Du i5. May 1666 (Boursault
Son orgueil pourroit tout vouloir, De sorte qu'au lieu de ce Utre On le veut coiffer d'une Mitre ; Mais son noble & belliqueux front ,
180 Qui ne peut souffrir cet affront , De peur de passer pour un Flasque, Au lieu de Mitre veut son Casque , Et prétend que de sa Prison Le Conseil luy fera raison.
st5 Les Messieurs après qui je parle , Dont pas un ne se nomme Charle , Concernant ce Chapitre là Ne m'ont rien appns que cela.
Justement Mardy, ce .me semble , 190 Le Monarque sous qui tout tremble, Ce grand Koy, de qui d'autres Rois Sont ravis de suivre les Loix , A sa Cour que nulle n'égale Fit un magnifique Regale , t^ Où regnoient des charmes puissans Qui sadsfaisoient tous les Sens.
Dans des Plats rangez en bel ordre , Où Ton avoit mis diequoy mordre , On voyoit des Mets clelicats , 00 Dont le GousT ne se plaignoit pas.
L^DORAT, de cette Partie .
^ a9i qnî.
Loin d'avoir de la modestie , Pour se contenter à son tour Devoroit les fleurs d'alentour.
305 Des Voix qui n'ont point de pareilles Y satisfaisoient les Oreilles , Et par une douce langueur Chatouilloyent I'Ouye & le Cœur.
Ceux qui par un bonheur Sublime
3ioServoient le Héros Magnanime , Avec des transports inouis , Avoient l'heur de toucher Louis ; Et tous ceux qui, transportez d'aise, Fixoient leurs regards sur Thérèse ,
315 Contens de ce bien précieux, Jouissoient du Plaisir des Yeux.
Apres un Récit si fidèle , N ayant plus aucune NouveUe Si Galante que celle-là ,
jaoJe m'en vais en demeurer là.
C'est la quinziesme journée Du Mois le plus beau de l'Année Que j'ay composez ces Vers-cy ; Tels qy ils sont. Princesse Charman- 535 Daignez-en paroistre contente , [te , Et j'en seray content aussi.
^ao m'en est sMppUé.
Lettres de respect , d'obligation ft d'amour de Monsieur Boursault. A Paru , Cher Théodore
\olU ém PaUis, du coOi delà Cour des Aydes, à tEnvU. M. DC. LXIX.
CirMrd, éâms U (jrotuTSolU Avec PrroiUge du Roy (toj
len» 19), pp. 315-328.
LETTRE EN VERS K SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS
1 PAft LA GRAVETTE 1» MAYOLAS. ]
Du 23. May 1666.
GftACBS au Blondîn Apollon , A sa Lyre , à son Violon , Grâces aux fiiveurs des neuf Muzes , Qui pour moy ne sont pas camuzes, 3 Grâces encor à leur Qieval
Pégaze , sçavant animal, Depuis un an , Grande Pmncesse , J'a^ fait , sans faute , agir la Presse , Mais il semble que ce long cours 10 Ne m'^ duré que quatre jours;