‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 72 sur 317 · Du 27. Juin i665 (Mayoias · texte numérisé non relu

Du 27. Juin i665 (Mayoias

Pour, la yeille de la Saint-Jean ,

180 Faire un Feu comme on fait chaque Les curieux & curieuzes , [an.

Les précieux & précieuzes , Les mortelles & les mortels , Quitans leur chambre & leurs hôtels,

185 Sans crainte en Grève se rendirent Et dans la place s'êpandirent Depuis le haut jusques-en-bas , Aux boutiques , aux galetas , Et le Valet comme le Maître

i9oOcupoit lucarne & fenêtre.

Tout Paris , pour le dit Feu voir, Y courut vite sur le soir.

Le Gouverneur de cette Ville , Brave, fameux, prudent, habille,

195 L'illustre Maréchal d'Auraont , Dont cent lauriers couvrent le front, Dont la parfaite Maréchale A ses vertus se trouve égale , Dont les admirables Enfans Marchent sur ses pas trionfans Et, par leurs actions insignes, jtl^ De leur Tige se font voir dignes , Ce Héros aluma le Feu Sans tarder beaucoup ny trop peu.

105 En la manière acoûtumée La figure étant enfiâmée , Dans la vaste pleine des airs Sema le bruit & les éclairs , Où mille Aizées volantes

sioJusques aux nues presque errantes, Sembloient aller joindre leurs feux A ces beaux Astres lumineux

ILlt

Et , dans leur étonnant ramage , Tenir cet aimable langi^e :

215 « Admirez & louez , François , » Louis, le plus Grand de nos Rois ! » Les fanfares & les Trompettes , Touchans diverses Chansonnettes , Nonobstant le bruit des petars ,

220 Raizonnérent de toutes parts ; L'on y goûta tout le déuce Que aonne un beau Feu d'artifice , Et dont l'Ingénieur Galand Fut loué de chaque assistant ,

225 Qui satisfais s'en retournèrent [rent. Et dans leurs draps blancs se couché-

Le plus grand de nos Souverains,

Aimé des Dieux et des Humains ,

Avec la Rbinb qu'on adore , 230 Et Monsieur, son cher Frère, encore,

Fut à Versailles , Mercredy ;

Il y passa tout le Jeudy

Pour prendre les plaizu's aimables

Et les délices agréables 235 Qu'on rencontre en cette saizon

Dans cette charmante Maizon.

Princesse d'excélent Génie , Il est tard ; ma Lettre est finie.

Ne s^achant plus rien de nouveau , 240 De divertissant ny de beau

Pour plaire à vôtre Esprit sublime , Je quite pour huit jours la Rime.

Le vingt & sept du mois de Juin De mon Epître a vu la fin.

A Paris , CJU^ Chërlm Ckenanlt , Iwtp. et Ub,, Au bout du Poui S. Michel, à l'enirie dé la nu iU la Hukem, aux Armts du Roy, Avec Privilège de S. M.

(Biblioth. de l'ArMnal, B. L. 1 1800.)

[Par Charlis ROBINET.]

Du 28. Juin i665.

Voici , Muze , voici le Jour Qull te faut aller à la Cour

Et parétre dans le Balustrb D'une Héroïne toute illustre»

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