j20. — Mil! AT AT GKXKKAL 0 \STA\()S
Mi.diid, n mai ISOS.
Monsieur le yénéral, je vous ai déjà écrit plusieurs lois pour vous Taire connaître les événements du 2 mai et leurs résultats. Le ministre de la Guerre m'a donné connaissance du rapport (|ue vous lui faites sur les j)remiers syni|)lômes de mécontentement (pii se sont manifestés dans le pays (|uc vous commandez. Je ne |)iiis (]u'applaudir aux mesures sayes (|ue vcnis avez employées et j'en attends le plus heureux résultat.
IjC ministre de la (luerre a dû vous faire passer hier par des ofticiers des instructions pour faire passer à Ceuta des hommes et des vivres, et le ministre des Finances a (hi vous expédier des fonds ou vous autoriser <à des emprunts. Dès ce moment, je dois être tranquille sur la conservation de cette place ainsi ([ue sur les autres Présides que TKspayne a sur les côtes d'Africpie. Le capitaine «{énéral de Cadix, ceux de Tarifa, d'Algésiras, de Malaga ont ordre de s'entendre avec vous et d'employer tous les moyens possihles pour ravitailler Ceuta.
M. le général, vous êtes chargé du soin important de secourir Ceuta et les Présides d'Afrique, c'est à vous à sauver cette place. Votre patriotisme et surtout vos talents militaires me répondent du succès. Donnez-moi tous les jours de vos nouvelles, tant sur la situation de votre armée que sur la tranquillité du pays et les mouvements des Anglais dans les eaux de Gihraltar.
M. le général, je vous renouvelle l'assurance de mon estime.
R. XI. p. 37.
3327. — MURAT AU CAPITALXK GKMÔRAL DKS ASTURIKS
MnilriJ, 17 mai IKOH.
Ah capitaine général des Asluries.
M. le capitaine général, je présume (|ue vous avez reçu ma letlic du 7, ainsi que toutes les dépêches de la .lunlc de Gouvernement.
LIKITKNANCK K\ ESPACiMM. — ISOS 1:57
Je présume enlin que vous êtes informé olficiellement que le Roi Charles IV ma nommé son lieutenant «jéuéral du royaume.
Le ministre de la Guerre vient de me communiquer le rapport du commandant militaire d Oviedo qui contient des détails sur les mouvements populaires qui oui éclaté dans cette ville. J'ai vu avec peine la faiblesse des autorités qui, loin d'étouffer les premiers symptômes de cette insurrection, ont fini non seulement par lui donner des armes, mais ont autorisé larmement dans les pays voisins. Comme une semblable conduite est digne de blâme et qu'il est de mon devoir d'arrêter le mal dans son origine, je viens d'ordonner que mon oidre du jour du 2 mai de Madrid soit publié et affiché dans la province des Asturies et qu'il soit exécuté dans toute sa teneur, et en rendant responsable de son exécution et du retour à l'ordre le Conseil de la Province. De plus le ministre delà Guerre vous envoie l'ordre de vous rendre de votre personne à Oviedo et de prendre la présidence de ce Conseil. Les sages mesures que vous avez prises pour assurer la tranquillité dans le lieu de votre résidence et les environs, à la réception des premiers ordres du Gouvernement sur les événements du 2 mai, m'assurent d'avance qu'il suffira de votre présence pour ramener tout à l'ordre et que vous ne serez pas réduit à faire usage de la force armée que j'ordonne de diriger sur Oviedo pour y être à la charge de ses habitants, si le désordre continuait encore.
M. le capitaine général, je vous prie de profiter de tous les jours de courrier pour m'adrcsser un rapport sur la situation politique et militaire du pays dont le commandement vous est confié. Je vous renouvelle l'assurance de toute mon estime.
R. XI, p. 88.