Du 23. May i666 (Mayolas
Encore que ce fut de nuit , Leur répondit : « Pour le bien nôtre » J'en vay bien-tôt mander un autre. » Soudain elle se travestit ,
210 De son Édqux les habits prit.
Et cette Guerrière nouvelle Pour luy va faire sentinelle.
Bien-tôt après , le Mary vînt, Ecbaufé plus que quinze ou vint ,
215 N'ignorant pas qu'il manquoit l'heu- De se trouver en sa demeure. [re Sçachant que sa femme avoit fait Ce tour gdand & plaizant trait , Il passe par une autre porte ,
220 Sans amener aucune escorte , Et , contre-faizant l'Ennemy , Qui souvent n'est pas endormy , ' Il s'avance au clair de la Lune, Vers cette belle , blonde ou brune.
225 Elle , entendant quelqu'un marcher Et l'apercevant s'aprocher, Luy demande d'abord : « Qui vive, »
D'une voix à demy craintive ; Le feint Espion nen ne dit ,
230 Et pas un mot ne répondit ^ Mais de plus en plus il s'aproche :
Alors ce ^rde luy décoche Ou bien tire son pistolet , Remply de maint petit boulet ,
235 Et , dans cette nouvelle guerre , Ledit Homme tombe par terre.
A ce bruit quelque monde vient , Chacun sur ses gardes se tient ;
224 De cette belle.
Le Caporal premier arrive
240 Vers cette jeune fugitive , Et tous deux courent viziter Celuy qu'elle sceut arêter.
Mais dés aue son cœur ou son 1 Et son œil tout remply de flftm
245 Apercent , blessé de ses coups Son véritable & cher Epoux , Cette brave & fidèle femme , Auprès de son corps tombe & pi Le Caporal , bien étonné ,
250 De quelques Gens environné.
Ne sçachant pas d'abord rhbtx»
Ne sçavoit ce qu'il devoir croire Et , ce récit ayant apris , Il ftit encore plus surpris.
255 Mais la vérité toute nue A la fin étant reconue Par le franc aveu du Mary, Chaque habitant en fiit marry.
Tous deux au logis on les porte
260 On les flate , on les réconforte Et, nonobstant ce grand tracas, Je pense qu'ils n'en mourront p Mais ^e croy qu'ils ont fait prom De ne plus jouer telle pièce.
25^ Princbssb , agréez mon encen Avec mes Vers divertissans.
J AY FArr LA FIN & LA PrÉPACB,
Le jour du bon Saimt-Bonifacb.
A Paris , Che^ Ch. Chiuault , Imp. & Lib., aux Armes du Rty , rue de la HucketU. Avu Prn de Sa M.
(Biblioth. de rArtenil, B. L. 1 1800. — Biblioth. de M. le biron James deRoCkM
— Ce dernier exempliire porte U dite du 26 mai et les adresses suivantes : A ^
Che^ Ch, CHenault , Imp. à Lib., aux Armes du Roy, rue de la HucketU , Avet
, de Sa M. Et à Lyou, Che^ Charles Mathevei, Marchand Lib., rue Mercière, iS.Th
d*Aquin.)
LETTRE EN VERS A MADAME
Du 33. Ma;
Belle & sage AJtessc Royale .
Que tous les huit jours je régale Bien ou mal de mes Vermisseaux .
Voici ceui de cette Semaine ; ) Mais s'ils sont de la bonne Veine.
S'ils sentent bien l'eau d'Hypocreine.
S'ils sont coulans . justes & beaux .
C'est de quoi je suis fort en peine.
Par Oui je n'oserais répondre .
o De crainte de me voir confondre Par vôtre intelligent Esprit , (^.justes Dieux! qu'il faut bien faire Pour prétendre le satisfaire Et d'avoir l'honneur de lui plaire I A tout haiard , voici l'Ecrit Duquel je vous suis Tributaire.
L'AvANTUBE du Chariot.
luvragc du Diëu CypRioT.
e me semble, est trop solennelle 3ur ne pas la rendre éternelle I lui donner son Passe-port; bl si j'y manquois, j'aurois tort.
^en dois taire de cette Epitre rout le tin premier beau Chapitre , nl'en étant informé dùcment Hmr ne rien dire étourdiement HÎ qui choquât te vrai des choses ; 'ouvrons donc le Pot aux Roses.
Une jeune & fraîche Dondon , k>ni A.*tGEL]Qnii est le beau Nom 't qui . ce m'a~t'on dit , est Fille le bonne & bourgeoise Famille .
I^yant du Fils d'un Financier, Ou du moins d'un riche Banquier, ~"É fort longtemps poursuivie Uns qu'elle eusteu la moindre envie E faire faillite & l'Honneur,
Se rend enfin au Suborneur.
Qui joint l'éclat de ses pistoles
40 Avec la douceur des paroles, Par lesquelles depuis maint jour Il l'asseuroit de son amour.
Mais quoi? je le disois n'aguére.
Quelle Angélique est assez fiére
45 Pour congédier un Mêdor Qui fait voir un zélé tout d'or Et dans SCS bras se coule en pluye Par qui sa veue est éblouye .
Ainsi que l'on sçait que I Anodr
;o Fit couler Jupin dans la Tour? Or. comme depuis que la Belle Cesse de parêtre rebelle Et de témoigner un cœur fier Au susdit beau Fils de Banquier.
55 Ils vont souvent en promenade , Et . pour se donner l'Accolade , Cherchent par tout des Rendez-vous Où de leurs Parens le Courroux Ne puisse troubler ce Commerce
60 Qui par l'Amour entr'eui s'exerce , L'autre jour, le Couple loyal Vint le Soir au Paiais-Roval Continuer ses amourettes Et s'enire-pousser des Fleurettes ;
6} Mais . tandis qu'en leur Entretien Nos Amans ne pensent â rien Qu'à parler de lardante flâme .
Qui de Nectar remplit leur ame , Dedans un Endroit à l'écart,
70 Comme il ctoit déjà fort tard , On ferme le grand Domicile Qui pour lors leur scrvoit d'Asile .
Si bien que , voulans s'en aller.
Ils ne le peuvent sans parler
7j A quelque Ot^cier de la Porte .
Ce qui beaucoup les déconforte.
Ils craignent de se découvrir Ou qu'on ne veuille pas ouvrir.
Et dedans cette Conjoncture ,