‹ Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1767-1815Chapitre 57 sur 104 · MURAT A J.-B. CAVAIGNAC · texte numérisé non relu

MURAT A J.-B. CAVAIGNAC

Axi directeur général des domaines.

Ordre de faire connaître oij se trouvent les cloches des églises supprimées.

3445. — MURAT A BERTRAXD A l'Intendant de la (jarde royale.

Ordre de présenter le budget actuel de la garde royale, et un projet de budget pour la porter k 4 000 hommes ' .

' La garde du Roi Joseph comprenait .3 000 hommes, réunis sous le commandement de deux colonels généraux, Salligny et Maurice Mathieu.

3V'*6. — Ml R\T A \A1M)M;0\

Xaples, le 1" septembre 1808.

SlIlK,

Je 11 ai rien de iioiivcaii à aiiiiiiiictM- à Votre Majesté. Mous coiitimioiis à jouir de la plus {[raiidc traii(|iiillilé sur tous les points du royauuie. La coiiliauce semble se lorlider tous les j(»urs davautajje.Xous avons eu toute lajouruée en vue, à 7 ou S lieues eu mer, sept IVé;{ates, trois corvettes et d'autres bâtiments ennemis inférieurs, ce qui semblerait annoncer la crainte d'une invasion de la Sicile, puisque nous n'avons vu cette croisière que depuis le dépari de l'expédition ennemie, (|ui, selon tontes les apparences, s'est diri;|éc sur l'Kspajjue.

lia fré'fafe la Ceirs a cro'\<.v toute la journée à 7 à H milles dans le golfe, elle sortira ainsi tous les jours, en attendant le moment favorable pour se rendre à la destination que Sa Majesté lui a donnée. Cette mesure contribuera beaucoup à l'instruction de l'écpiipayc. Cependant on Unit de calfeutrer la corvette (|ue l'on a été obliyé de faire rentrer dans la darse, parce (|u"elle faisait beauccmp d eau. Elle sera C(tmplètement armée et sons voiles dans dix jours.

Onoi(pie je sois convaincu (jue VOtre Majesté a connaissance avant moi des événements de Constantinople,je ne m'empresse pas moins de lui faire passer le dernier ra|)port que j'en recois par Corfou. lue lettre du 20 août de Corfou dit qu'un cbebeck de Tripoli en Barbarie a pris dans les parages de la .Morée un bâtiment chargé de vin naviguant sous pavillon turc et destiné pour Coi fou. Le capitaine de ce chebeck a dit à .Modon que le bey de 'l'ripcdi avait déclaré la guerre à la France.

La croisière enneniie devant Corfou se com|)ose toujours d'un vaisseau, de trois frégates, d'une corvette, d'un brick et de plusieurs bâtiments armés.

D'après un rap|)ort de Corfou, il paraît qu'il est arrivé à .Malle une division de quinze bâtiments de guerre, grands et petits, et qu'on y disait qu'elle venait relever toutes les croisières de la Méditerranée. Le I 1 de ce mois il a été aperçu à l'Duest de (](»rl'oii quatorze bâtiments venant du golfe .Adriati(|ne cl faisant voile vers le Sud. Il est pr(d)able (pi'ils allaient à Malte et (jiie la plus grande partie de ces bâtiments venaient (\vs [)ris('S qu'on avait laites

J'espère que la Heine arrivera sous peu de jours. .Mes enfants, qui sont sortis aujourd'hui pour la première fois et qui (uit traversé

ROYAl MK DE XAPLES. — 1808 299

la ville, ont été reçus partout avec le plus vif enthousiasme ' ; mais d'après ce qui s'est passé en Espagne, je n'oserais pins avancer ù Voire Majesté qu'il soit durable.

Je suis...

Guerre.

3447. — AIUR.^T A \APOLEON

Naples, le 17 septembre 1808.

Sire,

J'adresse à Votre Majesté des rapports de la découverte du 16 au soir des vigies de Gaeta, dlseliia et de Maples, ainsi qu'un extrait de la correspondance des provinces. Votre Majesté verra par les premières qu'une croisière ennemie se trouve dans les eaux de Capri et d'Iscliia. Il parait certain par les rapports que nous avons reçus hier de Capri que l'ennemi y a débarqué trente mille fusils. Est-ce pour en armer les habitants, ou bien pour servir aux troupes d'une expédition tentée contre mon royaume? C'est ce que l'avenir nous apprendra. Une lettre du commandant anglais dont j'ai lu la traduction, donne pour certaine la déclaration de l'Autriche contre la F'rance et recommande à son correspondant le plus grand secret sur cette communication. Par le second Votre Majesté verra que la tranquillité règne dans tout le royaume. L'esprit de la capitale, et surtout celui de son clergé, parait excellent.

Sire, il n'y a pas dans tout le royaume une seule compagnie d'artillerie achevai, et peut-être ne serait-elle nulle part plus nécessaire pour pouvoir se porter avec rapidité sur les points oiî l'enuenii tenterait de débarquer. Il existe ici quelques hommes de la compagnie d'artillerie de la garde partie pour l'Espagne. Je vais la porter à une compagnie. Je conserve le train et assez de chevaux pour douze pièces d'artillerie légère, mais j'aurais besoin que Votre Majesté voulût bien me donner un capitaine de cette arme pour instruire les nouveaux {sic) recrues. Vous me rendriez le plus grand service de m'en faire fournir un par votre armée d'Italie.

' D'Atibusson à Champntjny 16 septembre 1808 — ». Le Roi a déjà fait la conquête de tou.s ses nouveaux sujets de toutes les classes Son affabilité et sa bonne grâce les a séduits en moins de rien Quand il se montre dans les rues et les promenades, les lazzarones courent en foule après lui pour l'applaudir, il les salue et ils s'en retournent enchantés. Ils prétendent qu'il ressemble à leur fameux Renaud : « C'est un braie, disent-ils, il peut aller seul partout où il voudra, il ne lui arrivera rien i (^Aff Etrangères, Xaples, 132 )

300 JOACHIM MIIHAT

.levais organiser les jjaidosd'honncur à l'instar de celles d'Italie. Je |)(»urrai les réunir et m'en scr\ir au besoin. IjCS vélitcs à |)ied vont être portés à un réjjinient de deux bataillons, et les vélites à clieval à deux escadrons, (|ui, réunis aux deux escadrons de clie- \au-lé;{ers et aux débris de ma fjarde lornu'raienl im 1res beau régiment. Je vais compléter aussi les régiments napolitains cxislauls.

l'ne IVégale sera mise en cbaulier à Xaples dans le courant de la semaine procbaine, et le vaisseau qu'on consiruil à (laslellamare, sera, j'espère, fini avant dix mois.

Je vais faire établir des batteries t(Mit le long de la côte jusqu'à Heggio poia- assurer le cabotage; les compagnies des gardc-ci'dcs vont être complétées et les' douanes réorganisées. J'espère par ce moyen mettre nos côtes eu état de défense. Je soumettrai iiicessaniment à l'approbation de Votre Majcsié un projet d'organisation des gardes civi(pies. Enfin, Sire, Votre Majesté peut compler que je mettrai tout en usage pour rendre nulles sur ce point toutes les tentatives de l'ennemi.

J'ai reçu aujourdliui le message de Volr<' Majesté au Sénat. Je vois avec plaisir la détermination de Votre Majesté parce que je ne doute nullement que l'.'Vutriche ne vous fas.se la guerre. Mais il n'y a nul doute aussi que Votre Majesté nous conduira une seconde fois à Vienne.

Les proclamations du Pape sont des u)oyens usés; elles cir( iilciit sur les frontières du royaume, et peut-être même dans le royaume sans y produire le moindre effet.

Je suis fort embarrassé ici pour satisfaire les créanciers de l'i'ltat et pour payer l'arriéré de l'armée el de la marine. Cependant j'espère contenter les |)remiers avec les donuùnes (jui nous restent encore. Les économies ' que J'ai déjà introduites dans l'administration militaire m'aideront à solder l'arriéré. Je voudrais bien que Votre Maj«'sté maiitorisàt a mettre son armée sur pied de paix, excepté la division de Calabre. Cette économie me serait d'une grande ressource. Votre armée d'Italie n'est pas sur le pied de guerre et je n'ose mettre sur le pied de |)aix l'armée napolitaine, tant (pie les troupes de \(ilic M.ijcsie dans le royaume y seront s[\y le pied de guerre.

Je suis. ..

Guerre.

' fX Aiihvx.iOH ri Clmmpagnij 16 sp|)lcriil)rc ISOK. n . Il parait i|irunc sévère ('cononiic va aïoir lien dans toutes les l)ruiiclics (le l'administration .. On vante lajnstire et la jjéDéroHilf du Uni... i

ROYAL M K DK XAPLES. — 1808 301

3V4,S. — MURAT A XAPOLÉOX

(18) se|ilembre 1808.

SlRE,

Je m'empresse de faire passer à Votre Majesté les rapports que je reçois de Calabre et do Sicile. Je serais bien contrarié si, comme on Tannonce, ou avait relevé les Corses de liledeCapri ', que je suis résolu de faire attaquer.

Votre Majesté verra par le rapport que les troupes qui avaient attaqué le convoi et débarqué à lile du Diamant ont été forcées de se rembarquer précipitamment, après nous avoir laissé trois pièces de canon et plusieurs prisonniers.

J'envoie à \ocera, sur les hauteurs de Salerne, deux pièces de canon et le 9" régiment de chasseurs à cheval qui se trouve actuellement à S° Maria di Capua. Ce corps sera plus militairement placé à \ocera. Il protégera de là Salerne et il se trouvera à peu près à la même distance de \aples.

Je fais partir dans ce moment un de mes aides-de-camp pour la Calabre. Je réitère l'ordre au général Partouueaux de concentrer ses troupes en arrière de Monteleone, et au général Compère de réunir les siennes sur la Cava, en continuant toujours d'occuper I,agonegro.

Ce pays-ci est si bien cultivé qu'on court depuis quatre jours pour trouver un emplacement pour asseoir un camp. Cependant douze mille hommes se réuniront à quelque pri\ que ce soit sur les hauteurs de (^astellamare.

La tranquillité la plus parfaite continue à régner dans tout le royaume.

Je vais faire compléter l'approvisionnement des îles de Procida et d Ischia et faire travailler evec activité aux fortifications de Gaète. Je vais faire redoubler d'activité les manufactures d'armes et de poudre.

' D'Aitbiisson à Cfiampaynij. 13 septembre 1808 — e. ... J'ai découvert depuis peu que le commandant de l'île de Capri, qui est Corse, est entièrement dévoué à AI Saliceli et qu'ils s'envoieu' même secrètement quelques présents II paraît que l'on aurait pu profiter de cette circonstance pour s'emparer de l'île, mais que l'on a cru plus avantajjeux de la laisser aux mains des Anglais, pendant que le commandant serait dévoué au parti français En effet, par cette voie, on reçoit assez régulièrement les papiers de Sicile. 5 \ous avons vu plus haut l'opinion du général Lamarcjue sur la valeur des relations nouées par Saliceti dans l'île de Capri.

Votre Majesté peut tonjoiirs compter sur le zèle, T activité et le dévouement quelle me connaît pour son auyuste personne.

Les «{azettes de France semblent nous annoncer la «jucrre. J'espère bien (|ne \()lre Majesté ne me laissera pas ici, si Mlle est obligée de la l'aire.

Votre .Majesté m'a lolalenienl oublié et je vois bien qu'Klle nï'a entièrement mis à la rétorme par le poste (|n Klle m'a donné à garder. .Mais dans ce cul-de-sac j'espère taire à Votre Majesté autant de serviteurs (pie j y ai de sujets.

Je suis. ..

Guerre.

3VV9. — MUR.Vr A SAMCCTl

19 sepirmlne IHOS.

Au miniUre de la Guerre.

J'ai lu attentivement les différents projets de décret que je vous avais demandés et que vous m'avez remis ce matin. Je vais vous faire connaître les ebangements que j'ai cru nécessaire d'y apporter.

Je n'ai pas jugé à propos d'adopter l'article 111, concernant l'organisation de la compagnie d artillerie à cbeval, j)uisque |)our l'organiser, il m'aurait fallu désorganiser le train. D'ailleurs le bataillon ne m'aurait point donné les bommes a\ec les(pialilés recpiises |)our faire un bon can(mnier. J'ai donc décidé (jue les 73 bommes manquant pour porter cette compagnie au conq^let, seraient fournis par les différents Xapolilains déjà existants dans le Hoyaume. Vous devez donc écrire nue circulaire aux cbefs des corps, avec les instructions (pie vous (levez leur faire connaître sur les (jualités que doivent réunir les bommes (pi ils ont à fournir, (piaiit à la taille et à la bonne conduite. Vous devrez leur annoncer (pi'ils doivent vous présciiter |Méférablcment les bommes qui oui servi dans l'artillerie. Il sera mis à votre disjiosition des fonds de première mise pour rarmement et rbabillemeiil des bommes et l'acbat des cbevaux. Le rest(> du décret est but bien. Vous aurez donc, à rédiger l'artide 111 dans le sens de ma lettre.

Je liasse aclnellemenl au décret concernant les grenadiers vélites, à (|ni l'on donnera le nom de veliles-cbassenrs, ayant déjà un régiment de grenadiers. Les véliles-volligeurs devront former le noyau de ce corps. Je désire qu'un article dise (pie 1 GOO bommes qui doivent former le ( (tinplel de ce régiment, devront être fournis |)ar

ROYAUME DE \APLES. — 1808 303

les provinces du royaume et que leur eoutingeut devra être diriyé sur Caserte où ce corps doit s'orjjauiser.

l o article doit dire que rarmement sera celui des grenadiers à pied de la Garde. Luuiforme sera ainsi déterminé. I/habit-veste i)lauc coupé droit, agrafé jusqu'au premier bouton de la ceinture de la culotte, revers, parement, collet et doublure rose; pantalon bleu, guêtres noires pour l'hiver et blanches pour l'été, couvrant la jambe jusqu'au dessus du mollet. Les épaulettes, le corps en or, les franges en laine verte; le tout conforme au modèle qui eu sera donné. Ils porteront un bonnet à poil; la buffleterie sera jaune, bordée en blanc comme celle de la gendarmerie d'élite. J'adopte les autres articles du décret.

Je passe aux escadrons des vélites à cheval, je désire que le contingent soit également réparti par province et dirigé sur Santa Maria di Capua où je dois faire organiser ce corps.

Je désire que ces trois corps puissent être portés au complet dans le courant du mois de novembre; faites vos dispositions en conséquence. Je pense que vous devez écrire une circulaire aux différents intendants et sous-intendants des provinces et aux généraux qui les commandent, afin d'accélérer cette levée extraordinaire.

Faites réimprimer à la suite de ces décrets celui du Roi Joseph du 6 mars, ainsi que celui de la formation de.-; vélites voltigeurs.

Comme je ne vois pas qu'il soit question de taille et qu'il est nécessaire de la déterminer, il faut annoncer qu'il faudra avoir au moins 5 pieds 3 pouces pour être reçu dans les vélites à cheval, et 4 pouces pour être reçu dans les vélites à pied.

.archives du prince Murat. R. XVI, p. -2.

3459. — ML»AT A SALICETI

Au ministre de la Guerre.

19 septembre

Monsieur le ministre, je désire que vous fassiez compléter l'approvisionnement d'Ischia et de Procida pour la force de la garnison qui a été jugée nécessaire et que je ne connais pas encore.

Je vous préviens que je donne l'ordre au chef d'état major d'envoyer à Xocera, le 0'"" régiment de chasseurs à cheval.

On me rend compte que deux obusiers et douze carouades embarqués en Calabre, sur le convoi qui a été attaqué au Diamant, ont

304 JOACHBI MIRAT

été pris par renncnii. Je désire savoir (|iii est-ce (|ui a donné Tordre d'embarquer celte artillerie, et quel en était le niolil".

Je désire que vous fassiez insérer pai- un article dans les journaux que les conmiissious militaires établies à Avellino, etc., sont supprimées, je uai conservé que celles de (lapoue, de Teramo et de Cosenza. L'article des journaux ne devra faire mention que de celles supprimées, sans parler de celles conservées. Cela prouvera à 1 Kur(q)i' la tranquillité du royaume de \aples.

Faites partir pour la Sicile, sur un bàtinuMit marcband, les prisonniers Siciliens qui se trouvent au fort de VOEuf.

Je désire (pie vous écriviez au ministre de la (îuerre de France, pour demander la mise en liberté et le départ pour \aples des officiers Napolitains prisonniers qui se trouvent à Nimes.

Nous avons discuté ce matin sur les moyens de connaître et d'éteindre la dette publique. On a oublié de classer |)armi les créanciers de l'Ktat ceux qui ont des crédits sur les différents ministères, mis aujourdbui dans l'arriéré. Mais comme il n'est pas moins vrai que c'est une dette de l'Ktat de plus, je désire que vous me fassiez coimaitre ce que vous devez au 1" août. Je demande le même compte à mes autres ministres.

Archives du priuce Murât. R. XVI, p. 1.

;JV51. — MURAT A i\APOLEO\

Xaples, le 20 septembre ISOX.

Sire,

Je m'empresse d'adresser à Votre Majesté les différents rapports qui me parviennent de Capri, de Sicile et de Rome. 11 paraît tpie l'ennemi n'a point de plan arrêté, ou que du moins il n'en a point contre le royaume de Naples. Par la lettre ci-jointe du colonel anf{lais qui commande à Capri, Votre Majesté verra que les Corses n'ont point été relevés, et qu'il n'est pas sans inquiétude. Je persiste à penser qu'il est de la plus jjrande importance pour la tranquillité de ce pays d'enlever Capri aux ennemis; aussi suis-je décidé à y tenter un coup de main.

La Reine arrivera ici dans quelques jours, je la crois actuellement à Rome.

La tranquillité est toujours parfaite dans tout le royaume. Les Napolitains me montrent la plus «jraude confiance.

ROYAl'JfK DK XAPLKS. — 18i)8 305

La position de l'ambassadeur de Votre Majesté ' ici est très embarrassante et pour moi et poiu" lui. Je désire bien que si Votre Majesté a le projet de le laisser ici en cette qualité, Elle lui envoie promptemeut ses lettres de créance. Je craindrais de vous contrarier si je le recevais avant de connaître vos intentions. Il vit ici d'une manière bien peu digne du grand souverain qu'il représente. 11 est logé à l'auberge, ne donne pas un verre d'eau à personne et va dans une voiture de remise. Du reste, il se conduit très bien et ou le dit très dévoué à Votre Majesté et à la Famille impériale.

Je suis...

Archives nationales, AF'^' 1685 ("148-150).

3452. — MURAT A NAPOLEOM

Le 20 septembre 1808, à minuit.

Sire,

Saliceti sert toujours avec le plus grand zèle, et je crois qu'on lui doit beaucoup pour la tranquillité et le bon esprit qui règne dans mes Etats. Il y exerce une grande influence sur une classe surtout de la société; il serait peut-être dangereux, s'il n'était pas de bonne foi, mais tout parle ici en sa faveur, au reste j'ai les yeux fixés san[s] cesse sur lui'; il ne parle de Votre Majesté qu'avec vénération, il paraît avoir cbangé d'opinion, en un mot, il va bien ; cependant il serait avantageux et politique de le compromettre; il lui faudrait un titre, j'ai cru m'apercevoir qu'il avait quelque ressentiment de ce que le Roi Josepb l'avait oublié dans ses largesses, ainsi que Votre Majesté. Je prie Votre Majesté de me faire connaître si elle désire que je répare cet oubli, ou si elle se propose

' Pierre-Raymond-Hector d'Aubusson La Keiiillade, né en 1765, avait servi dans l'armée avant la Révolution, il avait été nommé ministre de France à Florence le 19 avril 1S06 et ministre à Xaples le 17 décembre 1807. Dès le 13 septembre 1808, il demandait son cbangement à Champagny, envoyait nn long réquisitoire contre le ministre des .affaires étrangères, \l" de Gallo, l'accusant tt d'arrêter la bonne volonté du Roi de le recevoir sans ses lettres de créance i

- Napoléon avait déj;i conseillé à Joseph de surveiller Saliceti. M. Jacques Rambaud, dans l'étude qu'il a faite de l'entourage du Roi Joseph, a tracé en quelques pages un excellent portrait de Saliceti et il conclut que la France, autant que \Iurat, perdit peut-être beaucoup à la mort de cet homme remar-» quable (Voir Naples sous Joseph Bonaparte, p. 230-233.)

306 JOACIIIM ^IIRAT

(le le laiio cllc-mrini', j ai cru (IciiuMor là-dessus une arrièrc-ponséc. Je vous jure (jue je vous écris sans (|iril s'en doule.

Sire, Votre-Majcsté m'oublie, elle ne m'écrit plus, le temps, l'absence, réloi;{nement pourraient-ils (|uel(|ue cbose sur les alTeclions? .l'éprouve le contraire, on du moins j éprouve (|ue toute ma vie je vous aimerai; pourriez-\ons oublier votre enfant, celui (pii est votre ouvratje, celui qui vous doit son nom et qui vous a lait le sacrilice de sa vie, de son bonbeur. \on, Votre Majesté aimera toujours son élève, j'en ai le yarant dans ces nu)ts d'une de vos lettres . « Ne doti/cz jamais de mon amitié. " J'ai besoin de me Ja rap|)cler souvent, cette assurance consolante de vos bontés, sans cela, Sire, je vous le jure, je renoncerais à tout pour redevenir votre |)remier soldat; je le jure à Votre Majesté, j'ai perdu pour toujours le bonbeur, je vis loin de vous, je suis inalbeurenx; je le serai moins si Votre Majesté se rappelle (pielquel'ois de son j>lus dévoué serviteur et très alTectionné l'rère.

Je suis...

.irchires nationales, \¥"-' 1"I4' (113).

iVtTiii. — MLH.AT A Dli LACKPKDI-:

■JO seplembic IHOS.

A monsieur de I.acépède, Grand Chancelier en l'ranre.

Monsieur le (liand (Ibancelier, je vous lais passer le double état des demandes (|ui vous ont été adressées pour l'adinission dans la Léfjion d'bonneur en faveur de plusieurs militaires (pii y ont des dioits. Je vous prie de les mettre sous les yeux de I Knipereur. (les militaires, d'après les rapports qui m'ont été faits, ont de justes droits à la faveur que je réclame pour eux.

.Arcliiies du prince Murât. K. .XIV, p. 4.

aVôV. — MIRAT AL (nvXKHAr, CAMPRKDOX

•20 seiilcinbrr ISO«.

Je vous adresse un rapport ipii a été envoyé à mon ministre de rintcrienr, par T intendant de la |)rovince rie la Terre de labour,

ROVAIMK DE \APLKS. — 1808 307

d'après lequel vous verrez que le syndic dltri offre, au nom des habitants de cette ville, pour la construction de la fontaine, toute la main d'œnvre, la pierre, les bois et autres objets nécessaires à son établissement. Vous voyez que cette ressource diminuera de beaucoup les dépenses.

Arcliives du prince Murât. R. \1V, p. i.

3i55. — MIRAT AL G1':\ER.AL I.AM ARQUE '

■20 septembre 1808.

A monsieur le chef de l'Etal-majov général.

Je suis informé que plusieurs commandants de place vexent arbitrairement les syndics des communes de mon royaume, relativement aux réquisitions qui leur sont faites pour les transports. Faites connaître aux généraux de division que je ne puis pas tolérer une telle conduite; que sans doute le service doit se faire, mais qu'aussi le moyen d'y réussir, c'est de traiter les habitants avec douceur et surtout les chefs des administrations.

Je désire qu'il soit passé une revue de rigueur des chevaux d'artillerie que vous médites être hors de service. Faite.'^-moi connaître le nom de l'officier et du commandant qui seront chargés de cette revue. J'en ordonnerai la réforme d'après le rapport qui m'en sera fait.

.irchives du prince Murât. R. XIV, p. 4.

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