Du 14. Février 1666 (Robinet
Nôtre Rbtnb , non moins pieuse 350 Que l'est une Religieuse ,
Le bon Jour de la Chandeleur , Où l'on sent \Âen peu la chaleur , Fit , aux Fanfares des Trompettes , - Avec les Tambours & Musettes , Bn Rendre Ici de beaux Pains-Benis , ^ £^ De Banderoles tous garnis , s. sévwto En la Célèbre Confrairie Qui de la divine Marie , Avec grande Dévotion , a6o Honore la Conception , Par une céleste Avanture Immaculée & toute pure.
Mademoiselle de Brancas , Cette jeûne Source d'Appas ,
.65 A de la Petite Vérole
Qui les plus brillans Teints desok Senti l'insulte si fatal .
Mais , quite de ce hideux mal, Plus ^ue jamais son beau Visage
270 Est digne d'amoureux hommage, Et nous montre d'Attraits vainqoeun A faire soupirer les Cœurs.
D'Enouyen la charmante Dmami»
Dans le Terme de sa Grossesse,
373 A , pour son Essajr, mis au Jour.
Ce dit-on , un petit Amour, Mais, n'estant qu'un Amour femefle, Les Epous , redoublans lenr wBt , Vont travailler sur nouveaux fiû
280 A fiaire un Amour masle aprâ.
Adorable Objet de ma Muze , Je la voi , vraiment , bien camuse , Car cette Missive n'a pas A beaucoup prés assez d'Appas , Mais des Services & Prières Sont aussi de pauvres matières , Et , comme j'en sçais le Défaut , Je ne les mets que quand c'est un faire il le faut.
Du treize Février j'ay conclu cette Lettre Dont je n'ose , ma foy, grand succès me promettre.
yf Paris, Che^ F. Muguet, ruê de ia Harpe , aux trois Rois, Avec Frivilige du Rajt,
(Biblioth. nat., U*. aa. ftfii. - Biblioth. Maurine , 296. A>)
LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS
[Par la GRAVETTE de MAYOLAS.] ,
Du 21. Février 1666.
Auguste & parfaite Princesse .
Je vous ay dépeint de Lutéce Les accidens doux & fâcheux Depuis un mois entier ou deux ,
Mais , n'ayant dans mes Ecritures Nules Françoizes avantures , Je vais passer chez l'Etranger Pour tôt ou tard y fourager
- Du 21. Février lôôd iMavouu).
tonpli
oomroencer mon Ouvrage '.ir la première page.
In'est rien de si naturel , jilÊm« de moins criminel bersonnes . foies et sages .
[de haïr les esclavages ■nter en toute saizon Eivadcr de leur prizon.
Incendicrs , des Incendiéres .
P*rizounîers , des Prizonniércs , kians tous fort bien la main Éexccuter leur dessein, [belle nuit , rézolurent .
bmînércnt & conclurent, b assez de maux soufers .
le feu de rompre leurs fers F prendre l'air & faire gîles I de leurs sombres domiciles.
i tôt dit , aussi tôt fait.
■ ayans aprêté leur fait , ^miére choze qu'ils firent, toque porte le feu mirent jUts l'Arsenal de Hambour .
peut-être est prés du Faux-bour.
• sortis de leur tanière .
|e ceux-là , dans sa cariére .
pé d'un esprit malin , llout droit au magazin Imer promptement la poudre .
groncla comme un coup de fou- I [dre ,
hnt que tous ses compagnons «choient le dehors des prizons.
plus léger que les reptiles, [les :
îpoit comme un chat sur les tuilp^, Éveillé comme un Lutin, It dans un prochain jardin:
y-cy , voltigeant en maître , tàt de lénètre en fenêtre, ^uy-là, sans avoir peur, kuva comme un Ramoneur pne large cheminée n'étoit pas trop mal tournée.
Dames . qui dans ce moment .
Dient un peu moins hardiment broient leur mizéricorde , ■r une échelle de corde
Ï après l'autre dêcendoient susdit lieu s'évadoient.
|upart firent la culbute.
Se jetant auprès d'une bute , Et l'on m'a {uré qu'un d'iceux
60 En est encore un peu boiteux.
Le Guichetier & Guichetière , Et le Geôlier & la Geôlière .
Qu'on estime assez Gens-de-bien Pour de ce cas ne sçavoir rien .
6( Comme guères ils ne sommeillent.
Au bruit de la poudre ils s'éveillent.
El . tous étonnez des premiers , Ouvrent la porte aux Prizonniers Pour se sauver de l'incendie
70 Qui cauzoit mainte tragédie.
Le foin , la paille & les fagots , Assez proche de ces cachots .
Auroient cauzé plus grand dézordre Si le feu sur eux eût pu mordre.
75 Mais, par bon-heur, un contre-vant Détourna la flàme à l'instant, Et par cène bonne fortune, A ceux de Hahboor oportune , Cette Cité, ces jours derniers.
SoN'a perdu que des Prizonniers.
On dit dans le siècle où nous
[sommes Qu'on trouve rarement deux Hom- Qui puissent bien se ressembler, [mes Et toutefois j'entens parler [l'autre,
8; Qu'on prit, l'autre jour, l'un pour Non pas dans le Royaume nôtre.
Mais dans celuy de Danemarc, Dans un Logis, ou dans un Parc.
Pour CHniSTiiVN Ulekklt Comte .
90 Fidèlement on nous raconte Qu'à Rochilt on surprit d'abord Un Homme qui lui sembloit fort, :
Ayant mesme air, mesme vîzage, Mesme maintien . mesme corsage,
95 Mesraes cheveux , mesme jargon , Mesme démarche & mesme nom. • Des Gens armez de mainte dague Le menèrent à Copenhague Et . durant le long du chemin ,
roo L'escortèrent soir & matin.
Civilement on l'emprizonne , Mais, si-tôt que cette personne Eut clairement justifié.
Et que l'on eut vérifié luj Que tout cela n'étoit qu'un conte.
Qu'il n'étoit pas le susdit Comte .
Qu'on prenoit Marthe pour Renard ,