Cas quatre vers m. dam A
172 — Du 16. Septembre 1666 (Subligny).
Qu'en dépit de la Mer d'EsPAGNE Elle avoit gagné la Campagne , Le deuxiesme de l'autre mois.
J'en suis bien ravie , ou je meure , Car je cesse de m'allarmer, Comme je faisois à toute heure , D'avoir de mon bien sur la Mer.
On dit qu'on élevé à Lisbonne De superbes Arcs triomphaux Et des apprests vrayment Royaux
Pour y bien recevoir cette Auguste Personne ;
J'en ferav le récit un jour, bon ou mauvais. Mais , parmy des Pompes pareilles , Lors que , criant à ses oreilles :
« Vive la Reyne ! » en Portugais On luy fera quelque Harangue , Entendra-t'eue cette langue r En tous cas , mon Dauphin charmant , Comme il est assez ordinaire ,
Quand un Pats reçoit une Reine estrangere ,
Qu'on apprenne sa langue à son avènement , Cette Royalle Beauté blonde Se gagnera si bien sa Cour Que vous la verrez faire un jour Parler François beaucoup de Monde.
L'Impératrice est à Milan ,
Où , sans doute un peu dépitée
D'estre en voyage plus d'un an , Elle ne voulut pas estre complimentée.
On dit qu'aux Harangueurs elle est un vray démon , Qu'elle veut en deux mots sçavoir ce qu'on luy chante ,
Et qu'elle est d'humeur tres-méchante
Quand on y met trop de façon.
L'Hermite qui m a dit que luy-mesme, en personne v Avoit veu ce qu'icy je vous conte aujourd'huy.
Quand elle entra dans Barcelone , Ne dit peut-estre pas que ce n'est que pour luy.
Mais qu'importe ? une humeur pareille
Sied bien au Trône où l'on l'attend , Et son jeune Empereur en doit estre content , Quand le bruit en iroit jusques à son oreille : Estant sans complimens & ne les aymant pas , Soudain qu'elle pourra luy faire compagnie ,
S'il faut qu'elle entre dans ses bras ,
Ce sera sans cérémonie.
On dit que , par les Ottomans , L'autre mois , dans la Dalmatie ,
1 29 A Lors qu'on criera dans ses oreilles. 131 A Ou qu'on y fera sa Haiangue.
151 A A son Entrée à Barcilommi.
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Zebenique fut investie , Et qu'ils ont déjà fait tous leurs retranchemens. 165 Les Turcs avec cette entreprise
Donnent de l'ouvrage à Venise, Mais ils sont braves gens , ma foy 1 Ayant sceu le départ du Duc de Longuevuxe Us luy préparent de l'employ, 170 De peur qu'il ne soit inutile.
La Flotte des Vénitiens»
Sur Mer leur rend assez le change , Et fit une escarmouche estrange • Sur neuf de leurs vaisseaux qui regorgeoient de biens. «75 Ils faisoient voile à la Cannée ,
Mais cinq furent coulez à fonds Et servirent cette journée Pour y ravitailler seulement les poissons.
Mais , au lieu de parler de la Flotte d'un autre , 180 Parlons de ce aue fait la nostre.
Nostre Amiral Duc de Beaufort, Ayant encor soupe chez le Duc de Navailles , Qui, pour le rafraîchir durant qu'il fut au Port , N'épargna poissons ny volailles , ,85 Et nt sortir de son trésor
Plus d'un quart d'une tonne d'or, Est party pour Brest en Bretagne Avec le vent qui l'accompagne ; Et , s'il plaist au vent de tourner , ■9° Pour après cela le mener
Joindre la Flotte de Hollande , Si I'Anglois qui s'en est allé A pris goust à boire salé , Il pourra revenir trouver ce qu'il demande.
Mais on ne verra plus d'ANGLOis , Car, cette semaine dernière , Il ont eu de Ruiter encore sur les dois, D'une assez galante manière.
Leur Avant-garde allant plus loin 200 Qu'il n'estoit alors de besoin,
Ruiter la fit charger avec bien du courage , Prit un fort grand Vaisseau sur eux , Fit trois cens Prisonniers des gens de l'Equipage , Brisa le Mast d'un autre & les brûla tous deux. *°5 Les autres fuirent vers les Cingles ,
Voyant briller un si beau feu , Et , Ruiter gagnant trop au jeu , En retirèrent leurs épingles.
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Quand Monsieur du Tillet fut mis dans le Cercueil a 10 On dit que le Rot mit Artagnan en sa place
Pour la Meute des Chiens qui courent le Chevreuil. Ah ! que nous irons a la Chasse 1
Vous me dites que c'est assez , Mais je n'ay plus qu un mot à dire , a 15 Qui n'est pas mesme un mot pour rire.
Lk Lieutenant Civil mourut ces jours passez. 1M- d'Aubn
Le Rov sera touché , sans doute , de sa perte , Car il a bien servy, lors que l'occasion Pour son Prince s en est offerte , aao Et mérite qu'on ayt beaucoup d'affliction.
Mais ce soin est pour nous, & le vostre d'apprendre
A choisir de tels Magistrats , Lors que vous régirez les différents Estats Qu'un heureux ascendant vous permet de prétendre. ^25 Allez donc , Prince sans égal ,
Commencer cet essay de science Koyalle , Et dites en passant à vostre Mareschalle Que je luy veux beaucoup de mal.
Elle entendra fort bien la fin de ce Mistere : ajo C'est qu'elle me dit, l'autre jour,
Que bien qu'elle ait icy sa fille de retour
Je l'obligerois de m'en taire.
m SUBLIGNY.
A Paris , Che^ Alexandre Lesselm, au coin de la nu Dauphine , devant le Pont-neuf. Avec Privilège du Réf.
30901 a /4 Changeons s'il vous plaîst de propos. Depuis le jour qu'un bonnette homme A bien des momens de repos ....
C'est Monsieur du Tillet, s'il faut que je le
[nomme , Et mesme , Bbau Dauphin , pour m (expliquer
[plus fort , Avoir repos c'est estre mort ;
Depuis donc qu'à loisir au Ciel il se délasse , Le Roy qui sçait choisir les siens A mis Dartagham en sa place, Pour l« Mturn des petits Chiens.
Ah 1 que nous irons à la chasse I La signature et l'adresse de V imprimeur manquent dans B C , qui placent ici la date.
{A La Muse de Cour 1666 (vay. Une I, col. 909), pp. 129-136. B La Mute Dauphine 1667 — 148-156.
C La Muse Dauphiie 1668 — 148-156.)
LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS
[Par LA GRAVBTTE m MAYOLAS.]
Du 19. Septembre 1666.
Quoy que ma chaîne soit bien forte, Sans nule peine je la porte , Et préfère à ma liberté L'honorable captivité 5 De ne pouvoir prendre cariére Durant une semaine entière.
Lors que tout le monde a campos , Pbur son plaizir, pour son repos , Et court aux champs & dans les vi-
[gnes,
10 Je me rétranche dans mes lignes ; Quand tout Paris dézerteroit , Décamperait, s'absenterait, Pendant ces vacances plaizantes , Et que les Muzes complaisantes
15 Seraient contraintes d'imprimer Le discours que je vais rimer, Je puis assurer votre Altesse Que je ferais rouler la Presse.
Laissant les lieux plus beaux & doux,
ao Princesse , je reviens à Vous Pour vous donner, à l'ordinaire ', Une Missive hebdomadaire.
J'aprens que Monsieur Périgky, Dont le mérite est infiny,
35 Qui sçait toutes les belles chozes , Conoît les éfets & les cauzes , Sçait bien tout ce qu'on doit sçavoir Et vaut tout ce qu'on peut valoir ; Ce Prézident scientifique ,
30 Très vertueux & politique , Du Rov le fidelle Lecteur, Est nommé pour le Précepteur De nôtre Daufin admirable , Qu'on peut nommer incomparable
25 Pour le courage & pour l'esprit Qui brille en ce qu il fait & dit.
Etant Fils d'un Roy magnifique , D'une Reine toute Angélique , Ce Prince si beau , si bien né , 40 Etant au surplus gouverné Par une illustre Maréchale Qui trouve à peine son égale , Instruit par l'esprit transcendant Du susdit docte Prézidant , - 45 Je vous laisse à penser, de grâce , S'il est dans une belle passe , Et s'il peut être mieux conduit , Plus grand , plus beau , ny mieux
[instruit
Monsieur D'Artaignan , dont l'a- 50 Et la prudence & la prouesse [dresse Egalent le zélé & la foy Qu'il témoigne pour nôtre Roy, Témoins ces braves Mousquetaires , Est fait par son Prince, n'aguéres , 55 Capitaine des petits Chiens Qui chassent bien mieux que les Cette Charge, sans fiaterie, [miens.
Importante en la Vennerie , Ne pouvoit trouver de Chasseur 60 Plus adroit, soigneux, ny meilleur; Mais son service & son courage En aquerront bien davantage , Dequoy je seray fort content Comme je le suis à prézent.
65 II me semble que l'Angleterre Ne gagne pas trop à la guerre , Car de nouveau les Holandois L'ont emporté sur les Anglois Dans cette dernière bataille ,
70 Où voloit la grosse grenaille;