‹ Lettres éorites à un provincialChapitre 17 sur 98 · MÉPRIS DES SAINTS PÈRES · texte numérisé non relu

MÉPRIS DES SAINTS PÈRES

Robadilla, Simancha, Perez de Lara, Aldretta, Lorca, de Scarcia^ Quaranta, Scophra, Pedrezza, Cabrczza, Bisbe, Dias, deClavasio, Villagut, Adam à Manden, Iribarne, Binsfeld, Volfangi à Vorberg, Vosthery , Strevesdorf. O mon. père! lui dis- je tout effrayé, tous ces gens-là étaient-ils chrétiens? Comment, chrétiens! me répondit-il. Ne vous disais-je pas que ce sont les seuls par lesquels nous gouvernons aujourd'hui la chrétienté? Cela me fit pitié ; mais je ne lui en témoignai rien , et lui demandai seulement si tous ces auteigrs^là.étaient jésuites. Non , me dit-il , mais 11 n'importe ;• ils n'ont pas laissé de dire de bonnes choses, Cp n'est pas que la plupart ne les aient prises ou imitées des nôtrçs ; mais nous ne nous piquons pas d'honneur, outre qu'ils citent nos pères à toute heure et avec éloge.. Voyez Diana , qui n'est pas de notre Société; quand il parle de Vasquez, il l'appelle lephénix des esprits. Et quelquefois il dit « que Vasquez seul lui « est autant que tout le reste des hommes ensemble ins- « tar omnium. » Aussi tous nos pères se servent fort souvent de ee boa Diana ; car si vous entendez bien notre doctrine de la probabilité , vous verrez que cela n'y fait rien. Au contraire , nous ayons biçn voulu que d'autres que les . jésuites puissent rendre leurs opinions probables, afin qu'on ne puisse pas nous les imputer toutes. Et ainsi , quand quelque auteur que ce soit en a avancé une , nous avons droit de la prendre , si nous le voulons , par la doctrine des opinions probables ; et nous n'en sommes pas les garants, quand Fauteur n'est pas de notrç corps. J'entends tout cela , lui dis-je. Je vois bien par là que tout est bien venu chez vous, hormis les anciens Pères, et que vous êtes les maîtres de la campagne. Vous n'avez plus qu'à courir.

*6 ClftQUfÈME LETTRE.

Ma» Je prévois trois ou quatre grands Inconvénient» , «t de puissantes barrières qui s'opposeront à votre course. Et quoi? me dit le père tout étonné. Cest, lui répoodisje , l' Écriture sainte, les papes et les conciles, que vous ne pouvez démentir, et qui sont tous dans la voie unique de l'Évangile. Est-ce là tout? me dit-il. Vous m'avez fait peur. Croyez-vous qu'une chose si visible n'ait pas été prévue T et que nous n'y ayons pas pourvu? Vraiment je vous admire, de penser que nous soyons opposés à l'Écriture y aux papes ou aux conciles ! Il faut que je vous éelaircisse du contraire. Je serais bien marri que vous crussiez que nous manquons à ce que nous leur devons. Vous avez sans doute pris cette pensée de quelques opinions de no* père» qui paraissent choquer leurs décisions , quoique cela ne soit pas. Mais , pour en entendre l'accord, il faudrait avoir plus de loisir» Je souhaite que vous ne demeuriez pas mal édifié de nous. Si vous voulez que nous nous revoyions demain , je vous en donnerai l'éclaircissement.

Voilà la fin de cette conférence , qui sera celle de cet entretien ; aussi en voilà bien assez pour une lettre. Je m'assure que vous en serez satisfait en attendant la suite. Je suis, etc.

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