Du 3o, May 1666 (Mayolas
MSloîent des soupirs & des larmes Qui n'amoindrissoient pas leurs
[charmes :
Mais qui pouroJt se séparer Sans soupirer & sans pleurer Lorscju'une Reine &qu'unc Infante Pour (amais peut être s'absante?
Tous les Grands ne manquèrent pas De marcher aussi sur ses pas.
A Dénia étant arivée , Quoy qu'elle s'y soit bien trouvée .
Elle a séjourné quelques jours Pour mieux contmuer son cours , Et . de la part du Grand Ignace , Divers Seigneurs d'illustre Race Bientôt la complimenteront Et gayement l'escorteront Sur la terre comme sur l'onde , ' Et défrayeront tout son Monde.
Un Seigneur vaillant & parfait , Le Comte de Piozasque . a fait Pan â nôtre Roy de la joye Où nage toute la Savoye Depuis l'heureux Acouchement Et plantureux Enfantement De l'illustre & belle Duchesse .
Qui , pour terme de sa grossesse , A fait un Prince trés-charmant Qui (ait nôtre contentemant.
Maints Princes & maintes Princesses, lomtes. Comtesses. Ducs, Ducbcs- Les Parantes & les Parants , [ses ,
L En ayans des plaizirs bien grands .
Par des feux & par des régaies
o (Actions vrayment joviales) Ont témoigné publiquement Leur extrême contentement.
Ledit Comte eut du Roy de France
, Une favorable Audiance, t de la Reine & du Daufw.
Ensuite , prenant son chemin Dcven Monsieur , devers Madahf. , Qui brûlent d'une même Mme ,
[^A la DoiiAiRifeRE d'OBLÉANs T fit les mesmes complimans .
Avec esprit , & grâce & zelle , ^ussi-bien qu'à Madrhoizblle.
H ade moi zelle d'AxENÇON i« reçût de mesme façon ; ^ous avec plaizir l'écoutéreni ^ civilement luy parlèrent.
Pour certain , je suis averty Que le Comte Gaspard Scoty , Dont les beaux talens ont maint
[charme , 1 (o De la part du Prince de Parme , A fait au Roy des compliraens Sur nos derniers ressenti m en s ', Sur la mort & perte inhumaine De la défunte Souveraine.
r)5 Monsieur de Bonneuu. a porté De la part de Sa Majesté.
Avec aparcil , avec joye , A l'Ambassadeur de Savoye Un Bufel . d'un air obligeant .
C40 Reniply de vaisselle d'argent.
Pour récompenser son mérite Ainsi que sa bonne conduite.
Lundy, Charlote de Harl£, Dont je n'ay pas encor parlé ,
145 Abbesse de Sainte Perrine , Qui de la Villette est voizine , Dont les rares perfections Paroissent dans ses acdons , Fut bénite dans les Minimes,
150 Esprits trés-devots & sublimes , Et de LoDÈvE le Prélat , Dont la vie a beaucoup d'éclat , Digne Frère de cette Abbesse , Fit avec pompe , avec liesse .
i;5 Et non moins de dévotion , Ladite Bénédiction.
Deux autres Abbesses encore Que l'on estime & qu'on honore Avec grand nombre de Prélats ,
léoAbbez, Seigneurs & Magistrats, Là trés-volon tiers assistèrent Et dévotement y prièrent.
J'avance , sur un bon raport , Que Madcmoizclle le Fobt ,
165 Holandoize & Luthérienne , Le premier jour de la semaine .
Par amour & par amitié .
Dans l'Hôpital de la Pitié, De l'Eglize de Nôtre-Dame,
170 Abjura de parole & d'ame Son hérézie & son erreur, Qu'elle banit loin de son cœi Dans nos louables conjoni
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