185 Mettant presque toute sa gloire ,
Ne devoit point souffrir que l'on en parlast mal. Ils ont une liberté grande De dire tout dans la Hollande , Et mesme je vous avoueray 190 Que j'y vois rarement du vray.»
Mais revenons à nostre Histoire.
Parce que j'ay donc dit ce qu'il ne faut pas croire , A m'en dédire je consens , Et je ne puis mesme décrire 195 Le grand plaisir que je ressens
De pouvoir ainsi m'en dédire.
Je suis du sentiment du Roy :
Quoy aue je sois d'avis que Justice se fasse , J'ay peine à voir, en bonne foy, 300 Un brave soldat en disgrâce.
L'Empereur a présentement Un peu de repos en son ame D'avoir appris l'embarquement De I'Imperatrice , sa Femme ; 205 Mais une Lettre de Thurin
Me mande qu'à Final on aura beau l'attendre ,
Si l'on croit qu'elle aille y descendre , Et que sa Majesté prend un autre chemin. Pour moy, je crois en conscience 310 Qu'on a fait cette Lettre exprés
Afin que dans Final, où l'on a fait des frais ,
L'on se pende d'impatience. '
En tout cas , cette Majesté.
Le vingt & un d'Aoust , un Dimanche ,
1 73 A Qui vaut cinq mille etcus, de science certaine. I ai £-220 Ces 8 vert manquent dans B C.
369 169. — Du 9. Septembre 1666 (Subuont). 270
215 Fut débarquer à Ville-Franche ,
Où le Duc de Savoye a souveraineté ,
Et, devant que ce Prince aymable Put aller sur le lieu luy faire compliment , Il n'est rien de si véritable 220 Qu'elle en partit subitement.
Le Roy de Portugal n'est pas plus à son aise : Sa Cour le voit , le plus souvent , Escouter d'où viendra le vent , En attendant toujours sa Reyne Portugaise. 235 Ah ! qu'il est fascheux tout à fait ,
Pour un Roy, de la tant attendre , Encore pour un Roy si tendre , Qui sans doute a veu son Portrait.
Au reste , j'ay sceu par la Ville 2*0 Qu'on vit partir, ces jours derniers ,
Le jeune Duc de Longuevuxe , Que son train attendoit , dit-on , à Colokiobrs. Il s'en va servir à Venise , Avec vingt ou trente des siens , 335 D'où l'on croit qu'on verra son zèle pour l'Eglise
Aller porter bien loin le grand nom des Chrestiens.
Le Comte de saint Pol , que j'aime Et que , par un panchant inconcevable & doux , Si-tost que je l'eus veu j'aimay tousjours de mesme , 240 Doit demeurer auprès âe nous.
Pour luy, nous le gardons pour en combatre d'autres Et pour faire il son Roy d'innombrables sujets , Tandis que son aisné , par ses pieux projets , Deffendra des pals qui ne sont pas les Nôtres.
245 Dimanche prochain , m'a-t'on dit , -
On doit camper près de Vincenne , Et cela doit durer deux jours de la semaine. Vostre Père , sans contredit , Est un des grands Roys de la terre , 250 Car, par manière de plaisir,
Il fait divinement tous ses gens à la guerre. Adieu , je pourray, là, vous voir plus à loisir.
de SUBLIGNY.
A Péris , Choc Alexandre Leste lia, au coin de la rue Dauphins, devant le Pent*Neuf. Avec Privilège du Ray.
237 A Saint Paul. I La signature de routeur et V adresse dm libraire ne
246 B C VitMcfiiQfi. I se trouvent que dans A. — BC placent ici la date.
{A La Mute de Cour 1666 (voy. tome ! , col. 909) pp. 121-128. B La Muse Dauphine 1667 — 138-147.
C La Muse Dauphine 1668 — 158-147.)
LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS
[Pa* LA GRAVETTE m MAYOLAS.]
Du 12. Septembre 1666.
Deux Vers qui furent mal pozez Et par mégarde transpozez, Seulement d'un petit étage , Dans mon dernier Poétique Ouvra-
5 Compozoient quatre masculins [ge t î*récédens quatre féminins ; Princesse très grande & très haute, Ce n'est aucunement ma faute , Car j'aime avec sincérité
10 L'ordre & la régularité ,
Que je tache à métré en pratique.
Pour l'avenir je m'en explique ; Mais c'est assez , brisons icy ; Voyez , s'il vous plaît , cetuy-cy.
15 Faut-il que le Peuple s'étonne De voir nôtre Porte-Couronne , Louis , le plus puissant des Rois Que jamais ait eu le François , Marcher aux champs & dans la rue,
20 Ses Gens tenans l'épée nue , Devançans ou suivans ses pas ?
Mais peut-être qu'il ne sçait pas Que cette mode brave & belle , Trionfante , gaye & nouvelle
15 Nous montre mieux l'autorité De la Royale Majesté.
S'il est de Prince sur la Terre , En temps de paix , en temps de guerre , Qui fasse aller ainsi son Train ,
jo Notre invincible Souverain ,
Qui sur les autres Roys l'emporte , A droit d'aller d'icelle sorte , Et n'aime point de son Troupeau Que l'épée tienne au foureau.
55 11 exerce l'Infanterie