Du 27. Juin 1666 (Matouis
ouronnoient la chère angèlique
[ue cette Reine magnifique
it Royalement en ce jour
u Rot, de mesme qu'à sa Cour. J'at fait ma Lettre Epistolaire
bus , charmez de sa gentillessse , Lb propre jour de Saint Htlaire.
'admiroient & louoient sans cesse.
^mris , Cki{ CM. Chemmii, Imp. à Uè., Aux Arwus àm Roy, meiê U HmekiHi. Avoc Pr, de
(Bibliotb. de l'Artenal, B. L. 1 1800. — Biblioth. de M. le baron James de RistiMchild. — Ce dernier eiemplaire porte la date du |o Juin , mala Tadrewe du libraire n'a pas été cbangéc.)
LETTRE EN VERS A BÎADAME
[Pai Chailis robinet.]
Du 36. Juin 1666.
Je sens une certaine Joye Où mon coeur doucement se noyé , Et , ce me semble , tout me rit.
Je ne vm rien en la Nature Qui ne chatouille mon Esprit Air une diarmante Peinture.
Les Jeux & les Ris pour me plaire Dansent à Tentour de ma Chaire Avec mille jeunes Amours , Et je croi voir tout le Parnasse Qui vient mêler à mes Discours Ce qu'il a d'attrais & de grâce.
Oui , je sens qu'il me coule en l'Ame La noble & la divine Flame Qui fût parler commis les Dieux , Et c'est pour sa Royale Altesse Que tout seconde ainsi mes Voeux Et • comme à l'envi , me carresse.
Sus donc , ancre , papier & plume , Et » continuant le Volume Que pour Elle nous composons , Parcourons viste maint Mémoire Et prudemment nouvellisons , Si d'un sage Ecrivain nous désirons la gloire.
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i38. -*r 4)u d6. Juin i66&Jl^uHn).
\ ^ Les Amoloui s'ioscrivent exa ùlvol K Xouduuit Io^Çhoc qui sur les Flotz Fit n'aguéres tant de vacarme Et mît dans4%49rniérf aUiMme X«cs Pêujdci^ âk£?nu^ 4^ I>etitii
30 Qui sont les Hâtes de Thetis ; Et , comme ils racontent la chose , Non en Vers mab en franche Prose, Us sont Batans & qon Batus , Et Vainqueurs! bref, ft non VaiAàis.
ic Quoi qu il en soit , il est notoire Ôo'aimafù. topt & to us ôAt'ftif certes leur pouvoir Pendant quatre jours pour l'avoir Et qu'on ne sçaunut mieux combat-
40 Ce qui smt dit sans rien rabatre[tre, De la goire des Hol41cdois , Qui, sans doute, ont fût des Explois D'une Bravoure sans seconde , Ou que le Déarinmà confende. - •
45 Mais , sans qu'on me démente Id , Je puis bien dire un mot.ausu :
Qtrayans dedans cette occuJrtfnce Pour eux le Démon de la Francs Et la Fortune de Louis,
50 Par qui nos yeux sont éblouis , Ils estojent seurs de leur Affoire Et qu'ils ne pouvoient pas mc{ips
[ffure.
Entre nos François belliqueux Qui combatirent avec eux
55 Le Renom publie & remarque Avec soin deux Héros de marque , Sçavoir : de Guiche & Monaco ; Et, luy servant ici d'Echo , Je répète que ces Illustres ,
60 Qui n'ont pas à tous deux dix lus- Se sauvèrent gaillardement [très , De l'éfroyable Embrasement [ble DuVaisseau qu'ils montoyent ensem- (Y pensant, ba I pour eux j'en trem-
65 Et , remontans sur I'Amiral » [ble)', Firent dans ce Conflit Naval Derechef mille autres merveilles Que l'on dit estre nom-pareilles.
Mais cela ne me surprend point •
70 Et je rêve sur un seul point , Recherchans avecque soin comme (Pour vous dire la chose en somme] Ib ont pu du Feu se sauver Et par un Esquif l'esquiver,
75 Car ils sont tout de Feu dans l'ame
Et leur Sleoient «'fit te Flnw
Le Di^: de BBAOfOBi:. 09»
Les Flots de tùa$,çq$ft^ mÀm
. Pour rencoptrer agam mk Vl^
80 (Car c'est vraiment toute sa |0] Que de signaler ion grand ooe II. eut , ce dit-on , le boa-heuç Die tomber sur plusieurs Pirtui Aussi maudits cme des Pilâtes ,
85 Et les chargea amèrement Que presques au n^bpe momc Il en fit , dont Je suis bien aise Couler sous l'Onde quinxe 00 Si ce n'est pas autant dejrais,
90 Comme on dit , sur les Ennea C'est tout au moins autant de , En ce cas-là pour eux soufEero
Pour varier un peu nos Ton Il est bod que nous racontions
95 Que , dans le temps de ces Bal Qui causoyent maintes Funén Il se fit un Combat aussi , Mais d'une autre manière , id , Car il se pasjsa sans occire
100 Et le conte çn peut faire rire.
Deux Hommes a Soutane , épm Des apjpas d'une jeune lus , Laquelle estoit Pensionnaire Depuis peu dans un Monastfn
105 S'estans rencontrez au Parioir Où chacun d'eux aUoit la v(nr, En suite de quelques œillades Qui n'estpyent pas de Caman Ils se dirent certains gros moo
1 10 Selon le Stile des Rivaux ; Des mots , sans respect de la 1 Ils poussent si bien leur Quer Qu ils en viennent aux coups «
Qu'ils tirent à brule-Pouipomt 1 15 Ou, pourmieux dire, à bniIe-Ti Chacun enfin, l'autre vous 00^ C'est , sans mentir, si bien & i Qu'ils se font saigner le Muie Et d'une façon tres-peu saine 120 Ensanglantent ainsi la Scène, Sans qu'aucun des deux ait ip Que , tout ressentiment à part Quoi que l'on fasse & que l'oo
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i38. -» Du 26: Juin 1666 (Robinkt).
On exempte la Comédie
35 De ces rouges effusions Qui font de tristes Visions.
M«is tel enfin dans leur Castille Fut ce beau Combat à la Grille , Qui méritoit bien tout de bon
>o Que j*en fisse aussi mention.
LutfDY DBaNiSR, mourut luy-m£me, Maigre & sec comme le CARàicE ,
• De son mal & de ses vieux ans , Le Marquis d*Anton , sans enfans,
il5 Neveu , digne qu'on le regrette , De Jan Louis de la Valette , Oncle allié , dés plus d'un an »
A la charmante Montespan , Qui, plus brillante que l'Aurore ,
140 Brûle tout & ne fidt qu'édore.
Le Défunt , avant qu expirer, Et je puis vous en asseurer.
Choisit sa Demeure Funèbre Au Convent Royal & célèbre
145 Des Filles Saihte Eusabeth , Dont le renom est pur & netl Là , comme Fondateur illustre , Dans le beau milieu du Ballustre , Il sera sans doute inhumé
150 Et de tout chacun estimé
Comme un Homme de grand méri- Jusqu'à ce oue tout resuscite, [te , Voicy, de plus , ce oue j'en tiens D'un de mes Amis À des siens ,
155 Qu'on conétroit à son Paraphe S'il estoit à cet EprrAPHS :
C^ git en plomb » sans dire mot , Un des petits Neveux de l'ancien Pape Got »
Galant Homme de sa Personne , De Monpensier & Guise honorable Parent,
Eft de la Maison Espemonne ; Et , si les dignitez ne l'ont pas fait plus grand , C'est que le dernier Duc , clont si tard il hérite ,
En sa Vieillesse décrépite
Assez mal obligeant » dit-on , N'a jamais fidt un pas pour en mourir plus vîte
En £Eiveur du Marquis d'Anton.
Ce Lundy qu'il perdit la vie , Soit ou'il en eust ou non envie ,
70 Les chers Vivans de nostre Cour, Dans son riant & beau Séjour, Firent une agréable Feste De Tournois & Courses de Teste , Où maints Seigneurs » en bel arroy.
75 Marchans sur les traces du Rot Et de Monsieur l'Unique Frère , Dont la grâce est si singulière , Se signalèrent à qui mieux , En présence de cent beaux Yeux ,
ilo Entre lesquels ceux de la Reyne , Cette admirable Souveraine , Brilloyent ainsi (jue nompareils Et comme deux jeunes Soleils.
Le lendemain , cette HéroIne , •5 Qui nous parét toute divine , A son tour voulut se mesler
De traiter & de régaler.
Et l'on n'a jamais vu s'^ prendre Plus galamment , ni nueux l'enten-
[dre.
190 Les Couvers , jusqu'à trente-six , Etoyent agréablement mis Dans une Sale de Feuillages Où les Zéphirs , ces chers Voilages , Vinrent répandre les Odeurs
195 Qu'en baisant mille & mille Fleurs Ils leur avoyent exprés pillées Pour en parfumer les Allées , dn Ftut
Et sur tout celle où le Banquet Au plaisir des cinq Sens Ait fait ,
200 Que l'on appelle la Rovale , Comme n'ayant point là d'égale.
Le Dieu du Jour ayant pour lors Ailleurs porté ses clairs Trésors , Car il étoit nuit toute entière ,
ao5 On veid renaître la Lumière Par des Lustres en quantité
Ptra
i38. — Du 26. Juin 1666 (Robinbt].
Et qui fiEtiftoyent , en vérité , Un effet parmi la Verdure Qui surpasse toute Peinture.
a 10 Quoi plus? par un innocent dol Us déceurent le Rossisnol , Qui , croyant que ce tut l'Aurore Et le Jour qui venoit d'éclore , Y vint luy donner le Salut
215 Par son gosier plus doux qu'un Luth, Et dont les Accords font la nique A la plus charmante Musique.
Louis étoit m capite Prés de la jeune Majesté ,
aao C'est une chose assez croyable ; Le plus prés d'eux étoyent à Table Mahamb & Monsieur , son Epous , C'est ce qu'aussi vous croirez tous ; Et dans le reste de l'espace
225 Les Illustebs avoyent leur place , J'entends du Sexe féminin , Dont je prendrois plaisir enfin De vous faire le Catalogue, Mais je s6is ^obé par un Dogue
a>oSi j'en vois nensur le papier Qui de nôtre Cour me vint hier :
Dont je murmure, dont je grogne , Mais en vain ; terminons b^ogne.
Le Rot, dans un salon t
235 Fit de même un Galand C
La Nuit du vingt-trois au v
Mais, le Lecteur me dût-il b
Je ne lui peux exagérer
Comme il lepourroit désir
240 Ledit beau Nocturne R^
Qui fut » sans doute , à la 1
Car le Correspondant d'Ul
Sur ce serre si fort le Bec •
Ainsi que sur mainte autre
245 Qu'à la Muse c'est Lettre <
La Reyne M£rb des Ahg Qui , je l'ay dit déjii cent fi Est des Princesses le Mod^ Jeudy, vint signaler son Zi
250 Chez les Nones de CsAUcn Mais ajoutons encor un me Que ce Prédicateur habile Pour le Débit de TEvangiu Le P^VLE François , Adgusti
255 Qu'un assez elorieux Derà Couvre déjà d'un fort beau Fit encor devant son Balliu Un Sermon beaucoup appl Aussi vrai que je vous le di
260 Allez vous faire , allez , viste presser les Côtes ,
Mes petits chiens de Vermisseaux ;
Mais que les Imprimeurs vous impriment sans fautes ,
Car vous n'estes déjà , par ma foy , pas trop beaux.
En suite vous irez , sans tarder davantage , 265 Rendre à vôtre Princesse hommage ,
Et , si vous me demandez où , Ce sera , coihme je le pense , En son beau Palais de Saint Clou
Qui jouit dçpuis hier de sa chère Présence.
270 Je fis ceci , sans nul hahan ,
Le lendemain de la Saint Jean , Jour, ainsi que la Veille , où volantes Fusées Prirent en quantité vers le Ciel leurs visées.
jf Paris, Cke^ F. Muguêt, ruê de la Harpe, aux Trois Rois, Avec Privilège du Rey.
(Biblioth. Nat. Lc>, 22. Rés. — Bibliotfa. MaxariBC,a9
Biblioth. de l'Arsenal, B. L. Ii8«