‹ Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1767-1815Chapitre 27 sur 104 · MUR.AT AU COM'IK 1)K LA TORRK · texte numérisé non relu

MUR.AT AU COM'IK 1)K LA TORRK

Madrid, H m»i 1808.

A M. le capitaine général de liadajoz.

.M, le capitaine général, j'ai reçu votre lettre. Je ne puis qu'applaudir aux sages mesures (jue vous avez prises pour arrêter les

' Li" (j" «le lu Torrr, capilaine-gftncra! de l'MsIrcmadniirc.

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premiers symptômes d'insurrection qui se sont manifestés à Biidajoz, t't pour prévouir ceux que nos ennemis pourraient encore parvenir à susciter. Le Gouveriienu'nt compte entièrement sur votn' zèle et sur votre patriotisme pour le maintien de l'ordre cl de la Iranquil- WW' dans l'étendue de votre coninuuulemenl.

Le «{éuéral Kellcrmann (jui va réunir à Klvas trois ou quatre mille hommes de troupes françaises a ordre de vous seconder au besoin, mais j'aime à croire que vous serez dispensé de recourir à ce moyen.

Je suis sensible à ce que vous me dites dans votre lettre sur ma nomination à la lieutenance du royaume d'Espagne et sur les sentiments ])ersonnels que vous m'exprimez.

:yy.n. — miïwt ai maréchal liESSiÈRES

Madrid, 17 mai 1808.

M. le maréchal, je reçois votre lettre du 15 par laquelle vous m'annoncez les mouvements de différentes troupes qui se rendent à Madrid. L'Empereur avait eu la bonté de me les faire connaître, j'ai donné l'ordre de fermer provisoirement les différentes Universités du royaume. Je pense, ainsi que vous, que cette mesure était indispensable.

Le peuple s'est insurgé à Oviedo et y a pris les armes. Je viens d'y envoyer un capitaine général, avec ordre d'y faire publier et afficher mon ordre du 2 et d'en faire exécuter les dispositions dans toute sa rigueur, et je rends responsable le Conseil de cette province des événements. J'annonce en même temps l'arrivée d'un corps de troupes françaises qui sera à la charge du pays, si tout ne rentre pas dans l'ordre. J'aime à croire cependant que tout est déjà tranquille et qu'il en aura été dans cette ville comme sur tous les autres points du royaume qui ont été d'abord agités par les premières nouvelles des événements du 2 et qui ont successivement passé à des sentiments d'harmonie et de bienveillance envers les Français.

Les lettres (|ii<' je reçois des différents capitaines généraux sont écrites dans le meilleur esprit. Il serait à désirer que vous ])uissiez envoyer un de vos officiers à Oviedo, pour vous assurer si la tranquillité est rétablie dans cette province. K. XI, p. 42

140 JOACHIM Ml HAT

3332. — MURAT A LA KOHKT

Madrid, 17 mai 1808.

.-î Son fC.rcclIrnre M . Ld/'otr/.

M. r Ambassadeur, dans le mémoire (|iie vous èlcs chargé de présenter à l'Empereur sur les (iuances de rKs|)a<{ne vous devez eouiprendre la (|uan(ilé de papier-monuaie, comhieu il ])erd et sur t|uoi il est hypothéqué, la (k'tte puhlicpie, les dilïéreules branches de revenus, ce qu'ils ont produit en 1805, 180(), IHOT, Tcniploi des dépenses des trois années, ce (|ue coûteront la marine et l'armée de terre.

H. Xi. p. 4-2.

M.idrid, Ip 18 mai 1808, à 2 lipiiros da malin.

A Sa Majesté l'Empereur.

Sire, je n'ai pas reçu aujoind'hui de dépêches de V. M, Je conçois l'impatience oij est V. M. de recevoir les <lil'l'crents états qu'elle m'a demandés. On travaille sans relâche dans tous les ministères, et j'espère que bientôt je serai cà même d'envoyer à V. M. un mémoire sur chaque ministère en particulier. Le ministre des Finances et M. Laforét sont très occupés à ramasser les matériaux nécessaires pour vous soumettre le ra|)port sur les finances de l'Espajjne'. Le général Bclliard cherche au ministère de la Guerre ceux qui lui sont nécessaires pour former l'état que vous lui demandez. Aussitôt que j'aurai reçu les états de situation de la marine et de l'artiUerie, je m'empresserai de les adresser à V^ M. '

' Publiée par M. .\. liUMBROSO, Correspondance de Murât, ii" (jfîCXIV.

- La Korcst à l.hainpaguy, 22 mai 1807. « Jo l'ai Ijcaucouj) vu (XL d'Azanza). beaucoup encouragé, Ijeaucoup pressé (h; i'aire ras.seiiibler des matériaux, et dansTintervalle, de saisir les ressources les plus immédiates; je le plains plus (|ue je ne I(; blâme de n'être encore parvenu (|ii'à des données vajjues. » {(lorrespondauce de La Forest, L p- 30 )

" Le yénéral Uelliard était chargé, le 1 V mai par i'Hmpereur [Corrcxpotidance de Napoléon, n" 13885), d'établir un mémoire sur l'arnu-ir es|)agnole, régiment par régiment, compagnie par <otii|)agn)e, indiquant la composition, les pffectiCs, les masses, le rerrutemrr)t, les garnisons, etc.. en un mot tous les dé-tails possibles. C'était un travail considiTable, ajouté à la cor-

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Le général Rouyer est parti pour Talavera où se réunissent les deux régiments suisses de Reding et de Preux. liC général Schramin se rend à Grenade où il aura sous ses ordres trois régiments suisses (]ui reçoivent l'ordre de s'y rendre de Tarragone, de Carthagène et de Malaga. Ces cinq régiments feront partie du corps du général Dupont. Le colonel Reding lui a déjcà écrit combien il était heureux de faire partie de l'armée française. Le général Duhesme m'a écrit souvent qu'il comptait sur celui qui est à Tarragone. J'oserai répondre aussi de celui de Preux, et tout me porte à croire que les autres régiments suisses sont animés du même esprit. Les trois bataillons de Savoie, d'.^ragon et d'Amérique vont relever ces trois régiments suisses à Malaga, Carthagène et Tarragone. Le régiment des dragons de la Reine part pour Sarragosse, d'où il sera facile de le diriger partout où V. AL voudra. Sire, V. M. dût-elle blâmer encore ma confiance, je dois lui dire la vérité; il règne dans les troupes espagnoles le meilleur esprit possible. I-a copie des différentes lettres des capitaines généraux que j'adresse à V. M., vous en donnera l'assurance. Sur tous les points du royaume l'opinion publique fait des progrès rapides en faveur de la nouvelle dynastie. On n'est plus tourmenté que du seul désir devoir arriver promplenient le nouveau Roi.

Il partira demain malin dici une députation du Conseil de Castille, de la ville de ALidrid et des militaires de la .Maison du Roi et de la garnison pour aller demander à V. M. le Roi de iVaples pour souverain. V. M. a reçu à l'heure qu'il est la lettre de la Junte qui lui en fait la demande, avec le Conseil de Castille. Il y a déjà longtemps que V. M. l'aurait reçue, si les proclamations du Prince des Asturies et de ses frères m'étaient parvenues. Je les attends avec impatience pour les faire publier avec celle du Roi.

J'envoie ci-joint à V. M. la circulaire que nous adressons aux provinces pour l'élection des députés qui doivent se rendre à Rayonne.

Le chef d'escadron Rerthemyeî^t parti aujourd'hui pour Alicante, où il s'embarquera pour Mahon. J'ai écrit à l'amiral \ aidés dans le sens que l'a ordonné V. M. J'ai également écrit aux généraux Solano et Castanos, à l'amiral espagnol de Cadix, pour leur faire sentir la grande importancederavitailler Ceuta,et je leur ai ordonné de réunir tous leurs efforts pour réussir à jeter dans cette place des

rcspondancc journalière, que KcUiard adressait au major général. Tout cela nenipècha pas Xapolcon, di.\ jours n peine aprè.s avoir demandé son mémoire, de faire observer au Grand-Duc que son eliel' d'état-major t n'écrivait pas et n'envoyait aucun rapport ». (Général Dekkkcacmix, Le gévéral C" Briliosd, p. 398.)

iȔ JOACHIM MIRAT

livres el des renlorls. .le leur ai écril «le ni;inièn> i\ sliniiiler leur zèle. Je leur écrirai tous les jours.

La |)ro\inee <les Asturies esl le seul j)oinl (|ui nous cause de liu- (|uiétude. A Oviedo les paysans se soulevèrent comme dans les autres pays, à la première iu)uvelle des événements de \Iadri<l. Les niajjasins dainies lurent forcés; ils s'armèrent de fusils. L'autorité civile et militaire y fut méconnue. J'espèr»* que In tranquillité se sera rétablie aux nouvelles subséquentes qu'on auia reçues, puis(|ue par le nuMue courrier nous sommes informés (pi'à Santander et à la C(nojjne tcnit y était parfaitement tranquille, et i\nc la nouvelle de ma nomination y avait été fort bien reçue, ainsi (|ue les autres pièces et proclamati(nis du Gouvernement. Cependant dans la crainte que l'insurrection ait pu faire quebjues progrès, les ministr(^s de; la Guerre et de Grâce et Justice viennent d'écrire par courrier extraordinaire au ré'jent de cette province pour se plaindre de la faiblesse (lu avaient montrée dans cette occasion les autorités civiles, pour lui ordonner d'y faire publier mon ordre du jour du 2, et de le faire exécuter à la rio[ueur contre ceux qui uc s'y conformeraient pas, en leur annonçant qu'un corps de troupes françaises allait se porter sur Oviedo, et qu'il y serait à la charge de la province. Enûn on les a rendus responsables des événements. Vax outre le capitaine général qui résidait à Santander a reçu ordre de se rendre à Oviedo; on lui a donné |)rovisoiremcnt la présidence du (îonseil, le régent étant d'un caractère trop faible dans un moment critique. J'ai moi-même écrit au capitaine général qui déjà m'avait ré|)ondu à uja circulaire qu'il était entièrement aux ordres de V. AL J'ai donc lieu de penser que cette émeute n'aura aucune suite. J'en ai néanmoins prévenu le maréchal Bessières, en l'invitant à en\o]^er un offlcier sur les lieux, afin d'agir suivant les circonstances.

V. M. verra |)ar le rapport du ministre de la (iucrrc (|ue h' meilleur esprit règne sur tous les autres points du royaume. Déjà le \ice-roi de Navarre donne une preuve de ses bons sentiments en inc itM\<)\aiil une circulaire anonyme i|ni a|)|)elle aux armes h's habitants de la Navarre, de l'.Aragon et de la dalalogne. Ce viceroi prcdesie de nouveau de son entière soumission et de son dévouement au service de V. .VI. et de son pays.

Sire, j'étais si bien pénétré d'avance de l'esprit de la Ictlrr «|iir V. M. m'a écrite, qu'elle aura vu ])ar ma lettre du ] 't r|ne JClais absolument de son avis, puisque j'avais contremandé p(»ur le même motif la réunion à Séville de ladivisicm Houyer. .Mais le ministre de

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la Guerre continue à penser que ce n'est pas le moment de fiiire passer les troupes espa'][noles en France.

Sire, ce cpii rend tous les Espagnols raisonnables et dociles au nouvel ordi-e des choses, c'est le besoin qu'ils éprouvent généralcinent de conserver les colonies. Aussi tout le monde offre à l'envie (le s'y rendre, pour y éclairer l'opinion et les engager à rester fidèles à la métropole.

J'adresse ci-joint des rapports que je reçois du ministre de !a Marine sur un événement arrivé à Tanger, qui prouve de plus en plus les mauvaises dispositions des Marocains, tant envers la France qu'envers l'Espagne. J'y joins son rapport sur les mesures prises pour secourir Ceuta, et f:iire parvenir les différentes dépèches en Amérique. Le ministre de la Guerre m'informe en même temps que des mesures ont été prises pour faire embarquer des armes et des recrues sur les divers bâtiments qui partiraient pour l'Amérique.

J'adresse également à V. M. un rapport des ministres de la Guerre et de la Marine réunis, sur l'état actuel des colonies.

J'envoie à V. M. sept nouveaux paquets pour les colonies.

Arrhires mtionales .APIV ]6!)6. 60, et Arrhires du prince Murât. R. XI, p. 43.

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