Du 19. Juillet i665 (Botosauit
Il est venu lettres de Nantes Qui ne sont pas si surprenantes
195 Et qui causent moins de chagrin.
Le tres-pieux Duc Mazarin , Qu'on révère en cette contrée , Y fit Dimanche son Entrée.
Ce n'estoit que Feux, que Canons/
100 Que Fifres , Tambours & Clairons , Qu*eschafaux , que monceaux de
[monde ; Et du Duc à Perruque blonde Tous les Bretons disoient du bien , Sur tout qu'il estoit bon Chrestien ,
105 Que Dieu béniroit la Province A qui Louis ^ ce fameux Prince , Avoit voulu faire l'honneur De choisir un tel Gouverneur.
On attend dans la mesme Ville
5LUn antre Duc , non moins habile ;
Il doit présider aux Estats ;
On croit qu'il ne manquera {mu ,
Au plus tard dans cette Semaine .
Ër dût il consentir à peine ^ t mesme en avoir du chagrin) De tascher à gagner chemin.
Nostre Grand Roy, qui du mérite Fait une estime non petite , En remarquant un singulier Dans l'habile Abbé Le Tellier , En a fait choix pour estre Evesque ; Si l'on s'informe pourquoy, c'est L'Abbé qu'il a daigné choisir [que Est un Abbé fait à plaisir :
225 Des grands Docteurs il suit la piste, Presche comme un Evangeliste , Est autant zélé que S. Paul , Ne souffre ny fraude ny dol ,
On tient que le Roy de Pologne Lay prépare assez de besogne ;
195 Son accord ne se fera pas , A moins que Messieurs ses Soldats.
Qui font un degast effroyable , Ne soient tous envoyez au Diable.
Vingt mille Tartares choisis ,
MO Qui de fureur sont tous saisis, Sont ravis d'épouser la Noise De sa Majesté Polonoise , Et l'on espère que dans peu Lubomirski verra beau jeu.
105 Durant l'embarras de l'Empire , Ladite Pologne désire Que son Roy choisisse un Appuy I\3ur remplir son Trosne après luy ; Je voudrois pouvoir dire comme
210 Ce futur Successeur se nomme ; Mais on n'en sçait rien jusqu'icy , Et je n'en diray rien aussi.
On mande de Vienne en Autriche Que la mort veut tout mettre en
[friche ; ii5Celuy qui tient le premier rang a- A presque perdu tout son sang.
^ Comme il sçait que la mort attrape Le Roy, l'Empereur & le Pape , Et que la traitresse qu'elle est 120 Les attrape quand il luy plaist,
Le p.
Charles
Le Malade dont je vous parle , (Tant pour le bien du Pnnce Charle Que pour celuy de son Estât) Ne veut pas mourir intestat.
335 En épousant sa sœur aisnée Assez bien conditionnée , Il déclare le Prince tel Son Héritier universel , Mais le futur Deffunt espère
230 Que ledit Prince , futur Père Des futurs Enfants qu'il fera (Qu'il en naisse tant qu'il pourra ; Que l'Epoux avec son Epouse Au lieu de quatre en fasse douze I
235 Par son Testament sur ce point L'Empereur ne s'explique point) ; Ledit Sieur futur Deffunt , dis-je , Prétend que le Prince s'oblige D'hériter aussi de son Nom
240 Et des Armes de sa Maison.
De plus , sa Majesté mourante , Par une bonté surprenante Sollicite les Electeurs De s'en rendre les Protecteurs ,
245 Et , pour faire encor davantage Le recommande à leur suffrage , Les priant de donner les mains Pour le faire Roy des Romains , Qu'au reste , s'ils font cette grâce
250 Au Prince qu'il fait de sa Race,
t9- -^ Du 19. Juillet i665 (Boursault).
Et sçavant, profond & sublime , 230 Enfin tout le monde l'estime ,
Et l'on ne se plaindra jamais De le voir Evesque de Mets.