‹ Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1767-1815Chapitre 59 sur 104 · A UT. A · texte numérisé non relu

A UT. A

Il sera lait une révision de toulos les revues générales de comptabilité établies depuis le 1*' Mai IHO(>, jusqu'au 1"" octobre 1808, pour la li(|nidalion de la solde revenant aux hommes présents seulement à répo(|ue des paiements des états de prêt, à reflet de faire rentrer au trésor |)ublic les sommes induement payées.

Aht. 5.

Les revues de liquidntion seront établies d'après les bases détern»inées par S. M. Impériale pour la solde arriérée de la (Irande- Armée, et les instructions données en conséquence par notre ministre de la (lu erre.

Il est dit dans l'article 2 de mon arrêté du 17 courant, que les quatre sols accordés à la troupe en indemnité de vivres de campagne seront payés sur l'effectif comme la solde, je crois (pie c'est une erreur, et qu'on aurait dû dire pour les présents et non pour l'effectif; au reste cette erreur disparait par les dispositions cidessus. Je désire que vous donniez les ordres les plus précis pour leur stricte exécution, communiquez-les au payeur général avec l'ordre de s'y conformer.

Arc'tiiies du prince Murât. R. \V"I. p. 6.

3V6;}. — MIRAT A SALICETI

•n septembre ISOS.

Au minisire de la Guerre.

Monsieur le ministre, le ministre de l'Intérieur me rend compte que vous lui réclamez pour les dépenses du dénie 105,000 ducats, de la commune de Santa Maria di Capua, je vous prie de me faire connaître sur quoi se fonde cette créance.

archives du prince Murât. II. Xl'I, p ".

;}V6V. — MLHAT A XAPOLliO.V

.Vaple», 28 seplenilire 1X08.

SiRK,

La Ileine vient d'arriver, il ne m'appartient pas de dire ;i VOlrc Majesté avec quel enthousiasme elle a été reçue, je laisse ce soin à

ROYAUME DE \APLES. — 1808 313

d'autres, Votre Majesté pourrait me taxer d'enthousiasme nioimèine'. Je continue à être content de l'esprit de mes sujets, qui devient tous les jours meilleur. J'espère en faire de bons militaires et leur apprendre à bien défendre leur pays et à combattre les ennemis de Votre Majesté.

Je suis...

Archives nationales, AF"' 1685 (151).

3465. — ELISA XAPOLEOX A MIRAT

(Septembre 1808 )

Mon chkr Frère,

J'ai reçu votre lettre du Mont-Cenis, j'ai été bien fâchée de ce que vous ne passiez pas de mon côté, j'aurais eu tant de plaisir à vous témoigner toute mou affection. Montecatini vous remettra les lettres officielles ; je veux aussi particulièrement qu'il vous assure de toute ma tendresse et à cet effet je vous écris ces deux mots.

Xous avons parlé longtemps de vous avec Caroline et j'ai été bien heureuse de vous entendre louer sur toutes vos actions et particulièrement sur votre belle conduite à Madrid. Je me flatte que vos coliques sont dissipées; faites-moi donner de vos nouvelles.

Je vous demande, mon cher Frère, une faveur à laquelle j'attache un grand prix, c'est de remettre à mon envoyé deux grandes décorations de votre ordre, une des deux pour P^élix ; il sera heureux de ce souvenir; trois de commandeurs, une desquelles je serai flattée que mon envoyé la reçût de votre part pendant son séjour à \aples, je l'ai autorisé à la porter de suite si vous étiez assez aimable pour la lui donner; huit de chevalier. Vous sentez, mon cher Frère, quel prix j'attache à cette grâce que je demande moins

' La reine Caroline amenait avec elle cinq dames du Palais, Françaises, la Ijaroniie Exeimans, née de Ravignan, Angèlc Jourdan, princesse de Luperano, Isidora Pctiet-Golbert, M""~ d'Arlincourt et de Longcliamps.

Sur l'entourage du Roi et delà Reine de .Vaples, on peut consulter l'ouvrage du B"" A. Llaibroso, traduit par L. Esquikl, Le Roi Joachim Murât et sa Covr. D'après cette lettre de Murât, M. Lunibroso dit que la Reine arriva à Xaples le 28 septembre, le ministre de France d'Aubusson écrivait à Champagny le 26 septembre : « La Reine a fait bier son entrée avec le même cortège qui avait eu lieu pour l'entrée du Roi. Leurs Alajestés éfaieut dans une voiture fermée avec les jeunes princes. 3 CoLLKiT.i dit également que Caroline arriva à X'aples le 25 septembre 1808. {Histoire du royaume de Xaples, III. p. 109.)

3U JOACHIM MIHAT

au beau lloi (]u'à mon bon IVèro. Je \ous envenai les noms, dès que vous me ferez remettre les ordres; si Mouleeatiui pouvait en être le porteur, vous me eomblerie/ de joie.

Adieu, mou eber frère, Félix vous embrasse, ma petite vous appelle, elle voulait épouser le lloi de Xaples, mais e'est |)our Acbille, je vous assure qu'elle promet esprit et beauté. Mille caresses à vos jolis enfants. Je vous embrasse comme je vous aime.

Votre affectionnée sœur et amie.

Kmsa.

.-i S. M. ./( achiiii, Roi des Dcux-Siciles.

Arcllivcs du prince Xîiirat, D. 5ti3. 1.

3i06. — MIR.AÏ A XAl'OLKOV

Xaples, le "iS septembre I80X.

SiRK,

Il est cruel pour moi d'avoir toujours à me justifier, mais mon ànie est si pure ainsi que mes intentions, que je ne crains pas la plus sévère censure.

La Heine m'a dit que Votre Majesté m'accusait de beaucoup d'abus commis en Espagne par les yens de ma Maison, et vous m'avez dit à moi-même, en blâmant ma conduite d'avoir fait paitir mes cbevaux de Diisseldorff, que le Moi Josepb n'avait pu faire son entrée qu'avec six cbevaux, parce r|ue mon écuyer en avait pris deux et que j'avais pris des cbevaux dans le Mecklenboury. Sire, comme on pourrait aussi vous dire un jour (|iiej'ai trouvé les coffres pleins, je suis forcé, contre ma loyauté, d'adresser à Votre Majesté l'état des dons faits à Xaples par le IJoi Josepb, par un décret de Bayonne, et l'emploi qui a été fait de l'emprunt de Hollande, que je suis forcé de payer. Je ne parlerai pas à Votre Majesté de tout ce qui a été fait, les derniers jours de sou gouvernement et mèmr après, on a profité de son absence pour |)ayer sur le compte de la Maison royale environ cinq millions. D'antres sommes ont été payées aux différents ministres, et il existe encore environ I i millions d'arriéré, cin(|uante millimis de dettes consolidées à cinq pour cent, et les trois millions de florins à payer à la Hollande. Voilà l'état malbcureux des finances. Votre Majesté croira avec peine qu'avec des personnes de talent, le H(ti Josepb ne fût pas encore arrivé à établir un système d'administration. Vax bien examinant le budget de la guerre, j'^ ai tionvé une écoridinie d'un

ROYAUME DE VAPLES — 1808 315

million par mois, et jespère en trouver encore six millions dans Tannée. Celui de la marine m'a donné un million trois cent mille francs de diminution. C'est, dit-on, la première fois qu'on a vu discuter à fond un budjjet.

Sire, voilà l'état où j'ai trouvé le royaume, j'en tais bien des choses et il faut bien que j'aie été forcé par les circonstances et par la nécessité pour avoir séparé le courant de l'arriéré ; sans cette mesure, il m'eut été impossible de me tirer du chaos oij je me trouve. Sire, les troupes de Votre Majesté seront exactement payées du courant' ; et j'espère, de l'arriéré, ainsi que toutes mes dépenses. Je serai bien heureux si je parviens à contenter Votre Majesté.

Je suis...

Archives nationales, .\F'^ 1714' ril4K

3i67. — AILRAT A XAPOLKOX

Xaples, le 28 septembre 1808.

SlRE,

Votre Majesté me recommande de mettre le plus grand ordre dans les finances. Tous mes soins tendent vers ce but, depuis le jour de mon arrivée, et quand je n'y aurais pas été porté par devoir et par goût, j'y aurais été forcé par le mauvais état où je les ai trouvées. Je commence un peu à y voir clair, et j'espère, avec le système que je me suis proposé, pouvoir assurer le service courant pour toutes les dépenses de l'administration du royaume, et avoir payé tout l'arriéré, au moyen des économies que j'ai déjà obtenues et qui. cha(|ue mois, vont m'offrir de nouvelles ressources, avecles contributions arriérées qui me rentreront sur 1806, 1807 et 1808; et je serais sans inquiétude si Votre Majesté avait la générosité de metlre son armée sur le pied de paix, et si elle jugeait cette mesure politique; car comment croira-t-on à la tranquillité du royaume, tant que l'armée sera sur le pied de guerre.

Pour donner à Votre Majesté une juste idée de la mauvaise situation de mes finances, je m'empresse de lui adresser l'état de l'arriéré sur les exercices 1806, 1807 et 1808, celui de la dette publique et des ressources pour l'éteindre, l'emploi qui a été fait de

' Le mèrue jour, Mural écrit au payeur général de l'armée pour lui annoncer que les fond.s affectés au service de l'armée seront disponibles le 1" et le 15 de chaque mois. (Archives du prince Mural. R XIV, p. 6 )

ronipriint de HoUaude et des dons que S. M. le lîoi Joseph a laits h son départ poui- l'Espajjne. J'y joins aussi un état de tous les payements qui ont été faits depuis le départ du Hoi Joseph pour Rayonne jusqu'au nionienl de nuMi arrivée. Je suis...

Arctiin's nationales, .AF" 1714» (^115).

3468. — MURAT A DE BKRCV

Kaples, 28 seplembrc 1H08.

A monsieur de Bercy, directeur des haras de Sa Majesté.

.Monsieur le directeur, j'ai reçu le ra|)port (|uc vous m'avez lait sur Tarrestalion de mes chevaux, il ne s'en trouve aucun parmi eux, venant du Mecklembour*];, aucun venant du duché de Herg, qui ne soit ma propriété; tout ce qui compose l'équipage de mes convois, i[ue vous êtes destiné à conduire à X'aples, consiste en chevaux arabes, normands, limousins, polonais, transylvains, anglais, et d'autres différentes races, achetés 50 000 fr. au Prince de Collorcdo à Vienne. Comme il est impossible que l'Kmpereur ait donné l'ordre de faire arrêter mes chevaux sans m'en avoir prévenu, et comme il est également impossible que le Vice-Boi d'Italie ait mis à exécution un tel ordre sans me Tavoii- communiqué, je suis autorisé à penser (|u'il y a un malentendu dans tout cela; déclarez donc que vous venez de recevoir de nu)i l'ordre de continuer votre route pour mes Ktals. Conduisez-vous néanmoins avec toute la prudence que je vous suppose, j'écris an \ ice-Moi à ce sujet; rendez-moi compte de l'exécution des dispositions (jiie je vous prescris.

.Archiies du prince Xliirat. R. \IV, p. 5.

:J469. — iILR.\T A lîEHTIlAXD

.Vapl.s, 2H si'plcnit)re ISOS.

A monsieur l intendant de la (jurde.

.Monsieur rintendanl, j'ai reçu votre lettre du 27 ; les fournis- .seurs de la Garde doivent être payés conforménient à mon arrêté pour toutes les livraisons faites antérieuienunt au 1 "août. Les mois

ROVAl MM DR \APLES. — 1808 317

d'août et do septembre leur seront payés dès que la liquidation en sera faite.

Je vous autorise à passer un marché pour le pain, au même prix que celui qui est fourni à toute l'armée. Le pain ici ne peut être que de très bonne qualité. La garde cessera de toucher les vivres de campagne, à compter du 1" août, conformément à mon arrêté; et elle recevra avec la solde, pour les présents seulement, vingt centimes en indemnité. Les fournisseurs de bonnets à poil pour les gendarmes et ceux des draps doivent rentrer, conformément à mon arrêté, dans la catégorie de ceux qui ont fourni des vivres. N'ayant pas encore décidé si l'uniforme des cbevau-légers sera changé; les draps en magasin doivent y rester jusqu'à nouvel ordre.

Je vais écrire à mon ministre des Finances pour faire réintégrer dans votre caisse la délégation de 15 000 ducats que vous lui avez rendue. Je vais écrire au ministre de la Guerre pour faire payer à la Garde les mois d'août et septembre; je suis étonné même qu'ils ne le soient pas. J'ai décidé, qu'à compter du 1" octobre, ma garde ainsi que l'armée napolitaine seront payées directement à la Trésorerie.

Je convoquerai pour un de ces jours le conseil d'administration de ma garde.

Le trésorier de la Maison du Roi d'Epagne m'ayantfait connaître que sa comptabilité ayant été arrêtée, il lui reste des tonds appartenant à la garde, faites-lui connaître que je désire qu'ils soient versés à la Trésorerie pour y être à la disposition de la garde.

Archives du prince Murât. R. XIV, p. 6.

3470. — xAILRAT A XAPOLEOX

Naples, le 28 septembre 1808.

SlRE,

J'ai reçu les trois dépèches de Votre Majesté, les deux dernières sous la date du 15. Les vues de Sa Majesté, relativement à la réunion des régiments, étaient remplies d'avance ; des ordres à cet égard ont été donnés depuis plus de 15 jours, 'et tous les détachements sont rentrés à leur corps.

J'adresse à Votre Majesté l'état de l'effectif de votre armée deXaples, en lui indiquant le nombre des bataillons dont chaque régiment est composé. Elle y verra ce qui manque pour porter les compagnies au complet de 120 hommes. J'adresserai très incessamment à Sa Ma-

jcsté un étal t\c situation très détaillt'. VOtic Majosté obsorvr, avec sa prévoyance ordinaire, (]u'il l'aul niarclier (loucenuMil iclativeiuenl à rarmement de la <j;arde nationale; je partajje d'autant plus cette opinion que je suis inloriné, par des lapports d(^ la {[cndarinerie, (MIC plusieurs \ols se ecnuuieltent jouruelleuieut par des «jardes nationales; aussi en\errai-je lr»'s ineessauinu-nt à Sa Majesté un projet d'orjjauisation de cette <[arde, (pii, bien composée, peut rendre de très grands services, tandis que je la croirais très danjjereuse dans le cas contraire.

Tous les moyens sont préparés pour rex|)édilion de (lapri; 30 chaloupes canonnières ont été réunies ici à l'occasion de l'arrivée de la Heine ; la corvette et la fréyate sont complètement armées et les troupes d'embarquement sont à \aples. La mer est en ce moment très mauvaise, les bâtiments ennemis ne peuvent se maintenir dans le golfe, et j'espère profiter du premier retour du beau temps pour tenter un coup de main sur Capri; j'ose espérer qu'il réussira.

Je crois avoir fait passer à Votre Majesté l'état de i'Ktat-major et des troupes anglaises en Sicile. J'espère lui en adresser très incessamment un autre extrêmement exact. En attendant, j'ose pouvoir assurer à Votre Majesté que les forces anglaises n'excèdent pas sept mille hommes et qu'elles sont presque toutes composées de Maltais, d'Hanovriens et autres, et (pi'il se tiouve très peu de nationaux. Je pense que l'on pourrait avancer avec quelque fondement que les troupes napolitaines qui se trouvent en Sicile prendront fort ])eu de part aux opérations militaires, et que, par conséquent, on doit les compter pour peu de chose.

Votre Majesté me demande de combien de troupes j'aurais besoin pour faire cette expédition. Je répondrai incessamment à cet égard dune manière positive, en envoyant à Votre Majesté un mémoire raisonné. Je me borne aujourd'hui à observer que je puis nu* servir de la division (jui se trouve en Calabre, car elle n'est maintenant nécessaire dans cette province que parce que la Sicile n'est pas encore conquise; elle y sera absolument inutile du moment (|ue cette île sera réduite. Quant aux difficultés de débarquement, je n'en trouverai que celles qu'on rencontre ordinair<'ment pour le passage d'un grand fleuve et je n'en rencontrerai même aucune si Sa .Majesté se détermine h le faire faire par l'escadre de Toulon, qui viendrait prendre dans le Hoi^aiime les troupes d'expédition on (pii les prendrait a Toulon même.

Je suis...

Guerre.

ROVAIAII': \)K XAPLKS. — 1808 319

3471. — Ml RAT AL (ÎIÔXKRAL LAMARQLK

•29 septembre 1808.

A monsieur le chef de l'étal major (jénéral.

Monsieur le chef de l'ctat-major général, faites connaître au général de brigade Colonna ' qu'il peut se rendre àXaples dimanche, je vous autorise à demander la croix de la Légion d'honneur pour le sergent qui s'est distingué à la prise du brick anglais. Le bataillon du 52'' peut rester à Naples jusqu'à nouvel ordre. Je ferai payer les mois d'août et septembre aux officiers de l'état-major. Dites à monsieur Pailot, officier d'artillerie, que je lui donnerai la |)lace de capitaine delà compagnie d'artillerie, du moment qu'il aura obtenu de S. \L l'Empereur la permission de passer <à mon service.

Archiies du prince Murât. R. XIV, p. 7.

3472. — MURAT A SALICETI

•29 septembre 1808.

Au ministre de la Police.

Monsieur le ministre, je suis informé que dans la nuit du 22 au 23, des voleurs armés de fusils et de haches se portèrent à la taverne de Campe Reale, k quelques milles d'Ariauo ", sur la route de Fouille, et commencèrent par faire feu sur des charretiers et des gendarmes qui s'y trouvaient renfermés ; ils se retirèrent après avoir enlevé environ 70 ducats. D'autres voyageurs et le lieutenant à la résidence d'Eboli rendent compte que des soldats de la garde nationale, se tenant à la taverne de la F^esina, bien loin de veiller à la sûreté des voyageurs, exigent d'eux de l'argent; tout cela semblerait annoncer la mauvaise organisation de la garde nationale et la nécessité d'arrêter le brigandage par une nouvelle organisation. La garde nationale ne doit en général être composée que de propriétaires, par conséquent nécessairement intéressés à veiller à la sûreté des provinces.

.apportez-moi à votre prochain travail un projet de décret sur cette nouvelle organisation.

.■Irthives du prince .\Iurat. R. XVI, p. 8.

' Le général .Agostino Colonua-Stiyli.ino. * .Ariano di Piiglia, province d'.Avellino.

Monsieur le ministre, on me rend compte que le sieur Barbatelli, directeur de l'impôt foncier, vient d'exciter un mécontentement général dans la Province d'Aquila par les injustices et la vénalité qui ont dirigé toutes ses opérations; il a quitté maintenant cette province et continue son travail dans une autre; je désire que vous fassiez prendre des renseignements positifs sur la conduite de ce fonctionnaire.

Monsieur le ministre, je suis informé pour la seconde fois qu'il existe de la mésintelligence entre les autorités civiles et militaires de la Province de Chieti; on l'attribue au chef de l'état-major de la division qui cherche, dit-on, à se mêler de toutes les affaires, même de celles qui sont purement administratives, telles que la police, les prisons, le logement militaire, etc., etc. Je désire que vous écriviez au général Huard pour qu'il rappelle dans la limite de son devoir son chef d'état-major, qui ne doit se mêler que de ce qui est militaire.

Monsieur le ministre, je suis informé que beaucoup d'employés dans les Intendances de province, sont des personnes vénales qui donnent lieu à beaucoup de mécontentement, par les injustices qu'ils commettent ou font commettre. Il serait nécessaire d'écrire aux intendants pour les prévenir de ces abus et leur ordonner de renvoyer impitoyablement tous leurs agents infldèles.

Monsieur le ministre, le général Gentil, commandant la gendarmerie, observe que les officiers de la gendarmerie royale n'ayant pas été chargés par la loi organique de l'arme du 24 juillet 1806 des fonctions de police judiciaire comme en France, les informations et les poursuites contre les auteurs des délits ordinaires qui se commettent, sont uniquement confiées dans les provinces et surtout dans les campagnes, aux gouverneurs, dont la vénalité ou la faiblesse dans l'exercice de leurs fonctions, a toujours assuré l'impunité des délits.

Je désire que vous me fassiez connaître s'il y a aussi quehju'inconvénient de donner à la gendarmerie napolitaine les mêmes attributions qu'à la gendarmerie française.

Archiie» du prince Mural. R. XVI, j). 8-9.

ROYAUMK DE NAPLES. — 1808 321

Page 1