‹ Lettres et fragments de lettres de Octave Crémazie [microform]Chapitre 31 sur 32 · ME AA · texte numérisé non relu

ME AA

La semaine qui vent de finir n'a pas été bonne pour moi, Mon rhumatisme me fait souffrir,

“ Depüis hier, jé vais un peu mieux. J'espère que dans quelques jours je serai débarrassé de cette indisposition qui m'ôte le sommeil.

Heureusement que nous avons eu fort peu d’occupations cette semaine et que je n’ai pas eu trop d'écritures à faire, car lorsque je me penche pour écrire, j'éprouve une douleur'très vive entre les deux épaules.

. M. Bossange ferme son hureat à la fn du bail, et fl n'aura plus besoin de mes services À dater du 31 oc tobre.

Je retournerai À Paris dans les premiers jours de novembre.

À la mort d'Octave Crémasie, son frère Joseph récut de M. Malandain, propriétaire d'un hôtel au Havre, la lettre suivante, ape annees allions hr

dernière maladie et la mort du poète, LA Para mère eut la douleur de lui survivre qnelqnes mois.

Havre, 26 février 1879.

A MonstEur Jossex Crémazie, Québec.

. Monsieur,

Je regrette de ne pas vous avoir écrit à la mort de M. Fontaine, votre parent. M. Bossange s'en était

chargé, Connaiasant les relations d'amitié et de pa-

renté qui existaient entre vous et le cher défunt, il devait vous donner tous les détuils de ses derniers jours.

M. Jules Fontaine est tombé malade le 11 janvier ;

le docteur, appelé aussitôt, l'a trouvé dans un état alarmant. Deux jours après, il a reconnu une péritonite très prononcée, Comme je connaissais les sentiments religieux du malade, jai cru bien faire que d'appeler un prêtre: il a été confessé et a reçu les derniers sacrements. Il s’est affaibli de plus en plus et a expiré une demi-heure après, le 16 janvier, à onze heures du matin, dans les bras du prêtre, qui était encore là, attendant un moment de mieux pour lier conversation aves lui, car il le savait d’un grand esprit.

Je ne crois pas qu'il se soit vu mourir. Il a été Pr mortellement et n’a souffert que les deux premiers jours. Après cela, il se croyait toujours mieux.

Soyez persuadé, monsieur, qu’à l'exception de Ia famille, il ne lui a rien manqué: tous le- soins lui ont été prodigués.

Depuis le mois de novembre 1877 que « ce digne homme était dans notre maison, il était devenu un ami pour nous: son caractère juste et drok le faisait estimer de tous.

Je me suis fait un devoir, avec M. Regnault, de lui fournir un petit convoi digne de lui: quarante pergonnes environ pour ardoi: jusqu'à sa dernière de-. meure, f Comme vous devez le savoir, il devait retourner à

DERNIÈRES LEPTRES, | 813

| Paris: vers le mois de PHOATEA Par Pi A de quslad affaire de commerce, il avait retardé son départ jus:

qu'au 17 janvier, et, le jour qu’il m'a chargé de vous |

… écrire, c’est-à-dire, une journée avant sa mort, il vous faisait dire de lui adresser vos lettres au Havre, comme par le passé, me disant qu'il resterait encore un bon mois avec nous, afin de se bien rétablir.

Je vous donne, monsieur, tous ces renseignements dans l’espoir qu'ils vous seront précieux, et je suis toujours à votre disposition pour toutes les autres informations qui pourraient vous être utiles.

J'ai l’honneur de vous saluer, MALANDAIN, tue Bernerdin-de-Saint-Pierre, 19.

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