‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 18 sur 94 · LE CARDINAL FESCH A MURAT · texte numérisé non relu

LE CARDINAL FESCH A MURAT

Parii, ce 15 octobre 1809.

Je désire depuis longtemps être à même de placer votre protégé ', mais l'organisation du chapitre de Saint-Denis est renvoyée, et je commence à croire que l'Empereur n'en veut plus. En attendant, je lui ai fait remettre quelque secours.

J'apprends toujours avec un nouveau plaisir combien vous êtes aimé et de là, je conclus que vous êtes heureux.

Ma sœur continue à .se bien porter, mais elle est très exaspérée contre vous et contre Caroline pour la destitution de Braccini du consulat général de Corse. C'était son ouvrage, d'ailleurs Joseph connaissait mieux que Caroline qu'il méritait une telle faveur. Je vous assure qu'elle a eu bien de la peine à répondre à votre lettre, elle m'en parlait encore ce matin, elle ne vous le pardonne pas. La parenté de Forcioli'- ne valait pas... [sic).

Nous avons les nouvelles de l'Empereur du 8. On assure que la paix est signée ou que tout est arrangé. Pauline est arrivée des eaux qui lui ont fait beaucoup de bien. Conservez-vous et soyez

' Charles-Guillaume Amy de Gaudraimont, ancien chanoine de l'église de Reims. (Voir la lettre de Alurat au cardinal Fesch, n" 4399, t. VII, p. 438.)

* François-Marie Forcioli, né à Ajaccio en 1778, mort dans cette ville le 3 septembre 1854; il avait épousé le 11 juillet 1799 .Marie-Justine Ornano, fille de Louis Ornano et d'Isabelle Bonaparte, cousine germaine de Charles Bonaparte, père de l'Empereur.

ROYAUME DE \APLES. — 1809 65

convaincu que vos nouvelles me feront toujours le plus grand plaisir.

Je vous embrasse cordialement et je suis

Votre très aiP oncle

F. cardinal Fesch.

Archiies du prince Murât. D. 558. i.

4588. — XAPOLEOX A MURAT'

Scllônbruun, le 15 octobre 1809.

Mon frère, les draps de France payent des droits à leur entrée dans votre Royaume, cela n'est pas convenable, je désire que vous rendiez un décret pour que les produits des manufacture-; et de l'induslrie française et surtout les draps ne payent points de droits à vos douanes ".

.Arcliiups du prince Murât. H. 479. 45.

4589. — MURAT A XAPOLEOX

Portici, le 16 octobre 1809, minuit

SlRE,

Je m'empresse d'adresser k Votre Majesté le rapport que je reçois à l'instant de Sicile, qui ne laisse plus aucun doute sur le départ de cette ile, de 5 à 6.000 bonimes de troupes anglaises pour

' Lettre inédite.

' Hue de Grosboi.s. qui avait succédé à d'Aubus.son, écrivait k Gliampaguy au sujet de la demande de l'Empereur : «... Il était devenu nécessaire de prendre cette mesure, car il n'est pas doutens que les intentions du Roi ne soient de priver la France des avantages qu'elle retire de cette branche du commerce et d'encourager tellement les manufactures des draps napolitains qu'eles puissent suiflre à l'avenir à tous les besoins de son lioyaume. Il est certain que S. AI. a fait des avances à plusieurs fabricants dans cette partie et leur a même donné le local nécessaire pour leur établissement. Xon contente d'étendre sa prévoyance dans l'avenir, S. M. tire tout le parti possible de ses ressources actuelles et une grande partie des troupes napolitaines ont été habillées avec les draps que l'on fabrique dans ses Etats, n (.^ff. Etr. Kaples 133, p. 467.)

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