Du i3. Décembre i665 (Mayolas
Qui se vont métré sous les armes Pour servir nôtre beau Daufin ,
180 Fier, bien-fût, aimable & bénin.
Qu'un jour on traitera de Sire Et que déjà chacun admire.
Les Gens qui portent son cher Nom, Les Ofiders de sa Maizon ,
S5 Dont la Troupe êtoit assez grande , Qui s'en allèrent en Holande , Sont en cette Ville envoyez Pour être ailleurs bien employez.
Avec joye icy je crayonne 90 Que Monsieur l'Abbé de Lyonnb , Des plus sages , des plus sçavans , Prieur de SSiint Martin des Champs, Avec piété singulière Et dévotion trés-sincére , ^ 95 En ce Temple divin rendit , •J» lAardj dernier, le Pain*benît , Dans la Chapelle de la Vierge , Où luizoit maint ^nd &beau cierge.
Qui porte le ffloneux Nom M» De CHâirf.Ks Cinq de grand renom , NAtme-Damb de la Carolb , Ou maint bon Confrère s'enrôle , Ainsi que les Religieux , Depuis l'an mil trois cens-&-deux , 10$ Pour son antiquité &meuze Et tout-à-fieût miraculeuze , Car on peut prouver, en éfet , Que cent miracles elle a fait.
Le dier FUs du Comte de Roure, 210 Dont on conrioit bien la bravoure , Pur un saint Hymen s'est uny A la charmante d'AmoNT.
L'Epouse étant illustre & belle Et inÊpoux vaillant & fidelle , 215 Je puis avancer en ce jour Qu Us marient Mars à l'Amour.
Amples furent les Epouzailles , Aussi-bien que les Fiançailles.
Ne soupirez plus , Lyonnois , Uo Ny vous , Daunns ou Daufinois ,
Après la surprenante perte 1^ Que vôtre Pays a souterte , '^ Puisque Monsieur de Caumartin
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ICODt-
inirtro
225 Va bien-tôt prendre le chemin Pour jouir avec vi^lance De l'une & de l'autre Intendance , Et , par l'ordre du Grand Bourbon , Succède à feu Monsieur Saron ,
230 Dont le Rône dans son rivage Vid le déplorable naufrage.
Un habile Chirurgien , [chien , Mal-heureux comme un pauvre Venant , avec un Commissaire , Pour la poursuite d'une abire , D'écrire une relation ,
Conforme à sa Profession , Vid terminer sa destinée Du débris d'une cheminée Que le feu , joint avec le vent , Fit sur luy cneoir en un instant Dans le beau milieu de la rue.
Cet amas de olfttre le tue A trente pas de sa maizon , Et cela n est ny beau ny bon.
Outre cet haïssable outrage , Elle fit un autre dommage.
Un Ramoneur, des plus Seimeux (Je veux dire des plus fumeux), Quoy qu'il sceut assez les routines , S'envelopa dans ces ruynes , Et , ramonant de haut en bas , Fut pris en faizant son tracas.
Pendant cet accident sinistre.
J'ay sceu d'un habile & vieux Cuistre, Parent du Cuizinier François , Qu'il en eut aussi sur les doigts Et fit renverser la marmite , Qui certes n'êtoit point petite , 260 ^^ gaillard Maître à qui c'êtoit , Dont fort il grondoit gl pestoit.
Princesse , à qui je sacrifie Les Ouvrages que j édifie , Vôtre beau Nom les rend exempts *^5 De l'injure du mauvais temps ; Us ne craignent le feu , ny 1 onde , L'air, ny la terre , ny le monde , Et dans vôtre aprobation , Ils trouvent leur protection.
270 EcRrr LA VEILLE Sainte Luge ,
Où LE JOUR CROÎT d'uN SAUT DE PUCE.
W Psris, Ou^ C. CJUnault, Imp. & Ub., Aux Armes du Roy, rue de la HuchetU. Avec Privilège de ^« MMJesU, Et à Ij^am, Cke^ Ckarhs Matkevet, March. Libraire, rue S. Thomas d^Aquiu.
(Biblioth. derAnenal, B. L. 1 1800. — Biblioth. de M. le baron James de Rothschild. ^ Ces exemplaires portent la date du 16 décembre; nous avons rétabli la date que devait porter l'édition destinée à être vendue à Paris.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charles ROBINET.]
Du 12. Décembre i665.
lo
Le Privilège à la fin est scellé ; Le Cas est seur, Belle Altesse , je l'ay. En Parchemin & neuve & jaune Cire / Grâces à Vous , Grâces à nôtre Sire , Et de plaisir j'en suis presqu'afiblé.
Adieu Chagrin , le drôle a détalé , Et j'ay le cœur d*alaigresse comblé D'avoir ainsi de toujours vous écrire Le Privilège.
Quel honneur peut au mien être égalé ? Ah ! malgré moy, j'en ay l'esprit enflé , Et tel honneur me plaît plus qu'un Empire , Car pour Madame , & cela c'est tout dire , J'ay de rimer, sans plus être troublé , Le Privilège.
Mais croi-je quite nôtre Muse Par ce Rondeau î non je m'abuse ; Je dois aussi remercier L'auguste & le Seimeux Séguier ,
20 Qui , même par extraordinaire , A daigné faire mon Affaire , Nonobstant quelques Envieux Qui , d'un esprit malicieux , De Moy lui faisoyent une Image
15 Peu certes à mon avantage.
Je dois aussi des Complimens Et sincères Remerdmens A l'illustre de Bensbrade , D'Apollon le grand Camarade ,
30 D'avoir rendu mes Vers amis De ce Ministre de Themis , Et voulu , pour comble de gloire , Faveur gravée en ma mémoire , Me remettre lui-même en main
35 Le beau Sceau du Grand Souverain.
Je dois maintes grâces encore A Monsieur Bontemps que j'honore Pour son zèle & pour sa bonté ;
Et , pour dire la vérité , 40 Toute la Maison de Maiume En peut prétendre dans mon aïo Ainsi que celle de Monsieur.
C'est de l'abondance du coeur Qu'ici moy, ^ui suis un bon Cra 45 Sur ce Chapitre je leur parle, Car chacun y semble à Fenvi De mon bon Succès tout ravi.
Ne soyez pas , petite Muse , Ni si folette ni si buse
50 Qu'en cette Lettre d'oublier Que , Samedy , le sieur Itisr , Jouant devant nôtre HéROÎNB D'une façon presque divine, Faisoit parler si tendrement
55 Les Cordes de son Instrument (Dans ses Mains le Roy des Théo Qu'ensemble les célestes Orbes Ne pourroyent produire des son Si cnarmans que ses doux Fréd<
60 J'ose encor plus hardiment dire
s 69. — Du 12. DÉcepnbre
Que Phcbbus avecque sa Lyre Distille bien moins de douceurs Dans l'Oreille des Doctes Scbcrs Qu'hier n'en fil couler en celles
. De Madame & de maintes Belles .
Qui dans sa Ruelle formoyenl Un Cercle d'AppAsqui charmoyent.
Comme j'estoîs à ces Merveilles Et que l'en remplis mes Oreilles .
iJ'ay pensé , pour parler sans fard , Lui devoir ces Vers pour ma part.
Ce grand & fameux Cabaliste
Et perfide Anti- Royaliste ' Qui du Sarmathe à tout propos
Trouble la Paix & le Repos,
Enflé dans son Ame n'gresse
D'avoir soulevé la Noblesse ,
Tranchoit déjà du petit Roy .
Et . comme tel , donnant la Loy.
iDemandoit, le pourrez- vous croire?
Qu'on mist ses Crimes dans la Gloire,
En lui rendant ses Dignitez ,
Ses Charges & ses Facullez ,
Et qu'à Cheval on tinst la Diète r(Son audace est-elle complette?),
Où l'on fit le Proccz à Ceux
Qui, comme Juges généreux
Et les Vangeurs du Diadëke ,
L'ont ci-devant fait à lui-même.
«D'ailleurs, Lubomirski . voulant
Passer pour Brave & pour Vaillant
Et prétexter ces lâches fuites
Où . dans les pressantes poursuites
De son Roy , Guerrier & Vangeur,
,11 se cachoit faute de cœur.
A fiiit |de quoi vous allez rire)
A Casimir, l'autre jour, dire
Qu'il n'avoÏT fui que par respect,
Wosant soutenir son aspect .
lEt . s'il vouloit laisser l'Armée , ' Par son zélé assez animée ,
Sous l'ordre de Sobieski .
Qui n'est pas un je ne sçai qui ,
Mais Grand Maréchal de Pologne .
Il lui vicndroit montrer sa Trogne ,
Et livrer au même moment
\jii Combat intrépidement.
Mais , souriant de sa Bravade
Et ^lonoise Gasconnade .
rSobieski le prît au mot
Et lui fit sçavoir aussi-tôt
Qu'il l'atlendîst , & de pied ferme .
1665 I Robinet . 4S6
Et qu'il lui juroit par Saint Herme
Que , sous le bon plaisir du Roy, 5 II l'iroit joindre en bon arroy
Pour sa bravoure satisfaire.
Mais voici bien une autre affaire .
C'est que les Gens Confédérez .
Des LusoMiRSKiNs séparez, o Ayans été frotez en diantre ,
Et . comme l'on dit , dos & ventre .
Se sont tous soumis à la fin
Pour éviter pire Destin ;
Que , dedans ce fatal Desastre , ; Influé de son mauvais Astre ,
Nâtre Rebelle a détalé ,
Se voyant si mal constellé ,
Et que son Roy , couvert de gloire ,
Voulant consommer sa Victoire , o S'est mis à ses Trousses d'un air
Qui le menace . après l'éclair.
D'un coup de Foudre épouvantable ,
Son Crime étant peu gratiable.
La Faim contraint souventes fois
5 Le Loup à sortir hors du Bois :
Ainsi les Monstérlennes Troupes, Manquans de quoi tailler des soupes Dedans Winskot depuis long-temps, Et se sentans de longues dents ,
,q.Se sont enfin fait un passage Pour se sauver du Marécage , Où . depuis qu'elles barboioyent Et dedans 1 eau trouble elles vi-
[voyent Ou ^isoyent de sales patrouilles ,
1^ Elles éioyent Demi-Grenouilles.
Mais on dit que les Holandois .
N'ayans pas lors les bras en Croix , Les chargèrent dans ce Passage Avec un si brave courage
,0 Qu'il en demeura trois milliers De tuez ou Ëiits Prisonniers.
Le Temps, grand Ayde de l'Histoire.
Apprendra ce qu'il en faut croire.
Monsieur le Duc de Coasun ,
J5 Seigneur de courage tout plein ,
Et qui n'a pas moins de prudence ,
De sagesse & de suffisance ,
A lie Roy l'agréant ainsi,
L'Employ que le sieur de BussY "J^cîm ■,a Avoit dans la Cavalerie ,
La Légère & la plus fleurie