MURAT A L'AMIR.AI- SALCEDO
20 mai 180S.
Au chef d'escadre Salcedo.
M. le lieutenant-général, je vous adresse des instructions de la -Marine poin- la mission dont vous êtes chargé. Vous conserverez le commandement de l'escadre de Mahoji et vous profiterez du premier moment favorable pour la conduire à Toulon pour vous y réunir à l'escadre française. {La suite comme la lettre du M mai au commandant de l'escadre de Mahon.) R. x(. p. fit;.
33VV. — MUR.AT AU r.EXERAL JUXOT »
•20 mai 1S08.
Au Duc d'Abranlès.
M. le Duc, je vous ai déjà fait connaître que je réunissais à Badajoz 4 000 Espagnols (jue l'Empereur désirait placer dans les Algarvcs.
' Publiée |)ar le D' H. ScHi.rrrKR dans les Mi/f/ieiliinr/en des Instituts Jiir œsterreic/iisc/ie gescliiclilsforscliiimj. 1889. X. Band. -V. Hcft. Hriefe Murais an Sacary nus Madrid.
Depuis colciiips, Sa\îajcsléachan<{é do résolu lion et ne vont plus faire passor (lo troupes ospajjiiolos on PorUijjal. Vous seriez bien aimahle (!e ni envoyer l'état de situation de celles (|ne vous avez déjà, ainsi (pie le nom ('e leurs ( antiiiinenienls.
Ayant reçu l'ordre de licencier les milices de la (lalico omployé(>s à la déi'onse (U't^ dillérents ports, je verrai par l'état de situation (pu- je vous demande (|nels sont les corps dont je |)ourrai disposer.
\ous continuons à jouir de la plus {jrando tranquillité sur tous les points du royaume. Tous les capitaines (jénéraux paraissent animés du meilleur esprit. Une assemblée nationale de rKspa<]no va se réunir à Hayouno où je pense que le nouveau Koi d'Kspa'jno se trouvera; ainsi le sort de l'Kspajpuî sera bientôt décidé, s'il no l'est pas déjà. J'altoiids de vos iu)uvelles |)ar le ret(Mir fie (pudcpinn de mes oUiciers.
Les An;{lais avaient réuni des ("orces àtiibraltar pom* appuyer les mouvenu'uts insurrectionnels (pi ils croyaient excités en l']spa;[ne. Il est à présumer ipu' voyant tout traM(piille, ils tonnu-ront leurs viu'S do quoiqu autre côt<''.
Je vous adresse ci-joini les de|»éclies (pie je vous ai annoncées et (pie je vous prie de faire jiartir pour les Amériques.
.Arriiiveis <lu prince Mural. K. XI, p. Mi, et .An lii\('.'< Impt'i ialfs (If Vieillie.
:5:}V5. — MIR.AT A ()t{\ A\(), COYSL'L A TAXC.IOR
■JO mal 1808.
M. le Consul, rUmpereur me charjjo d'envoyer un officier du jjénie intelliyont jiour |>orler une lettre à I Kmperour du .Maroc ' et la lui remettre en mains propres. L'Kmpereur ordonne que vous raccompa<]nioz et me charge de vous lairc connaître que lo but <\i' cette mission est de détruire par toute os|)èce do moyens l'innuonce que les Anglais pourraient avoir à la (lour do Maroc. Combinez tous vos efforts et toute votre adresse pour |)arvenir à ce but. L'oflicier du jjénio est eu outre cliaryé do faire une reconnaissance militaire et i\c me faire un rapport sur l'armée du .Maroc, sur les meilleures dos routes, les positions, sur les subsistances que l'on
' Xûfwiron à Miirut. — Lettre (le nayoïmc, l(i mai 180S, à 9 heures du soir. {Contspunouitd-, n" LJHOS.j
LIKITKNAXCE EV ESPAGNE. — 1808 157
peut se procurer dans le i)ays, sur les fortifications, en un mot sur tous les points de vue militaires.
L'Empereur compte beaucoup sur votre zèle et vos talents pour le succès de la mission dont vous êtes chargé. Je connais tout votre attachement à sa personne et je ne doute nullement de sa pleine réussite. Je saisis avec empressement cette occasion de vous renouveler l'expression de mes sentiments.
R. XI, p. «7.
3346. — MURAT A L'iV OFFICIER UL GEVIE
•20 mai 1808.
A un officier du génie.
M. l'officier, vous trouverez ci-joint une lettre de l'Empereur pour l'Empereur du Maroc que je vous charge de lui porter et de lui remettre en mains propres. Vous vous rendrez d'abord à Tanger d'où vous partirez avec le consul de France pour Fez. Vous vous entendrez avec ce consul. Vous ferez toutes les démarches et emploierez tous les moyens pour déjouer l'influence des Anglais. Votre voyage de Tanger à Fez doit être une reconnaissance militaire. Vous prendrez tous les renseignements possibles sur l'état des fortifications, sur la nature du terrain, sur les subsistances, sur la nature des routes, sur la force des armées du Maroc de toute arme, enfin sur la disposition des esprits en face de la France et des Espagnols, et surtout ce qui peut intéresser sous un point de vue militaire.
Vous reviendrez à mon quartier général après que vous aurez obtenu la ré|)onse du Roi du Maroc et les renseignements que je vous demande. Je vous autorise à prendre l'uniforme d'aide-decamp d'un général quelconque. Vous devez savoir vos instructions par cœur, de manière à pouvoir les brûler ou les jeter à^l'eau en cas d'événement.
R. XI, p. ()(j.
SUT. — iMUR.^T A D'AZ.AXZA
•20 mai 1808.
Au ministre des Finances.
M. le ministre, je vous envoie ci-joint copie d'un reçu des 200 000 francs qui ont été remis au duc de San Carlos pour le
Prince des Asturirs. Je vous prie de faire réintégrer de suite cette siMuuie dans la caisse de Taruiée française. L'exécution de cet ordre est (le rijjueur.
R. XI, p. as.
3348. — MURAT A O'FARRILL
20 mai 180S.
Au minisire de la (îiierrc.
M. le ministre, parmi les 2 000 hommes que vous devez (Mivoyer à fiCula je désire que vous compreniez deux bataillons du régiment de Jaën. Donnez l'ordre aux deux bataillons de gardes espagnoles de se rendre l'un <à Barcelone, l'autre à Tarragone. Le bien du service exige de réunir tous les régiments. Celui-ci n<' l'a pas été depuis 30 ans. Ordonnez au bataillon de gardes wallonnes qui est en Andalousie de se rendre à Tolède, a. XI, p. G8.
Madrid, le 21 mai ISOK, à 1 heure du matin,
A Sa Majesté l'Empereur.
Sire, j'ai reçu la lettre de V. M. (\\\ IS, à 8 heures du matin. Si j'ai mis tant d'empressement à annoncer à V. M. que la tranquillité n'avait pas été troublée dans les différentes provinces du royaume et surtout dans la Catalogne, c'était pour calmer les inquiétudes que j'avais cru apercevoir (pie V. M. pouvait avoir et surtout pour Barcelone.
Si j'avais pu reconnaître dans vos dépèches des intentions contraires, rien n'était plus facile que de m'y conformer. Mais certes je n'ai pas cru faire quelque chose de nuisible aux intén''ts de V. M. en appelant une province d'Kspagne à jouir des mêmes droits que toutes les autres provinces du nu'ine r(»Yaume. Je suis fâché que ceux qui vous ont fait des rapports sur le désarmement de Madrid, ne vous aient pas dit la vérité. Tout le monde a ét('' désarmé; les armes ont été déposées dans les municipalités, et depuis avanf-hier imi les transporte à rArsciial 'l'rois J(miis après la
' Publiée par M. .A. Luhbroso, Correspondance de Mural, n» C(i(]\\/lll.
LIEl'TE\A\T,E V.\ ESPAGNE. — 1808 159
révolte, le désarmement était généralement opéré. Si V. M. pense que les membres cln Conseil de Castille sont de méchantes gens, qu'elle ordonne leur destitution, et l'ordre de V. M. sera exécuté. V. M. convient que ces «jens-là n'ont rien voulu faire avant d'avoir eu la protestation de Charles IV; c'est rendre justice aux efforts constants qn'il a fallu faire pour arriver au point où en sont les choses. Sire, tous les ordres de V. M. sont transmis aussitôt que reçus. De nouvelles troupes ne seront point envoyées dans le Midi. Un troisième officier est parti ce matin pour porter des ordres à l'escadre de Mahon. 11 y a longtemps que les deux bataillons du régiment de Jaën ont ordre de se rendre à Ceuta. J'ai eu l'honneur de rendre compte plusieurs fois à V. M. que pour avoir des états fidèles et exacts de la marine espagnole, j'avais envoyé des officiers de marine dans chaque port. Mais en attendant, j'ai envoyé tout ce qu'on ma pu fournir à la marine. Les gardes du corps me demanderont demain à être licenciés. Les deux bataillons de gardes espagnoles partiront lundi de Madrid, l'un pour TaiTagone et l'autre pour Burgos; les officiers de ce corps m'ayant témoigné le désir d'aller sur la route de Rayonne au-devant du nouveau Roi. Le régiment du Roi-dragons a quitté Madrid pour se rendre à Saragosse. Je lui ferai continuer sa route sur Perpignan. Il ne restera plus <à -Madrid de troupes espagnoles que 2 300 hommes, et encore je me propose d'en faire partir les gardes vcallones au premier instant.
J'ai reçu la lettre de V. M. pour le Roi du Maroc. Un officier du génie est déjà parti; je lui ai donné des instructions confornies à celles de V. M. J'ai écrit dans le même sens au consul à Tanger.
.\ la fin, je viens d'obtenir un état de situation des troupes espagnoles conforme au modèle de France. J'y joins la réponse du ministre aux différentes questions que je lui ai faites, d'après la lettre de V. M. du 16. Je fais observer à V. M. que les troupes légères n'ont qu'un bataillon, et que quoique plusieurs bataillons portent le même nom, ils ne font pas pour cela partie du même corps. J'y joins l'état des milices que le ministre de la Guerre désigne pour être licenciées, avec des observations sur les moyens de les remplacer par les troupes du Portugal.
J'adresse un troisième état par lequel V. M. verra facilemeni, à la première colonne, le nombre des bataillons par régiment, et les provinces où ils sont détachés. Je ne désignerai point à V^ .M. le nom des régiments pour former les seize mille hommes qu'elle m'avait ordonné de lui indiquer; je la prie de les désigner ellemême et sur-le-champ les ordres qu'Elle me donnera pour leur
mouvemeiil cl leur doslination S(M"ont cxôciit/'s. Kn un mot, jo prie V. M. (le \()iiloir, ainsi qu'Kllc inc l'avait fait csporer, faire le travail pour tonfr l'arniôo ospa<jnol(v Sire, c'est le seul moyen de bien aller et d'aller promplement.
D'après la renoneiation de Charles W vn faveiu" de V'. M., la mal- \eillance se |)laît à répandre (pu* mon autorité n'est plus lé;}ilinu', et la confianee s'altère. Les effets |)ublies sont tombés; et je l'assure à V. M., la confianee ne renaîtra (pie lorscpu' le sort de l'Espajpie sera décidément connu, c'est-à-dire lorstpie le nouveau Roi sera nommé V J'espère (ju'il l'est déjà. Je le répéterai à V. M., il serait très malheureux (pi'il ne le fût pas.
Les nouvelles (pie nous recevons des Asturies sont trainpiillisantes; tout est rentré dans l'ordre dans cette province. V. M. verra, j'en suis sûr, avec plaisir le bon esprit qui règne dans la proclamation du capitaine <jén(^ral de la Catalojjne. Les nouvelles (pie nous recevons <]('<< différentes provinces annoncent le même esprit.
Des lettres de Hollande annoncent (ju'il était (piestion en Angleterre d'une expédition contre Buenos-Ayres, de concert avec les troupes du Brésil. Des lettres de la Havane disent qu'on y craignait une expédition des Anglais : déjà on y prenait des mesures pour y organiser les milices. J'adresse à V^ M. l'extrait de tous les rapports. Je ne puis terminer ma lettre sans témoigner de nouveau à V. \l. l'embarras extrême dans le(piel nous nous trouvons; le service est sur le point de manquer partout, faute d'argent,
J'ai signé ce soir un arrêté sur le tarif des monnaies.
.^rrliives nationales AF'^' 16fl(j, I, (iS, el Archives du prince Murât. R. \I, p. (iO.
:j:i50. — MUHAT AU .MARECHAL BKHTHIKR
21 mai 1808.
A S. A. le Major (léntral.
Mon (lousin, je vous adresse un rapport (pie me fait M. \v. maréchal Moncey sur les retenues que l'on est obligé de faire pour
' Laforest à V.hampnijmj. — 25 mai 1808. — «... Il e.st j{(';n('TaI(;ni('nt df'-montrt' i\\\e la .soumission prc'raiit dans les diverses parti(>s rie l'F'^spagne, (|ii(; l'on y (k-sire une solution et (juc la principale didiciilti'î est imi(|iiement de mndérer l'impatienre. C'est l'intervalle entre l'attente et l'arrivée d'un nouicaii souverain (pi'il faut franchir avec dextf'rité, de manière à ne pas laisser refroidir les bonnes dispositions ou accroître les instigations ennemies. {Correspondance de l.a Foreff, ], p. V5 )
LIEUTENAVCK K\ MSPAG.Vi;. — 1808 161
rentretini des masses de linge et chaussures. Je vous prie de le mettre sous les ycu\ de rKrnporeur et de me faire connaître ses ordres.
3351. — MIR.AT .M GKXEHAL JLXOT '
Midiid, le :>2 mai 180« [à minuit].
Au Dur (i'Abranlès.
Monsieur le Duc, des offlciers d'étaf-major expédiés par le major «jéuéral vous portent des ordres. J'en proGte pour vous l'aire pa.sser deux paquet-!, lun de rKnipereur et l'autre du Prince de \eufchatel. J'ai reçu vos lettres des IG et 17. Vous avez pu \ous convaincre par celles que vouj avez successivement reçues de moi, de mon empressement à vouj faire connaître les événements qui se succèdent assez rapidement en Espagne. Je continuerai k vous tenir au courant, et malgré mes occupations, je trouverai toujours assez de temps pour vous écrire moi-même, sans avoir recours à aucun de mes officiers d'état- major. I^orsquc vous ne recevrez pas de lettre de moi, soyez sur qu'il n'y aura rien d'intéressant à vous apprendre.
Je vous prie de me faire passer l'itinéraire de la division que vous allez faire partir pour Cadix. Je ne crois pas vous avoir dit de faire partir les 6 000 hommes, mais bien que 1 intention de l'Empereur était de les y envoyer. Je ne me permettrai jamais de vous donner des ordres, à moins d'y être force par les circonstances, quoique je sois persuadé de l'empressement que vous mettriez à les exécuter. J'ai demandé des ordres à S. M. sur le nombre des troupes espagnoles à retirer de Portugal pour les envoyer en (lalice. Je ne puis tarder à les recevoir et j'espère dans trois ou (|uatre jours au plus tard pouvoir vous transmettre les ordres de l'Empereur à cet égard.
Lorsque je vous ai annoncé de faire connaître aux trouj)es espagnoles qu'elles devaient être traitées comme les -troupes françaises à dater du 1 "juin, c'était par ordre de l'Empereur. Il ne m'est pas permis d'en retarder l'exécution et vous devez bien en deviner vous-
' Piihlii'c par le D' Il SciiLniKit dans les Mi/tiiei/ujif/rn des Instituts fiir (islen echisclf (jciclialitsj'orschuug. 1889. X. Ijarid. V. Hofl. Brie,e Murais un Sdvary aux Madrid.
même les motifs. Il nous importe si essentiellement dans cette circonstance (le nous attacher l'armée.
Xous continuons à jouir ici delà plus grande tranquillité. Ce que nous apprenons des provinces est extrêmement satisfaisant. L'esprit de l'armée est excellent. J'ai été extrêmement content de tous les capitaines généraux qui, dans cette circonstance, se sont empressés de me donner des preuves de leur dévouement à l'Empereur. Je vous félicite de l'influence que vous méritez si bien d'exercer sur les bons Portugais et de la tranquillité qui en est le résultat.
Archives du prince Mural. R. XI, p. 7G, et .Irchiïes impériales de Vienne.
Aladrid, le 22 mai 180!<, à 2 heures du matin.
A Sa Majesté l'Empereur.
Sire, je viens de recevoir la lettre de V. M. du 18, à minuit, par laquelle vous m'annoncez la réception de la lettre de la Junte. Vous aurez reçu successivement l'adhésion de la ville et des militaires du premier gouvernement, et vous aurez appris que des députés sont partis pour venir vous faire officiellement la demande du Roi de Xaples pour souverain. J'espère que dès ce moment tous les soupçons que l'opiniâtreté du Conseil de Castille aurait pu faire naître, auront été entièrement dissipés. Je dois avouer à V. M. qu'il m'est impossible de deviner le sujet de votre mécontentement et des reproches que vous m'adressez. Jamais je ne les ai moins mérités. Je dois être d'autant plus étonné de les recevoir, que l'Espagne se trouve dans l'état le plus satisfaisant possible et oià l'on n'aurait jamais dû s'attendre de la voir arriver.
Le général Dupont partira après-demain, ainsi que V. M. l'ordonne, avec dix mille hommes : infanterie, cavalerie et artillerie. La brigade suisse de Talavera suivra son mouvement, et je donne ordre aux deux régiments qui se trouvent <à \Lilaga et à (îrenade d'en partir pour Cadix où ils formeront une brigade sous les ordres du général Schramm. La seconde division se rend à Tolède; la troisième restera provisoirement à l'Escurial. Il est impossible de faire occuper .^ranjuez à cause du mauvais air. Sachant que
' Publiée par M. .\. Lu.MBROSO, Correspondance de Murât, n" CCC.\.\.
LIEUTENAX'CE EM ESPAGXE. — 1808 163
y. M. désirait conserver à Madrid les cuirassiers, j'ai donné en place au général Dupont la brigade de dragons du général Pire, plus forte que celle des cuirassiers.
Il est impossible de se procurer en Espagne les 60 millions de réaux, que V. M. désire qu'on emprunte. On espère les trouver en France, si V. M. cousent à en extraire le numéraire, à condition d'en remplacer la quantité dans un temps donné. \on seulement le ministre de la Marine est médiocre; mais il est en ce moment-ci très malade dans son lit. V. M. fera un excellent cboix pour le remplacer en nommant ou Massaredo ou Espinosa. Cevallos est plus que médiocre : il est extrêmement dangereux '. J'ai lieu de le soupçonner d'avoir provoqué l'insurrection en Espagne par des pamphlets. Florida Blanca est un honnête homme, mais il a 80 ans.
J'ai envoyé hier à V. M. l'état de situation des troupes espagnoles, en la priant de désigner celles qu'Elle désirait taire passer en France. Je sais que je déplairai à V. M. en vous répétant que je ne crois pas le moment favorable pour ce mouvement, et que huit jours de plus ou de moins ne font pas grandchose. Que V. M. nomme le nouveau Roi, et dès lors ou peut tout faire. En attendant, 4000 hommes qui se rendaient à Cadix sont arrêtés sur Séville, et sont disposés de manière à pouvoir se porter en France par la Catalogne ou par la Vieille Castille.
Je fais passer à V. M. les différents rapports journaliers des différents ministres.
Je me détermine enfin à adresser à V. M. les délibérations du Conseil de Castille. V. M. pourrait mal interpréter les motifs qui m'avaient fait croire inutile de les envoyer; Elle se convaincra que j'avais voulu lui épargner la peine de lire un aveu arraché par force et des expressions peu dignes.
Le général Junot m'annonce par sa letttre du IG que l'escadre anglaise a disparu depuis (juelques jours. Il ajoute qu'il fait son possible pour décider l'escadre russe à sortir, au moins pour observer, et qu'il m'informera du résultat de cette insinuation. Il me prie de retirer du Portugal les troupes espagnoles. Je ne le ferai certainement pas a\ant d'y avoir été autorisé par V. M., et j'attendrai les ordres que je lui ai demandés hier à ce sujet, car il sera indispen-
' Aliirat voyait juste sur le compte de Cevallos; celui-ci. créature de (ïodoï, rallié tour à tour à Ferdinand et à .Joseph, devait bientôt abaudoiiuer celui-ci et publier une brochure retentissante : Exposé des moyens employés par Xnpolé.jn pour usurper lit couru/iite d'Espayne. Il lut un des a<{cuts les plus actifs de la résistance espagnole.
sable de remplacer les milices qui seront licenciées en (lalice.
Je joins à ma lettre copie d'une circulaire que le Conseil des Indes adresse en Amérique.
Une seconde lettre que je reçois à rinslanl du «{énéral Jimol me mande qu'il prendra les ordres de V. M. avant d'envoyer à Cadix les G 000 Français dont je lui avais parlé dans une de mes précédentes lettres. Je m'empresse de prévenir V. M. que j'avais écrit au «{énéral Junot (jue V. M. m'annoinait son intention d'envoyer G 000 hommes à Cadix, et que j'ajoutais qu'il devait attendre vos ordres. Le général Junot se trouve avoir 15 000 ^]spa«{nols en Fortufjal, d'après l'état de situation (|u'il m'envoie, dont SOOO à Oporlo qu'il peut réduire à (juatre. Je j)ourrais donc en tirer iOOO, si V. M. le jugeait à propos, pom- remplacer h's milices licenciées de (lalice.
Je joins ici une note sur les plus riches capitalistes <le Madrid.
Archives nationales, .«IF'VieOG. 1, 71. et .^rcliiies du prince Mural. R. XI, p. li.
3353. — MURAT A O'FARRILI.
Madrid, 22 mai 1808.
Monsieur le ministre je vous prie de faire porter par un courrier extraordinaire l'ordre aux deux régiments suisses (|ui se trouvent à (Irenade et à Malaga, d'en partir sur-le-champ pour se rendre à Cadix où ils formeront une brigade sous les ordres du général Schramm, et pour y faire partie du corps du général Dupont.
.Archives du prince Murât. U. XI. p. 225.
335^. — MUR.'iT A X'APOLKON'
Miidrid, le 23 mai 1808, à 3 heures du malin.
A Sa Majesté l'Empereur.
Sire, je viens de recevoir les (piatre lettres de V. M. du !!>. Tous les ordres de mouvemeiif pour le corps du général I)u|)ont étaient déjà donnés, cl je n'y cliarigcrai rien, |Miis(|u'ils sont enticr»'-
' Publiée par .M. .\. I,imhhoso, Correspondu nce de Murât, n* (iCdWl.
LlKLTEMAiVCK KM IsSPAli.VK. — 1808 165
tnciit coiirormcs au\ intentions d(>\. M.. Le général Dnpontaura avec lui environ 2 ,500 hommes (l(> cavalerie. Je ne ponnais point placer de troupes à Aranjuez pendani les trois mois de chaleurs, sans nous exposer à les voir toutes tomber malades. Aussi le 3'"' bataillon suisse (]{w j'y laisse, n'y restera (](ie le temps nécessaire pour l'évaenation des mahi(h'S
'l'oiis les réjpments d<' marche et réipments provisoires ont été ineoiporés le lendemain ou le jour même de leur arrivée. V. M. aura vu que je m'étais entièrement conformé à ses dispositions, puisque j'avais envoyé la brigade de draj^ons au jjénéral Dupont, et que j'ai appelé à Madrid les cuirassiers et la brigade de hussards. J'attends sons peu de jours la brigade La Grange et d'autres troupes de marche.
Je vais faire tout disposer an Ferrol pour l'expédition de Buenos- Ayres; mais c'est toujours l'argent qui manque; on est toujours aux expédients pour s'en procurer. Les premiers 500 mille francs qui rentreront seront envoyés au Ferrol. Xous engagerons, s'il le faut, les diamants, les domaines et lescomnianderies attachées à la Couronne. Au reste, le ministre des Finances part demain matin, et mettra sous les yeux de V. M. le tableau des linances du royaume. Le ministre de la Marine pense qu'avec 6 millions on peut effectivement mettre en état les vaisseaux qui peuvent servir dans les trois départements. Le ministre de la Marine lui-même et tous les marins que j'ai vus, m'ont paru enchantés des dispositions favorables de V. M. pour le rétablissement de la marine espagnole. Tous promettent zèle, activité et dévouement.
J'avais annoncé à V. M. que j'espérais pouvoir amener les gardes du corps à demander à se rendre à l'armée du Xord. Mais toute tentative a été jusqu'à ce moment inutile. Ils partent pour l'P^scurial,et le ministre de la (luerre espère, ainsi que moi, qu'affranchis de toute influence ennemie, ce corps fera de sérieuses réflexions et se rendra où V. M. l'appelle. Ils sont travaillés ici dans toutes les rues. Il n'y a pas de propos absurdes que la malveillance ne répande. Par exemple, on dit que le bouleversement de la monarchie commence par les gardes du corps; que bientôt suivront les autres changements, que l'armée va toute passer successivement en France, et de \à aux pays étrangers. La conscription alarme les Espagnols; ou l'annonce comme certaine. Quand on a vu le départ des gardes espagnoles, on a dit que c'était pour les licencier. Aussi ne ferai-je partir de Madrid que plus tard le bataillon que j'avais annoncé devoir envoyer à Burgos; l'autre part demain pour Tarragone.
Sire, qu'il nio soit permis de vous le répéter, tout va au-delà de vos espérances, et ce n'est pas le uionienl d'envoyer les troupes espagnoles en France. Dai;{nez attendre la nomination du nouveau lloi; alors V . M. pourra tout faire sans aucune espèce d'inconvénient. Je lu'ine lasserai jamais dédire qu'il est instant de nommer le nouveau Hoi; et ne croyez pas, Sire, que c'est pour moi que je parle. Mes instances sont indépendantes de tout intérêt particulier. Je ne me consolerais jamais si V. M. pouvait me sou|)(onner de tromper sa confiance et de ne voir que mon intérêt. V. .\I. me dit qu'Elle attendra l'effet ([n'aura produit la proclamation de Ferdinand pour prendre un parti. Elle n'a produit d'autre effet (jue celui de mettre tout le monde à son aise, puisque chacun se voit délivré de son serment; mais partout on s'attendait à ce qui vient d'arriver.
J'espère que tous les raj)ports que V. AI. reçoit doivent entièrement la rassurer sur la tranquillité du royaume et sur les dispositions des Espa<T[nols. Le général Castanos, qui commande le camp de S' Rocb, me fait dire par mon aide-de-camp que je puis com|)ter sur lui comme sur un général français, et qu'il se charge de l'approvisionnement de Ceuta et d'y faire passer des renforts. Vous verrez par sa lettre que son corps d'armée est bien disposé. Il serait peut être essentiel que \ . M. m'autorisât à faire insérer dans les gazettes des extraits de lettres des différents capitaines généraux '. Le bon esprit qui y règne en imposerait à la malveillance et remettrait tout dans l'ordre. Je n'ai pas osé prendre sur moi de le faire.
V. M. ne me parle plus de l'assemblée qui doit être réunie à Rayonne avant le 15 juin. Cependant je lui ai annoncé que tous les ordres étaient donnés pour cela. J'avais annoncé à V. M. (|ue tous ceux qui étaient à Rayonne en feraient partie; cependant vous me dites qu'ils sont en route pour revenir à .Madrid. Il n'est pas non plus question del'Infantado ; cet homme serait très dangereux en Espagne.
Je vais prendre mes mesures pour faire établir des tentes, mais j'entrevois beaucoup de difficultés. Nous n'aurons pas d'arbres, et nous ne pouvons nous procurer du bois pour faire des poteaux, ni d'argent pour faire des toiles. Je crois d'ailleurs que cette précaution ne nous garantira pas des maladies, puisqu'elles tiennent aux localités, et que les habitants des maisons sont atteints de fièvres pendant les grandes chaleurs.
' Aliirat venait de recevoir entre antres une lettre de Don Tliomas de Morla, alors «gouverneur de Grenade, et bientôt l'un de nos plus ff'roces adversaires, lettre » pleine de protestations de fidélité. » {Correspondance de Laforest, 1, p. 82.)
MEITKX'.^VCE E\ KSP.Ar.XK. — 1808 167
Je réunirai le Conseil de Castille pour savoir ce qu'il pense du Code Xapoléon. Durand est membre du Conseil, et non de laJunta; à la première délibération, il fut le seul qui vota pour le Roi de Xaples. Je sais que c'est un brave homme; je passerai sur ses autres qualités.
Mais le premier qui se soit prononcé sans réserve et qui n'a jamais varié, c'est le marquis Caballero. J'adresserai à V. AI. des notes sur chacun des membres de la Junte, qui tous sans exception marchent on ne peut pas mieux. Le ministre de Russie se conduit très bien. L'ambassadeur de V. M. et celui de Hollande en sont très contents. Je viens de faire expédier à Cabarello l'ordre de se rendre à Madrid, où je le mettrai à la tète de la Caisse de consolidation.
Massaredo ou Espinosa seront d'excellents ministres de la Marine. J'avais désigné pour le l'emplacer Caballero, parce que c'est un homme d'esprit, et que V. M. m'avait dit de lui faire connaître sa satisfaction sur sa conduite.
Je n'ai donné aucun ordre au général Junot. Je lui ai dit que V. M. destinait 4 000 hommes pour Oporto, et -4 000 pour les Algarves. Il demande lui-même aujourd'hui qu'on lui en retire 6 000, mais je ne le ferai sans y être autorisé par V. M.
J'ai adressé à V. M. l'état des milices qui sont proposées pour le licenciement. On attendra également vos ordres.
Tout porte à croire que les Anglais ne tenteront pas de débarquement, en apprenant que la tranquillité règne sur toutes les côtes et dans toute l'Espagne.
Après demain, je ferai manœuvrer douze bataillons du maréchal Moncey; après les avoir laissés longtemps au détail, il est temps de les exercer aux grandes manœuvres.
V. M. ne cesse de me recommander qu'il faut que nous trouvions de l'argent. Sire, nous n'en trouverons que quand V. M. aura déGnitivement prononcé sur le sort des Espagnols.
M. Laforêt, le général Relliard et les ministres travaillent sans relâche aux différents mémoires qui leur ont été demandés.
Ayant fait annoncer par le ministre de la Guerre à l'armée espagnole qu'à compter du l"juin elle serait traitée comme les troupes françaises, je prie V. M. de donner au général Junot des ordres conformes à cette disposition.
Archives nationales, .^Piv 1606, 72, et Archives du prince Murât. R. ,XI, p. "7.
ir.S JOACIllM Ml 15 .\ T.
;5:r>5. — MUI5 AT Ali M.XIIIÎCII AI, T.KSSIKiîMS
Madild, 'l't mai (ISOS . h I lieiri'ilii iiiiliii.
M. le iiiaiorliai, j'ai iccii volic (Icinièic Icllic pai' la(|ii<'l!r vous m'annoncez la niarclic de loiis les halailloiis cl osiadroiis de (ous les ré'jiinents de niar.lu*. (los Iroiipcs srioiil iiuoipoK'cs à leur anivéc dans leurs corps rcspcdifs. Xons n'avons point d'aiilrc cailc an burean de la ;;nerre que la carte de iMentellc, cl nie (ronvani en avoir deux, c'esl avec plaisir (|ne je vous en lais passer tine. Xous jouissons ici de la plus <{rand<' lr;!n(|tiillilc et les iM)nvelIcs (|ue je reçois de toutes les provinces du ro^auuu' sont très saiisl'aisaiilcs. liC réjjimcnt des carahinicis ro\aux s'est porté sur Ovicdo d'après mes ordres, poin- y l'aire restituer des armes que les paysans avaient enlevées de l'arsenal de celte ville. L<'s deruières nouvelles (|ue j'en ai leeues nous anncuicent (juc tout y est rentré dans l'ordre.
Le ministre des J''inances part ce matin pour Hayonne. Je vous j)rie de donner des ordres pour qu'il puisse se servir des relais de rKm|)ereur. (^e ministre ne saurait arriver trop vite auprès de Sa ÀJajcsté. Le «jénéraî Dupont marche avec une partie de son corps d'armée sur Cadix.
Je vous renoHveile...
.Arcliives nalioiiales, el Arcliivis dn Piiixe Muiit. K. XI, p. S3.
:j;}56. — MIRAT A XAPOLKOX '
Madrid, le 24 mai lSi)8.
à 2 lioiiics el demie du malin.
A S(( Majesté l'Empereur.
Sire, il n'esl point arrivé aujourd'hui d'estafette et par coiisé- (|iieiil je n'ai point reçu de lettre de V . M. On a encore (ciilé aujourd'hui de vains cfTorts pour décider les jjardes dn corps à demander à aller à l'armée; ils ont é'té inutiles. Tons les officiers se sont présentés en cor])s pour me prier de les laisser encore (|iiel- (|ucs jours à \L'idrid et de les envoyer à (liiadalaxara au lien d<' I Kscurial. J'ai t(Mil refusé. Ils partent décid(''ment demain pour l'Escurial, où ils seront sous la surveillance dn j|énéral Frère. Poui'
' l'iililiéc par .\I. .V Li .xiiinoso, Correspondimcc rie Mural, n" (KICWII
LiKi TKV.wci': K\ i;si».\(;.\i:. — isds luu
les cii<[a;jor à partir, je Irur avais iail espérer la conservation de leur eorps, l'ail entrevoir que eelait le seul moyen de se reni're (liitnes (les honlés et ûc leslinie de V. M. el de leur nouveau souverain. Je laissais les appointements en entier aux vieux ot'ticiers hors d'état de faire !a jjuerre. Ils ont refusé Ions ces avantnjjes, |)arce (pi'on U'ur a lait entrevoir que dans le nouveau système, ils ne pouvaient pas être cciiservés. (le corps s'attend à être licencié dans quelipies jiuns à I Kscnrial. (le corps qtii, il \ a trois mois, (lait o;!ieu\ à la nation, sera aujourd'hui uji peu rejp-etté, parce (|u'on lui a attribué la chute du Prince de la Faix. Au reste, i armée l'a toujours vu ('"un mauvais ceil, et verra son licenciement avec plaisir.
Sire, je persiste à penser qu'il serait très inipolitique de faire partir pour France dans ce moment-ci les troupes espagnoles. Je crois en avoir dit hier les motifs à \ . M..
Le ministre des Finances est parti ce matin pour Bajonne; il nous laisse sans le sol et sans crédit. Après avoir fait vainement t«mtes les démarches possibles auprès des bantpiiers de cette ville pour me procurer quelques millions, voulant cependant me conformer autant qu'il est en mon pouvoir aux ordres de V. M., et activer de suite les travaux de la marine, j'ai fait appeler Murphy, -Murjja et .Michel, de Paris (ce sont les plus riches de Madrid) pour leur proposer d'entreprendre les fournitures de la marine. Je n'ai (|u'à me louer des bonnes dispositions dans lesquelles je les ai trouvés. Ils m'ont dit : a Quant aux espèces, il est impossible de s'en procurer dans ce moment-ci; il ne se fait absolument aucune affaire, et il ne s'en feia que lorsque le sort de iKspagne sera décide et connu. Mais nous nous charjjerons de faire les fournitures de la marine, en passant un traité avec le Gouvernement qui nous donnera des assignations sur le Mexique et sur les douze millions de francs qui sont déjà à Londres pour son compte. •> Ils doivent entrer demain en négociation avec le ministre de la Marine. Ils m'ont ajouté, et surtout Michel : - Xous ne voulons que nous rendre agréables à l'Empereur; notre fortune est indépendante, et nous ne pouvons avoir d'autre but que d'être utiles, en commandant la confiance. " Ils doivent en outre faire leur possible pour nous procurer de suite un nouvel emprunt de 3 ou 4 millions. Cela nous servirait à payer les ouvriers des ports, la solde de l'armée et les employés.
Espinosa, qui est sans contredit celui qui connaît le mieux les finances de l'Espagne, travaille constamment avec Laforét. Peutêtre nous procurcra-t-il quelque expédient pour avoir de suite
quelques fonds. Dans toutes les provinces où sont des troupes françaises ou espagnoles, on ne cesse de nous demander de Tarf^ent. Nous sommes véritablement dans une circonstance 1res crilicjiie, el je suis convaincu «piil n'y a que V. M. qui puisse nous en tirer.
J'adresse à V. M. différents rapports du jour des ministres et des capitaines fjénéraux, et celui de mon aidc-de-camp envoyé à S'-Hoch. J'y ajoute un rapport de rin;{(''nieiir de la marine sur les vaisseaux qui sont à ré|)arer à Carthajjène, tîadix et Le Kerrol. V. M. verra que les Marocains continuent leurs mouvements sur Ceuta et Le Penon ; que les Anjjlais ont des troupes de débarquement devant Cadix; que les forts ont tiré sur un vaisseau de Tiqui venait en parlementaire et (pie l'on a reçu un parlementaire qui venait dans un canot, mais qui n'a point pris terre. Je \iens d'ordonner qu'il n'en soit plus reçu à l'avenir.
Tous les ordres sont donnés pour commencer les réparations au Ferrol, et jiour préparer l'expcniition de Huenos-Ayres. Mais comme les vaisseaux armés qui se trouvent dans ce |)ort ne porteraient que 1 400 ou 1 500 bommes, et (|ue le succès de cette expédition dépendra surtout du secret et de la promptitude, le ministre de la Marine m'a fait connaître qu'il serait à désirer que V. M. put envoyer des bâtiments pour transporterie reste des troupes, jusqu'à la concurrence de 3 ou 4 000 bommes et qu'alors on serait presque sur de la réussite.
Je reçois à l'instant un rapport de la marine que je joins à ma dépèche, n'ayant pas le temps de le faire traduire. V. M. verra combien il est instant de secourir le port de Cadix. J'écris par courrie»* extraordinaire au jjénéral Solano de disposer, en cas de débarquement, des troupes qui devaient s'arrêter là Scvillc. Le général Dupont \a se porter à marcbes forcées sur ce point. Je ferai tout mon possible pour envoyer quelques fonds à Cadix.
Archives nationales, .îF'^ 1606, ".'î, et .archives du prince Murât. R. \I, p. 84.