Du 23. May 1666 (Robinbt
180 Grâce à Monsieur , Tunique Frère , Aussi diarmant qu'un Demi-Dieu , Et l'aimable Hôte de ce Lieu , On fut dessus mainte Cdéche , Dont l'Ornement les yeux allèche ,
185 Se faire rouler dans le Parc , Où le beau Dieu qui porte un Arc , Suivant ces nobles Compagnies , Causa des douceurs infinies , Car ce plus charmant des Nabots
90 Est pr^ue de tous les Ecots , Et c est une chose bien vraye Qu'il fout toujours qu'il y défraye.
La Retne aussi , le même Jour,
En cette Ville fit un tour, 95 Et Mademoiselle de Guise ,
Que pour mille vertus l'on prise ,
Traitta sa belle Majesté
Avec la sumptuosité
Qu'elle avoit encor fait n'aguére , 100 Et certe on ne sçauroit mieux faire.
Sur le dedin de la Clarté , Et l'une & l'autre Majesté , Faisans cette Traite assez viste , Furent à Versailles au Giste ,
105 Et ce Terrestre Paradis , Où les Sens sont tous ébaudis Tant il a d'attraits & de charmes Qu'on ne peut peindre par des Car- Eut la Cour jus^ues au mardy, [mesi,
110 Qu'elle en partit, après midy, Pour retourner, à la même heure ,
■>- En son ordinaire Demeure.
Monsieur le Comte Conismar , Qui n'est pais un Seigneur camar,
115 Mais qui certes a l'avantage De foire voir en son Visage Et dans tout son Extérieur De quoi leurrer maint & maint cœur, Ayant même Esprit & Jeunesse ,
laoA fait son Entrée à Lutéce Dedans les Carrosses du Roy Et de la Reyne , en bel arroy , Avec maint Estafier & Paçe , *Et , bref , un si leste Equipage Qu'il marquoit fort bien la grandeur
Si* De ce brillant Ambassadeur
De la Couronne SuâDO];sE ,
Qui chérit toujours la Françoise.
C'est le Maréchal de Grancey,
330 Car d'Original je le sçay , Qui l'alla prenore au Domicile Qu'il avoit hors de cette Ville , Avecque le Sieur de Bonneil , Qu'il regarda de fort bon œil ,
335 Et tous deux Ici l'amenèrent Et de concert l'accompagnèrent En l'HÔTEL des AmbaIssadeurs , Où l'on festine leurs Grandeurs.
La Sienne y fit Chère superbe ,
340 Que n'exprimeroit nul Adverbe , Et cette Chère , ayant eu cours , Selon l'ordre , durant trois jours , Diverses Troupes de nos Belles Y furent jouer des Prunelles ,
345 C'est à dire voir son Minois , Et le trouvèrent fort courtois , En ayans ètè cajolées Et de maints Bon-bons régalées.
Il receut là les Complinlens ,
350 Et tres-civils & tres-charmans , Au nom de nos Porte-Couronnes Et de ces deux autres Personnes Que l'on respecte au second Rang Pour leur Alliance & leur Sang ,
355 A sçavoir Monsieur & Madame Pour qui nôtre Muse s'enfiâme , Et , de l'air que l'on m'en discour.
Il pouvoit , sans demeurer cour, Répondre à toutes ces Harangues
360 Pour le moins en sept belles Langues.
En voyant jouer au Trie Trac , J'ay sceu que le beau d' Armagnac , Jeune , vaillant & sage Comte , Prince Lorrain, dont l'on fait comp-
365 Le mena Mardy vers Louis , [te , Dont (ses Yeux étans éblouis Par son éclat & sa prestance) Il eut sa première Audiance , Puis vers Théréze & le Dauphin ,
370 Qui , pour tout vous conter enfin , Le surprirent & le charmèrent Aussi-tôt qu'ils le regardèrent.
En cette Ville , le Jeudt ,
A quatre heures après Midy,
375 Ce Seigneur , de b haute Game ,
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