‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 125 sur 317 · Du 27. Septembre i665 (Mayouis · texte numérisé non relu

Du 27. Septembre i665 (Mayouis

Pour se métré en état plus leste.

D'ailleurs, ne craignans pas le froid,

180 Elles vinrent audit endroit

Avec des eaux de âeur-d'orange , D*eau-roze, deNaâe &d*eau-aange.

Et quantité d'eau de jasmin Pour adoucir ce feu malin.

185 Quelques autres , moins agissantes , Ou peut être plus prévoyantes , Alloient en bas , montoient en haut.

Et sortoient dehors d'un plein saut ; Mais celles-cy, d'esprit plus fortes ,

190 Sans ouvrir seulement leurs portes , Durant l'ardeur de ce conflit , Ne grouillèrent point de leur lit.

Les voisins des maizons prochaines, Tirans des puyts & des fontaines

195 Des sceaux d'eau fort diligemment , Amortirent l'embrazement , Dont la promte & terrible atainte Cauza moins de mal que de crainte.

Mardy , le Roy partit d'icy

aoo Et nôtre belle Rewe aussy ; Monsieur & Madame sans doute Avoient la veille pris leur route Pour aller à Villers-Cotrets , Où l'on brûle de bons cotrets.

ao5 Ce Grand Prince & cette Princesse . Suivis de beaucoup de Noblesse , De Ducs & Pairs, d'Ambassadeurs, De Dames & plusieurs Seigneurs , Furent receus comme Personnes

aioPortans les plus grandes Couronnes, Et par Naissance & par raizon , Par le Maître de la Maizon , Aussi-bien que par la Maîtresse , Avec la grâce & l'aléçresse ,

a 15 La pompe & les civilitez Dont on reçoit des Majestez.

Après tant de réjouvssance Faite en ce Palais de plaizance , Je croy, sur le raport d'autruy,

aao Qu'ils ariveront aujourd'buy ;

Mais sçachez que dans leur absence , Ils envoyoient en diligence , Chaque jour, de leurs Ofiders, En forme d'illustres Couriers ,

995 Pour sçavoir, d'un récit sincère , La santé de la RsiNE-Mére ,

Qui va toujours de mieux-en-mk Dont tout le monde est fort joyo Et renouvelle sa prière 930 Pour cette guérizon entière.

Le Duc Mazarin , de nouveau Par un soucy constant & beau , Qu'une ardeur fidèle acompagne A la gloire de la Breta^e ,

335 Harangua si bien les Éftats Pour le plus Grand des Potentat Et M' Cfolbert tout de mesme , Avec afection extresme , Que , sans difèrer une nuit ,

340 Ils firent le Don gratuit.

Mais , par une bonté Royale , Non moins douce que libérale , Le Roy, voyant leur passion Et leur pronipte soumission ,

345 Remit dudit Don agréable Une somme considérable , Et ces Bretons braves , bien-bits En paroissent fort satisfaits.

A Vitré , l'on fit un Service , 350 Pompe funèbre & Sacrifice Des plus éclatans à l'honneur De leur défunt bon Gouverneur Ainsi que , dans la ville nôtre , Samedy, l'on en fit un autre 355 Pour la feu' Duchesse de Fon, De qui j'ay parlé pluzieurs fob.

Je vous raconte pour nouvelle Qu'au fameux Port de la Rodid Huit grands Vaisseaux sont ariv

360 Chargez de ce queirous sçavez, De niarchandize & mainte drogi Qui dans l'Amérique ont grand Par l'adresse & par les ardeurs [| De nos vigilans Directeurs ,

365 Dont les soins s'employent sansc Pour augmenter nôtre richesse.

Et tous les Sujets de Louis En sont grandement réjouis.

Princesse , blonde & délicate, 370 Je n'ay place que pour la date.

J'ay PArr ces Vers, d'un sens Mai

Du PRéZENT mois LE VIIfGT-&'-aZ.

A Pgrn,Chê^C.CketumU, Imp. & Ub., AuxArmês4mR9y,ni€dêlaHnckttU. Avêc PnfOêi^éêl

(Biblioth. niit. Le' ai, Rét. ^ Biblioth. de l'Areenal , B. L. 11800. » BiUkti M. le baron James de Rothichild.» Ce dernier eiemplaire porte la date du ^ wuf» et l'adrette tatvaiite : A Péris, Ck4^C. Ckmûuit , Imp.etLib., AmxArwméêkv di la HmekêtU, '4vêc Prmligt di S. M. Et à Lyon , Cki^ C. Maikevtt, M. Uhnm MtrcUrê , à Sâmt Th&mës éTAequm.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[PAt Charlis robinet.]

Du 27. Septembre i665.

Voici , pour moy, le Jour ou de honte ou de gloire ; Je le souhaite & je le crains , Semblable à deux Partis prés de se voir aux mains Pour le beau Prix d'une Victoire , Mais qui craignent également Un tout contraire Evénement.

Que di-je ? j'ay pour But une plus noble Chose Que le Gain de deux Combatans ; C*est un Prix qui vaut seul tous les Prix éclatans , Et celui que je me propose Est si ffrand & si glorieux Qu'il charmeroit même les Dieux.

Cet l'Estime , en un mot , de l'illustre Madame . Qui loge dans un si beau Corps , Pftr de si ravissans & si divins accors , * Un Ange en la Place d'une Ame , Et qui semble entre les Mortels Une Beauté digne d'Autels.

Muze , pour plaire donc à la Princesse auguste Et pour en mériter ce Prix , Polis de plus en plus pour Elle tes Ecrits ; Fai aue chaque Vers y soit juste Et plus joli que les Passez , Qu Elle a louez pourtant assez.

15 Lundy, cette Altesse Royale , Qui nule part n'a son égale , Et Monsieur , digne de ses Feux , Sur un beau Char montez tous deux, Prirent la route en diligence [ce,

>> D'un de leurs Chasteaux de Plaisan- Que l'on nomme Villers-Cothiets, Maison ^ui n'a pas les Attrais Qu'auroit une Maison nouvelle , Mais qui pourtant est assez belle.

15 On y void de l'Antiquité , Une orgueilleuse majesté Qui vaud la moderne Structure

Que l'on fait presaue en mignature.

François Premier ta cherissoit

40 Et souvent s'y divertissoit A la Chasse des Bestes Fauves , Qui courent là , sous des Alcôves Que leur forment les Arbres vers , Jusqu'à l'approche des Hyvers.

45 Dans ces Bois, parmi les Ombrages, Sont divers jolis Hermitages Où la Piété se maintient Et sans embarras s'entretient.

Mais bien-tôt avec les Dryades

50 On associera les Nayades ;

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