‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 115 sur 317 · Du i3. Septembre i665 (Mayolas · texte numérisé non relu

Du i3. Septembre i665 (Mayolas

Qui sont leurs plus grands favoris ,

40 Les plus heureux , les plus chéris.

Il est superflu de vous dire , De raconter & de décrire Comment ces Objets si vantez Acueillirent Leurs Majestez ,

45 Puisqu*ils possèdent Tart de plaire Et Qu'il leur est fort ordinaire De faire voir dans leur discours Les ris , les grâces , les Amours.

Dans ce beau Jardin de plaizance ,

50 Un des plus aimables de France , Rare au dedans comme au dehors , Où Flore étale ses trézors.

Où les admirables peintures , Les eaux, les fleurs & les sculptures

55 A Tenvy prézentent aux yeux Leurs apas les plus gracieux , Toutes chozes êloient propices Pour y goûter mille délices.

Parmy ces divertissemens

60 Et ces divers enchantemens , La chère y fut tout-à-fait grande Pour les fruits & pour la viande , Et Ton oyoit dans les salons Les concerts & les violons.

65 TéRÉZE , à qui la RsiNE-Mére , Après LouYS est la plus chère , Vmt Dimanche en nôtre Cité Pour s'informer de sa santé, Et , la trouvant presque parfaite ,

70 Ainsi que chacun le souhaite , Cette Reine , le mesme jour, Retourna dans ce beau séjour Passer encor une journée , Ou , du moins , une après dînée ,

75 Et s'en revint le lendemain Avec nôtre cher Souverain.

Je n'obmets pas en ce Chapitre Que dudit Saint-Clou le Chapitre Leur prèzenta les Pains-bénits ,

80 Qui n'êtoient pas des plus petits ; Et ce Prince & cette Princesse Y furent entendre la Messe A l'honneur de ce Petit-Fils Du premier Roy Chrétien Clovis.

85 Cette Compagnie éclatante , Non moins illustre que charmante , Qui suivoit leurs pas glorieux , S'en revint ensuite avec eux.

Ceux qui décrivent les Nouvelles 90 Sur des avis qu'on croid fidelles

Ont fait morts mille & mille fois Des Papes , Empereurs & Rois , De qui la précieuze vie N'etoit pas encore ravie.

95 A minuit , Samedy dernier, Un jeune & brave Cavalier Qui , je pense , se nomme Cosme Me dit que le Duc de Vendosms Avoit abandonné ces lieux

100 Pour prendre place entre les Dieu En ce temps où l'heure me presse Que mes Vers sont dessous la Press Je ne pus envoyer chez-luy Ny sçavoir de la part d'autruy

105 Si son raport êtoit contraire :

Maintenant que je sçay l'afoire , Contre ce discours décevant , Je déclare qu'il est vivant Et que cette convalécence

110 A réjouy toute la France.

Il fut si mal qu'en vérité On dit qu'il est ressuscité.

Le Courier arivé de Rome Nous assure que le Saint-HomiB

1 1 5 A fait deux pierres • dont l'éfort A prèzent le soulage fort , Mais que pourtant on apréhende Que son cœur bien-tôt ne se rend A la violence des maux

120 Que luy donnent ces grands assau Nous en aurons cette semaine Une nouvelle plus certaine , Mais je sçay que tout bon Chrêtie Dézire qu'il se porte bien.

1 25 Une vertueuze Pucelle , Jeune , noble , spirituelle , Mademoizelle Richeueu , Ces jours passez , nous dit adieu ; Et la cruelle Destinée

130 L'a prize en sa seizième année , De quoy l'illustre Parenté En a tendrement lamenté.

Car lors-qu'une Fille à cet âge [g Meurt, certes c'est un grand domn

135 Mais , pour calmer nôtre douleur, Elle laisse une aimable Sœur.

Le Duc de Beaufort, qui sans Par sa valeur & son adresse , [cess Vogue , cingle & règne sur mer ,

133 Cw est suppléé. 134 un m.

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