MUR.AT A PALISSOT DE MONTENOY
8 oclobre 1809.
A monsieur Palissol \ homme de letires, à Paris. Monsieur Palissot, j'ai reçu l'édition complète que vous m'avez
' Le général Jean-Baptiste Broussier, après s'être, suivant l'expression même de l'Empereur « couvert de gloire à Wagram » avait été créé comte de l'Empire et grand-officier de la Légion d'honneur.
- La lettre originale de Murât à Palissot de Monteuoy figure dans le catalogue Charavay, n" 2(S4, janvier-février 1898, n° 41681.
' Charles Palissot de Montcnoy, critique et auteur dramatique, membre de
adressée de vos œuvres. Je vous en remercie. Eu faisant ainsi vos adieux aux lettres, vous prouvez que vous pourriez les cultiver longtemps encore avec succès; c'est vouloir laisser des regrets aux Muses. Le plaisir que m'a px'ocuré la lecture de vos ouvrages vous donne de nouveaux droits à mes remerciements.
Arcliives du prince Murât. R. XIV, p. ÂOô.
Porlici, 8 octobre 1800.
A M. le minisire de la Marine et des colonies en France.
Monsieur le ministre, j'ai reçu dans le temps, l'exemplaire que vous m'avez adressé, au nom de l'Empereur, du voyage entrepris par le contre-amiral d'Entrecastcaux ' à la recherche de la Pérouse. Je vous prie d'agréer mes remerciements. J'ai lu avec un grand intérêt le récit de ces courses lointaines qui, en remplissant un devoir d'humanité et de reconnaissance, ont servi aux progrès des sciences.
Archives du prince Murât. R. XIV, p. 406
4569. — MURAT A SALICETI *
8 octobre 1809.
Monsieur le ministre, je vous envoie quelques lettres qui peuvent mériter quelqu'intérêt; prenez-en connaissance et envoyez-les moi avec l'extrait de ce qu'elles peuvent contenir d'important.
Archives du prince Murât. R. XVI, p. 181.
l'Institut, né à Nancy le 3 janvier 1730, mort à Paris le 5 juin 1814. Une nouvelle édition de ses œuvres complètes venait d'être publiée en 1809 à Paris, chez Léopold Collin, 6 vol. in-8".
' Joseph-.Antoine Bruni d'Entrecastcaux, né à Aix, mort le 20 juillet 1793. Son Voyage à la recherche de La Pérouse, n rédigé par AI. Rossel i , venait d'être imprimé à Paris, par l'Imprimerie impériale.
^ L'ambassadeur de France, d'Aubusson, dans ses rapports à Ghampagnj , Van Dedem, dans ses Mémoires (p. 133), se plaignent de l'existence à Xaples de plusieurs polices occultes, indépendantes de celle que dirigeait Saliceti, et soudoyées par le Roi. « Il n'y eut plus, écrit Van Dedem, aucune sûreté pour les lettres, elles furent ouvertes avec une publicité indécente... S'en plaindre était un crime et le Roi avait peine à pardonner pareille réclamation, t
4570. — MURAT A SALICETI
0 oclobre 1809.
Au ministre de la Police.
Monsieur le ministre, j'apprends que quelques commandants militaires se permettent, sous prétexte de haute-police, de violer le secret des lettres; témoignez-leur mon mécontentement et faitesleur connaître que je désapprouve fort une semblable conduite. Le secret des lettres est inviolable, et personne n'a le droit de s'écarter de ce principe, généralement reconnu chez toutes les puissances policées. La même défense doit être faite aux intendants des provinces qui doivent vous faire connaître les soupçons qu'ils pourraient avoir sur telle ou telle correspondance.
Archives du prince Murat. R. XVI, p. 181.
4571. — MIRAT AU iM.^RECHAL BERTHIER
Portici, le 9 octobre 1809.
A S.A. S. le Prince major général de la Grande Armée.
Mon Cousin, S. M. a nommé colonel eu second le major Tevenez. Cet ofOcier, plein de reconnaissance pour cette faveur de l'Empereur, en sollicite une nouvelle qui le mette plus à même de mieux servir S. M.. La place de colonel en second est à peu près inutile et ne lui donne rien à faire, il sollicite donc d'être appelé à la Grande-Armée et d'y obtenir le commandement d'un régiment. Cet ofGcier m'a paru réunir toutes les connaissances nécessaires pour bien remplir les fonctions de ce grade; je prie V. A. S. de présenter son vœu à l'Empereur et de l'appuyer de votre crédit.
Archives du prince Murat. K. XIV, p. 406.
4572. — MURAT A NAPOLEOX
Portici, le 10 oclobre 1809.
Sire, Je m'empresse d'adresser à Votre Majesté le rapport que je reçois
de la Sicile et les imprimés qui ont été jetés dans le Royaume; tout l'envoi a été saisi. Tout porte à croire que les Anglais ont envoyé du monde en Espagne. Le général Stuarl s'est déclaré colonel des brigands enrégimentés, il voudiait remplacer les troupes parties.
Le bruit que la paix avait été signée s'est répandu hier à Naples, à la suite des dépêches adressées à l'envoyé de Votre ^Lljesté, le s' Tassoni. Cependant la malveillance agit activement. Xous avons arrêté à la poste des lettres adressées dans dil'férentes villes du Royaume, portant que les Anglais s'étaient emparés de Madrid et de Barcelone, qu'il y avait eu une insurrection à Paris, qu'on y avait créé un consul, que V^otre ALijesté était dangereusement malade, que j'avais fait consulter tous les médecins de Xaples, etc.. Les auteurs de ces lettres seront arrêtés et on eu fera bonne justice. Une lettre dans ce sens nous est arrivée de Manloue. La nomination de Melzi a fait parler et donne lieu à bien des conjectures, ainsi que la création de votre ordre des Trois Toisons d'or, et l'ordre de V. M. portant que les légionnaires italiens seront payés comme les Français. On en conclut la réunion; Tassoni est de cet avis.
Le brigandage est détruit, et la conscription va on ne peut pas mieux. Les trois nouveaux régiments seront au complet de deux n)ille hommes chacun dans le courant du mois.
La tianquillité est parfaite; le général MioUis m'a annoncé avoir détruit de son côté le peu de brigands qui s'étaient montrés dans vos États Romains. Je lui ai adressé un état de quelques personnes qu'il est prudent d'éloigner de Rome.
Je suis de \ . M
Guerre.
4573. — AILÎRAT AU GKXIÎRAL DAVEXAV '
10 octobre 1809.
A monsieur h général Davenay, à Trén'se. Monsieur le général, ce sera avec un vrai plaisir que je vous
' Rioiilt-Davcnay (.Arclianc[o-Louis), né à Cacn (Calvados) le 21 novembre 1768, soiis-lieutcnaut au régiment Royal-Xormandie cavalerie le 22 juin 1786, capitaine le 14 novembre 1792, colonel du 6" cuirassiers le 2i février 1805. général de brigade le 25 juin 1807, décédé à Trévise le 1" juin 1809 des blessures reçues le 8 mai à la Piave.
nOVAirtlK DK NAPLliS. — 1809 55
donnerai la décoration de mon ordre des Deux-Siciles, lorsque vous aurez obtenu de S. M. I. et R. la permission de la porter. J'ai pris beaucoup de part à l'accident que vous avez éprouvé à la journée de la Piave. Mais en attestant votre dévouement, il vous assure de nouveaux droits à la bienveillance de l'Empereur qui n'oublie jamais le brave, blessé mais vainqueur.
Archives du prince Miirat. R. XIV, p. 406.
4574. — MURAT A NAPOLKO.V
Porlici, le II octobre 1809, à minuit.
Sire,
Un brick anglais doublé en cuivre, armé de six canons et cbargé de draps, venant de Liverpool, a été pris par le corsaire h Gallo dans le golfe de Palerme. Je m'empresse d'adresser à Votre Majesté l'extrait des correspondances qui ont été trouvées à son bord; elles sont adressées à la Reine Caroline, à son ministre des Affaires étrangères, au général Stuart et au duc d'Orléans. Leur contenu prouve évidemment la perte de la bataille de Talaveyra, leur perte en morts, en blessés et en malades. Votre Majesté verra aussi qu'un convoi de 6 000 hommes est parti de Malte pour l'Espagne, ce qui semble prouver que la destination des dernières troupes qui sont parties de la Sicile a été de les aller remplacer dans cette île. Toutes les dépêches ne sont pas encore traduites, je vous enverrai demain ce qu'elles contiendront d'intéressant.
Sire, on a annoncé ici la paix comme signée ; si cela est, jamais moment ne fut plus favorable pour chasser les Anglais de la Sicile, il n'y reste pas dans ce moment-ci plus de 4 ou 5 000 Anglais.
La tranquillité est parfaite dans tout le Royaume, je n'ai plus de brigands et j'attends avec impatience les ordres de Votre Majesté sur la destination de 1800 brigands qui feront d'excellents soldats eu pays étranger. La conscription n'éprouve plus de difGculté ; la facilité avec laquelle elle s'exécute est véritablement étonnante. Le général Miollis m'a rendu compte aussi que tous les brigands qui s'étaient montrés sur quelques points ont été entièrement exterminés.
Je suis
Guerre et Arcliiies du prince Miirat. D. 576, p. 7.
11 octobre 1809.
Ail viinislre de la Guerre '.
Monsieur le ministre, adressez cette lettre en votre nom à l'intendant de la Calabre Citra, et pour le bien persuader que vous n'êtes que l'interprète de mes sentiments, ayez l'air de vous faire un mérite de lui envoyer copie de cette lettre en lui déclarant que
' 4575 his. — LETTRE ADRESSÉE PAR l,K MINISTRE DE LA GUERRE
A DRIOT, IXTPADAXT DE LA PROIIVC-: DK CILAflIlK CITRA
Il ortubre I80'J.
A monsieur Briot, intendaut de la Calabre Citra.
Monsieur l'intendant, j'ai communiqué à S. M. !a réponse que vous m'avez faite relativement au recrutement de la gendarmerie; le Roi n'y a point trouvé ce courage qui fait tout surmonter et qui ne se laisse jamais abattre dans aucune circonstance. Vous avez été sans doute dans des circonstances plus difficiles que celles où vous vous trouvez aujourd'hui ; alors vous montrâtes les mêmes craintes, elles étaient en quelque sorte fondées; cependant vous voulûtes réussir et le succès surpassa vos espérances. Ayez aujourd'hui la même volonté et vous réussirez aussi. Vous vous plaignez qu'on a trompé les Calabrais, qu'on n'a point tcuu parole et que quelques-unes de vos opérations n'ont pas été approuvées, et que dès lors vous ne pouvez plus servir le Gouvernement dans votre Province puisque vous avez perdu sa confiance. On n'a point trompé les Calabrais. Qui vous a dit que S. M. ne leur accorderait pas ce qui leur a été promis? Et comment vos administrés pourront-ils croire que vous avez perdu sa confiance, quand chacun de ses actes vous en a apporté de nouveaux témoignages. Si on n'a point approuvé la mesure que vous aviez prise pour une contribution extraordinaire : c'est parce que d'un côté le Gouvernement recevait des réclamations de tous les points de la Province, et que de l'autre le ministre de la Police avait ordre de vous fournir des moyens extraordinaires pour les dépenses de la garde provinciale. Quoi! la conscription s'est exécutée sans peine dans prestjue toutes les provinces du Royaume, et ces Calabrais dont vous avez tant vanté la bravoure et l'enthousiasme pour la personne du Roi, seraient les seuls qui voudraient renoncer à l'honneur de se ranger sous les drapeaux de la Patrie et qui n'écouteraient point la voix de leur Roi qui les aime! Je ne puis le croire; quand ses sujets et ses autres provinces prennent les armes, les Calabrais ne sauraient rester tranquilles dans leurs foyers, dans les bras de leurs femmes ou de leurs maîtresses. Que l'intendant de leur province reprenoe courage et ses administrés entendront sa voix et cesseront d'être indifférents sur leurs devoirs et la gloire de leur Patrie.
Si en a laissé votre province sans troupes, c'est que le Roi a eu confiance dass ses bons Calabrais; pouvait-on leur en donner aux yeux de ses peuples une plus grande preuve? La Calabre ultra a déjà deux cents conscrits en
vous n'y avez rien changé; alors elle produira tout l'effet que j'en attends, et vous ne vous serez point fait une querelle avec lui.
Aff. Élr. Xaples, 134, ii» 17, et Archives du prince Murat R XVI, p. 181.
Portici, le 11 octobre 1809.
Au ministre des Finances.
Monsieur le ministre, je vous ai communiqué la résolution où j'étais de fiiire terminer promptement le partage des Domaines communaux et je suis convaincu que ce n'est que par le moyen d'une commission, chargée de parcourir les différentes provinces du Royaume, que je pourrai arriver au hut d'un intérêt aussi général. Présentez-moi donc un projet de décret à ce sujet. Je voudrais composer cette commission de quatre individus qui diviseraient le Royaume en quatre, et devraient commencer la division pour une province qu'ils ne pourraient quitter qu'après avoir terminé l'opération, pour passer dans une autre. Alors je serais sûr qu'on n'éluderait pas plus longtemps les ordres que j'ai déjà donnés
route, son contingent sera fourni, malgré la présence des brigands et le voisinage des Anglais. Est-ce la faute du Gouvernement si les peuples de la Calabre ne jouissent pas d'une grande partie des bienfaits qu'on a voulu leur procurer? Pourquoi le partage des biens communaux n'est-il pas exécuté? Pourquoi la loi sur l'abolition de la féodalité u'y est-elle pas entièrement en vigueur? Pourquoi le collège n'est-il pas organisé? l'ourquoi l'état des biens des émigrés n'a-t il pas été envoyé, ainsi que celui des individus qui ont souffert du brigandage ou qui se sont distingués, et qui, d'après les lois, doivent être indemnisés sur ces mêmes biens? Voilà en quoi le Gouvernement n'a point tenu parole, et je vous demande si c'est le Gouvernement qui est coupable Quant aux autres avantages dont le peuple n'a pas encore joui, je vous demanderai encore si c'est la faute du Gouvernement, et si ce n'est pas celle de la guerre, de l'organisation du brigandage dans tout le Royaume, des menaces continuelles d'uu ennemi acharné et enfin de la stagnation générale du commerce. Si vous connaissez les moyens de faire mieux, le Gouvernement vous prie de les lui indiquer; et il s'empressera, n'en doutez pas, de profiter de vos avis. Au reste, le Roi me charge de vous dire qu'il rend justice à vos talents et à votre zèle et qu'il aime à croire que cette lettre suffira pour vous redonner cette force et cette activité dont vous avez besoin pour bien administrer une des plus importantes provinces de son Royaume.
Archive» do prince Moral, U. XIV, p. 487.
à cet égard. Adressez-moi le plus tôt possible ce projet, avec les noms de quelques candidats que vous croirez les plus propres à cette mission.
Sur ce
Archives du prince Murât. Papiers de Mosbourg.