Du 8. Novembre i665 (Mayolas
Luy renouvella leur hommage.
Le Pape , qui se porte mieux , 8o Au gré de tous les Gens pieux , A Castel-Gandolphe va prendre Un air sain , pour bien se défendre Contre mainte incommodité Qui menaçoit la Papauté , 85 Et puis Ton verra ce Saint-HoMME , Frais & gaillard, entrer dans Rome.
Enfin , LuBOMiRSKY se rand.
Ce Maréchal superbe & grand , Perdant tous ses pas & sa peine ,
90 Prend une route plus humaine , Et , faizant un acte de foy, Dézire obéir à son Roy, Dont il reconoît la clémence Et ne craint pas moins la puissance.
95 Ne recevant point le secours
Qu'on luy prométoit tous les jours , Toute sa Troupe se débande Et paix & concorde demande ; Par un éfet de la bonté
100 De leur fameuze Majesté, Dont aucun Polonois ne doute , Kamizir enfin les écoute.
Le Grand Général , trés-acord , Le Grand Chancelier, esprit fort ,
105 Et le Palatin de Russie , Dont la colère est adoucie , Sont les trois Hommes préparez Pour ouir les Confédérez ; ils doivent tenir leur séance
1 10 Et leur première conférence Dans Rava , d'où Ton m'écrira Le Traité qu'on y passera.
La Flote de Holande est preste A bien remonter sur sa beste ,
il ^ Et le grand Général Ruiter,
Qu'on redoute beaucoup sur mer, Se promenant sur la Tamize , Fit , ces jours passez, quelque prize De Vaisseaux chargez de charbon ,
I30 Marchandize assez de saizon , Car dans l'hyver on est bien aize D'être auprès d'une bonne braize.
Il va braver ses Ennemis , [mis , Qui dans leurs beaux Ports se sont
1 25 Le plus prés qu'ils peuvent de terre. Fatiguez un peu de la guerre , Satisfaits des profits heureux
Que les vents ont porté ches- Pour fiater l'étrange dommag 130 De la peste qui les outrage.
Prézentement l'Host Muns Ne se divertit pas trop bien ; Les Soldats , lassez du pillag« Ou craignans un subit carnaf
135 Retourneront en leurs Pays Plus vîte qu'ils n'en sont sort A l'aproche de nos Gendarm< Qui rient des chaudes alarme Au seul bruit du secours Fra
140 Us sont tous réduits aux aboi Ayans sceu par la Renomméi Que la France est acoûtumée Sous un Roy si victorieux , A vaincre toujours en tous Iti
143 Aux Villes où l'Empereur | On le reçoit de bonne grâce , Avéque la civilité Deue à l'Impérialité ; Le grand bruit & les pétarad
150 Des éclatantes canonades Se font ouyr à son abord .
Et, lors qu'il entre & lors qu' Les Magistrats & les Evesqu< Les Gouverneurs, les Archév<
1 55 Et sur~tout celuy de Saltsbou Font agréablement leur cour, Et luy rendent le juste homn Que mérite un tel Personnag
Depuis cinq ou six jours , j
160 Que le Marquis de Fontenay Trés-illustre & trés-honneste Qui lut Ambassadeur à Rom* Aussi-bien que vers les Angl< Chez lesquels il fut pluzieurs
165 Est mort d'une mortelle fiévi Sa Fille , Marquize de Gévre Dont il êtoit autant chéry Que de son illustre Mary, S'en aflige de telle sorte
lyoQuelle aimeroit mieux être i Que de sçavoir en ce momen Son Père dans le monument.
Son grand mérite & sa naissa Sa valeur, son intelligence ,
175 Ses vertus & ses ornemens , Dignes des bons Gouvernemt De Champagne , Loraine , A