‹ Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1767-1815Chapitre 52 sur 104 · I.oo, le 2(j août · texte numérisé non relu

I.oo, le 2(j août

Mon cher beau frère, j'ai reçu avec plaisir la lettre que vous m'avez écrite, je ne savais votre élévation que par les journaux. Je n'avais pas fait attention que vous ne m'aviez pas répondu, ainsi vous me permettrez de ne pas répondre à votre lettre officielle. Je vous ai su malade avec peine et j'ai bien pris peine à tout ce qui vous concernait. Je vous désire le bonheur et la gloire qui ne peuvent manquer de suivre comme Roi celui qu'ils ont si bien accompagné jusqu'ici.

Je sens très bien que mon frère n'a pas beaucoup des siens avec lui et j'avais déjà pensé et senti, sur le bruit de votre départ, que ce serait une grande perte pour lui et par conséquent pour la famille, qui dispersée et en grande partie hors de France, ne peutêtre que de peu d'utilité pour une cause qui est commune k tous ses membres, accoutumés depuis plusieurs années à être traités et considérés comme étrangers et... ne peuvent changer mes sentiments ni ma conduite ' (sic).

Je fais tous mes efforts |)our gagner des. amis à mon frère et à ma famille, mais je suis trop contrarié par ceux qui n'aiment ni l'un ni l'autre, et j'ai tant de raisons de ne pas me trouver heureux que je n'ai ni la force ni la volonté de lutter comme je le devrais peut-être pour me maintenir dans l'esprit de mon frère; je suis résigné et j'attends avec une entière résolution tout ce que voudra ordonner Celui qui de là haut se rit sans doute de la haute importance que nous attachons à des misères.

Adieu, mon cher Murât, expliquez-moi pourquoi vous n'avez pris congé de la Reine qu'au bal '? D'où vient ce changement? J'embrasse vos enfants.

Votre affectionné beau-frère

Louis.

Archives du prince .\liira(. Papiers du C" de Mosbourg.

' Cette lettre est publiée d'après une copie qui se trouve dans les papiers du O" de .\iosbourg.

■ Murât et Caroline avaient assisté, le 21 aoiît, au bal donné à l'Iiôtel de ville de Paris pour la Saint-\'apoléon ; l'Kmpereur, l'Impératrice et la reine de Hollande y assistaient également.

3130. — MIRAT A \AIH)L1-X)N

Tiiiiii, li< 29 août 180S, SiRK,

Je uroniprosso (r.iimoiiroi- à V(Uio MajosU' mon arrivée à Turin; iiuioiiid'luii j'ai reçu la dépiitalion napolitaine, j»' vous adresse son discours et ma réponse; je prie Votre Majesté, si elle se déterminait à les rendre publies, à y (sic) faire tous les changements dont ils sont susceptibles, n'ayant en eu \ue que de dire des choses convenables et surtout bien senties, quand il a été (luestion de parler de Votre Majesté; je continuerai ma route demain '.

Votre Majesté \erra par les extraits des lapporls ci-joints (jue la tranquillité continue à régner dans toutes les provinces du royaume, malgré toutes les intrigues et les menaces de la reine Caroline. Cependant on parait avoir (|uel(|ue inquiétude sur quelque convoi qu'on croit destiné contre le royaume, mais j'espère être arrivé à temps pour les bien recevoir, s'ils s'avisent de \ouloir nous visiter.

J'ai vu ici particulièrement le préfet, rarchevèque et quelques autres personnes attachées à Votre Majesté, ils m'ont tous dit (jne la malveillance cherchait à remuer l(>s esprits et (|n'elle profitait des mauvaises nouvelles reçues d'Espagne, pour porter le peuple à la révolte. A Lyon, l'esprit public n'y est pas meilleur. Il y a, surtout à Turin, une classe d'hommes influents, propres par leur fortune, leur nom et leur manière d'être, à exercer des places de la Cour à Paris; Votre Majesté en a nommé plusieurs, mais ils sont ici et ils y conservent leur influence, on pense qu'il serait très politique de les appeler à Paris et d'en augmenter le nombre; l'expérience prouve que ceux qui reviennent d'auprès de Votre Majesté, en rapportent des sentiments tout à fait difiérents de ceux avec lesquels ils sont partis. On pense aussi qu'il serait égaleu)ent bon d'augmenter le nombre des jeunes gens (|ue Votre Majesté destine à être élevés en France.

Les Anglais croisent continuellement sur les côtes de la Hivière de Gènes; ils cherchent à inquiéter le petit cabotage, et tout cela dans l'intention d'aigrir et d'indisposer le peuple. En un mot les affaires d'Espagne et du Pape semblent aujourd'hui occuper les

' Jnurnal de l'Empire, 2^^ aoùl 1808. — i Paris, 23 août. S. M., le Roi fies Deiix-Sicilcs est parti hier de Paris pour se rendre dans ses iMals . .Murât était arrive à Lyon dans la nuit du 2V au 25 et en était reparti le 26, à 10 heures du malin.

UOYALMK DE \APLES. — 1808 281

esprits; on parle aussi d'une «juerre avec rAutriche, mais les amis de Votre Majesté ne la craijjneul pas, ils la désirent plutôt; ce désir est commun à vos ennemis, mais dans un espoir bien différent, voilà ce que j'ai pu recueillir en galopant, pour ainsi dire, la poste.

Sire, l'expérience me prouve chaque jour davantage que Votre Majesté a toujours raison, et qu'elle connaît mieux que personne les hommes. J'ai voulu chercher à connaître un de ceux qu'elle m'a donnés à regret, j'ai dt>jà des preuves en main de sa déloyauté. J'attendrai d'en avoir de nouvelles pour vous nommer cet individu.

Je ne passe [pas par Milan ', parce que je pense qu'il est très urgent que j'arrive et que je perdrais trop de temps, j'écris au Vice- Roi pour lui témoigner mes regrets. J'ai trouvé ici un de vos chambellans envoyés par S. A. I. pour venir nous engager à passer par Milan.

Je suis...

Arcliives naiionales. AF" l'ii» ('102V

liV-n — AURAI A XAPOM-IOX

Albano, le 4 septembre 1808.

Sire,

Votre Majesté nous accorda avec regret le S' Baudus pour sousgouverneur du Prince royal. Le hasard a fait tomber entre mes mains trois de ses lettres, une adressée à M' Lavalette, les deux autres à sa femme et à sa fille. J'ai l'honneur de faire passer à \ otre Majesté copie de la première de ces lettres, et des extraits des deux autres; je lui enverrai les originaux quand Elle le désirera. J'ai pensé que je ne devais pas attendre de nouvelles preuves de sa perfidie, pour vous adresser celles que j'avais déjà, parce qu'il

• ' Après Turin, Ahirat passa par Regj^io, Modèue, arriva le 31 août incognito à Bologne, de là passa par Ancône où il fut reçu par le général Lemarois. et le 3 septembre, il arriva à Rome où il fut reçu par le général Miollis. Murât quitta iSome, accompagné par le chevalier .Altieri, directeur des Postes de l'Etat pontifical, qui l'accompagna jusqu'à Terracine. « Sa Majesté le chargea d'aller (à son retour à tîome) chez le Saint-I'crc pour lui faire des complimeuls de sa part et pour lui tcmoigu(;r le désir qu'il aurait eu de lui présenter ses honmiages à son passage à Rome, si tes circonstances le lui eussent permis. Le chevalier Altieri s'en est acquitté (c'est hii-mème (|ui me l'a dit) mais le Saint-Père ne reçut pas cela avec plaisir. » (Lettre de Pasqualini, Rome, 9 septembre 180X. Archives nationales, AF'^ ItiUS. l'+V.)

282 JOACIIIM M 115 AT

parle tr<)|) c-laircmi'iit de \<)lcans et (|uc les papiers dont il est (pieslioii dans mic de ses lettres peuvent achever de le dénias(|uer.

Votre Majesté verra, j'en snis snr, avec peine qn'on s'explique aussi clairement snr les délauls d'Achille, et (|n'on prenne |)()ur conlident W l.avaletle.

Je ne renverrai cependant le S"" IWuidns qu'après y avoir été autorisé |)ar Votre Majesté, (pii certainement ne voudra pas laisser plus lon;jlemps mon lils entre les mains d'un homme aussi déloyal.

Je suis...

.■\iTlii>cs iiali. maies, .AF'» l'U" (107).

3V32. — .AILH.AT A iX^POLKOX

.^ll)aiio, le 4 sepfembre ISOS, soir.

SlRK,

Je n'ai pas écrit à Votre Miijesté depuis Turin. Oblijjé de passer ici une journci' pour avoir des nouvelles de la frontière de IVaples, pour mon entrée, je ne saurais mieux l'employer qu'à rendre compte de tout ce (jue j'ai vu et observé d'intéressant le Ion;; de ma route.

Je me suis convaincu que l'esprit était excellent à liey<{io, à Modène, à Imola, à Faenza, <à Forli surtout, à Cesena, à Himiai, <à Pesaro, à Lorette, h Tolenlino plus (pi'ailleurs, l'enthousiasme des habitants de ces villes m'a prouvé combien Votre Majeslc' pouvait compter sur leur attachement. Les villes de la Homagne et celles surtout des nouveaux départements réunis, où j'ai passé pendant la nuit, furent illuminées et les cris de c Viva Napoleoue il Grande " m'accompaynèrent depuis la porte d'entré<' jusqu'à la porte de la sortie; aux .. Viva XapoJeone il (îrandc • se mêlait celui de t. Bonaparte il noslro liberatore » ; j'avoue (jue j'ai été agréablement surpris de la joie qu'ont fait éclater les nouveaux départements réunis, connaissant les intrigues de Home pour les agiter. La peur de la conscription avait réuni sur les montagnes quelques séditieux, les gardes d'honneur et (juchpies gendarmes ont suffi pour tout dissi|)er. Les sous-j)réiéts de Tolentino et de Camerino m'ont paru être d'excellents sujets, ils (Mil parfaitement bien pris, et ils m'ont assure avoir fait la conscription dans leur arrondissement non seulement sans obstacle mais même en badinant; ce sont leurs propres expressions.

Je in'attend.iis ,ï tionverdans lesKtats du Pape les figures un peu plus sévères, (pici a été mon étrtnnement arrivé à Foligno de voir

KOVAIMM DK XAPI.KS. — |80S 283

que ces villes ne le cédaient en ricu aux autres, au contraire elles semblaient appeler la même main qui avait délivré les autres. A Terni renthousiasme était à son comble, un jeune prêtre à la tête du peuple let ce peuple se composait de toutes les classes) n'a cessé de faire entendre les cris de ^ Viva il grand Xapoleone, il nostro sovrano che si libère anche noi - . La garde civicjue est organisée dans toutes les \illes et malgré rexcommunication lancée contre eux, pas un n'a donné su démission, au contraire le nombre s'en est jiccru; à Xarni et Otricoli toutes les maisons furent illuminées; enOn j'ai recueilli partout sur mon passage des témoignages de l'amour et de l'admiration qu'on porte à \otre Majesté. .\ Uonie je n'ai pas remarqué le même enthousiasme parce que c'est là que la puissance sacerdotale exerce toute sa force, mais cependant je vis la joie que tous montrèrent en voyant quelqu'un de la famille de Votre Majesté; les rues étaient remplies de peuple. Ici l'enthousiasme a recommencé, il est plus grand à mesure qu'on s'éloigne de la capitale.

Le général Miollis est très bien vu à Rome, il est généralement estimé, il m'a laissé entrevoir qu'il n'était que commandant de la légion d'honneur et que son frère, quoique adjudant-commandant, n'était pas même légionnaire; cet oubli est, dit-il, humiliant pour moi, surtout l'effet s'en fait plus sentir à l'étranger qu'en France, etc. Votre Majesté le rendrait bien heureux en le faisant grand officier et en donnant la croix de chevalier à son frère.

Sire, voilà ce que j'ai vu le long de ma route et voici le résultat de mes observations, d'après l'avis de tous les gens de bien qui mont approché. Les choses sont arrivées à un tel point et le Saint Père pousse si loin son entêtement que Votre Ahijesté est forcée de [)rendre un parti; et il serait très dangereux de laisser plus longtemps entre les mains du Pape l'arme du fanatisme qu'il cherche à employer par toutes espèces de moyens. Votre Majesté peut tout, et le reste de linduence que conserve encore le Pape disparaîtra dès qu'EUe se sera prononcée. Sans doute Rome comme le reste des États romains désire un changement, mais avec cette différence qu'elle craint parlui de cesser d'être capitale et sa noblesse de perdre ses titres et elle sait qu'elle ne peut pas rester indépendante parce que ce qui reste des Etats romains est trop petit. Si donc Votre Majesté trouve le moyen de laisser entrevoir à Rome qu'elle sera toujours capitale et que sa noblesse conservera ses titres, c'en est fait du Pape; le lendemain tous ses sujets l'abandonnent et il n'y aura pas la moindre difficulté à lui faire déclarer qu'il n'est plus leur souverain. Ce que j'avance est de toute vérité, je le garantirais

sur ma tète; co moyen sauverait à Votre Majesté toute espèce de (lémarclie directe contre le Saint-Père, fermerait la bouche à la malveillance, imposerait silence à ceux (|ui voudraient indisposer les Cabinets de l'Kurope, et V^itre Majesté n'en aurait pas moins atteint son but. Ce qui vient d'arriver prouve déjà (|ue l'autorité papale n'est plus rien, on vient de la nu'connaître : les commandants de la ;{arde civi(|ue ont fait arraclu'r les édils d'e\co!umunicalion (pi'avaient fait af'liclicr les «{ouverneurs, et la plii])ar( (rentre^ eux ont été arrêtés, le peuple loin de s'\ opposer s'en réjouit. Knlin on fait l"air(> tous les jours de nouvelles sollises au Saint-Père, on craint qu'aujourd'hui il ne cherche à auuMiler la capitale et qu'il ose lancer une excommunication contre Votre Majesté; je suis resté ici exprès, et s'il pouvait s'oublier jus(|u'à ce point, je l'en ferais repentir; je prendrais un parti (|ui le mettrai! hors de pouvoir tromper plus lonjjtemps les peuples encore ijjiioranls et crédules, .le rendrai compte demain à Votre Majesté <!«' ce (pii sera arrivé.

On m'a rendu compte que depuis six ans les mouvements des -Anjjlais sur la côte de Civita Vecchia n'axaient pas été aussi fréquents. Ou croit toujours à l'existence d'un projet d'enlever le Pape, c'est peul-éire ce (|ui pourrait arriver de plus heureux.

I^a tranquillité continue à réjjner à Naples et on m'assure par (!es lettres du 2 qu'elle semble iiiérne se consolider chacpu' jour davantage.

Voilà bien le compte exact et vrai de l'état des choses, j'ai cru que je devais le faire connaître à Voire Majesté et la rassurer sur la prétendue influence du Pape qu'on se plaît à exaji[érer de loin; on m'avait moi-même alarmé de Turin; je suis parfaitement rassuré, que Votre Majesté s'explique et tout sera fini.

Ma santé va très bien, j'ai assez bien soutenu la roule. Il y a bien lon<]temps que j'ai ([uifté Voire Majesté, et chaipie jour j'en sens accroître mes rejjrets en pensant cpie je me suis ('loijjné <!e l'auteur de mon existence politique et de celui (|ue je chérirai jusqu'à mon dernier soupir.

Je suis de Votre Majesté...

Jo.icniM \u'oi,h;o\.

C'est le cardinal .Aiitonelli (pii niènc (oui à Rome, cl le Pa|)C confirme toul, et son cntêtemeni l'ail la force de ce c.irdinal.

.^icliivps iiatioiialr-s .\F'^' 1695, .affaires de Koine \HOH, pièce l.'iN.

ROYALMK I)K VAPLKS. — ISOS 285

3V33. — MURAT A NAPOLÉOX

Xaples, le " scplcrabre 1808.

SinK,

Je m'empresse d'annoncer à Votre Majesté que je suis arrivé à Xaples, bien portant et en état de m'occuper de suite des affaires du gouvernement. Je ne puis encore rendre aucun compte sur l'état du beau royaume (ju'Elle m'a donné, mais j'espère être à même dans quelques jours de lui adresser un rapport général sur toutes les parties de l'administration. La tranquillité la plus parfaite règne, et je crois pouvoir assurer qu'elle sera de longue durée, si je dois en juger par l'accueil que j'ai reçu hier des habitants de ma capitale ' et de ceux de toutes les villes que j'ai traversées depuis la frontière jusqu'à Xaples. Il ne m'appartient pas. Sire, de vous en parler; je pourrais être soupçonné d'exagération, je laisse aux ennemis même de V otre Majesté et aux miens la liberté et le soin de vous faire connaître l'excès d'ivresse à laquelle se sont livrés tous les Napolitains de toutes les classes, hier pendant mon entrée. Je ne crois pas qu'il soit possible de citer un spectacle plus brillant et plus fait pour émouvoir. Il n'est pas de nature à donner à la reine Caroline l'envie d'essayer quelque chose contre mon royaume.

Il y a eu combat à notre avantage d'une division de canonnières contre un brick anglais escortant un convoi qui a été dispersé, et qui, criblé lui-même, a été forcé de prendre la fuite. Ce combat a eu lieu dans les eaux del Diamante.

La corvette et la frégate sont en rade et sont prêter à mettre à la \oile pour la Spezzia.

Ma famille arrive demain.

Conformément aux ordres de Votre Majesté, j'ai pris le comman-

' L'ambassadeur de France à \aples, d'Aiibiissou, écrivait à Champajfoy. le 7 septembre 181)8 : * Le Roi est arrivé hier, il a fait son entrée à cinq heures du soir. S. M. a été très bien reçue. Beaucoup de monde remphssait les rues. Les balcons étaient combles de femmes qui témoijjnaient lem- joie d'ime manière |)his expressive que les hommes... L'alfabilité du Moi, ses bonnes grâces, son air niartial remplissaient tous les co'urs d'espérance et d'alléyresse et ont |)aru conquérir quelques opposaut.s, jusque là très froids dans leurs démonstrations. > (.AIT. étrangères, Xaples, 132 ) — Le général Colletta, dans les éclaircissements historiques, à la suite de son Histoire du royaume de Kaples, Paris, Ladvocat, 1335, III. p. 374, donne \\\\ récit de l'arrivée du roi Juaciiira à Naples.

demont de son armée dans mon royaume, et le inaréclial Pcrignon a pris le gouvernement de la capitale.

Je suis...

.^rchiios nationales, AF" 1714'^ lHO)»

3V:jV. — MIRAT A XAPOLmX

Niplcg. le S ..ieplerabre I80S.

Sini:,

Je m"em|)resse d'adresser à Votre Majesté les différents rap|)orls qui me |)arvienneiit de Corfou. Les nouvelles de Sicile continuent de nous parler des grands mouvements parmi les troupes de cette ile, et toujours de la même irrésolution de la (lonr de Palerme.

Ce matin, j'ai reçu le serment des grands officiers de la Couronne, des ministres, des membres du Conseil d'p]tat et des officiers supérieurs de la garde royale. J'ai présidé la ])remière séance du Conseil d'Ktat, composé de trente-neuf membres ', parmi lesquels il ne s'en trouve pas six qui soient dans le cas d'émettre une opinion-. Cela provient de la nomination faite par le Koi Josepb la veille de son départ, sur des rapports mensongers qui lui auront sans doute

' Article !■' du titro VII de la (lonstitiition donnée à l'ayoniie le 20 juin 1808 par le Roi Josepli. i II y a un (Conseil d'Ktat compose de 26 membres au moins et de •Î6 au phi.s... i

- M. Jaccjues R.uiuMit {iXap/ex so'is Joseph liona parle. lS0(i-l808, p. .j80l fait remarcjiier avec raLson que Murai e.xagère cpiand il déclare que parmi les coD.soiilers, » il n'y en a pas six qui soient dans le cas d'émettre une opinion 1 et il cite le nom de plusieurs membres du (conseil d'Ktat, d'une intelligence et d'irn mérite reconnus, parmi lesquels, du reste, .Murât choisit ses ministres et ses hauts fonctionnaires. .Vous avons retrouvé, dans les papiers de .Murât, plusieurs notes destinées à h; renseigner sur la composition du Conseil d'iOtatet sur la valeur de chacun des conseillers, nous |)ublious ci-après celle qui nous semble la plus intéressante, en faisant remar([uer que ces t fiches Ti sont certainement antérieures à l'arrivée de Murât, l ne autre; noie donne la liste complète des 39 membres du Conseil d'Ktat (y com|)ris la section de la (juerre et .Marine) tel cpiil était composé à l'avènement de Joachim Napoléon, mais sans ancime appréciation :

Cunsiy/ieri di Slalo Sezione di Lcgis/aziuue

J. Principe ni Sikic.naxo. — Lomo di senno e di es|ierien/e, pii'i giureconsulto chc uomo di stato, pigro.

2. Guiscppe Zlri.o. — Lomo attiiissimo, d'injjejjno versatile, di facilis-

ROVAUMK DE XAPLKS. — 18(18 287

été faits sur les talents et la capacité des individus choisis. Comme ce nombre excède celui voulu par la Constitution, qu'il est très onc-

sima percezione, di mente luniinosa, di yrandissima cai)acita ; iiomo di Stato.

3. Grcfjorio La Ma.wa. — Di médiocre capacita. Il siio studio è di pcrveoirc alla rortuiia per qualiinquc mezzo.

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