TOME VIII
2 JOACHIAl MURAT
poste, ainsi Votre Majesté aura 5 000 hommes passés, réunis à Bologne à sa disposition.
Je suis
Guerre et Archivrs du prince Murât. R. X\X, p. 258.
Au minislre de la Guerre.
0 septembre 180!>.
Monsieur le ministre, j'ai reçu votre rapport d'hier, je vous renvoie le décret qui y était joint : je vais vous faire connaître les nouvelles dispositions que je viens d'arrêter touchant la destination des conscrits. Je désire que vous m'envoyiez l'état de toutes les dépenses de première mise du A" régiment, aGn que je puisse affecter un fonds spécial pour cette dépense.
ML Étr. Maples, 13i. n° 1, et .■\rchiïes du prince Mural. R. XVI. p. l"l.
Au minislre de la Guerre.
9 s.'plembre 1809.
Monsieur le ministre, ayant chargé les généraux Détrés et Manhès, mes aides-de-camp, d'aider la levée de la conscription, le premier dans les trois provinces de la Pouille et le second dans celles des Abruzzes, je vous préviens que mon intention est que les généraux commandant les provinces et les intendants les secondent de tout leur pouvoir dans l'exécution de la mission dont je les ai chargés, donnez des ordres en conséquence et prévenez-en en même temps mes aides-de-camp.
Faites-moi connaître où en sont les travaux des fortiOcations que j'ai ordonnées aux îles d'Ischia et de Procida.
Je suis informé que tous les ouvrages de la marine sont arrêtés et que les ouvriers ne sont pas payés depuis cinq semaines; je vous prie de vous faire rendre compte des motifs qui ont fait suspendre les travaux et retarder la solde des ouvriers, ayant fait des fonds régulièrement tous les mois pour ces objets. Hàtez-vous de prendre
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une connaissance détaillée de l'administration et des différents services de la marine; c'est la branche de votre ministère qui est le plus en souffrance et qui réclame le plus votre sollicitude. Une nouvelle organisation va lui être donnée; je veux absolument qu'elle soit en activité au 1" octobre. Commencez dès aujourd'hui à faire un travail préparatoire du matériel. 11 faut enfin que la marine reçoive une nouvelle vie à cette époque. Soyez inexorable; détruisez tout ce que vous rencontrerez d'abus; enfin c'est une belle tâche qui vous est imposée, et je suis persuadé que vous justifierez ma confiance et mon espoir.
.Je reçois à l'instant le rapport que le service des subsistances a manqué absolument en (lalabre et qu'on passe des marchés d'urgence. Demandez formellement à l'entreprise des subsistances de changer ses agents de Calabre, et de confier ce service à des hommes plus capables et qui offrent plus de garanties ; enfin le service de la division des Calabres dans ces deux provinces se fait comme si on était en pays ennemi; il n'y a aucune espèce de comptabilité; je vous charge d'en établir une et de donner des ordres formels à l'ordonnateur Bonnemain de ne pas s'en écarter. Je vais donner des ordres au ministre des Finances d'y tenir aussi un agent du Trésor, qui ne puisse pas s'écarter des règles de notre comptabilité et des instructions qui lui seront données à cet égard par notre ministre des Finances.
.^ff. Étr. Naples, 134, n» 2.
Archiies du prince Miirat. H. XVI, p. I"0.
V487. — MLR.AT A LACEPÈDE
0 septembre 1809.
A monsieur le Grand Chancelier de la Légion d'honneur.
Monsieur le comte, le capitaine Pilon, commandant l'artillerie de ma garde royale, m'expose qu'après l'expédition de l'île de Capri où il commandait une partie de l'artillerie, il a été compris dans un état de propositions que je vous ai fait adresser dans le courant de décembre dernier, pour plusieurs décorations de la Légion d'honneur. Il ajoute que deux capitaines du génie, portés comme lui sur cet état, ont reçu leur brevet depuis un mois, et il me demande de l'appuyer de nouveau pour le faire jouir de cet honneur. Je n'ai qu'à me louer du zèle et de la manière distinguée
dont cet officier a servi dans mon Iloyaunie, et l'intérêt que je lui porte me fera voir avec plaisir ce que vous pourrez faire pour lui procurer le succès de sa demande.
Archives du prince Murât. R. XVI, p. 381.
4488. — ilLRAT A NAPOLEOX
Naples, le 12 septembre 1809, minuit un quart. SlRK,
J'adresse à Votre Majesté : 1" un rapjjort venu de Messine du 4 septembre, 2" une gazette du 2 et des nouvelles des 10, 12 et 14 août de Corfou et d'Ianina. V. M. y verra les heureux effets qu'ont produits, tant dans ces îles qu'à Constantinople, les victoires d'Essling et de Wagram. V. M. verra aussi que je cherche à favoriser de tous mes moyens les approvisionnements de Corfou et que je n'ai plus d'expédition à redouter de la Sicile.
J'ai annoncé il y a quelque temps à Votre Majesté que toute l'armée était employée dans ce moment contre les brigands du Royaume, et pour faciliter la rentrée des contributions et la levée des conscrits. Quant aux brigands, j'ose assurer à V. M. qu'il n'y en aura plus en campagne d'ici à huit jours ; j'apprends à l'instant que le général Pignatelli a entièrement détruit tous ceux qui étaient en Basilicata, dans une rencontre qu'il a eue, 200 ont été tués; tout le reste, au nombre de 5 à 600, ont été sabrés ou dispersés; les communes et les gardes-civiques en feront bonne justice. J'espère que 6 000 conscrits seront rendus au dépôt général à Xaples avant la fin d'octobre. Quant aux contributions, j'éprouverai toujours les plus grandes difficultés, à cause de la stagnation du commerce et du manque de numéraire.
L'organisation du brigandage dans mon Royaume tenait certainement à un système général. Toutes les bandes sont commandées par des officiers envoyés soit par les Anglais, soit par Caroline; ils sont presque tous montés avec des chevaux volés aux voyageurs ou enlevés dans les haras. Leurs selles sont celles de l'ancienne cavalerie napolitaine, preuve qu'elles ont été envoyées de Sicile. Les proclamations des chefs portent en substance : - défense de payer la contribution foncière, ordre de brûler les rôles n . Ces brigands se faisaient apporter tout l'argent qui existait dans les caisses. La Cour de Palcrnie qui savait que cet impôt était odieux à la nation
espérait par ce moyen la faire révolter en sa faveur; elle s'est bien trompée, pas une population n'a obéi à ses provocations; au contraire, toutes celles qui ont été en état de se défendre, l'ont fait avec le plus grand courage, et le général Pignatelli, à son arrivée à Chiaramonte, y a trouvé le sous-intendant de Lagonegro qui avait {sic) accouru à son secours, se battant de maison en maison, à la tète de 50 gardes-civiques, contre mille brigands qui avaient déjà mis le feu aux premières maisons.
Je m'empresse de rendre compte à Votre Majesté d'une conversation qui a eu lieu, il y a deux jours, entre les ministres de Hollande et de Russie : ce dernier, après s'être plaint amèrement de ce que ni lui ni sa femme n'avaient pas été reçus cbez mon ministre des Affaires étrangères ' qui se trouve malade dans son lit, de ce qu'on ne recevait plus aussi à la Cour, etc., déclara à l'autre qu'il allait se retirer à Rome avec sa femme et ses enfants; il a ajouté que M. (le Romanzoff, qu'il dit être son ami intime, lui a fait des reproches de ce qu'il ne lui écrivait jamais, ce ministre assure lui avoir régulièrement écrit tous les huit jours, il en conclut que ses lettres sont arrêtées. J'affirme à V. M. qu'aucune ne l'a été dans mon Royaume.
J'ai rendu compte à V. M. de l'arrivée d'un Polonais, nommé Potoski, envoyé cà Ribicoff par la Cour de Russie, et que depuis l'arrivée de ce jeune homme, ce ministre avait repris son langage d'opposition. Eh bien! ce jeune homme tient, sans aucune mesure, des propos très déplacés; il a dit, par exemple, il y a deux jours : que le duché de ï'arsorie ne devait pas exister, qu'il rentrerait sous son ancienne domination, que la Galicie ne serait jamais réunie, que la Russie n'y consentirait jamais; il est vrai, ajouta-t-il, que notre armée en Galicie est très faihlc, mais nous en avons une de 150000 hommes en Moldavie, et elle est peut-être, en ce moment, plus près de Vienne qu'on ne pense. » Voilà, Sire, mot pour mot, les propos de ce jeune
' D'AiibussoQ, ambassadeur de France à Xaplcs, Bibikof, le ministre de Russie, et le baron de Uedem, ministre de Hollande, semblent d'accord pour reprocher au marquis de Gallo, ministre des Affaires étrangères du royaume de Naples, d'avoir souvent manqué d'égards envers le corps diplomatique. Hue de Grosbois, qui succéda à d'Aubusson, écrivait cependant k (ihampagny le 20 septembre 1809 : n Le marquis de Gallo a beaucoup d'attachement pour la nation française et il est naturellement porté à faire droit à nos justes réclamations, il se conforme en cela aux dispositions bien connues de S. M. le Roi des Deux-Siciles... M de Gallo me paraît autant Français que peut l'être un ministre étranger, malheureusement il a peu de crédit auprès de ses collègues. « (Aff. Étr. Naples, 133, p. 394..)
homme et quels que puissent être les motifs qui (liii;jent eu ce moment la conduite de la Légation russe à Xaples, j'ai pensé qu'il était très important de les porter promptement à la connaissance de Votre Majesté. J'ai de fortes raisons de penser que ce jeune Polonais apporte des instructions dans ce sens à son ministre, car il n'est pas dans les principes que, sans motifs conséquents, un ministre s'éloigne d'une Cour amie, sans y avoir été autorisé par son Gouvernement; ces messieurs seront soigneusement surveillés.
Les troupes que V. AL m'a ordonné de diriger sur Bologne sont toutes en route et plus de la moitié y seront certainement arrivées avant la Gn du mois.
J'adresse à Votre Majesté le rapport que je reçois à l'instant de mon ministre de la Police et qui donne sur la conférence des deux ambassadeurs plus de détails ([ue je n'en avais rapporté à Sa Majesté.
Je suis
Guerre et .archives du prince Murât. R. XXX, p. 259.
Naples, 12 septembre 1800.
A monsieur le (/encrai de division Compère, à Avellino.
Monsieur le général, je viens de voir par votre lettre du 8, à mon chef d'état-major, que sur de nouvelles instructions, vous aviez interrompu votre battue sur les points indiqués par mes instructions générales contre le brigandage, et qu'au lieu de diriger vos colonnes sur Montefusco, Ariano et Ponte Bovino, vous vous étiez empressé de vous rendre avec vos troupes à Avellino. Je ne sais qui a pu déterminer le chef d'état-major à vous faire passer des ordres contraires aux instructions générales, et lorsque je lui en ai demandé les motifs, il m'a répondu ue jamais vous avoir écrit de vous en écarter. Il est malheureux que ce malentendu ait dérangé votre marche. J'ordonne donc qu'après avoir laissé reposer 24 heures vos troupes, vous vous remettiez de nouveau en marche sur Castel di Sangro, sur trois colonnes : celle de gauche suivant la route partant de Montefusco par Beneveuto sur Pontelandolfo, Morcone, Bojano, Isernia et Castel di Sangro ; celle du centre partant d'.iriano sur San Bartolomeo, Biccia, Campo-Basso, Cas-
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tiglione et Castel di Sangro; celle de droite partant de Boviuo par Troja, Voltiirara, Casa Calenda, Trivento et Castel di Sangro. Vous sentez bien qu'en vous prescrivant ces trois routes, je ne puis prétendre que vous tracer une direction générale et indiquer plus d'ensemble dans votre mouvement, mais que cet ordre de marcbe n'est nullement de rigueur et que vos colonnes devront se porter plus à droite ou plus à gauche, suivant les nouvelles qu'elles recevront de la position et des mouvements des brigands. Vous devez faire votre mouvement très lentement et vous ne devez pas vous borner à délivrer votre division des brigands qui la désolent, mais presser de tous vos moyens la levée de la conscription et la rentrée des contributions. J'ai voulu atteindre ces trois résultats du mouvement général que j'ai ordonné dans mon Royaume à toute l'armée.
Envoyez des instructions au bataillon du 10 1-'°*' de s'arrêter là où il sera : vous l'emploierez à battre la cam|Kigne jusqu'à Castel di Sangro et de là à Sulmona où ce bataillon recevra de nouveaux ordres. Vos autres troupes ne devront pas dépasser Castel di Sangro d'où vous rentrerez à Cainpo Basso et même à Capoue, lorsque vous aurez rempli la mission importante qui vous est confiée. Écrivez souvent.
Le général Pignatelli a détruit une comitive de mille hommes; deux cents de ces brigands sont restés morts sur la place, tout le reste a été sabré et dispersé; on poursuit sans relâche les fuyards.
Le général Caracciolo a détruit de son côté à peu près trois cents brigands, partout on les poursuit vigoureusement, et j'espère qu'avant 15 jours, il n'en existera plus en campagne. Je vous recommande bien vivement la levée de la conscription et des contributions.
Archives du prioce Murât. R. XIV, p. 382.