‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 50 sur 317 · Du 3o. May 1666. — A S. A · texte numérisé non relu

Du 3o. May 1666. — A S. A

M"^ Là Duchesse de Nemours. — Le gazetier proteste contre les fautes d'impression. — Un sieur Tresfel fabrique de l'or potable. — L'infante fiancée à l'empereur quitte l'Espagne pour se rendre à Vienne. — Le duc de Savoie envoie au roi le comte de Piozasque pour lui notifier la naissance de son fils. — Le comte Gaspard Scotti porte au roi les compliments de condoléance du prince de Parme au sujet de la mort d'Anne d'Autriche. — Le roi donne à l'ambassadeur de Savoie un service d'argenterie. — Charlotte de Harlay est sacrée abbesse de Sainte-Perrine. — Abjuration de M"* Le Fort. Sermon de Jacques Séguier de La Verrière , évêque de Lombez. — Départ du roi pour Fontainebleau. — Retour de Mademoiselle à la cour. — Le duc de Chaulnes part pour son ambassade de Rome. — Aventure d'un charretier qui vend à la livre son foin , sa voiture et ses chevaux. (Mayolas.)

xuv

Table Analttiqub.

Î résente le comte de La Marck. *^ [enriette de France vient à Fontainebleau. — L'archevêque de Paris visite son diocèse. — Le marquis de Grignan épouse M'* du Puy-du-Fou.

— Le roi reçoit "m. Baguani , envoyé de Mantoue , le baron de Lerode , envoyé du duc de Neubourg et M. de Meins , envoyé de Saxe. — Préparatifs que fait le cardinal Flavio Chigi pour aller complimenter l'impératrice comme léçat du pape. — Les personnages désignés par la République de Gênes pour remplir cette mission se récusent les uns après les autres.

— Arrivée du duc et de la duchesse de Chaulnes à Avignon. — Le roi

1>asse en revue' les gardes-du-corps , es gendarmes et les mousquetaires.

— Victoire navale remportée par les Hollandais sur les Anglais. — La duchesse de Nemours se fait saigner.

(Mayolas.)

i35. — Du 20. Juin 1666. — A Madame.

— Combat naval entre les Hollandais et les Anglais. — ^ Le roi de Pologne fortifie Varsovie et veut y instaBer la reine. — Siège de Candie- Neuve par les Vénitiens. — L'empereur se prépare à recevoir l'impératrice. — Le cardinal Flavio Chigi est chargé, comn^e légat du Pape, de complimenter l'impératrice au passage. — Le gouverneur du Milanais se prépare également à l'aller féliciter au débarquement. — Henriette de France , de retour à Paris , visite le couvent de Chaillot. Sermon du P. François. — La cour célèbre la fête de la Pentecôte. Sermon du P. Mascaron. — Réception du duc et de la duchesse de Chaulnes par le vice-légat d'Avignon. — On apprend

aue les Hollandais ont été victorieux ans le combat naval. — Histoire

d'une servante qui se fait passer pour une grande dame et réussit à épouser un marquis. (Robinet.)

i36. — Du 24. Juin 1666. — A Mgr.

LE Dauphin. — Le gazetier répond aux attaques dont il est l'objet de la part du rédacteur de la gazette en

Erose. — Combat naval entre les [oUandais et les Anglais. Victoire des Hollandais. — Les Anglais échouent dans une attaque dirigée contre les Français dans l'île Saint-Christophe.

. (SUBUONY.)

i37. — Du 27. Juin 1666. — AS. A.

M"'" LA DucHBssB DE Nbmours. — On prépare à Moret le simulacre d'un siège pour le divertissement de la reine. — Victoire navale remportée

Kr les Hollandais sur les Anglais. — roi consent à faire la paix avec les Algériens. — L'abbé de Coislin est sacré évêque d'Orléans. — Le roi prend part à un carrousel. — La reine offre une collation au roi et à la cour. (Mayolas.)

i38. — Du 26. Juin 1666. — A Madame.

— Les Anglais contestent la victoire aux Hollandais et prétendent que l'avantage leur est resté. — MM. de GuiChe et de Monaco prennent part au combat naval. — Le duc de Beaufort coule plusieurs corsaires anglais. — Bataille entre deux abbés épris d'une religieuse. — Mort du marquis d'An thon, oncle par alliance de la marquise de Montespan. Son épitaphe. — Fêtes à la cour. — La reine offre une collation au roi et aux princes. — Autre collation offerte par le roi. — Henriette de Francie va au couvent de Chaillot. Sermon du P. François. (Robinet.)

FIN DE LA table ANALYTIQUE DU TOME PREMIER.

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

[Par la CRAVETTE ob MAYOLAS. ]

Du 25. May i665.

Source d'esprit & de sagesse , Merveilleuze oc Grande Princesse , Superbe Ornement de nos jours , Belle & parfaite de Nemours , 5 Sans plus consulter je m'adresse A vôtre incomparable Altesse Pour vous déclarer le regret Que j*ay de la mort de Loret , Et vous donner, s'il m'est possible,

lo Après cette perte sensible , Un peu dé récréation Ou quelque consolation.

Etant son amy plus fidelle; Il me dit d'imiter son zélé ,

13 Et l'ay crû qu'après son trépas Je devois marcher sur ses pas.

On verra, sçachant bien le suivre , Dans mes œuvres Lorbt revivre, Et , peut-être, direz- vous bien

20 Qu'en m'ayant vous ne perdez rien.

Au temps qu'il ocupoit ses veilles A chanter vos rares merveilles , Vos vertus & vos agrémens , J'avois tous ces beaux sentimens ,

35 Mais ne pouvant, avec justice , Vous ofrir alors mon service , Je conservois toujours en moy Le dézir de son mesme Employ.

D'une manière aussi galante ,

30 Respectueuze & diligente

Je sçaurav peindre dans mes Vers Le prix die vos charmes divers.

Je sçay que vôtre belle vie , Qui ferme les yeux à l'Envie ,

35 Exprime vos perfections

Sans le secours de nos Crayons , Mais , comme votre modestie Nous en dérobe une partie , Il est bien juste de parler

40 De ce qu'elle voudroit celer.

Ce qui me charme & qui m'anime Est ce respect et cette estime Que vos bontez & yos grandeurs Inspirent aux plus nobles cœur^ ;

45 11 n'est point ae lieu dans le Monde, Ny sur la Terre, ny sur l'Onde Où, sur les aîles du Renom , Mon soin ne porte vôtre nom ; Les plus Grands Rois, les plus

[Grands Princes,

50 Les Républiques, les Provinces De mes Lettres verront le cours A la duchesse de Nemours.

Et que les Filles de Mémoire Elèvent un Temple à sa gloire,

55 Où leur juste et docte pinceau Formera son divin Tableau , Pour moy, tout le bien que j'espérc Ce n'est que l'honneur de vous Je borne mon contentement [plaire;

60 A vôtre divertissement , ' Et, le trouvant dans les Nouvelles, J'en vay raconter des plus belles.

Nôtre invincible Potentat, Qui sçay bien régir son État , 65 Le Roy le plus charmant du Monde, Qu'en pouvoir aucun ne seconde.

Non plus qu'en belles qualitez , Fait voir ses assidu itez A travailler avec constance A métré un si bon ordre en France Que l'on rendra dans peu de temps Toute sorte de Gens cojitens.

Aux Indes l'utile Commerce, Qui par ses Loix toujours s'exerce, Ayant des prudens Directeurs Et des fidèles Conducteurs ,

i. — Du 25. May i665 (Mayolas).

De bons Matelots, de bons Drôles, Nous produira forces pistoles , Et nous reviendrons trionfans

80 Malgré la tempête & les vents.

La Reine avec la Reine-Mérb , Selon leur coutume ordinére, Montrent par-tout leur piété Et sont en très-bonne santé ,

85 Ainsi que Monsieur & Madame, Qui ressentirent dans leur ame Des contentemens inouis D'avoir traité le Grand Louis Un des jours de l'autre semaine ,

90 Prés du rivage de la Seine,

A Saint-Clou, dans leur beau Palais, D'où le bon air ne sort jamais.

Mademoizelle , revenue Du Comté d'Eu, s'êtant rendue

95 Dans ce magnifique séjour, Acrût la pompe de la cour.

Le généreux Duc de Savoye , Avec son grand excez de joye , A receu depuis quelques jours 100 Mademoizelle de Nemours, A qui , d'une façon galante Et d'une manière obligeante , Il témoigna que ses Etats Etoient bien peu pour ses apas.

ÏÏrSoux?* Ded'Aojsle docte & sage Evesque, 'Qui mérite d'être Archévesque, Avec justice, avec raizon.

Reçoit l'Evèzhé de Mâcon , Dont chacun dans ce diocéze

1 10 A témoigné d'être bien aize, Rencontrant dans ce Successeur L'éloquence, esprit et douceur Du sçavant et pieux Lingendes, Dont les vertus nobles et grandes,

1 15 De ^ui l'on fit beaucoup d'état.

Revivent en ce grand Irélat.

Par une avanture fatale , Par une rigueur sans égale Des trois Déesses aux yeux noirs 120 Qui cauzent mille dézespoirs , Gcpi. Blouin, fort adroit et fort sage, ^^ Dans le port mesme a fait naufrage, MfiiM. Et, par Fessor de chevaux neufs , EfÉirouchez & trop fougueux 125 Voyant emporter son carosse.

De crainte de trouver sa fosse

S'étant jeté vîte dehors ,

Il a pris le chemin des morts.

De Naples certaine écriture 130 Nous fait une triste peinture Des tremblemens injurieux Arivez auprès de ces lieux.

Outre ce tremblement de terre , Que Ton craint plus que le tonnerre, 135 ftés de Monte-Santo Ton dit Que du haut du Ciel décendit Une poudre fort rubiconde , Qui nt frayeur à tout le monde ; En forme de pluye elle êtoit , 140 Et chacun s'en épouvantoit; Ces accidents sont des prézages Qui nous exhortent d'être sages.

Le Noble Marquis de Sourdis, Qui par ses vertus en vaut dix

145 Et dont la Personne est trés-chére , Etant du Roy le Commissaire, A receu dans les Cordeliers, Ces jours passez, cinq Chevaliers Du grand Saint-Michel portant

[rOrdre,

150 Où nul ne peut trouver à mordre, J'en puis bien jurer, sur ma foy.

Puis qu'ils ont eu l'aveu du Roy.

Comme tous les jours on découvre Pour l'embélissement du Louvre

155 Des gens fort expérimentez Pour en acroître les beautez , Le Chevalier Berning, rare Homme, Dont on fait tant d'estime à Rome, D'Italie en France est venu ;

160 Son soin sera bien reconnu , Ayant eu déjà mainte marque Des bontez de nôtre Monarque.

Jeunes Mars, courageux Guer- Couronnez de mille lauriers [riers,

165 Dans maint combat, mainte victoire.

On vient partager vôtre gloire.

Et le beau Sexe ne veut pas La laisser toute à vôtre bras.

Deux dames de fort bonne mine,

170 Ainsi que de bonne origine , Ayans eu quelque démêlé Qui leurs deux cœurs avoit brouillé.

L'une des deux , dans sa colère Recherchant à se satisfaire

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