MURAT AU GENERAL LAMARQUE
25 janvier 1809.
Axi général Lamarque, chef de l'état-major général.
Monsieur le général, je vous renvoie votre projet d'ordre du jour; vous observerez que j'y ai mis « quinze cents Anglais prisonniers « , ainsi que le porte le Bulletin ; envoyez-le à toutes les divisions; je présume que vous les envoyez ordinairement à Corfou.
ives du prince Murât. R. XIV, p. 90.
3759. — MURAT A \APOLEOX
25 janvier 1809.
Sire, j'adresse à V. M. deux rapports qui m'ont été faits par l'inspecteur aux revues Feraud sur l'administration et sur la comptabilité du régiment d'Isembourg. Votre Majesté verra qu'il est impossible de porter plus loin le désordre et même les dilapidations, puisque les feuilles d'à bon compte rédigées par le quartiermaître ont constamment présenté i27 hommes au delcà de l'effectif réel. On assure que le colonel est le beau-frère de votre ministre de la guerre, le G" d'Hunebourg, et cette considération a sans doute
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empêché d'appioloiidir plus tôt l;i cause cl roiijpnc des désordres. Quo'upril en puisse être, il est impossible de laisser plus lonjjtenips ee iiiallieureux réjiinienl dans l'état déplorable où il se trouve, et je vais luoccuper dc^ nio\eus de ré;[uhiriser sa eoniptabilité.
Il est iudispeiisable de leur douiier un eolonel, ainsi (pi'à celui tle La Tour d'Auxerijne, ainsi (pi<* je lai (!éjà demandé à V. M.. Si ces corps m'avaient appartenu, il y a lon«{lemps (pie j'aurais apporté remède à tant de désordres, mais j'avais pensé avoir tout fait en vous demandant ces réjjiments ou d'autres colonels. 11. \\l\, p. 50.
3760. — MLR.AT AU GEMiUAL PAUTOl XKAU.V
2" janiier 180^.
Au ç/cnéra/ Partoiincaiix à Monteleone].
Monsieur le jjénéral, j'ai reçu vos différentes dépêches : une grande partie de l'artillerie est déj.à embarquée et |)arlie, et j'ai tont lieu de penser que la division de canonnières, commandée par Barbara, est déjà rendue à sa destination où elle vous sera d'une très jjrande utilité. Les succès de l'Fmpereur en Kspn'pie sont complets; je vous adresse par mon aide-de-camp i\es l)ulletiiis (|ui nous annoncent ces brillants succès; faites-les parvenir en Sicile, c'est la meilleure réponse à faire à toutes les absurdes faussetés dont sont remplies les gazettes de cette ile.
Mes chevaux sont déjà partis depuis quelques jours pour la Calabre, ainsi que soixante et (|uelques compagnies d'élite, ma garde va se mettre incessamment en route, je ne tarderai |)as moimême à quitter ma capitale.
Je suis informé qu'environ (piatre-vingt brigands ont dél)ar(iué <lans le golfe de (jioja; faites-les poursuivre jusqu'à extinction et apprenez-moi bientôt qu'ils n'existent plus. J'attends avec imj)atience les véliles de votre province; ceux de toutes les .Abruzzes, de ilapitanata, de Bari, de Lecce, de Terre de Labour et de \aples sont déjà sous les drapeaux. Il n'y a que ceux de llasilicata et des deux Calabres (|ui soient arriérés, j'ai lieu (\'en êlre surpris, je croyais les Calabrais plus n)ililaires.
.^yez soin de bien mettre en sûreté tout ce qui va vous arriver-; faites tirer à terre les bâtiments armés et servez-vous en dans les occasions favorables; les troupes qui sont en route purgeront,
ROVAIMK DM MAIM.KS. — IS09 511
j'espère, en passant, la province de lîasilicala et la Calabre citérieure des brigands qni viennent d'y arriver. Je suis étonné qne votre correspondance avec la rive opposée ne soit pas encore établie; ne croyez nullement au bruit qu'on vous a fait parvenir d'un prétendu renfort (!e quatorze mille hommes, rien ne décèle plus la crainte et la faiblesse des Anglais. Ce n'est pas au moment oii les Anglais sont chassés de l'Espagne après avoir été complètement battus, après avoir perdu leurs canons, leur artillerie, leurs bagages et leur cavalerie, que l'Angleterre j)eut songer à envoyer des renforts en Sicile; il est plus à présumer (ju'elle eût agi plus prudemment •en retirant de la Sicile le peu de forces qui leur reste pour aller renforcer celles qui vont être chassées du Portugal, car on ne peut pas raisonnablement j)enser que les Anglais puissent avoir la folle prétention de conserver la Sicile; ce serait me supposer bien lâche et bien peu entreprenant. Tous les moyens d'expédition vont être réunis successivement sur Scilla. Mettez-les y à l'abri de toute insulte; vous sentirez, je le répète, combien il est important qu'avant l'expédition il n'existe plus de brigands dans les deux Calabres ; poussez vigoureusement l'organisation des gardes provinciales; continuez vos expéditions nocturnes sur la Sicile, mais je vous le répète : c'est sur Siracuse que j'ai le |)rojet de débarquer, puisque je vois que d'après tous les rapports, les Anglais ont concentré leurs forces aux environs ('e Me.'-sine.
Faites travailler sans relâche aux difiVrentes batteries.
Archives «lu (iriiice Mnral. II. \IV, p. 01.
3761. — MIRAT AU COLOXKL MAXHKS
27 janvier 1809.
A monsieur le colonel Manhès, aide-de-ramp de S. .1/., à Rcgg/o.
Monsieur le colonel, j'ai reçu vos différents rapports, j'en ai été :satisfait; continuez à exercer la plus exacte surveillance sur toutes les parties de l'administration civile et militaire. Les Anglais ont ■été chassés de l'Espagne après avoir perdu bagages, cavalerie et artillerie, et cincj à six mille prisonniers, et j'espère que le 1" bulletin nous apprendra des résultats plus brillants encore.
J'adresse au général Parlouneaux plusieurs exemplaires dos ■bulletins qui contiennent la (îéfaile des Anglais; il faut absolument lies faire parvenir en Sicile. Continuez à me tenir au courant de ce
qui se |)asso c( iio néglijjez rien surtout pour électriser les (wilabrais.
Archiios (lu prince Mural. R. \l\', p. 9.1.
3762 — MLR.\T AU (ÎIAKUAL CAVAIGNAC
2" jaiiiier 1800.
At( (jé)icral Cnvaignac [à Reggio].
Monsieur le «{énëral, j'ai reçu vos dilTérents rapports, je suis satisfait de votre zèle; il est niallicurcux qu'on n'ait pu intercepter les lettres avec le courrier qu'on a arrêté entre Messine et Palerme; j'espère que ce qui est dilTéré n'est pas perdu et que \os ajjjents seront plus heureux une autre lois; <{ardez-\ous de croire aux j)réteudus renforts que les Anylais annoncent avec tant d'emphase, c'est déceler de la manière la plus évidente leur appréhension et leur faiblesse ; ce n'est pas quand l'armée an<jiaise est coniplètemeut battue et chassée de l'Espajjne que les Anglais de cette île peuvent comj)ter sur un renfort. .Mes é(|ui|)a<5<'s sont déjà partis de Xaples pour la Calabre, ainsi qu'environ quatre-vingt compagnies d'élite. Faites dire aux braves et loyaux habitants de Messine que le moment n'est pas éloigné où ils seront délivrés de tous les maux qui les accablent; faites-leur surtout pressentir les avantages (pie doit retirer Messine pour son commerce de sa réunion à mon royaume.
Arcliii'es du prince .Mural. II. .\IV, |). 93.
.'J-li.J. — .MLH.AT AV cm;!'' D'IOSCADROV (JOBKRT
•28 janvier 1809.
Ordre à monsieur le rhef d'escadron GohcrI de se rendre à Montelronc et à Heggio.
InSTIU CTIOVS.
11 est ordf)iiné a mon aidc-dc-camp (ïohcil de se rendre en Calabre auprès du général Parfoiiiieaux et à Heggio auprès du général Cavaignac; il leur remettra les dépêches ci-jointes. Il observera, chemin faisant, la nature des routes, et celle des res-
sources des pays qu'il parcourra; il s'informera de la conduite des troupes, de celle des commandants militaires, <le celle des différentes autorités civiles; il cherchera à connaître l'esprit public; s'il apercevait des mécouteutcments, il chercherait à en deviner les motifs; il pourra annoncer la marche des troupes et de mes équipages sur la Calabre; il visitera le golfe de Gioja, Tropea et Scilla, les batteries de ces parages, et m'en rendra un compte exact à son retour; il pourra dire, chemin faisant, en Calabre, qu'il apporte la nouvelle de la déroute complète des Anglais en Espagne et que les Anglais eu Sicile n'annoncent l'arrivée d'un renfort que parce qu'ils se voient à la veille d'être attaqués et qu'ils voudraient par là détourner le coup qui les menace. Après avoir fait cette course et remis ses dépêches, il reviendra au-devant de moi.
Archives du prince Murât. R. XIV, p. 04.