AU ROY
Adotable Lons , Heroa Victorieux Depuis les Bords pompeux où le Soleil se levé Jusqu'aux Flots éloignez où sa Course s'achève, On vous tient pour le Fils le plus chéri des Dieux. Aussi , veid-on jamais un Prince sur la Terre Plus jeune & plus heureux, soit en Paix, soit en Guerre? On vous croiroit quasi le Maistre du Destin. Tous vos jpas sont tracez par les mains de la Gloire : On y void pour vous Mars , Amour , Pas & Victoire Et tous vous ont donné la Reynb & le Dauphin.
A LA RSYNE MERE
Illustre & grande Reynb autant ou'infortunée. Vous auriez pour Estreine aujourdlitti la Santé Si j'estois absolu dessus la Destinée , Et de joye on verroit embraser la Cité. Mais , hélaa I par quel Sort , Auguste Couronnée , Faut-il que vous fassiez nôtre Illicite Et qu'à vos nobles Soins elle soit Sans se fiûre santir à Vostre Majesté?
Si les Dieu en courroux veulent punir des Crimes •
555 39* — Du I. Janvier 1666 (Robdibt).
30 Ç'il faut pour les punir qu'ik trouvent des Victimes ,
En doivent-ils choisir dans la même Vertu ? Ah I leur ordre est injuste I oui, coiitr'eux j'en murmure. Et sous leurs Coups vangeurs , deusse-je être abatu , Je dis qu'à vos Vertus ces Dieux font une injure.
A LA REYNE
35 O RsYNB que l'Amour nous donna par la Paix ,
Jeune Divinité , Belle Arche d'Alliance Qui réconciliez l'Espagne avec la France » Que vous charmez Ici par vos divins Aspectz I Jamais Rejrne ne fiit l'objet de nos Respectz Où l'on veist des Appas en si grande abondance ; Venus en montra moins au Point de |$a Naissance , Et son Fils moins qu'à vous lui doit ses plus beaux Trais. Ce ftit par vos beaux yeux qu'il s'aquit la Victoire Qui Im fit voir en fin sous ses puissantes Loix
45 Le plus çrand des Vainqueurs & le plus grand des Roys.
Mais qu'il se repent bien d'avoir eu cette gloire • Car avecque Louis , l'éfaçant aujourd'huy , Vous avez fait un Fils beaucoup plus beau que lui.
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN
Jeune & brillant Recueil des Charmes de TbAuêzb 50 Et des hautes Vertus qu'on admire en Louis ,
La France , te voyant, se sent transporter d'aise Et se promet de Toy des Explois inouis. Pour MoY, sur la foy de la Muzb Qui souvent profétise & jamais ne m'abuse , 55 J'avance cet Oracle , & ne m'en dédis pas ,
Que par ta Valeur sans seconde Tu te rendras Vainqueur de la Moitié du Monde , Et le seras de l'autre aussi par tes Appas.