‹ Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1767-1815Chapitre 89 sur 104 · MURAT AU GKXERAL HUARD · texte numérisé non relu

MURAT AU GKXERAL HUARD

•28 décembre 1808.

A monsieur le Général Huard, commandant les Abbruzzes.

.Monsieur le général, j'ai reçu votre lettre du 13 décembre. Vous m'annoncez que les roules des Abbruzes sont toujours en mauvais

«T4 JOACHIM MUKAT

état et (jne mes ordres pour leur reslaiiralion n'ont pas été exécutés. L'iiispeeteiir-{{énéral du liénie me iaar(|ue ccpoiulaut qu'une partie assez considérable des travaux a été faite sous la surveillance de rin;{éni(Mir liauro par l'entrepreneur Fiorillo, et qu'il est muni de cerlilirals (|ui conslatenl la conleclion de ces travaux, noiannneni au delà d'isernia et au pont sur la Vaudra, .le donne au surplus de nouveaux ordres pour (pi'on mette la plus <]ran(!e dilijjciuc à lermiiuM- ces ouvrages et (pi 'en peu de tenq)S toutes les communications soient rendues praticables autant que j)ossible.

.-archives du prinrc Miirat. H. \IV, p. "5.

3701. — MUHAT A SALICRTl

-28 décembre ISOS.

Au ministre de la Guerre.

Monsieur le ministre, je suis informé que le 0' réjjiment de cbasseurs à cheval n'a pas été payé de la première (juinzaine de décembre, en Fouille; cependant on ne peut j)as dire que les fonds manquent dans cette province.

On me rend compte qu'on n'a point remplacé à Iscliia les vivres et munitions qui en ont été enlevés |)our l'expédition de Capri. L'armement du 1"^ ré}{iment d'infanterie léjjère napolitaine est en très mauvais état et incomplet, et cependant il parait que ce corps a reçu jusqu'à 3 500 fusils; ordonnez une revue pour vous assurer du véritable état des choses.

3702. — MURAT A SALICKTI

28 décembre 1808.

Au ministre de la (iiterre.

Monsieur le niinislre, je \ous renvoie h' projet de hiidjjet (pie vous me (iroposez pour ISOO et (pie j'a|)prouve. .le désire seulement que le chapitre 10 devienne le chapitre premier.

.'irdiives du prinrc Murât. R. XVI, p. .30.

370;j. — AILIRAT AU (ÎENÉKAL CAMPRKDOX

•28 décembre ISOX.

A monsieur le général Campredon, commandant en chef du (unie.

Monsieur le général, j'ai reçu votre lettre du 18 décembre. Je ne doute pas de l'empressement que vous avez mis à exécuter mes ordres relativement aux routes des Abbruzzes ; mais il faut que les personnes employées par vous n'aient pas mis la même diligence et que leurs rapports aient été peu exacts. J'apprends en effet que la difficulté des comnmnications dans ces provinces est toujours la même, et que jusqu'au 13 du courant, on n'avait pas vu travailler aux routes. Je vous recommande de prendre toutes les mesures pour que vos ordres soient ponctuellement exécutés et pour connaître si réellement on vous a trompé, en vous faisant payer comme terminés des travaux qui ne paraissent pas même commencés.

Archives du prince Murât. R. XIV, p. 76

3704. — MURAT A DE THOMASIS

28 décembre 1.S08.

A monsieur Thomasù, intendant de la Ca labre Ultérieure.

Monsieur l'intendant, sur votre rapport que les Domaines de la province que vous administrez n'avaient produit du 1" janvier 1808 au 20 novembre, que 22 000 ducats, j'ai écrit au directeur de m'envoyer l'état des fonds qui avaient été encaissés pendant les dix derniers mois de 1808 : vous verrez par l'état ci-joint que je vous adresse que la recette s'est montée à 132 600 ducats. Je vous prie de vérifier cette erreur, de chercher à connaître les causes qui ont pu produire une si grande différence et nécessiter votre rapport. Je ne saurais trop vous recommander de protéger et d'encourager tous les fonctionnaires de l'Etat qui se trouvent sous votre dépendance et qui montrent du zèle, de l'application et de l'attachement, comme en même temps de faire une guerre ouverte à ceux qui n'ont aucune de ces qualités, ou qui par des prévarications ou des soupçons de prévarications, ne jouissent pas de la confiance publique; c'est le seul moyen de faire aller la machine. Cette conduite de votre part, eu rassurant les bons, puisqu'ils n'auront

476 JOACHIM MLHIAT

plus ri(Mi à riaiiulie de la niaheillanco ot qu'ils seront proté<jés, eu iinposeia aux uiauvais, puiscpiils \('n()nl Id'il de l'auloiilé sans cesse ouvert sur leur conduite. Je vous le repète, \ous ue sauriez me tcMUoijpier d'uiu' nuiuière plus elticace votre atlacheuu'nt à nia persoune et à la Patrie, (|u'en continuant à me sijpialer les abus et à aduiinistrer avec la plus «{rande impartialité.

.•Vrcliiics du prince Mural. H. MV, p. ~t>.

3705. — CIRCLLAIRK DE MLRAT Al'\ M1\ISTRI':S

28 décembre 1808.

Monsieur le ministre, nous touchons à la fin de l'année 1808 et je désire couimencer a\ec Tannée 1809 une nouvelle comptabilité yéoérale; en consétpienee, toute comptabilité antérieure doit être arrêtée et tous les crédits antérieurement (uiverts doivent être annulés; mais pour arriver à ce but, il est nécessaire que chaque ministre présente ses comptes pour le premier Conseil oii ils devront être arrêtés. Vous établirez donc, pour le mois de janvier, un budjjet général de vos dépenses pour toute l'année, et un budyet particulier pour ce même mois; vous vous conformerez, en tout point, aux nouvelles dispositions contenues dans mon décret sur la réor<[anisaliou du Trésoi-.

.Arcliiies du prince Muiat H. XIV, |). 7".

;570C.. — .MlR.Vr A .\APOLEON

\aples, le 28 décembre 1808.

SlKK,

J'ai rendu couipte à Votre .Majesté, le l() de m)\eml)re, (|ue j'avais autorisé le ministre de la Police jjénérale à envoyer un parlementaire en Sicile, à l'elîet d'être uiieux iustruit de la position des .Anglais dans cett»' île, et être par là plus en mesure d'exécuter les ordres que VOtre .Majesté daijjtu-rait donner poiu' l'expédition (|u'Klle désire l'aire, (le parleuientaire est rentré ce matin, et je meiupresse de vtuis adresser les diflérents rapports (pi'ou a obtenus, tant de l'oilicier cpii eouimandait le badinent parlementaire cpie des passa<[ers et de son é<|uipa;[e. Si \ nire Majesté

ROYAllME DE X'APLES. — 1808 477

(lai'jiic les lire, elle se convaincra (pie les Anylais sont loin de se croire en sûreté dans celte ile et que jamais moment ne fut plus favorable pour y opérer un débarquement. D'après vos ordres, j'ai (!<'jà fait défendre toute espèce de communication avec les An'jlais, e(, si Votre Majesté avait la bonté de se rappeler le contenu de ma dépêche du 10 novembre, elle verrait (pie j'ai été loin de croire à la possibilité d'une descente de la part des Anglais en Italie, et que, si j'a\ais retardé le départ des troupes de Votre Majesté, c'était certainement bien moins par la crainte que j'avais d'une attaque (pie pour m'en servir pour l'expédition de la Sicile; et j'avais cru (pi'à la distance où je me trouve de Madrid, les circonstances autorisaient quelquefois les généraux en chef à prendre quelque chose sur eux. Le ton de la lettre de Votre Majesté m'a prouvé que je m'étais trompé et vient de me tracer, pour toujours, ma conduite. J'écrirai d'ici à Votre Majesté ce que j'écrivais l'année dernière de l'Espagne : tous les ordres qu'Elle daignera me donner seront ponctuellement et littéralement exécutés. Dieu veuille qu'il n'en résulte pas les mêmes événements!

Le ministre de la Guerre de Votre Majesté \ient de m'ordonner, de votre part, de faire partir pour la Haute Italie 19 mineurs et 50 sapeurs français, les seuls qui me restaient; ils vont se mettre en route. Votre Majesté trouvera également ci-jointes des nouvelles que je reçois de Corfou. La tranquillité continue à être parfaite, mais je ne dois pas dissimuler à Votre Majesté qu'on cherche à travailler les esprits et qu'on trouve déjà que la guerre d'Espagne dure longtemps; on est surtout étonné de l'opiniâtre résistance que Votre Majesté trouve encore, malgré ses victoires. Je suis prêt pour l'expédition aussit()t que Votre Majesté m'y aura autorisé.

Je suis

Guerre et Archives du prince Mural. R. X\IX. p. 46.

3707. — MURAT A ANTONIO NOLLI

30 décembre 1808.

A monsieur l' in fendant de la Capitanata.

Monsieur l'intendant, je suis instruit (pie vous avez voulu vous opposer aux recherches que j'ai ordonné de faire faire dans votre |)rovince sur les dilapidations commises lors des suppressions des monastères; on m'assure même que vous avez menacé d'arrestation

rajjcnt (|iii suivait à San Severo la trace des découvertes déjà faites. Kaites-iiioi connaitro le motif «ui raulorifé (|iii a pu \ous détormincr à cette démarche, (jui, si elle a eu lieu de votre pari, est diamétralement contraire aux intérêts de l'Ktat et par eotisécjuent aux devoirs que votre place vous impose.

Arcliiïcs du prince Murat. R. XIV'. p. 18.

3708. — ClRCULAIRl'] DM MUR.\T Al]\ I.\Ti;\I)\\TS DKS IMIOVIXCMS

31 dércmbre 18as.

Monsieur Tintendaut, je suis informé que les prépo.sés et agents des Domaines ne trouvent point, en général, près des autorités constituées l'appui qu'ils auraient droit d'eu attendre; cependant la perception dont ils sont chargés intéresse éminemment le; finances de mon Royaume et va devenir plus im|)ortante encore par la mise en activité des droits d'enregistrement et d hy|)otliè(pies. Mon iiilentiou est que non seulement ces préposés ne soient pas contrariés dans leurs opérations, mais que vous leur procuriez et (|iu' < ous leur fassiez procurer tous les moyens d'en assurer le succès. Vous donnerez en conséquence les instructions convenahles aux sousintendants, et vous veillerez à ce que ceux-ci les couniiiiirupiciit aux syndics des communes.

Je désire en outre rpiindépendamnient des comptes (|ue vous rendez aux ministres de la Police et de riulérieur, vous me teniez exactement informé de tous les événements qui pourraient arriver dans votre province, que vous m'en fassiez connaître l'esprit |)ul)lic j>;ir lin rap|)ort secret (|ue vous m'enverrez tous les huit jours.

.■\rctiives du prince Murat. K. XIV, p. "S.

3709. — MURAT A XAPOLEOV

\aplcs, le 1" jarvier ISOO.

SiRK,

Je viens derecevoir à l'instant la lettre de Votre Majesh- du I 0 (h-cembre. J'avais prévu les justes reproches de Votre Majesl»'- rel.itivement à la distribution de mon ordre des Dr-ux-Siciles ; et cependant Votre Majesté ne m'en aurait pas adressé, si l'ille avait daigné lire ma lettre par laquelle je lui annonçais que les décora-

ROYAUME DE IVAPLES. — 1809 479

lions que je promettais n'avaient été et ne seraient délivrées à aucun de ses sujets sans votre autorisation, et aucun de ceux qui l'ont réclamée, pas même le général Vial, n'ont obtenu de brevet de nomination. Je déclare ne l'avoir fait espérer qu'à ceux à qui le Roi Joseph l'avait accordée comme une récompense des anciens services qu'ils lui avaient rendus ; et pour me débarrasser de leur poursuite, j'ai dû leur faire répondre qu'ils n'avaient qu'à obtenir la permission de Votre Majesté de la porter et qu'alors on la leur donnerait; ainsi elle ne sera distribuée qu'aux Français autorisés à passer à mon service et qu'à ceux de vos sujets qui en obtiendront la per^ mission de Votre Majesté. Je n'oublierai jamais, Sire, ce que je dois à Votre Majesté, qui doit être bien convaincue que je ne veux faire que ce qui peut lui être agréable.

Sire, le canon vient d'annoncer en même temps que le 1" jour du nouvel an les nouveaux succès de Votre Majesté. Nous nous flattons tous que l'affaire d'Espagne est maintenant terminée. La fuite des Anglais a été surtout vue généralement ici avec le plus grand plaisir, et chacun se dit : Les Anglais se sont conduits suivant leur louable coutume. Le Te Deum a été chanté à cette occasion dans ma chapelle, et des ordres vont être donnés pour qu'il soit également chanté dans tout le royaume.

Votre Majesté trouvera ci-jointe, copie d'une lettre que je viens de recevoir de Messine; tout le monde pense qu'il suffirait de ma seule présence à Messine pour forcer les Anglais à m'abandonner la Sicile ; les bâtiments de transport sont numérotés, et chaque bataillon a le numéro du bâtiment qui doit le recevoir. Je partirais à l'instant si je n'attendais les derniers ordres de Sa Majesté.

L esprit continue à être bon, et la tranquillité est générale. Le peu de brigands qui étaient encore en campagne se présentent tous les jours et rendent les armes.

Je suis...

Archkes nationales. AF'" 1714» (130) et Archives du prince Mnrat. R. \XI\, p. il.

Sire,

3710. — MURAT A IVAPOLÉO.N

Naplos, le 2 janvier 1809.

Je reçois à l'instant la lettre du 1.") de Votre Majesté. Jamais votre cœur ne dicta ces expressions qui viennent de nie rendre le

i^80 JOACHIM MIRAT

plus iiialhouroux des hoininos, parer que vous m'en croyez le |)liis iugral. Sire, je seais, et toutes mes aciions attestent que je vous dois tout et je ne l'oublierai jamais. Parvenir à me rendre suspect à l'Kuqx'reur, c'est pousser bien loin les succès, je n'aurais jamais pensé (juc les Anglais auraient obtenu tant d'iniluence. Sire, continuez à me traiter avec rigueur, je continuerai à vous servir avec zèle; relirez-moi vos bontés, je ne cesserai jamais d'être pour vous tel que vous m'avez \u dans tous les nioinenls décisifs. Votre Majesté nu' menace de prendre |)()iir elle la Sicile, oidounez, je marcberai à lavant-garde pour la conquérir; laites plus, reprenez votre royaume et rendez-moi votre amitié, puisque sans elle il n'est plusdeboubeur pour moi. .Ah ! Sire, u étes-V(Uis injuste (] ne |)()ur celui (pii est prêt à (humer sa vie pour votre service! — Je le savais bien, qu«' loin de V otre Majesté uu's ennemis parviendraient à me perdre, et que je n'étais pas en état de me conduire sans vos conseils.

Sire, je ne serai jamais ingrat, ni envers Votre Majesté à qui je dois tout, ni envers le lloi d'Espagne à (|ni je ne dois rien, si ce n'est des remerciements de blâmer des opérations si o|)posécs aux siennes et qui me valent des reproches de Votre Majesté, et (pii me tuent. Bien n'est plus facile que de révoquer mon décret sur la réduction de la dette, mais il m'est impossible de payer.

Sire, j'aurais mérité vos reproches, si j'avais refusé de leconnaitre la dette, mais en réduire l'intérêt n'est pas la détruire, je ferai confisquer les biens des Siciliens, mais le Koi criera, quand il saura que j'ai fait confisquer ceux du duc de S' Xicandro. Il n'y en a pas d'autres cependant à confisquer. Sire, rendez-moi vos bontés, j'en suis toujours digue, vous en aviez tant autrefois. Heureux temps qu'étes-vous devenu?

Je suis...

ArchÏTci nationales. .AF'^ 17 li' (1-iO).

3711. — MUR.AT A SALICICTI

3 janïier IHOO.

.■iu iiiinislrc de hi l'olicc.

Monsieur le ministre, j a|)preuds que res|)ril publie est très mauvais dans la commune de .Marano et qu'elle doit attirer toute la vigilance de la police, particulièrement à l'égard d'une foule de maîtres d'écoles qui euseigm'ut la jeunesse sans autcuisatioD et de prêtres qui interprètent les bus et les papiers |Mihli<s, de

ROVAl MK DK XAPLES. — 1809 481

manière à égarer la imiltitude. Faites surveiller cette commune et rendez-moi compte des rapports que vous en recevrez.

.Arcliives du prince Murât R. XIV, p. 40.

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