‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689 (volume 3)Chapitre 89 sur 257 · Du 19. Septembre 1666 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 19. Septembre 1666 (Robinet

On a mis le Dauphin de France Dessous les soins d un Précepteur Dont le Sçavoir & la Prudence L'ont empêché de craindre aucun Compétiteur. Nul Chois plus juste ne peut être.

Qui void le Disciple & le Maître , Il pense voir un Sage enseignant un Amour : L'un éface ce Dieu par sa beauté suprême , Et l'autre aussi passe , en ce Jour , Pour la propre Sagesse même.

145 A ce Chapitre mettant fin , Concluons que ce cher Dauphin , Ayant déjà pour Gouvernante Cette Maréchale éclatante Qui fait, pour la gloire des Lys,

150 Prendre à ses Mœurs de si bons plis, Et pour son Précepteur, tres-digne Aussi , ce Présidant insigne Qui peut de toutes les Neuf Sœurs Lui taire obtenir les faveurs ,

155 On ne peut pour son avantage Plus rien souhaiter davantage , Sinon qu'un Jour, avec même heur, Il soit pourvu d'un Gouverneur Qui des belles Choses se pique

60 Et soit un sage Politique , Possédant toutes les Vertus Dont les Héros sont revêtus.

Alors vous verrez , je vous jure , Un Prince de bonne Structure

165 Et digne Successeur , vraiment , De nôtre Louis si charmant , [vre , Dont l'Exemple , couronnant l'Œu- Fera voir un Royal Chef-d'œuvre.

Ces jours passez , le Sieur Boyer , 170 Digne d'un immortel loyer, Et dont souvent on idolâtre , Sur l'un & sur l'autre Théâtre, Le Grand Cothurne & 1' Escarpin , Fut , par un glorieux Destin , 175 Receu dans notre Académie , Des Gens Lettrez la bonne Amie , Et dont le fameux Chancelier Est le Protecteur singulier.

Entrant dedans ce Corps illustre 180 Qui, pour se couvrir d'un beau lus- Nous promet un rare Alphabet, [tre, Il harangua bien tout-à-fait , Si que la docte Compagnie

Admira son ardant Génie 185 Et tinst, certes, à grand honneur, Comme aussi mêmes à bon-heur, De l'avoir, dans ses hauts Mystères, Pour l'un de ses braves Confrères.

J'ay sceu qu'il n'étoit que trop vrai,

190 Las I que Messire Dreux Daubray Avoit terminé ses Journées A six fois dix et six Années (> Cloton , qui n'a rien de civil , Força ce Lieutenant civil ,

195 Lui montrant son hideux visage , A trousser en dix jours Bagage , Pour aller, de son Tribunal , Comparêtre au Siège fatal D'un Juge avec lequel les Juges

aoo Ont par fois d'étranges Grabuges.

Mais on dit que , tres-prudemment , Il travailla diligemment A mettre à tel point ses Affaires Qu'elles fussent & nettes & claires.

205 D'ailleurs , j'ay sceu souventes-fois Qu'en tous ses glorieux Emplois D'Intendance & Magistrature Il avoit gardé la Droiture , Et toujours de très-bonne foy

»to Servi le Public & le Roy :

Ce que supposé , l'on doit croire Qu'à a sa place dans la Gloire.

N'aguére, à Bourbon I'Archam-

TbAUT,

Où plusieurs d'un Breuvage chaud , 215 Moins agréable qu'Ambroisie , Que Nectar, ni que Malvoisie , Boivent à leur propre Santé , On fut surpris d'une Clarté

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